Église Saint-Eustache (Paris)
| Église Saint-Eustache de Paris | |||
| Présentation | |||
|---|---|---|---|
| Culte | catholique romain | ||
| Type | église paroissiale | ||
| Rattachement | archidiocèse de Paris | ||
| Début de la construction | 1532 | ||
| Fin des travaux | 1633 | ||
| Style dominant | gothique (structure), Renaissance (détail) |
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| Géographie | |||
| Pays | |||
| Région | Île-de-France | ||
| Département | Paris | ||
| Commune | Paris | ||
| Coordonnées | |||
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Géolocalisation sur la carte : Paris |
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L’église Saint-Eustache est une église de Paris. Elle est située dans le 1er arrondissement au cœur du quartier des Halles.
Sommaire |
Une construction difficile [modifier]
Les origines de l'église Saint-Eustache remontent au début du XIIIe siècle. Une chapelle consacrée à sainte Agnès fut le premier édifice construit. Une crypte portant ce nom jouxte encore l'église côté oriental. Cette chapelle serait le don d'un bourgeois de Paris, Jean Alais, qui l'aurait fait bâtir en remerciement du droit que le roi Philippe Auguste lui avait octroyé de prélever un denier sur chaque panier de poisson qui arrivait aux Halles.
Dès 1223, Sainte-Agnès fut érigée en paroisse et prit le nom de Saint-Eustache. La raison la plus probable de la nouvelle appellation serait le transfert d'une relique du martyr saint Eustache dans la nouvelle église, relique jusqu'alors détenue par l'abbaye de Saint-Denis. L'église fut plusieurs fois remaniée et agrandie au fur et à mesure de l'accroissement de population du quartier.
Au XIVe siècle, le roi Philippe VI conservait sa protection royale, notamment pour les confréries de la Madeleine qui y assuraient la messe. Juste avant sa mort, en août 1483, Louis XI la confirma par lettres patentes[1].
En 1532, il fut enfin décidé de construire une église digne du cœur de Paris. La première pierre de l'édifice actuel fut posée le 19 août de cette même année par Jean de la Barre, prévôt de Paris. Bâtie dans un style gothique en pleine Renaissance, l'église dégage un caractère architectural harmonieux où l'antique des colonnes grecques et romaines côtoie les lignes encore présentes du Moyen Âge.
Sa construction fut ralentie par de fréquentes difficultés de financement. René Benoist, curé de l'église Saint-Eustache en 1569, acquit une telle influence sur les paroissiens qu'il fut surnommé le « Pape des Halles ». En 1578, il fit imprimer une requête afin d'obtenir des secours pour l'achèvement de son église. Commencée en 1532, elle n'avait pu être terminée, et Benoist lui-même n'avait pas encore entrepris de travaux, malgré la « plus grande affluence de peuple qu'en aucune église paroissiale de la France et par aventure de la chrétienté ». La lettre obtint sans doute quelque somme d'argent, car on construisit à cette époque plusieurs piliers de la nef et plusieurs autres fenêtres.
Après maintes interruptions, l'église fut terminée en 1633 et consacrée le 26 avril 1637 par Monseigneur de Gondi, archevêque de Paris.
L'ancienne façade occidentale de Saint-Eustache, dont les tours étaient restées inachevées, fut fragilisée par la construction de deux chapelles commandées en 1665 par Colbert. Le sous-œuvre devant être repris, il fut décidé de la rebâtir. Un nouveau projet fut dessiné par Louis Le Vau dont Colbert devait assurer le financement.
Ce ne fut pourtant que le 22 mai 1754 que le duc de Chartres en posa la première pierre. Jean Hardouin-Mansart de Jouy en devenait l'architecte. Sa construction traîna en longueur par manque de moyen, et le projet initial, qui comprenait deux tours à deux étages reliées entre elles par une galerie, se vit transformé par le lourd fronton qui écrase la façade.
L'architecte Moreau en termina l'exécution. La tour de droite resta encore inachevée comme cela se voit aujourd'hui.
L'église, déjà grande, aurait probablement atteint une taille et une hauteur impressionnantes si les difficultés rencontrées à son élaboration avaient été moins nombreuses.
Projets et évolution de la façade occidentale de Saint-Eustache [modifier]
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Projet de façade dessinée par Jaques Androuet du Cerceau.
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Ancienne façade du XVIe siècle.
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L'église avant 1739 sur le plan de Turgot.
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Projet de façade dessinée par Louis Le Vau au XVIIe siècle.
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Projet d'aménagement de la place Saint-Eustache par Jean Hardouin-Mansart de Jouy (1754).
Dimensions principales [modifier]
- Longueur extérieure : 105 mètres.
- Largeur extérieure (au niveau du transept) : 43,5 mètres.
- Hauteur sous voûte : 33,46 mètres.
Une église de dimension royale [modifier]
L'édifice fut longtemps considéré comme une église royale grâce à sa proximité avec le haut lieu de la monarchie, le Louvre.
Personnalités [modifier]
L'église Saint-Eustache a été le lieu de nombreux baptêmes, mariage et sépultures de grandes personnalités. Richelieu, Molière, Jean-François Regnard et Madame de Pompadour y ont été baptisés. Colbert y est inhumé (1683) ainsi que Scaramouche, Rameau, François de Chevert, l'amiral de Tourville, Voiture, Vaugelas, Marivaux, Montesquieu, Mme de Tencin ; les obsèques de La Fontaine, de Mirabeau et de la mère de Mozart, Anna Maria Pertl, y furent célébrées. Sully et Pomponne s'y sont mariés.
Œuvres présentes dans l'église [modifier]
Le tableau Tobie et l’ange (1575), du peintre florentin maniériste Santi di Tito (1536-1603), se trouve dans la troisième chapelle du déambulatoire, côté gauche.
Le Martyre de saint Eustache par Simon Vouet (1590-1649). Eustache y est représenté détournant ses yeux du dieu païen que Trajan lui demande d'adorer. L'empereur le condamne alors à être brûlé vif dans un taureau d'airain, ainsi que sa femme et ses deux fils (visibles au milieu des fumées dégagées par le brasier). Des angelots porteurs de couronnes de lauriers manifestent la reconnaissance divine et anticipent l'accueil d'Eustache et de sa famille auprès de Dieu.
Un exemplaire du triptyque, "La vie du Christ" de Keith Haring, en bronze recouvert d'une patine d'or blanc, se trouve dans la chapelle Saint-Vincent-de-Paul.
L'église contient un des deux exemplaires connus des Disciples d'Emmaüs, de Rubens, peint vers 1611.
Quelques vues de l'église [modifier]
Extérieur [modifier]
Intérieur [modifier]
Vitraux [modifier]
Patrimoine [modifier]
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Chaire réalisée par Victor Pyanet
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Banc d'œuvre réalisé par Pierre Lepautre (c.1720), classé MH
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Buste de Pierre de Bérulle
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Les disciples d'Emmaüs par Rubens
- Peintures monumentales dans la Chapelle Saint-Eustache, par le peintre Alphonse Le Hénaff en 1855: Vocation de Saint-Eustache [2]; Le Baptême de Saint-Eustache[3]
Les grandes orgues [modifier]
Avec près de 8 000 tuyaux, il est le plus grand orgue de France, devant les instruments historiques de la cathédrale Notre-Dame de Paris (111 jeux, environ 8 000 tuyaux) et de l'église Saint-Sulpice (102 jeux pour environ 7 500 tuyaux).
Depuis 1989, chacune de ses deux consoles est composée de :
- 5 claviers de 61 notes et un pédalier de 32 notes ;
- 101 jeux, 147 rangs, 8 000 tuyaux.
Saint-Eustache possède un orgue depuis le XVIe siècle, mais on ne dispose que de très peu d'informations sur sa composition d'origine. L'orgue de facture classique de Saint-Germain-des-Prés lui est ensuite attribué (XVIIIe siècle ?). Remanié au début du XIXe siècle par les facteurs André-Marie Daublaine et Louis Callinet, il est détruit par le feu en 1844, peu de temps après son inauguration. Il est reconstruit de 1849 à 1854 par Charles Spackmann Barker et Charles Verschneider. L'instrument, ayant beaucoup souffert des évènements de la Commune, est reconstruit en 1879 par Joseph Merklin, puis modifié à la demande de l'organiste Joseph Bonnet dans les années 1920 et 1930.
Les grandes orgues de Saint-Eustache ont été reconstruites presque intégralement par le facteur hollandais Van Den Heuvel en 1989, à l'exception du buffet qui est d'origine et de quelques jeux, dont les grands tuyaux de la Montre qui datent de 1854. Les grandes orgues de Saint-Eustache font partie des plus prestigieuses du monde actuellement, en grande partie grâce à l'aura exceptionnelle de son titulaire depuis 1963, Jean Guillou. Elles firent même l'objet d'une visite exceptionnelle de la reine Elisabeth II d'Angleterre, après leur inauguration par Jacques Chirac, alors maire de Paris.
L'orgue, conçu par Jean-Louis Coignet, expert de la Ville de Paris, et Jean Guillou, possède deux consoles : une, à traction mécanique avec machines Barker, qui se trouve en tribune, et une autre, à traction électrique, destinée aux concerts, qui se trouve dans la nef.
Parmi les caractéristiques rares de cet instrument, on remarque :
- le grand plein-jeu basé sur le 32 pieds au Grand Orgue,
- les séries harmoniques allant jusqu'à la neuvième : en 32 pieds à la Pédale (Théorbe : 4 4/7, 3 5/9), en 16 pieds au Grand-Chœur, en 8 pieds au Solo (Harmoniques : 1 1/3, 1 1/7, 8/9), et jusqu'à la septième, en 8 pieds, au Positif,
- le Plein Jeu Harmonique 2-8 du Grand-Chœur,
- la Batterie d'anches basée sur le 32 pieds au récit,
- l'ensemble de Tubas 16, 8, 4, coudés vers la nef, au Grand-Chœur,
- les cinq rangs de chamades au Solo, alimentés par de l'air à pressions croissantes (6 pressions différentes).
- On note aussi, parmi les couleurs exceptionnelles, la série de flûtes harmoniques (8, 4, 2 2/3, 2, 1 3/5, 1) au Solo, qui est une innovation de Jean Guillou déjà introduite par lui-même avec grand succès dans les orgues du Chant d'Oiseau à Bruxelles et de la Tonhalle à Zurich.
C'est également Jean Guillou qui a eu l'idée d'ajouter la Sesquialtera au Grand-Orgue : ce jeu apporte de nombreuses possibilités à la fois solistiques et en combinaison avec les mixtures.
La Contre-Bombarde 32 mérite une mention particulière. Ce jeu n'était pas prévu dans le devis, mais, considérant que le Trombone 32 existant (avec ses résonateurs en bois de taille assez modeste) n'était pas suffisant pour un orgue de cette ampleur, les frères Van den Heuvel ont offert cette Contre-Bombarde 32 à la ville de Paris. L'orgue de Saint-Eustache se trouve ainsi être le seul orgue de France disposant de trois jeux d'anches de 32 pieds. Une plaque de laiton a été placée en 2007 en hommage au jour et à la rencontre extraordinaire des initiales de Saint Eustache.
Composition de l’orgue [modifier]
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Accessoires :
- Accouplements Récit/Positif, Positif/GO, Récit/GO, GC/GO, Solo/GO, GC/GO alto, Solo/GO soprano, Solo/Récit, Positif/Récit, Solo/GC.
- octaves graves GO, octaves grave Récit, octaves graves GC, octaves graves Solo.
- Tirasses Positif, GO, Récit en 8' et 4', GC en 8' et 4', Solo.
- Tremblants Positif, Récit, Solo.
- 20 combinaisons générales et 3 par plan sonore, le tout multiplié par 32 mémoires. Pédale de crescendo avec 2 programmes : Tutti et Crescendo orchestral.
Quelques titulaires des grandes orgues [modifier]
- Antoine Foucquet
- Pierre Foucquet (1696- ? )
- Marie-Louis Foucquet
- Jacques-Marie Beauvarlet-Charpentier
- Édouard Batiste
- Henri Dallier
- Louis-Auguste-Florimond Ronger dit Hervé
- Joseph Bonnet (1906-1944)
- André Marchal (1945-1963)
- Jean Guillou (1963-présent)
- André Fleury cotitulaire à compter de 1971
Voir aussi [modifier]
Bibliographie [modifier]
- Du Bastiment des Temples Materiels, pour l'exercice et profession de la religion, a l'honneur, gloire, & exaltation du tres-hault & tres-sainct, nom du Dieu vivant, tou-puissant & eternel. A Tres-Chrestienne Princesse, Catherine de Médicis, mere du Roy, & à tous autres Paroissiens de sainct Eustache à Paris. Par M. René Benoist, Angevin, Docteur &…. À Paris chez Nicolas Chesneau 1578.
- Traité sur la nécessité d'édifier temples et églises, précédée d'une adresse à la reine-mère Catherine de Médicis pour la poursuite des travaux de l'église Saint-Eustache à Paris.
- Les orgues de Paris, Béatrice de Andia, Jean-Louis Coignet, Michel le Moël ; Éd. Action artistique de la Ville de Paris.
- L'Orgue, souvenir et avenir, Jean Guillou, Paris 1989, Éd. Buchet-Chastel
Liens externes [modifier]
- Site de l'Église
- Jean-Luc Perrot joue Édouard Batiste Offertoire op. 40 en si mineur (extrait) sur l'orgue de Wiesbaden YouTube
- (fr) Fiche sur le site Structurae
- Les activités autour de l'orgue de St Eustache
- Les tombeaux de l'église Saint-Eustache
- Orgues de France Le grand orgue Van den Heuvel de 1989.
- YouTube Visite détaillée de l'intérieur l'orgue en diaporama.
- YouTube Le titulaire Jean Guillou jour la Badinerie de JS Bach.
Notes et références [modifier]
- http://books.google.fr/books?id=VORZAAAAYAAJ&pg=PA114 Lettres patentes de Louis XI, signé par ses conseillers au nom du roi, Paris, août 1483 (Il s'agit des dernières lettres patentes de Louis XI)
- Base Palissy référence PM75003000
- Base Palissy référence:PM75003001