Jean-François de Gondi

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Jean-François de Gondi
Image illustrative de l'article Jean-François de Gondi
Biographie
Naissance 1584
Paris
Décès (à 70 ans)
Paris
Évêque de l’Église catholique
Consécration épiscopale 19 février 1623, par le cardinal François d'Escoubleau de Sourdis
Archevêque de Paris
Précédent Henri de Gondi Jean-François Paul de Gondi Suivant

Ornements extérieurs Archevêques.svg
Blason Albert de Gondi (1522-1602).svg
(en) Notice sur www.catholic-hierarchy.org

Jean-François de Gondi (né en 1584 à Paris et mort le à Paris, à 70 ans) est le premier archevêque de Paris. Il est l'oncle de Jean-François Paul de Gondi, cardinal de Retz.

Biographie[modifier | modifier le code]

Il naît en 1584[1] à Paris, d'Albert de Gondi, duc consort de Retz, et de Claude Catherine de Clermont, duchesse douairière de Retz et baronne de Dampierre.

L'occupation du siège épiscopal de Paris est réservée pendant près d'un siècle à la maison de Gondi : Jean-François de Gondi succède à son frère, Henri de Gondi, qui a lui-même succédé à son oncle, Pierre de Gondi (1533-1616), cardinal devenu dans un deuxième temps évêque de Paris[2], également abbé commendataire des abbayes Saint-Aubin d'Angers, Notre-Dame de la Chaume de Machecoul (1616), Sainte-Croix de Quimperlé et de Buzay.

Jean-François de Gondi fait ses études au collège de Tournon. Il est de 1616 à 1651 abbé commendataire de Notre-Dame de la Chaume de Machecoul, dans laquelle il introduit la réforme de la Société de Bretagne. Il congédie les prêtres séculiers introduits par son oncle. On observe alors un regain de ferveur à l'abbaye. En 1627, elle est rattachée à la Congrégation de Saint-Maur. Les moines qui n'ont pas accepté la dissolution de la Société de Bretagne peuvent se retirer dans cette abbaye, ainsi que dans celles de Notre-Dame de Lanthénac et de Notre-Dame du Tronchet, pour y suivre leur observance, mais sans la propager. En 1621, à la mort de Christophe de Lestang, Jean-François de Gondi devient maître ecclésiastique de Chapelle du roi[3].

En 1622, il est nommé à l'évêché de Paris, qui dépend jusque là de l'archidiocèse de Sens. Le 22 octobre de la même année, Grégoire XV élève le diocèse de Paris au rang d'archidiocèse métropolitain avec, pour suffragants, les diocèses de Chartres, d'Orléans et de Meaux[4]. Jean-François de Gondi devient donc le premier archevêque de Paris[5]. L'érection est confirmée le 14 novembre suivant. Il est consacré, le , par le cardinal François d'Escoubleau de Sourdis, archevêque de Bordeaux, assisté de François II de Harlay, archevêque de Rouen, et de Léonor d'Estampes, évêque de Chartres[3].

Après la mort de Jérôme de Gondi (branche française de Codun) en 1604, le château de Saint-Cloud est vendu en 1618 par son fils Jean-Baptiste II à Jean de Bueil, comte de Sancerre. Mais ce dernier meurt peu après, en 1625. Jean-François de Gondi rachète le domaine et y fait faire des embellissements, notamment par Thomas Francine, qui travaille dans les jardins.

Le , Jean-François de Gondi inaugure l'église Saint-Étienne-du-Mont située sur la montagne Sainte-Geneviève. Le , il vend à Louis XIII le domaine de Versailles[6]. Il consacre, le , l'église Saint-Eustache de Paris. Il autorise, en 1647, la mère Agnès à envoyer quelques religieuses au Port-Royal des Champs.

Malade de la pierre, il en meurt[3] à quatre heures du matin, le [1], à Paris. À cinq heures, son neveu et coadjuteur, Jean-François Paul de Gondi, cardinal de Retz, emprisonné au château de Vincennes, prend possession par procuration de l'archevêché. Une semaine plus tard, il signe sa démission[7].

Jean-François de Gondi est inhumé le 2 avril dans la chapelle de Gondi (aujourd'hui chapelle Notre-Dame-des-Sept-Douleurs), au pourtour du chœur de Notre-Dame de Paris[8].

Jugement des contemporains[modifier | modifier le code]

Selon Tallemant des Réaux, il « était bien fait et avait de l'esprit ; mais il ne savait rien : il disait les choses assez agréablement. Il a toujours vécu licencieusement, pour ce qui était des femmes[9]. »

Son neveu, le cardinal de Retz, le dit d'un esprit « très petit, et par conséquent jaloux et difficile[10] ». Il évoque « sa négligence », son « incapacité[11] », la « bassesse de ses inclinations » et le « dérèglement de ses mœurs[12] ». — « Monsieur l'archevêque de Paris, qui était le plus faible de tous les hommes, était, par une suite assez commune, le plus glorieux[11]. »« Quoiqu'il causât comme une linotte en particulier, il était toujours muet comme un poisson en public[13]. » Il avait « peu de sens, et le peu qu'il en avait n'était point droit ; il était faible et timide jusques à la dernière extrémité[14]. »

Ascendance[modifier | modifier le code]

Lignée épiscopale[modifier | modifier le code]

  1. Son Éminence François de Joyeuse ;
  2. Son Éminence François d'Escoubleau de Sourdis (1599) ;
  3. Monseigneur l'archevêque Jean-François de Gondi (1623).

Consécrations[modifier | modifier le code]

Jean-François de Gondi est le consécrateur de :

Armoiries[modifier | modifier le code]

Armes Blasonnement
Ornements extérieurs Archevêques.svg
Blason Albert de Gondi (1522-1602).svg
D'or, à deux masses d'armes de sable, passées en sautoir et liées de gueules.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Brevarium parisiense ad formam sacrosancti concilii tridentini restitutun... [Texte imprimé] / Ioannis Francisci de Gondy.- Parisiis : apud Sebastianum & Gabrielem Cramoisy : Stephanum Richer & Gabrielem Clopejau, 1640.- 1 vol. (1196-CCIIJ).

Oraison funèbre de feu Messire Jean François de Gondy premier archevesque de Paris, [...] prononcée par le Sr Mazure, [...] curé de l'église parochiale de S. Paul, au service solemnel qui se fist en ladite église le 19 juin 1654, [...]. - A Paris : chez Guillaume Desprez, 1654. - 30-[2] p. : 4° [BM de Senlis - 6077a/4°]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Antoine Adam, in Tallemant des Réaux, Historiettes, coll. « Bibliothèque de la Pléiade », Gallimard, 1961, t. II, p. 943, note 1.
  2. Antoine Adam,op. cit., t. II, p. 943, notes 1 et 2 de p. 37.
  3. a, b et c André Chapeau, « Gondi, Jean-François », in Michel Prévost, Jean-Charles Roman d'Amat, Henri Tribout de Morembert (dir.), Dictionnaire de biographie française, Paris, Letouzey et Ané, 1985, t. XVI, p. 555.
  4. (la) Bulle Universi orbis du 20 octobre 1622, dans Bullarum diplomatum et privilegiorum sanctorum romanorum pontificum : Taurinensis editio, vol. XII, Turin, 1867, p. 750-753.
  5. Antoine Adam, op. cit., t. II, p. 943, note 2.
  6. Extrait de ce dernier contrat de vente :

    « Le 8 avril 1632, fut présent l’illustrissime et révérendissime Jean-François de Gondi, archevêque de Paris, seigneur de Versailles, reconnoît avoir vendu, cédé et transporté... à Louis XIII, acceptant pour Sa Majesté, messire Charles de L'Aubespine, garde des sceaux et chancelier des ordres du roi, et messire Antoine Rusé, marquis d'Effiat, surintendant des finances, etc., la terre et seigneurie de Versailles, consistant en vieil château en ruine et une ferme de plusieurs édifices ; consistant ladite ferme en terres labourables, en prés, bois, châtaigneraies, étangs et autres dépendances ; haute, moyenne et basse justice... avec l’annexe de la grange Lessart, appartenances et dépendances d’icelle, sans aucune chose excepter, retenir, ni réserver par ledit sieur archevêque, de ce qu’il a possédé audit lieu de Versailles, et pour d’icelle terre et seigneurie de Versailles, et annexe de la grange Lessart, jouir par Sadite Majesté et ses successeurs rois, comme de choses appartenantes. Cette vente, cession et transport faits, aux charges et devoirs féodaux seulement, moyennant la somme de soixante-mille livres tournois, que ledit sieur archevêque reconnoît avoir reçues de Sadite Majesté, par les mains de..., en pièces de seize sous, de laquelle somme il se tient content, en quitte Sadite Majesté et tout autre, etc. »

    — Architexture françoise, par Blondel, liv. VII, p. 93[réf. insuffisante]

    Source 
    « roglo.eu », Jean-François de Gondi (consulté le 3 avril 2011)
  7. Édith Thomas, «  Chronologie du cardinal de Retz », in Cardinal de Retz, Mémoires, coll. « Bibliothèque de la Pléiade », Gallimard, 1956, p. xxix.
  8. Antoine Adam, op. cit., t. II, p. 944, note 6.
  9. Tallemant des Réaux, op. cit., t. II, p. 37.
  10. Cardinal de Retz, op. cit., p. 43.
  11. a et b Cardinal de Retz, op. cit., p. 46.
  12. Cardinal de Retz, op. cit., 9.
  13. Cardinal de Retz, op. cit., p. 323.
  14. Cardinal de Retz, op. cit., p. 322.
  15. Édith Thomas, op. cit., p. xxiii.

Iconographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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