Famille Burrus

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La Famille Burrus est une famille d'industriels, originaire de Dambach-la-Ville (Alsace), naturalisée suisse, de Seleute (1871) et Boncourt (1887)[1].

Historique[modifier | modifier le code]

En 1820, Martin (1775-1830), vigneron, venu d'Alsace, installe une petite fabrique de rouleaux de tabac à Boncourt[1], en Suisse. Un de ses fils, François-Joseph, (1805-1879), devient le fondateur de la manufacture des tabacs F.J.Burrus. Deux des fils de François-Joseph, Joseph (1838-1921) et François (1844-1915), succèdent à leur père à Boncourt, tandis que trois autres établissent en 1872, à Sainte-Croix-aux-Mines[1], en Alsace, une seconde manufacture, la plus importante d'Alsace avant 1914[réf. nécessaire], nationalisée après 1918[1]. Six générations ont dirigé l'entreprise, agrandi et modernisé la fabrique de Boncourt et détenu la totalité du capital. La société F.J. Burrus, SA depuis 1979, a été restructurée en holding en 1984 puis vendue en 1996[2] au groupe hollandais Rothmans International appartenant au groupe Richemont.

L'usine de Boncourt occupait une centaine d'ouvriers à la fin du XIXe siècle, 350 en 1950, 600 en 1974, 400 en 1991[3].

Mécènes, les Burrus favorisent l'Église catholique, d'où des liens privilégiés avec le Vatican (Gérard, 1910-1997, fut camérier secret de cape et d'épée). À titre d'exemple, le mécénat de Maurice Burrus qui finance les fouilles de Vaison-la-Romaine ou bien celui de Charles Burrus qui crée la fondation Guile destinée à sensibiliser les leaders d'opinion sur le respect des valeurs humaines. Il soutient le collège St Charles/Ju/CH axé sur les valeurs humanistes à Porrentruy/Ju/CH et participe aux développements d'un centre équestre à Chevenez/Ju/CH à destination de la jeunesse.

Principales personnalités[modifier | modifier le code]

  • En 1820, Martin Burrus (1775-1830), un Français alsacien de Dambach-la-Ville, s'exile à Boncourt (Jura suisse) et se lance dans la culture du tabac
    • François-Joseph Burrus (1805-1879) son fils, lui succède en 1828 et fonde véritablement la fabrique des tabacs F.J.Burrus.
      • Branche Joseph Burrus
      • Joseph Burrus (1838-1921), fils de François-Joseph, manufacturier de tabac à Boncourt, Suisse, associé-gérant de F.J. Burrus
        • Henry Burrus (1882-1957), fils aîné de Joseph Burrus, maire de Boncourt et député au Grand Conseil bernois, associé-gérant de F.J.Burrus
          • Gérard Burrus (1910-1997), fils aîné d'Henry Burrus, Camérier secret du pape, associé-gérant de F.J.Burrus
            • Xavier Burrus (1953), Fils aîné de Gérard Burrus, associé gérant de F.J.Burrus
            • Dominique Burrus[4] (1956-1998), décède dans un accident d'avion en compagnie de son fils Thierry
              • Thierry Burrus (1983-1998)
      • Branche François-Xavier Burrus
      • François-Xavier Burrus (1844-1915), fils de François-Joseph et de Madeleine Burrus, est député au Grand Conseil de Berne à partir de 1892, juge de paix et maire de Boncourt en Suisse. Avec son cousin germain Joseph, il reprend en 1876 la manufacture de son père. Il introduit dans la manufacture familiale FJ. Burrus de Boncourt, la nouvelle production de cigarettes. En 1900, dans les locaux de la première fabrique reconstruite après l’incendie des années 1880, F.J. Burrus commercialise la fameuse Parisienne. En qualité de député, François-Xavier Burrus fait partie de nombreuses commissions, notamment de la commission d'économie publique. Parmi les générosités de toute nature qui ont marqué sa carrière, il faut signaler le bâtiment actuel de la maison du Pont, transformé en salle de gymnastique. Il a présidé l'association des maires du district de Porrentruy, la Société d'agriculture d'Ajoie, le conseil d'administration du chemin de fer Porrentruy-Bonfol. En 1886, il entre au conseil communal de Boncourt, en qualité d'adjoint au maire, puis il prend la tête de la commune de 1909 à 1915. Son mandat est marqué par la création de la gare de Boncourt en 1912, au terme d'une importante mobilisation politique et citoyenne. (Voir l'ouvrage de Philippe Turrel, La saga des Burrus, le clan des audacieux, Editions Slatkine, 2018).
        • Albert Burrus (1877-1960) fils de François-Xavier et de Maria Burrus, est né le 4 janvier 1877. Il commence ses études au collège de Dôle et termine sa scolarité à Bâle où il obtient le diplôme de Maturité commerciale. Pour achever sa formation professionnelle, il fait ensuite des stages à la Régie hongroise des tabacs de Budapest, puis achève sa formation complète dans le secteur du tabac en effectuant quatre années de stage dans la manufacture familiale F.J. Burrus à Boncourt, dans le Jura suisse. Le 1er octobre 1901, il épouse Odile François, fille d'un important courtier dans le tabac d'Anvers, en Belgique. Le couple donne naissance à neuf enfants. Albert Burrus, qui est fils unique, eut la joie de compter 102 descendants au terme de son existence. En 1911, Albert Burrus et son cousin germain Henry accèdent à la gérance de la Manufacture. Ils engagent une audacieuse politique sociale, fondée sur des principes chrétiens, en introduisant en 1917 les allocations familiales. C’est une première en Suisse, et F.J. Burrus figure parmi les pionnières en Europe au palmarès des entreprises en la matière, après les établissements Michelin en France. Albert et Henry Burrus ne s'arrêtent pas à cette seule action. Le personnel, ainsi que les épouses des ouvriers et des employés bénéficient, dès 1919, d’une assurance contre les risques de la maladie. Dans les années 1930, l’entreprise accorde à ses employés les congés payés, finance les primes d’assurance-maladie et les cotisations retraites. Un des points forts de l’action sociale est de favoriser le logement de ses ouvriers. Elle assure aussi le financement de prêts à taux très avantageux pour les ménages construisant des maisons avec jardin. Albert et Henry édifient une politique sociale en avance sur son temps. Leurs fortunes respectives sont mises au service d’innombrables libéralités. Homme du Jura, profondément enraciné dans sa terre de Boncourt, Albert Burrus a fait partie d'une communauté lui témoignant un véritable attachement.
          • Léon Burrus (1904-1990), fils aîné d'Albert et d'Odile Burrus, est né à Boncourt le 10 janvier 1904. Après ses études secondaires à Fribourg, il obtient son baccalauréat à La Sorbonne à Paris. Il poursuit ses études commerciales à Bâle et parfait sa formation par des stages de perfectionnement en France, en Allemagne, aux États-Unis et en Amérique du Sud. En 1923, Léon entre dans l'entreprise familiale F.J. Burrus. Il épouse en 1926, Marguerite Breyton, de Crest, dans la Drôme. De cette union naissent quatre fils. Il aura la douleur de perdre son épouse en 1965. Il se remarie avec Andrée Koller, de Fribourg qui décède en 1981. Léon Burrus doit encore enterrer son fils Claude en 1986, et son petit-fils Hervé en 1987. Associé-gérant de F.J. Burrus avec son cousin Gérard dès 1938, Léon Burrus est un bâtisseur. Durant la Seconde Guerre mondiale, Léon et Gérard Burrus (1910-1997) édifient une nouvelle usine, ultramoderne pour l’époque, disposant de climatisation et pourvue d’un séchoir industriel à tabac. Passionné par la technique, industriel chevronné, il se lance dans la construction d’une nouvelle fabrique, l’usine 53. Un laboratoire de recherche est inauguré consacré à l’étude de la fumée de cigarette. C’est l’époque de l’invention des premiers filtres. Léon Burrus ne cesse de d'œuvrer au développement de l'affaire familiale. Il construit en 1975 une nouvelle unité de production, l’usine 75. Mise en service en juin 1975, cette nouvelle usine est dotée de quatre-vingts machines de production de cigarettes : confectionneuses, empaqueteuses, fardeleuses, cellophaneuses, encartonneuses. Dans son activité de gérant, il s'est attaché à poursuivre une politique sociale en avance sur son temps. En 1947, et pour vingt-cinq ans, il succède à son cousin germain, Henry Burrus, à la tête de la mairie de Boncourt. Il s'attache avec ardeur à la réalisation de travaux indispensables pour le développement de la commune, notamment la correction du lit de l'Allaine. Léon Burrus jouera un rôle important et déterminant en transformant l'hôpital de Porrentruy en hôpital de district. Dès 1954, président du Syndicat des communes d'Ajoie, il participe activement à l'agrandissement d'un centre hospitalier moderne. En 1989, grâce à sa générosité, la division de chirurgie est rénovée et porte son nom. La jeunesse le passionne : il est président du conseil d'administration du Collège Saint-Charles de Porrentruy pendant trente ans. Il conçoit et réalise la construction du nouvel établissement scolaire, puis du centre sportif avec sa piscine. À Boncourt, il est co-fondateur et président d'honneur dès 1931 de l'Union sportive boncourtoise. Il offre le terrain pour la construction d'un stade de football. Au décès de sa mère, Odile Burrus en 1966, Léon parvient à convaincre les cohéritiers de donner la maison paternelle à la commune qui en fera sa mairie. Excellent cavalier et alpiniste, fervent défenseur du Jura, il était officier de cavalerie et obtint durant la Seconde Guerre mondiale le grade de capitaine-adjudant pour avoir effectué neuf cent jours de service actif.
            • Charles Burrus (1929-2011) fils aîné de Léon et de Marguerite Burrus, obtient sa licence en sciences économiques à l'université de Fribourg en 1951. Il intègre ensuite l'entreprise familiale F.J.Burrus. Après une longue période de stages et de formation au métier de tabaconiste, il devient futur associé en 1956. Charles Burrus hérite d'une entreprise à forte valeur ajoutée : des finances saines, un personnel très qualifié et d'une grande fidélité, des usines et un parc de machines à la pointe du progrès. Charles Burrus innove avec la création de la gamme Parisienne rouge, puis par le lancement de la gamme Select. Ces succès permettent à F.J. Burrus une croissance importante sur le marché suisse. Mais F.J. Burrus est un colosse aux pieds d'argile. Face à un environnement international dominé par les grands groupes, Charles Burrus est contraint de vendre F.J. Burrus en 1996. Une aventure entrepreneuriale, humaine et sociale s'achève au terme d'un siècle et demi d'exploitation. En 1996, Charles Burrus et son épouse, Bernadette, créent la Fondation Guilé sur le thème de la responsabilité sociale en entreprises ( www.guile.org). Charles Burrus et son épouse s’étaient engagés également depuis de nombreuses années dans le mécénat à travers leur autre fondation, la Fondation Novandi, dédiée à la jeunesse et à l’éducation. Ils ont financé la rénovation du Collège St Charles à Porrentruy, établissement dont Charles Burrus a assumé la présidence du conseil d’administration jusqu’en 2009. Ils ont également soutenu le sport équestre pour la jeunesse dans le canton du Jura, notamment en finançant entièrement le centre équestre à Chevenez. Poursuivant cette tradition sociale et du mécénat, la famille de Charles Burrus a décidé de faire don, en 2018, du Domaine de Guilé à la Fondation Les Castors, fondation spécialisée pour les personnes à handicap.
              • Régis Burrus, né le 30 janvier 1962, est le fils aîné de Charles et de Bernadette Burrus. Au décès de son père en 2011, Régis Burrus reprend les rênes de la Fondation Guilé et perpétue la transmission des valeurs familiales. Au sein de cette fondation, Régis Burrus sensibilise les grandes entreprises aux dix principes du Globe Compact des Nations Unies sur le thème de la dignité de l'homme au travail. Durant près de 10 ans, la Fondation Guilé évalue une centaine de multinationales sur ces mêmes critères. Depuis plusieurs années, Régis Burrus anime la Fondation Novandi qui a pour but de promouvoir et d'encourager dans l’esprit de charité chrétienne et de partage, le développement de l’épanouissement de la jeunesse en Suisse et dans les régions limitrophes sur les plans éducationnel, moral, intellectuel, culturel et sportif.
            • Hubert Burrus (1932-1999), décède par noyade au large de Cannes
          • Robert Burrus (1907-1996)
            • Guy Burrus, décédé à Athènes le 9 octobre 1979, dans un accident d'avion
      • Branche Pierre-Jules Burrus
      • Pierre-Jules Burrus (1852-1935). Créateur, avec son frère Martin, de la manufacture de Sainte-Croix-aux-Mines en Alsace en 1872. Pierre-Jules Burrus, fils cadet de François-Joseph, quitte Boncourt en 1879, pour rejoindre son frère Martin, fondateur, en 1872, de la manufacture des tabacs F.J.Burrus à Sainte-Croix- aux-Mines, en Alsace. Il n'a que 27 ans, mais il accède au poste d'associé-gérant après une solide formation au sein de l'entreprise paternelle de Boncourt. Pour devenir l'un des principaux fournisseurs du marché allemand, les deux frères Burrus modernisent leur usine alsacienne. De nouvelles machines font leur apparition. Car les enjeux de l'industrie du tabac ont évolué en 30 ans. Un nouveau produit vient de s'ajouter aux traditionnelles fabrications de tabac : la cigarette. Martin et Pierre-Jules vont réussir à dépasser l'usine de Boncourt en s’implantant avec force sur le marché du tabac en Allemagne. Depuis 1900, Pierre-Jules dirige la manufacture avec ses deux fils Maurice et Fernand. Malade, Martin s’est retiré. La manufacture poursuit son développement d'outre-Rhin et lui assure de confortables revenus. Pierre-Jules fait construire à Sainte-Croix-aux-Mines une vaste demeure, le château de Monsieur Jules.
        • Maurice Burrus (1882-1959), fils ainé de Pierre-Jules Burrus et d'Hermance Écabert, industriel du tabac, député du Haut-Rhin durant l'entre-deux-guerres. En 1911, André et Maurice Burrus sont aux commandes de la Manufacture en qualité d'associés-gérants. La Manufacture est opérationnelle avec ses nouveaux dirigeants. Maurice voyage beaucoup pour s'occuper de l'achat du tabac à l'étranger. À cette époque, de nombreuses manufactures de tabacs sont implantées en Alsace, aiguisant la concurrence. Tout change après la Première Guerre mondiale. Le monopole du tabac est décrété en Alsace. Maurice et André Burrus réussissent à maintenir la manufacture de Sainte-Croix-aux-Mines comme le principal façonnier pour la Régie française des tabacs, leur fournissant matières premières et débouchés commerciaux. Fort de cette nouvelle posture dans le secteur du tabac et des cigarettes en pleine expansion, Maurice et André Burrus, devenus les rois du tabac durant l’entre-deux-guerres, se lancent dans la modernisation et l'agrandissement de leur manufacture tout en poursuivant leur collaboration d'associés avec la manufacture suisse de Boncourt. En marge de cette activité dans les tabacs, Maurice Burrus est un grand collectionneur philatélique. Il possède une des plus grandes collections au monde. Il est passionné d'archéologie et devient le mécène de Vaison-la-Romaine. Il effectue dans ce village du Vaucluse, de 1925 à 1945, le financement de fouilles archéologiques d'envergure et la restauration de quartiers et de monuments antiques, comme le théâtre. Maurice Burrus voyageait beaucoup. De son Alsace natale, il avait organisé ses affaires pour vivre au rythme d'une passion qui l'animait, l'archéologie. C'est à Vaison-la-Romaine, de 1925 à 1945, puis à Avenches en Suisse jusqu'en 1955, qu'il financera de vastes chantiers archéologiques. Que serait le visage urbain de Vaison-la-Romaine sans le mécénat actif de Maurice Burrus ? De 1925 à 1945, Vaison-la-Romaine a été bénéficiaire du mécénat actif de Maurice Burrus au terme duquel la ville put prétendre au titre de Pompéi Française.  Durant cette période, le mécène archéologue s’est consacré avec énergie et passion au dégagement de plusieurs hectares de terrain. C’est une partie importante de la ville antique qui a pu ainsi resurgir : spacieuses maisons urbaines, thermes publics, portiques… Grâce à Maurice Burrus, le théâtre a été complètement restauré et aménagé, les vestiges dégagés ont été consolidés, restaurés et valorisés ; des aménagements de jardins ont embelli les lieux. Le visiteur peut ainsi appréhender un certain état des ruines antiques qui est le résultat d’une conception de la restauration des monuments propre aux années 1930. Outre les restaurations des vestiges, l’apport de Maurice Burrus est immense : donations de terrains et d’une maison à la ville, importantes subventions pour la conduite des fouilles… Vaison a été doté au fil des années de richesses inestimables : avec plus de sept hectares de vestiges restaurés, le site est l’un des plus grands parcs archéologiques d’Europe occidentale. Des milliers de visiteurs y sont accueillis chaque année et le théâtre antique affiche une brillante programmation artistique. Puis Maurice Burrus continua son œuvre de mécène jusque dans les années 1950 en Suisse, fort de l’expérience vaisonnaise. En particulier, il s’intéressa au dégagement et à la restauration des arènes de l’amphithéâtre d’Avenches.  Ainsi, de 1925 à 1955, Maurice Burrus, tour à tour, entrepreneur, aménageur, « archéologue », engage sa fortune de Vaison-la-Romaine à Avenches en Suisse, au service d’une vision globalisante qui aujourd’hui représenterait un véritable projet de développement culturel. Pour se souvenir de l’action de ce grand mécène, une rue et une place portent encore son nom à Vaison-la-Romaine. Maurice Burrus est aussi un bâtisseur et un grand propriétaire terrien. Il possède de vaste propriétés agricoles et forestières, notamment en Alsace, à Hombourg et dans la Drôme, à Saoû. C’est en 1924 que Maurice Burrus, décide d’acheter la forêt de Saoû dans la Drôme. Ce vaste domaine se composait alors d’un château dénommé "la villa Tibur", de bâtiments d’exploitation, de plusieurs fermes, de terres labourables, de prés, de bois et de pâturages sur 2 300 hectares. Amoureux des grands domaines forestiers, Maurice Burrus a pour ambition d’ouvrir sa forêt à tous. Il plante de nouvelles essences (pins noirs d’Autriche, cèdres de l’Atlas, etc..) et réalise un circuit touristique en aménageant un chemin de 28 km partiellement goudronné, jalonné d’aires de pique-nique et d’équipements pour les promeneurs. Il confie à architecte local la construction d’une auberge, s’inspirant du petit Trianon et de l’Orangerie à Versailles. À l’intérieur, seul le grand salon a conservé ses décors d’origine avec six petits salons encadrés de balustrades. Les murs, plafonds et poteaux sont habillés de stucs blancs et dorés. L’auberge obtient dès 1934 deux macarons et trois fourchettes au guide Michelin. Pendant la Seconde Guerre mondiale, cette demeure est malmenée et est peu à peu laissée à l’abandon. Aujourd’hui, l’auberge des Dauphins apparaît comme une construction insolite, une «folie » qui fait partie du patrimoine. Propriétaire depuis 2003, le Département de la Drôme a déjà conduit des travaux de conservation et de mise en valeur et mise sur l’ouverture prochaine d’un restaurant. La branche alsacienne de la famille Burrus, héritière du mécène, s’est mobilisée pour soutenir ce projet. Etienne de Causans a prêté du mobilier, une table et quatre chaises. Les petits-neveux de Maurice, Jean-Paul et Christian Burrus ont proposé assiettes, soupières, saucières, nappes et serviettes pour compléter la collection. Le projet d'aménagement de l'auberge avance. Le chantier de restauration devrait être terminé en 2021.
        • Fernand Burrus (1884-1955). Fils cadet de Pierre-Jules Burrus et d'Hermance Écabert. Au début du XXe siècle, Fernand Burrus dirige la manufacture de Sainte-Croix-aux-Mines avec son frère aîné Maurice. Mais en 1908, Fernand doit céder sa place d’associé-gérant à son cousin André, en vertu du droit d’ainesse en vigueur dans l’entreprise qui transmet la part du père au premier-né. En 1912, Fernand Burrus installe sa propre manufacture de tabac à Avricourt, en Moselle, sur la frontière franco-allemande. À Blâmont, petit village en Meurthe-et-Moselle, il crée, la même année, une usine de fabrication de chocolat. Mais le conflit de 14-18 ravage ses deux usines. Après la guerre, il est contraint d’abandonner son usine d’Avricourt en raison du nouveau monopole des tabacs en vigueur en Alsace depuis 1919. Il se tourne définitivement vers l’industrie chocolatière. Il déplace cette activité à Dijon en 1916 (elle sera rachetée par les frères Lanvin), puis à Senones dans les Vosges, à la fin de la Première Guerre mondiale ou il fonde la Chocolaterie Burrus. En 1920, nouveau départ à Saint-Dié-les Vosges avec la création de la chocolaterie Omnia. Plusieurs boutiques de détail voient le jour dans les Vosges pour écouler sa production. La Seconde Guerre mondiale porte un coup sévère à son activité. L' usine de Fernand Burrus continue tout de même à fonctionner au ralenti en fabriquant des denrées de première nécessité et des barres en chocolat. En 1944, sa propriété située près de l'usine est incendiée par les Allemands, comme une partie de la ville. Laissant la direction de la chocolaterie à son fils Paul en 1943, il se retire ensuite à Genève. Fernand Burrus a été un pionnier, infatigable bâtisseur et hardi entrepreneur (tabacs, chocolat, textile).
          • Paul Burrus, (1920), est le fils de Fernand Burrus et de Suzanne Vincent. Pensionnaire de la Villa Saint-Jean à Fribourg en Suisse, il développe une passion pour la mécanique et suit durant trois ans les cours à l'École des Arts et Métiers d'Erquelinnes en Belgique. Après la guerre, Paul développe l'entreprise industrielle et familiale des chocolats avec son épouse Janine. Son père décède en 1955. Maurice Burrus, peu avant sa disparition en 1959, nomme Paul Burrus co-associé gérant de la manufacture des tabacs de Boncourt en Suisse. Paul Burrus signe ainsi le retour de la branche de Fernand Burrus dans cette entreprise suisse.   En 1948, Paul Burrus, rentre en "tabaculture" par un stage dans les différents ateliers, avant de devenir associé en 1959. Paul Burrus restera associé jusqu'à la vente de la société en 1996. Outre sa contribution à moderniser l'entreprise, avec ses autres cousins, notamment au niveau de la gestion de la production, il participera à la transformation de l'entreprise de société en nom collectif en SA, ainsi que la mise en place d'un management extérieur à la famille. Il fera bénéficier la société de ses conseils avisés en gestion de trésorerie et placement. Il contribue à moderniser l’entreprise, notamment au niveau de la gestion de la production. Dans les années 1950, un double héritage constitué de la petite industrie chocolatière de son père Fernand à Saint-Dié-les-Vosges et de la fortune de son oncle Maurice, le propulse dans une vie entrepreneuriale très active.   À partir des années 1970, il devient en Alsace un acteur majeur dans le domaine du chocolat avec l’acquisition de l’importante usine Schaal à Strasbourg. Puis il relance avec succès les célèbres marques de chocolat Marquise de Sévigné et Salavin à Paris. Il a été dans le secteur de l’industrie chocolatière un ingénieux technicien, entrepreneur en bâtiments, concepteur d’usine et repreneur d’entreprises. Parallèlement à ces différentes activités, il relance le domaine de Hombourg, lieu de villégiature et de chasse de son oncle Maurice en assurant sa rentabilité par le déploiement, dans les années 1970, de la monoculture du maïs. En 1950, Paul Burrus rentre au conseil d’administration de la société Esca capitalisation, un des leaders en Alsace dans le secteur des assurances-vie, fondée par Maurice Burrus en 1923.  Il devient président du conseil d’administration jusqu’au seuil des années 1990. Passionné d'aviation, il fonde en 1950 l'aérodrome de Remomeix près de Saint-Dié. Un aéro-club est fondé en 1962. Paul Burrus a réussi la transmission de son patrimoine industriel et commercial à ses deux fils : la chocolaterie Schaal pour Jean-Paul et Esca capitalisation en faveur de Christian. En 1985, couronnant une longue vie d’investisseur, Paul Burrus prend des parts dans la société Téléverbier en Suisse. Il est un des acteurs financiers du développement de la célèbre station de sports d’hiver. Dans le domaine de l'industrie chocolatière, il est un des derniers pionniers encore en vie (sinon le dernier avec Raphaëlle Schaal) de l’industrie chocolatière des périodes de guerre et d’après-guerre. Il a été le témoin de la fin de l’époque des chocolateries régionales, pour devenir un acteur important dans ce domaine.
            • Jean-Paul Burrus, (1954), fils aîné de Paul et de Janine Burrus. La sixième génération des Burrus est aux affaires. Diplômé de HEC Lausanne en 1973, licence en gestion d'entreprise. Il est chevalier de la Légion d'honneur, (10 octobre 2008), chevalier, (12 juin 2009), officier du Mérite agricole, président de la holding Omnia qui détient le Groupe Salpa, fondé en 1997, forte de ses 650 collaborateurs. SALPA (Chocolats Marquise de Sévigné, Schaal, Comptoir Français du Thé, Cofféa, Herbapac, Salavin, Côte de France, les chocolats Yves Thuriès). Jean-Paul Burrus est aussi à l'origine de la création du musée du chocolat près de Strasbourg en 2003. Ce musée évoque l'aventure du chocolat depuis le XVIe siècle, l'arrivée du chocolat en France et sa diffusion par des familles chocolatières. Parallèlement, Jean-Paul Burrus rachète une ancienne voiture du train mythique l'Orient-Express. Cette voiture, totalement restaurée est transformée en restaurant. Elle accueille ses premiers clients près du musée du chocolat. En 2000, nouveau défi, Jean-Paul Burrus se lance dans la restauration du château de Hombourg, transformé en club-house de golf avec un restaurant. Au terme de sept années de travaux, les 120 hectares du château abritent un golf de deux fois dix-huit trous, inauguré en 2007. La reconversion du château de Hombourg est assurée. En 2012, il crée l'évènement en France en imaginant et finançant le premier train TGV du chocolat. Entrepreneur infatigable, Jean-Paul Burrus est à l'origine de la création d'une vaste plantation de cacao en Équateur de 1 300 hectares, rachetée en 2014. Le domaine San Fernando, nom donné en hommage à son grand-père, permet, selon Jean-Paul Burrus de «disposer de plantations de cacao et de noisettes afin d’avoir un contrôle sur l’ensemble de la chaîne de production de chocolat qui pèse aujourd’hui 3 000 tonnes par an. J’ai choisi l’Équateur, car lors de notre première visite en 2013, ma femme et moi en sommes tombés amoureux», confie Jean-Paul Burrus. La clientèle est essentiellement composée d’artisans confiseurs haut de gamme.Pour compléter ce dispositif de production, il achète 100 hectares de noisetiers dans le Lot-et-Garonne, à Baleyssagues. En 2014, Jean-Paul Burrus fait l'acquisition de 120 hectares près de ce domaine agricole, le domaine viticole Château Lagrave Bechade. Passionné de gastronomie, Jean-Paul Burrus rachète en 2020 le célèbre restaurant "Le crocodile" à Strasbourg coiffé d'une étoile au Guide Michelin. La même année, il se porte acquéreur de la marque Cruzilles, fameuse fabrique de pâtes de fruits, installée en Auvergne depuis plus de 140 ans.
            • Repères Jean-Paul Burrus :
              • 1980-1986 : Directeur commercial de Schaal chocolatier.1986-1994 : Directeur général de Schaal chocolatier.1994 : Président de Schaal chocolatier, (plus en exercice à ce jour).1995 : Fondateur avec Jean-Paul Proponnet de l’ Association régionale des industries alimentaires d'Alsace (ARIA).1996 : Président des magasins de café Coffea le Havre, (plus en exercice à ce jour).2003 : Fondateur de l’association des amis du chocolat, créateur du musée “Les secrets du chocolat” et Marquise de Sévigné à Geispolsheim.2004 : Président de la Chambre syndicale nationale des chocolatiers à Paris, (plus en exercice à ce jour).2008 : Président directeur général de la Holding Salpa, (plus en exercice à ce jour), Nomination au poste de conseiller du commerce extérieur, (mandat terminé). Autres responsabilités : administrateur du Syndicat du thé, de la Confédération nationale des détaillants en chocolat et du Syndicat du chocolat. (plus en exercice à ce jour).
              • Christian Burrus, (1959), Le second fils de Paul et de Janine Burrus, Christian, reprend progressivement les rênes d’Esca capitalisation au début des années 1990. Il engage la société dans une véritable diversification des produits et un changement dans leur commercialisation. Esca entame ainsi ses premiers pas dans le courtage. L'achat du courtier Joliez-Regol, en 2001, constituera le premier marqueur de la croissance externe du groupe. Elle sera suivie du rachat d'Afi Europe en 2004 pour donner une nouvelle entité : Afi.Esca. À partir de 2008 se constitue un acteur incontournable dans le monde du courtage d’assurances après les rachats successifs des cabinets Diot et la Sécurité Nouvelle (LSN Assurances).
              • Branche Martin Burrus
              • Martin Burrus (1836-1901). Marié à Léonie Nelles (1848-1938). François-Joseph Burrus, le pionnier, a transmis la manufacture des tabacs F.J. Burrus, en 1869, à quatre de ses fils. Parmi eux, Martin et Pierre-Jules, qui ont considérablement diversifiée l’affaire familiale des tabacs de Boncourt en créant, en 1872, une succursale de la manufacture suisse à Sainte-Croix-aux-Mines en Alsace. C’est Martin Burrus qui s'installe le premier dans ce petit village alsacien devenu territoire allemand pour implanter une nouvelle manufacture de tabac. Il fait figure de pionnier parmi les enfants de François- Joseph et signe le retour des Burrus en Alsace, terre de leurs ancêtres. Martin connait bien la région à la suite de son passage au collège de Sélestat dans le Bas-Rhin, département riche en cultures de tabac de qualité. Il travaille d'arrachepied pour développer sa nouvelle usine, cherchant les derniers progrès de la mécanisation utilisée pour les forces motrices, forts de l'expérience acquise auprès de son père dans l'usine de Boncourt. En l'espace d'un an, le bouillant chef d'entreprise construit un grand magasin de tabac pour approvisionner son usine. Il a de l'ambition : faire de la manufacture de Sainte-Croix l'une des plus performantes de la région et prouver à son père, resté à Boncourt, que la dynamique est lancée dans ce petit village alsacien. D'un caractère bien trempé, il a l'âme d'un capitaine d'industrie. Dur avec lui-même et avec les autres, il dirige avec autorité et sait s'entourer. En 1879, il fait appel à son frère cadet Pierre-Jules pour le seconder. L'usine alsacienne prend un tel essor que Martin et Pierre-Jules vont réussir le pari de hisser F.J. Burrus au sommet des manufacturiers d'Alsace et s'imposer sur le marché allemand. Les deux cousins vont même dépasser en volume la manufacture de Boncourt en occupant près de 50% des ventes de tabac en Allemagne. En 1901, Martin décède, laissant à son frère Pierre-Jules, la direction de l’entreprise.
              • André Burrus (1885-1974). Marié à Marguerite Feltin (1886-1971) En 1911, la génération suivante de Maurice, né en 1882, fils de Pierre-Jules, et André, né en 1885, fils aîné de Martin, assure un nouveau départ à la manufacture. Fraichement débarqué à Sainte-Croix-aux-Mines après de brillantes études d'ingénieur à l'École Polytechnique de Zurich, André Burrus se parfait lui aussi au métier en effectuant, comme de coutume, des stages croisés dans les deux manufactures familiales. Comme ses cousins, qu'il fréquenta dès sa plus jeune enfance à Sainte-Croix, il participe à des voyages d'initiation du métier, mettant au service de l'entreprise son gout pour les avancées technologiques et ses compétences de gestionnaire. Si Maurice Burrus voyage beaucoup pour s'occuper de l'achat du tabac à l'étranger, André gère de plus en plus le quotidien de la Manufacture : le premier arrivé à l'usine, le dernier à en repartir. La guerre de 14-18 et le rattachement de l’Alsace à la France bouleverse le marché du tabac. Le monopole est rétabli et les deux gérants de la manufacture doivent s’adapter. La chance leur sourit. La manufacture de Sainte-Croix est désignée comme principal fournisseur de la Régie française des tabacs et fabrique la production de cigarettes nationales, alors que leurs concurrents disparaissent les uns après les autres. L’entre-deux-guerres voit la consolidation des liens entre la manufacture et l’État français. Maurice et André Burrus sont cantonnés au rôle de gestionnaires. Ils auront à gérer la nationalisation de l'usine de Sainte-Croix-aux-Mines, qui deviendra effective en 1947. Le développement de la manufacture de Boncourt, dans laquelle André Burrus détenait une participation d'associé avec son cousin Maurice, a permis de renouer avec l'esprit d'entreprise de la famille en participant au développement de la production de tabacs suisses et la modernisation des usines de Boncourt. Durant la Seconde Guerre mondiale, André Burrus s’occupe activement avec ses cousins Léon et Robert, du développement des cultures de tabacs indigènes en Suisse, notamment dans le Valais.
              • Martin Burrus (1918-1958) Martin Burrus est le fils aîné d’André et de Marguerite Burrus, née Feltin, sœur de l’archevêque de Paris, Maurice Feltin (1883-1975). Il fait de brillantes études à la villa Saint-Jean de Fribourg en Suisse et à Sainte Marie-aux-Mines en Alsace. Il passe son baccalauréat à Paris et obtient deux licences, une de philosophie et l’autre de lettres. Plus tard il décroche à l’université de Genève une licence en sciences économiques et politiques. La poursuite de ses études ne l’empêche pas de mener une activité bancaire à Zurich, Tanger et New-York. En 1948, il succède à son père André Burrus comme associé de la manufacture F.J. Burrus de Boncourt en Suisse. Il accomplit des stages dans le secteur du tabac pour se parfaire à la connaissance de cette nouvelle activité. Martin décide également d’entreprendre des études d’ingénieur des mines et participe à des expéditions géologiques et de prospection pétrolière pour investir un jour des capitaux dans cette industrie. Possédant la double nationalité française et américaine il est à la fois un homme d’affaires et un intellectuel. Une brillante carrière s’ouvre à lui. Mais le destin en décide autrement. En juin 1958, il fait partie d’une expédition géologique dans les Montagnes-Rocheuses aux États-Unis, mobilisée pour rechercher un enfant disparu d’une colonie de vacances, le petit Evrard Hendee, âgé de cinq ans. Sans présager de ses forces, malgré une maladie de cœur, Martin Burrus a tenu à participer aux recherches en raison de sa parfaite connaissance de la région. Après bien des heures d’efforts, il aperçoit soudain le corps de l’enfant gisant au fond d’une crevasse. L’émotion est trop forte ; victime d’une défaillance cardiaque, il ne tarde pas à succomber et décède brutalement. Sa disparition a saisi d’effroi sa famille de Sainte-Croix-aux-Mines. Très attaché à son frère René, Martin lui avait fait jurer de reprendre sa place d’associé de la Manufacture F.J. Burrus s’il devait mourir d’un accident ou d’une maladie…
              • René Burrus (1923-2017) a été marié avec Jacqueline Benoist (1926 -) et Florence d’Irrumberry de Salaberry (1936 -). René Burrus est né en 1923 à Sainte-Croix-aux-Mines en Alsace. Sa vie est synonyme d’engagement. En 1944, à 21 ans, il incorpore le Régiment colonial des Chasseurs de chars de la 1re armée du général de Lattre de Tassigny. Aux commandes de son char, il participe à la libération de l’Alsace. Revenu à la vie civile à Paris, il fait Sciences Po et se destine à une carrière dans le journalisme ou la diplomatie. Très tôt attiré par la philosophie, il est le plus intellectuel des Burrus de sa génération. Plusieurs de ses ouvrages témoigneront de son goût pour les spéculations sur le sens de l’existence. En 1958, il bascule dans l’univers du tabac au décès de son frère Martin. Ce dernier, fils ainé d'André Burrus, était devenu en 1948 associé à Boncourt. Mais en 1958, il décède brutalement d’un infarctus à l’âge de 38 ans. Son frère René lui succède alors.  René apporte son talent de diplomate pour dénouer les conflits dans les rapports souvent tendus entre les associés, d’abord entre Léon et Gérard, puis entre Charles et Xavier. Il réfléchit à la diversification de F.J. Burrus avec son cousin Paul qui souhaite introduire des bonbons au goût de tabac. Les campagnes anti-tabac commencent à prendre de l’envergure et René Burrus envisage sérieusement de mettre la Manufacture au vert. Il possède une solide expérience dans le domaine des plantes médicinales en qualité de co-fondateur de l’Institut sur les rythmes biologiques à Montvaillant en France. Au début des années 1970, sa proposition d’orienter F.J. Burrus vers la production de plantes médicinales, est bien accueillie par le conseil d’administration. Fort de l’expérience de la Manufacture dans la production de tabacs indigènes et d’un laboratoire d’analyse des plantes à la pointe du progrès, René Burrus est optimiste. Ses premiers efforts portent leurs fruits. 15 000 m2 de plantes médicinales sortent de terre dans le canton du Jura. Les planteurs cultivent des plantes telles que le thym, la sauge, la menthe, la valériane… Une société est créée, Spagyros, chargée de diffuser par correspondance auprès des médecins, les produits homéopathiques issus de ces plantations. Les débuts sont prometteurs : 250 médecins suisses s’abonnent pour tester les produits Spagyros. Ces derniers sont d’excellentes qualités, les dilutions des plantes étant réalisées manuellement. Malgré l’intérêt du monde médical, les associés de F.J. Burrus ne croient guère au succès de l’entreprise de leur cousin René, en raison d’habitudes trop ancrées dans le mono produit du tabac. Les associés n’accordent pas les dix millions de francs d’investissement pour lancer efficacement la marque sur le marché parapharmaceutique. Le manque de connaissances de ce secteur particulier, des erreurs dans la présentation des produits, l’absence de volonté de F.J. Burrus auront raison de cette belle idée de diversification. René Burrus a eu raison trop tôt ! Dommage, car quelque temps après, des firmes pharmaceutiques réputées s’engouffrent dans ce créneau porteur. Aujourd’hui, la marque Spagyros a été reprise et elle est toujours active dans le monde des plantes et remèdes biologiques. Puis son fils Ghislain lui succède dans les années 1980. La génération de René puis de Ghislain Burrus développe leurs affaires dans le monde entier, assurant ainsi la création d'une véritable diaspora des Burrus. Les Burrus d’Alsace se sont aussi singularisés par de nombreuses prodigalités envers la population de Sainte-Croix-aux- Mines. La propriété d’André Burrus a été vendue par ses enfants à la Région Alsace. Elle abrite aujourd’hui une médiathèque.
              • Repères biographiques Né en 1923 à Sainte-Croix-aux-Mines en Alsace. Décédé en 2017.Fils d’André Burrus, (1885 - 1974) associé-gérant de la manufacture F.J. Burrus de Sainte-Croix-aux-Mines en Alsace de 1911 à 1947 et de Boncourt et de Marguerite Feltin (1886 - 1971). René Burrus a été marié avec Jacqueline Benoist (1926 -) et Florence d’Irrumberry de Salaberry (1936 -) Trois enfants de l’union avec Jacqueline Benoist : Ghislain (1948 -), Jean-Noël (1951-2002) Fabienne (1952 -)
              • Repères professionnels de René Burrus . 1948 - Fondateur d’une société de parfums au Brésil . 1952 – Ouverture du marché européen à une banque américaine . 1958 - Fondateur de la société de parfums Jean Dessès . 1958 – 1996 Associé de la Manufacture F.J. Burrus de Boncourt . 1960 - Initiateur de l’Institut des sciences et des techniques humaines à Paris . 1966 – Président d’IPEA (International Petroleum Agency)
              • Ouvrages de René Burrus . La vie pour quoi faire ? 1966. . Pachka, clarté sur le chemin, Publibook, 2002 . Une soif de lumière, Editions de la Lumière, 2002
              • Pour en savoir plus sur René Burrus : - La saga des Burrus, le clan des Audacieux, Slatkine, 2018 - De Boncourt (Suisse) à Sainte-Croix-aux-Mines. Le coup de tabac des Burrus d’Alsace.    Editions du musée, 2014.

Sources[modifier | modifier le code]

  • Philippe Turrel, La saga des Burrus, le clan des audacieux, Editions Slatkine, Genève, 2018.
  • Philippe Turrel, Andlau, Koechlin, Maupeou, Burrus, Il était une fois en Alsace, les châteaux de Hombourg, Editions du musée, 2017.
  • Philippe Turrel, De Boncourt à Sainte-Croix-aux-Mines, Le coup de tabac des Burrus d'Alsace, Editions du Musée, 2014.
  • Philippe Turrel, Un siècle de chocolat (1912-2012), de Burrus à Schaal, un destin alsacien, Éditions du Musée, 2012.
  • Philippe Turrel, De l'Esca-Prévoyance au groupe Burrus-1923-2012- L'assurance d'une compagnie alsacienne, Éditions du Musée, 2012.
  • Vaison antique, découvertes archéologiques récentes, coordination éditoriale Xavier Delestre et David Lavergne. Article de Philippe Turrel, page 25-28, aux origines de la protection archéologique : l'exemple du théâtre, Éditions Errance, 2012.
  • Mécènes, les bâtisseurs du patrimoine, ouvrage collectif coordination éditoriale Philippe Turrel, Éditions Chaman et Fondation Gianadda, 2011.
  • Philippe Turrel, La Saga des Burrus, Du précepteur de Néron au mécène de Vaison la Romaine, Dolfing Édition, 2003.
  • Maurice Zermatten, Manufacture de tabacs et cigarettes, F.-J. Burrus & Cie, Boncourt, photos de Benedikt Rast, Boncourt, 1954. - 58 p. 1956

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a b c et d (fr)[PDF]« Des origines alsaciennes », sur www.valdargent.com (consulté le 13 décembre 2010)
  2. (fr)[PDF]« Rapport social 2005/2006 », sur www.bat.ch (consulté le 13 décembre 2010)
  3. François Kohler, « Burrus » dans le Dictionnaire historique de la Suisse en ligne, version du ..
  4. https://www.findagrave.com/cgi-bin/fg.cgi?page=gr&GRid=117001137