Hippolyte Lazerges

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Hippolyte Lazerges

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Hippolyte Lazerges photographié par Adolphe Dallemagne, musée d'Orsay, Paris.

Nom de naissance Jean Raymond Hippolyte Lazerges
Naissance 5 juillet 1817
Narbonne
Décès 24 octobre 1887
Mustapha, Algérie
Nationalité Drapeau de la France France
Activités Artiste peintre
Compositeur
Formation École nationale supérieure des beaux-arts
Maîtres David d'Angers
François Bouchot
Élèves Florence Aublet
Paul Lazerges
Armand Point
Mouvement artistique Orientalisme

Hippolyte Lazerges[1], né à Narbonne le 5 juillet 1817, mort à Mustapha, près d'Alger, le 24 octobre 1887, est un peintre orientaliste et compositeur français.

Son fils Paul Lazerges (1845-1902) est également peintre[2].

Biographie[modifier | modifier le code]

Originaire de Narbonne, fils d'un boulanger de cette ville[3] qui refusa longtemps, malgré une vocation marquée[4] de lui laisser développer ses aptitudes artistique, il passe une partie de son enfance en Algérie[5]. Il finit par revenir en métropole à Paris en 1838 pour son service militaire, dont il est finalement réformé, et y étudie les beaux-arts[6] auprès de David d'Angers et de François Bouchot[7]. Ayant d'abord beaucoup œuvré dans le genre religieux[8], il connaît la pauvreté qui le conduit à réaliser des commandes de l'État et des peintures murales pour des édifices religieux[9],[10]. Son tableau de La Mort de la Vierge est conservé à la chapelle des Tuileries[11]. Définitivement de retour en Algérie en 1861 pour des problèmes de santé, il pratique très tôt le genre orientaliste[6],[12], notamment par des portraits. Avec Joseph Sintès et Alfred Chataud, il est l'un des fondateurs de l'École orientaliste d'Alger du XIXe siècle, caractérisée par une représentation réaliste et intimiste du peuple et des paysages maures. Ses scènes de cafés algériens en témoignent[13]. De 1863 à 1868, il réalise des fresques illustrant des épisodes de la vie de Marie, ornant neuf des treize chapelles de l'église Notre-Dame de Recouvrance d'Orléans (45)[14].

Armand Point est son élève[15]. Il est nommé chevalier de la Légion d'honneur lors de l'Exposition universelle de 1867[16]. Quant à ses œuvres, elles sont en partie conservées au musée d'art et d'histoire de Narbonne, au département des Arts graphiques du musée du Louvre, au musée du quai Branly, au musée d'Orsay, et dans diverses collections publiques internationales[17].

Outre la peinture, Hippolyte Lazerges a rédigé quelques essais, dont La forme et l'idéal dans l'art (1882). Il est également connu comme compositeur d'un grand nombre de mélodies vocales, dont plusieurs, comme Vive Paris et le Retour en France sont devenues populaires[18].

Réception critique[modifier | modifier le code]

Louis Auvray, critique d'art du XIXe siècle, note brièvement dans les peintures de Lazerges des compositions mélancoliques et poétiques servies par un dessin « correct et élégant »[19]. Bruno Foucart remarque lui dans ses œuvres religieuses une certaine empathie pour les sujets dramatiques, et un usage marqué du clair-obscur[11]. Ses peintures orientalistes, de genre et de paysage, apparaissent plus colorées et intimistes. Anne Bousquet souligne la composition langoureuse et paisible de son portrait d'une femme orientale, Rêverie (1883)[6].

Ouvrages et illustrations littéraires[modifier | modifier le code]

  • Ouvrages écrits par Lazerges :
    • Cours élémentaire de dessin : exécuté en fac-similé sur pierre (avec Gustave Barry), Paris, 1854 (OCLC 693257125)
    • Beaux-arts, questions du jour. De l'Institut, de l'École des beaux-arts et des institutions, Leclère, Paris, 1868 (lire en ligne)
    • Beaux-arts, questions du jour. Des associations artistique, Leclère, Paris, 1868, (lire en ligne)
    • La Franc-Maçonnerie : Ce qu'elle a été ; ce qu'elle est ; ce qu'elle devrait être ; suivie de la lettre écrite au roi Guillaume de Prusse le 24 novembre 1870, Toulouse, 1871, (OCLC 468863217) (lire en ligne)
    • Étude sur la réorganisation des beaux-arts et sur l'enseignement du dessin dans les écoles communales, Montpelliers, 1871 (OCLC 457720265)
    • La forme et l'idéal dans l'art, Gavault Saint-Lager, 1882
  • Ouvrages illustrés par Lazerges:
    • Pierre Pelot, Chemin de croix, illustré et médité, Mulhouse, 1935 (OCLC 81716867)
    • (en) The three hours and all Fridays of the year : prayers and hymns in commemoration of the seven words spoken by Jesus on the Cross, St. Paul, 1946 (OCLC 25227812)

Élèves[modifier | modifier le code]

(liste non exhaustive)

Œuvres[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Bathild Bouniot, À notre ami Hippolyte Lazerges, à Alger. Souvenir, Algers, 1845 (OCLC 457114339) (lire en ligne)
  • Catalogue de tableaux peints par M. Hippolyte Lazerges : vente 10 mars 1851, Paris, 1851 (OCLC 465588559)
  • Son atelier avec notice : [vente] 8 mars 1855, Paris, 1855 (OCLC 492668180)
  • Catalogue de 10 tableaux, sujets arabes, peintures à la cire sous verre, aquarelles et dessins, par Hip. Lazerges. Dont la vente aura lieu Hôtel Drouot, 13 mars 1876, Paris, 1876 (OCLC 81029632)
  • André Mécle, Artistes narbonnais à travers les siècles : Précurseurs des orientalistes, épigones des romantiques, [S.l.], 1998, (OCLC 742871866)
  • Émile Bellier de La Chavignerie, Dictionnaire général des artistes de l'École française depuis l'origine des arts du dessin jusqu'à nos jours : architectes, peintres, sculpteurs, graveurs et lithographes, 1:935, Paris, Renouard, 1881 (lire en ligne)

Galerie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Né Jean Raymond Hippolyte Lazerges.
  2. Véronique Miltgen, Peintures du XIXe siècle: 1800-1914, musée des beaux-arts de Tours/Véronique Miltgen, 2001 : « Jean-Baptiste Paul Lazerges, Paris. 1845 - Asnières. 1902, élève d'Hippolyte Lazerges, son père, une des grandes figures du renouveau de la peinture religieuse au XIXe siècle, Paul Lazerges débute comme portraitiste à partir de 1867. »
  3. Gustave Vapereau, Dictionnaire universel des contemporains : contenant toutes les personnes notables de la France et des pays étrangers… : ouvrage rédigé et tenu à jour, avec le concours d'écrivains et de savants de tous les pays, Hachette,‎ 1865 (lire en ligne), p. 1062
  4. La grande encyclopédie : inventaire raisonné des sciences, des lettres et des arts., vol. 21, Lamirault,‎ 1902 (lire en ligne), p. 1080
  5. Jules Lermina, Dictionnaire universel illustré, biographique et bibliographique, de la France contemporaine : comprenant par ordre alphabétique la biographie de tous les français et alsaciens-lorrains marquants de l'époque actuelle, l'analyse des œuvres les plus célèbres… / par une société de gens de lettres et de savants, L. Boulanger,‎ 1885 (lire en ligne), p. 879
  6. a, b et c Anne Bousquet, « Hippolyte Lazerges », L'Algérianiste, no 83,‎ septembre 1998, p. 126-128 (ISSN 0180 720 X, lire en ligne)
  7. Jean Lepage, Le mirage oriental : la peinture orientaliste dans les collections du musée d'art et d'histoire de Narbonne, Musée d'art et d'histoire de Narbonne,‎ 2000 (ISBN 9782905677167)
  8. Théodore. Véron, Le salon de 1876 : mémorial de l'art et des artistes de mon temps, L'auteur,‎ 1876 (lire en ligne), p. 131
  9. Lynne Thornton, Les orientalistes : peintres voyageurs, ACR édition,‎ 1993 (ISBN 9782867700606, lire en ligne), p. 124-125
  10. Alexis Martin, Une Visite à Paris, la ville et ses promenades vues en quinze jours, Hennuyer,‎ 1909 (lire en ligne), p. 135
  11. a et b Bruno Foucart, Le renouveau de la peinture religieuse en France, 1800-1860, ARTHÉNA,‎ 1987 (ISBN 9782903239077), p. 258-259
  12. Théophile Gautier, Abécédaire du Salon de 1861, Dentu,‎ 1861 (lire en ligne), p. 253
  13. Marion Vidal-Bué, Alger et ses peintres, 1830-1960, éd. Paris-Méditerranée,‎ 2000, p. 30, 118
  14. Les chapelles de l'église Notre-Dame de Recouvrance à Orléans. L'histoire de Marie. Éditions du Cygne
  15. Robert Doret, « La période algérienne du peintre Armand Point », L'Algérianiste, no 95,‎ septembre 2001, p. 60-65 (ISSN 0180 720 X, lire en ligne)
  16. Ernerst Glaeser, Biographie nationale des contemporains / rédigée par une société de gens de lettres, Glaeser,‎ 1878 (lire en ligne), p. 415
  17. « Catalogue Hippolyte Lazerges », sur culture.fr
  18. Adolphe Bitard, Dictionnaire de biographie contemporaine française et étrangère, A. lévy,‎ 1887 (lire en ligne)
  19. Louis Auvray, « Salon de 1868 », Revue artistique et littéraire, vol. 15,‎ 1869, p. 6-7 (lire en ligne)
  20. Ces œuvres, ayant souffert de l'humidité et du temps, ne sont sujettes à aucun programme de restauration. Source : Les chapelles de l'église notre-Dame de Recouvrance à Orléans. L'histoire de Marie, Éditions du Cygne.