Trouble dysphorique prémenstruel

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Trouble dysphorique prémenstruel

CISP-2 P76Voir et modifier les données sur Wikidata
CIM-10 F38.8
CIM-9 Controversé. Soit 311[1], 625.4, ou aucun[2]
MedlinePlus 007193
eMedicine article/293257 
MeSH D065446

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Le trouble dysphorique prémenstruel (TDPM) est une forme sévère du syndrome prémenstruel[3] affectant 3 à 8 % des femmes[4]. Ce trouble est associé à la phase lutéale du cycle menstruel tandis que les symptômes disparaissent pendant la phase folliculaire.

Symptômes[modifier | modifier le code]

Le TDPM est une forme sévère du syndrome prémenstruel (SPM).

Comme pour les autres formes moins sévères du SPM, le trouble dysphorique prémenstruel suit la phase lutéale. Les symptômes débutent au début de la phase lutéale du cycle menstruel (après ovulation) et prennent fin peu après, lorsque la menstruation débute[5].

Les symptômes émotionnels sont généralement présents, et les troubles de l'humeur prennent généralement le dessus[5]. Ces humeurs incluent humeur dépressive, irritabilité et agressivité[3]. Un isolement social n'est pas exclu chez les femmes atteints de TDPM[5]. Les principaux symptômes, n'affectant pas forcément l'individu, incluent[6] :

  • Sentiment de profond désespoir ou de tristesse, pensées de suicide possibles
  • Sentiment de tension ou d'anxiété
  • Forte sensibilité au rejet et aux critiques
  • Crises de panique
  • Humeur changeante, pleurs
  • Irritabilité ou agressivité durable, forts conflits relationnels
  • Apathie ou désintérêt des activités et relations journalières
  • Difficulté de concentration
  • Fatigue
  • Fort appétit
  • Insomnie ou hypersomnie ; sommeil plus fort que d'habitude, ou (dans une mineure partie des cas) incapacité à dormir
  • Sentiment de ne pas se contrôler
  • Intensification ou diminution du désir sexuel
  • Fort besoin de se confier à autrui

Les symptômes physiques incluent notamment[6] :

  • gonflement des seins
  • acné
  • troubles du sommeil
  • troubles du transit
  • maux de tête
  • douleurs musculaires.

Causes[modifier | modifier le code]

L'étiologie du trouble dysphorique prémenstruel est encore un champ actif de recherche. Bien que la période des symptômes suggeste une cause hormonale, il n'a pas été trouvé de déséquilibre hormonal chez les personnes souffrant de TDPM. D'ailleurs, leurs niveaux hormonaux sont indissociables de celles qui ne souffrent pas de TDPM[7]. L'hypothèse est que les femmes avec un TDPM sont plus sensibles aux variations hormonales, en particulier de l'oestrogène et de la progestérone et à leurs effets sur le système nerveux[7].

Si la prépondérance du trouble dyspohrique prémenstruel permet d'écarter l'hypothèse d'un phénomène purement psychologique ou culturel, il est raisonnable de penser qu'il s'agit d'un symptôme à la fois de prédispositions génétiques et de variables environnementales, telles que le stress. Une histoire traumatique est souvent associée avec le TDPM[8].

Traitements[modifier | modifier le code]

Mode de vie[modifier | modifier le code]

La pratique régulière du sport, ainsi que la réduction de la consommation de sucre simple, sel, alcool et caféine, permet de diminuer les symptômes[9].

Compléments alimentaires[modifier | modifier le code]

En 1998, une étude a montré l'efficacité d'une complémentation en carbonate de calcium pour soulager ces symptômes [10],[11].

Psychothérapie[modifier | modifier le code]

Les thérapies cognitivo-comportementales, efficaces pour aider à gérer le symptôme prémenstruel classique, sont efficaces pour traiter les symptômes dépressifs liées au trouble dysphorique prémenstruel, en aidant les patientes à mieux contrôler leurs comportements et pensées.

Médicaments[modifier | modifier le code]

Antidépresseurs[modifier | modifier le code]

Les inhibiteurs sélectifs de la recapture de la sérotonine sont les médicaments donnés en première intention aux femmes souffrant de TDPM[5]. La Food and Drug Administration américaine a approuvé l'usage de quatre médicaments de cette famille pour le traitement du TDPM : la Fluoxetine (sous forme de générique, de Prozac ou de Sarafem), la sertraline (Zoloft), la paroxetine (Paxil), et l'escitalopram oxalate (Lexapro).[12]. Contrairement aux troubles dépressifs, ces médicaments n'ont pas besoin d'être pris tous les jours, mais uniquement pendant la phase lutéale ou lorsque le TDPM se manifeste[13]. En effet, ce traitement est efficace dès un à deux jours [14].

Moins étudiés, les inhibiteurs de la recapture de la sérotonine et de la noradrénaline ont aussi montré leur efficacité[15].

Traitements hormonaux[modifier | modifier le code]

Un autre traitement approuvé par la FDA est l'utilisation de contraceptifs oraux contenant de l'ethinylestradiol et de la drospirenone[12]. Il a été montré que les contraceptifs contrenant de la drospirenone et de bas niveaux d'oestrogène aident à baisser la sévérité des symptômes du TDPM[16].

Un autre traitement, utilisé en dernier recours, est l'injection de gonadotropin-releasing hormone agonist, qui crée un état temporaire de ménopause[17].


Chirurgie[modifier | modifier le code]

Quand les traitements médicamenteux ne fonctionnent pas ou provoquent des effets secondaires indésirables, une solution proposée est le retrait chirurgical des ovaires[18]. Généralement, l'utérus est enlevé en même temps, et les femmes sont ensuite traitées à l'aide de patch d'oestrogène pour réduire les symptômes de leur ménopause que la chirurgie a provoquée[18].

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • F. Bianchi-Demicheli, « Le trouble dysphorique prémenstruel : diagnostic et stratégie thérapeutique », Revue médicale suisse, vol. 2,‎ (lire en ligne).

Références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Halbreich U, The diagnosis of premenstrual syndromes and premenstrual dysphoric disorder--clinical procedures and research perspectives, vol. 19, , 320–34 p. (PMID 15724807, DOI 10.1080/0951590400018215)
  2. (en) Endicott J, McLaughlin TP, Grudzinski AN, Comparison of managed care charges among patients treated with selective serotonin reuptake inhibitors for premenstrual dysphoric disorder, vol. 64, , 1511–6 p. (PMID 14728114, DOI 10.4088/JCP.v64n1216), chap. 12
  3. a et b Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux (lire en ligne)
  4. (en) PMDD affects « 3-8% of women of reproductive age. Assessment of published reports demonstrate that the prevalence of clinically relevant dysphoric premenstrual disorder is probably higher. 13-18% of women of reproductive age may have premenstrual dysphoric symptoms severe enough to induce impairment and distress, though the number of symptoms may not meet the arbitrary count of 5 symptoms on the PMDD list. » PMID 12892987
  5. a, b, c et d (en) Steiner, Pearlstein et al., « Expert guidelines for the treatment of severe PMS, PMDD, and comorbidities: the role of SSRIs », J Womens Health (Larchmt), vol. 15, no 1,‎ , p. 57-69 (PMID 16417420, lire en ligne)
  6. a et b (en) Premenstrual Syndrome: "What is Premenstrual Dysphoric Disorder (PMDD?)"
  7. a et b Liisa Hantsoo et C. Neill Epperson, « Premenstrual Dysphoric Disorder: Epidemiology and Treatment », Current Psychiatry Reports, vol. 17, no 11,‎ , p. 87 (PMID 26377947, PMCID 4890701, DOI 10.1007/s11920-015-0628-3)
  8. C. Neill Epperson et Liisa Hantsoo, Women's Reproductive Mental Health Across the Lifespan, , 49–72 p. (ISBN 978-3-319-05115-4, DOI 10.1007/978-3-319-05116-1_3), « Menstruation and Premenstrual Dysphoric Disorder: Its Impact on Mood »
  9. https://www.revmed.ch/RMS/2006/RMS-52/31044
  10. Sarah L. Berga, MD, Jessica B. Spencer, MD, MS et Celia E. Dominguez, MD, « PMDD Spotlight: Diagnosis and Treatment », sur Medscape
  11. S. Thys-Jacobs, P. Starkey, D. Bernstein et J. Tian, « Calcium carbonate and the premenstrual syndrome: effects on premenstrual and menstrual symptoms. Premenstrual Syndrome Study Group », American Journal of Obstetrics and Gynecology, vol. 179, no 2,‎ , p. 444–452 (ISSN 0002-9378, PMID 9731851, DOI 10.1016/s0002-9378(98)70377-1)
  12. a et b Susan Ward, Maternal-Child Nursing Care, Philadelphia, PA, USA, F.A. Davis Company, (ISBN 9780803636651)Modèle:Page needed
  13. Andrea J Rapkin et Erin I Lewis, « Treatment of Premenstrual Dysphoric Disorder », Women's Health, vol. 9, no 6,‎ , p. 537–56 (PMID 24161307, DOI 10.2217/whe.13.62)
  14. Andrea J Rapkin et Sharon A Winer, « The pharmacologic management of premenstrual dysphoric disorder », Expert Opinion on Pharmacotherapy, vol. 9, no 3,‎ , p. 429–45 (PMID 18220493, DOI 10.1517/14656566.9.3.429)
  15. Freeman, K Rickels, K. A. Yonkers, N. R. Kunz, M McPherson et G. V. Upton, « Venlafaxine in the treatment of premenstrual dysphoric disorder », Obstetrics and gynecology, vol. 98, no 5 Pt 1,‎ , p. 737–44 (PMID 11704162)
  16. LM. Lopez, AA. Kaptein et FM. Helmerhorst, « Oral contraceptives containing drospirenone for premenstrual syndrome », Cochrane Database Syst Rev, vol. 2, no 2,‎ , CD006586 (PMID 22336820, DOI 10.1002/14651858.CD006586.pub4)
  17. Kimberly Ann Yonkers et Michael K. Simoni, « Premenstrual disorders », American Journal of Obstetrics and Gynecology, vol. 218, no 1,‎ , p. 68–74 (ISSN 1097-6868, PMID 28571724, DOI 10.1016/j.ajog.2017.05.045)
  18. a et b Robert L. Reid, « When should surgical treatment be considered for premenstrual dysphoric disorder? », Menopause International, vol. 18, no 2,‎ , p. 77–81 (ISSN 1754-0461, PMID 22611227, DOI 10.1258/mi.2012.012009)