Claude de Bullion

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Claude de Bullion, baptisé le 13 octobre 1569, en l’église Saint-André-des-Arts, à Paris et mort le 22 décembre 1640 à Paris, est un gentilhomme français des XVIe et XVIIe siècles et qui fut ministre de Louis XIII.

Biographie[modifier | modifier le code]

Reçu comme avocat au parlement de Paris en 1594, il acquit, en 1595, une charge de conseiller au même parlement. En 1605, il devint maître des requêtes et, en 1606, conseiller d’État ainsi que président au parlement de Grenoble.

Seigneur de Bonnelles, il est en 1612, commissaire de Sa Majesté près de l'assemblée réformée de Saumur, puis ambassadeur extraordinaire auprès de la cour de Turin. Il est surintendant des finances sous Louis XIII (1632) puis « garde des sceaux des ordres du roi », de l'Ordre du Saint-Esprit, du 28 février 1633 à 1636. Il est un soutien actif de Richelieu.

Il épouse, en 1612, Angélique Faure, fille de Guichart Faure, riche diplomate, et de Madeleine Brulart, sœur de Nicolas Brulart de Sillery, chancelier de France. La dot est de 75 000 livres. Son fils Noël de Bullion lui succède comme garde des sceaux de l'Ordre du Saint-Esprit.

En 1611, Claude de Bullion achète la seigneurie de Boulon, aujourd'hui Bullion dans le département des Yvelines. Il achète la seigneurie de Maule (Château d'Agnou). Il est prévôt de la Ville et Vicomté de Paris, 1616[1]. En 1620, il acquiert le château de Wideville qu'il reconstruit et embellit ainsi que les jardins et crée le célèbre Nymphée[2]. En décembre 1621, des lettres patentes du roi Louis XIII lui sont accordées « portant commutation dudit lieu, terre et seigneurie de Boulon en celui de Bullion ». Il sera possesseur également des seigneuries de Fervaques, de Gallardon, de Montlouet, d'Atilly, de Longchesne. En 1639, Claude de Bullion acquit le château d'Esclimont mis en vente. Claude de Bullion a été le "créateur" du Louis d’Or.

Il fit bâtir à Paris, sur les dessins de Le Vau, un hôtel particulier, où l'on remarquait deux galeries peintes par Vouet et Jacques Blanchard.

« Il décéda en sa maison de Paris, le 29e jour de décembre, l'an 1640 et fut enterré en l'église des Cordeliers de Paris en la chapelle de la maison Besançon, laquelle il avoit fait orner de riches peintures comme y ayant destiné sa sépulture avec ses ancestres maternels[3] » et nuitamment en raison de son impopularité comme surintendant des finances. Son mausolée est détruit à la Révolution.

Dans le Journal de Dangeau, on trouve les annotations de duc de Saint-Simon qui rapporte ces anecdotes :

« On ne peut s'empêcher de rapporter une saleté de ce surintendant pour sa singularité étrange. Étant au conseil avec la Reine régente, il vint une odeur de charbon et d'ordures qui infecta le lieu et dont la Reine se plaignit fort. Bullion tira une petite boîte d'ivoire de sa poche et la présenta à la Reine pour la sentir ; la Reine l'ouvrit avec impatience mais en la portant à son nez : « Ah ! Bullion, s'écria-t-elle en la lui rejetant, vous m'empoisonnez. Comment ! c'est de la merde ! ». C'en étoit en effet : la boîte se renouveloit tous les matins de la plus fraîche, et le Surintendant, qui n'aimoit rien tant que cette odeur, avoit oublié que ce goût lui étoit tout à fait particulier. C'étoit au reste un habile ministre, estimé, considéré, et qui avait beaucoup d'amis. Lorsqu'il fit faire les premiers louis d'or, il pria cinq ou six hommes de ses amis à dîner, le maréchal de Gramont, le maréchal de Villeroy, les commandeurs de Jars et de Souvré, le marquis d'Hauterive, parent et ami intime des trois derniers, et quelqu'autre encore qui s'y trouva. Au fruit, il fit servir cinq ou six bassins remplis de cette nouvelle monnoie, et leur dit d'en remplir leurs poches et leurs chausses, leurs chapeaux même s'ils vouloient, et que tout ce qu'ils pourroient en emporter eux-mêmes étoit à eux. Pas un de la compagnie ne se fit prier, et tous s'en fourrèrent tant qu'ils purent, s'en allèrent à grand'peine gagner leurs carrosses, et trouvèrent n'avoir jamais fait si bonne chère. Cette magnificence n'a pas été. répétée, mais on peut croire que, quoiqu'elle vînt du surintendant, la reine en avoit pourtant eu la confidence »

— Philippe de Dangeau, Journal du marquis de Dangeau avec les additions du duc de Saint-Simon : 1707-1709, Soulié E., Dussieux L. 1857, p. 298.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. d'AVENEL. Richelieu et la monarchie absolue. (1895), p. 100.
  2. Jacques Treton, Montainville, joli village en Pincerais, 1998, p. 178-180
  3. Raunié, Émile Épitaphier du vieux Paris, recueil général des inscriptions funéraires des églises, couvents, collèges, hospices, cimetières et charniers, depuis le moyen âge jusqu'à la fin du XVIIIe siècle, tome I-III, 1854-1911, Imprimerie nationale, Paris, 1890-1901, p. 354

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sources et bibliographie[modifier | modifier le code]

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  • Yves Le Guillou, L’Enrichissement des surintendants Bullion et Bouthillier ou le détournement des fonds publics sous Louis XIII, Dix-septième siècle, no 211, 2001/2, [lire en ligne], p. 195-213

Liens externes[modifier | modifier le code]