Vol 111 Swissair

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Vol Swissair 111
HB-IWF, l'avion impliqué dans l'accident, vu à l'aéroport de Zurich, deux mois avant la catastrophe.
HB-IWF, l'avion impliqué dans l'accident, vu à l'aéroport de Zurich, deux mois avant la catastrophe.
Caractéristiques de l'accident
Date
Type Incendie suite à cablage défectueux
Site Au large de Peggys Cove (Nouvelle-Écosse)
Coordonnées 44° 24′ 33″ nord, 63° 58′ 25″ ouest
Caractéristiques de l'appareil
Type d'appareil McDonnell Douglas MD-11
Compagnie Swissair
No  d'identification HB-IWF
Lieu d'origine Aéroport international de New York-John F. Kennedy
Lieu de destination Aéroport international de Genève
Phase Atterrissage d'urgence
Passagers 215
Équipage 14
Morts 229
Blessés 0
Survivants 0

Géolocalisation sur la carte : Nouvelle-Écosse

(Voir situation sur carte : Nouvelle-Écosse)
Vol Swissair 111
Monument dédié aux victimes de l'accident.

Le vol 111 Swissair est un vol régulier de la Swissair, assuré par un McDonnell Douglas MD-11, au départ de New York-JFK et à destination de Genève-Cointrin qui s'est écrasé le dans l'océan Atlantique en raison d'un incendie à bord.

Le McDonnell Douglas MD-11 HB-IWF a sombré dans l'océan Atlantique au sud-ouest d'Halifax à 8 km des côtes de la Nouvelle-Écosse (Canada). La totalité des 229 personnes présentes à bord, soit 215 passagers et 14 membres d'équipage, ont péri.

Avion[modifier | modifier le code]

L'avion était un McDonnell Douglas MD-11, immatriculé HB-IWF, baptisé « Vaud » et construit en 1991 sous le numéro de série 48448/465. Au moment de l'accident il totalisait 36 041 heures de vol et était propulsé par 3 moteurs Pratt & Whitney 4462.

Déroulement du vol[modifier | modifier le code]

Le vol décolle de JFK à 20 h 18 (EDT). Cinquante-trois minutes plus tard, à une altitude de 33 000 pieds (soit 10 060 m), l'équipage perçoit une odeur de brûlé. Un quart d'heure plus tard, une fumée devient visible et plusieurs systèmes tombent en panne. L'équipage lance un signal « pan-pan » en demandant un déroutement sur Boston Logan mais est dirigé vers l'aéroport d'Halifax distant de seulement 56 miles (104 km).

À 22 h 19, l'avion n'est plus qu'à 54 km de Halifax mais est encore trop haut (21 000 pieds) et l'équipage doit entamer un 360 degrés pour allonger sa distance de descente.

À 22 h 23, l'avion atteint 10 000 pieds et se trouve à environ 60 km de l'aéroport.

À 22 h 24, alors qu'il est en circuit autour de l'aéroport pour vidange par délestage en mer du carburant, l'équipage se déclare en détresse (message "Mayday"). Le contact est perdu une minute plus tard après un nouvel appel de détresse. Ce fut le dernier contact radio avec le vol SR111. L'avion percute l'océan à 22 h 31 selon les sismographes d'Halifax, tuant sur le coup tous les occupants du MD-11[1].

Une erreur fatale[modifier | modifier le code]

Les deux pilotes parlent en même temps sur la fréquence et dans la salle de contrôle, où plusieurs échanges sont en cours, le contrôleur n'entend pas la phrase clé :

Copilote : « Il faut qu'on se pose tout de suite »
Il répond, n'ayant pas entendu :
Contrôleur : « Swissair 111, encore quelques kilomètres, je vous suis »

Le contrôleur aérien, Bill Pickrell, n'a pas entendu la demande d’atterrissage d'urgence, un raté qui pendant des mois, des années va l'obséder. Bill Pickrell : « Je ne suis pas sûr d'être capable de décrire convenablement ce que j'éprouve, ce qui s'est passé ce soir-là, j'ai dû y repenser un bon millier de fois, est-ce que j'aurais pu faire davantage ? Est-ce que j'ai commis une erreur ? Est-ce que j'ai ma part dans ce qui est arrivé ? Mais, j'ai fini par comprendre que de toute manière je n'aurais rien pu faire d'autre, tout ce qu'on pouvait faire, on l'a fait. »

Équipage[modifier | modifier le code]

Commandant de bord 
Urs Zimmermann, 49 ans, 10 800 heures de vol dont 900 sur MD-11.
Copilote 
Stephan Loew, 37 ans, 4 800 heures de vol dont 230 sur MD-11.
Personnel de cabine 
12 personnes.

Bilan[modifier | modifier le code]

  • Survivants : 0.
  • Morts : 229 (215 passagers, 14 membres d'équipage).
  • L'avion s'est déchiqueté en plus d'un million de morceaux à l'impact.
  • L'avion contenait des diamants et pierres précieuses dont la valeur est estimée à 500 millions de dollars, ils n'ont jamais été retrouvés. Certains y ont vu un élément suspect[2].
  • Une toile de Pablo Picasso, Le Peintre (1963), se trouvait à bord de l’avion[3]. Seuls 20 centimètres carrés du tableau, estimé à l’époque de l'accident à 1,5 million de dollars, ont été retrouvés parmi les débris.

Parmi les victimes se trouvent John LaMotta, fils du champion de boxe Jake LaMotta et Jonathan Mann, responsable de l'OMS des actions contre le SIDA. Se trouvait à bord également Pierre Babolat, alors directeur de l'équipementier sportif Babolat. Dominique Burrus, industriel suisse et son fils de 18 ans figurent également parmi les victimes[4]. Le joueur de tennis suisse Marc Rosset était censé prendre lui aussi ce vol pour rentrer de l'US Open qu'il venait de disputer, mais il avait finalement décidé de repousser son retour en Suisse, annulant sa réservation au dernier moment.

Passagers[modifier | modifier le code]

Nationalité Passagers Équipage Total
Drapeau des États-Unis États-Unis 110 1 111
Drapeau de la Suisse Suisse 31 13 44
Drapeau de la France France 41 0 41
Drapeau du Canada Canada 3 0 3
Drapeau : Royaume-Uni Royaume-Uni 3 0 3
Drapeau de l'Italie Italie 3 0 3
Drapeau de la France France et Drapeau des États-Unis États-Unis 2 0 2
Drapeau de la Suisse Suisse et Drapeau : Royaume-Uni Royaume-Uni 2 0 2
Drapeau : Royaume-Uni Royaume-Uni et Drapeau des États-Unis États-Unis 2 0 2
Drapeau de l'Afghanistan Afghanistan 1 0 1
Drapeau du Canada Canada et Drapeau du Maroc Maroc 1 0 1
Drapeau de la République populaire de Chine Chine 1 0 1
Drapeau de la France France et Drapeau : Royaume-Uni Royaume-Uni 1 0 1
Drapeau de l'Allemagne Allemagne 1 0 1
Drapeau de la Grèce Grèce et Drapeau des États-Unis États-Unis 1 0 1
Drapeau de la Grèce Grèce 1 0 1
Drapeau de l'Inde Inde 1 0 1
Drapeau de l'Iran Iran 1 0 1
Drapeau de l'Iran Iran et Drapeau des États-Unis États-Unis 1 0 1
Drapeau d’Israël Israël et Drapeau de la Suisse Suisse 1 0 1
Drapeau du Mexique Mexique 1 0 1
Drapeau de la Russie Russie 1 0 1
Drapeau de l'Arabie saoudite Arabie saoudite 1 0 1
Drapeau de Saint-Christophe-et-Niévès Saint-Christophe-et-Niévès 1 0 1
Drapeau de la Suisse Suisse et Drapeau des Pays-Bas Pays-Bas 1 0 1
Drapeau de la Suisse Suisse et Drapeau des États-Unis États-Unis 1 0 1
Drapeau de l'Espagne Espagne 1 0 1
Drapeau de Serbie-et-Monténégro Yougoslavie 1 0 1
Total 215 14 229

L'enquête[modifier | modifier le code]

Les boîtes noires furent promptement retrouvées. Un seul corps fut identifié; les autres étaient mutilés ou emportés par la mer. Les enregistrements s'étaient stoppés environ 6 minutes avant l'impact. Dès octobre 1998, il parut probable que la cause de la catastrophe était un feu électrique déclenché par le montage défectueux du réseau de divertissement de bord (RDB In flight entertainment network). Néanmoins après une reconstitution méticuleuse de l'épave récupérée, le Bureau de la sécurité des transports du Canada (BST) ne remit son rapport préliminaire qu'en 2000 et le rapport final en mars 2003[5].

Selon l'enquête il semblerait que des arcs électriques qui s'étaient formés sur le circuit de service du réseau de divertissement de bord (RDB) n'avaient pas déclenché d'alarme mais avaient enflammé rapidement des matières combustibles présentes à bord et avaient mis hors service des éléments essentiels au fonctionnement de l'appareil. L'équipage n'a pas semblé réaliser le phénomène et a rapidement perdu ses instruments de vol. Outre la fumée et la chaleur qui, d'après l'épave, devaient être intenses dans le cockpit, c'est sans instrument et de nuit que les pilotes devaient se diriger, ce qui était impossible sans repère terrestre. L'avion percuta l'océan avec une extrême violence compte tenu des déformations relevées.

Le BST[6] nota que la propagation du feu était si rapide qu'il n'aurait pas été possible à l'équipage de rallier Halifax même dès le premier signal. Il publia neuf recommandations concernant les matériaux, les systèmes électriques et les enregistreurs de bord.

Des matériaux d'isolation thermique habituellement utilisés dans les cockpits et agréés par la FAA se révélèrent particulièrement combustibles lors des tests. Des recommandations générales sur la détection incendie et les systèmes d'extinction furent également publiées.

En conclusion, on peut dire que cette enquête a mis au jour plusieurs anomalies graves concernant les protocoles de certification menés sous la responsabilité de la FAA. Un des sous-traitants de cette certification fut largement mis en cause pour la légèreté avec laquelle avaient été certifiés les systèmes de divertissement à bord[7].

Mémorial[modifier | modifier le code]

On retrouve deux monuments en souvenir des victimes à plus d'un kilomètre du site de l'accident[8]. À chaque anniversaire de la tragédie, une cérémonie s'y déroule.

La compagnie[modifier | modifier le code]

Swissair, après l'accident, a retiré de tous ses avions le polyéthylène, qui avait propagé le feu à bord du vol Swissair 111. En 2002, la compagnie fait faillite, sans qu'il n'y ait cependant de lien avec la catastrophe[9].

Documentaires télévisés[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]