Dysorthographie

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Dysorthographie

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CIM-10 F81.1
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La dysorthographie est un dysfonctionnement au niveau de l'écriture dû à un trouble d'apprentissage persistant de l’acquisition et de la maîtrise de l'orthographe, également appelé trouble de l'acquisition de l'expression écrite (altération de l'écriture spontanée ou de l'écriture sous dictée). La dysorthographie apparaît chez un enfant qui ne présente pas par ailleurs de déficit intellectuel, sensoriel ou de trouble majeur de la personnalité et qui est normalement scolarisé (la dysorthographie est souvent liée à la dyslexie.) La dysorthographie ne doit pas être confondue avec la dyslexie qui comme les racines grecques du mot l'indiquent est un dysfonctionnement au niveau de la lecture[1]. Le trouble dysorthographique fait souvent suite à une dyslexie mais l'association n'est pas systématique.

Bien qu'elle ne soit pas une fatalité[2], la dysorthographie perturbe, dans des proportions variées, la conversion phono-graphique, la segmentation des composants de la phrase, l'application des conventions orthographiques (dites règles d'usage), et enfin l'orthographe grammaticale (marques flexionnelles que sont les accords et conjugaisons).

Il est important de savoir que l'accroissement de l'utilisation des téléphones portables n'augmente pas le nombres de cas de dysorthographie. En effet les enfants font très bien la différence. Quand ils réalisent un texte important ils ne vont pas écrire comme ils écrivent des sms[3].

Pour prétendre à une dysorthographie il faut un décalage d'au moins 18 mois par rapport à l'acquisition normale[4].

Les problèmes découlant de la dysorthographie sont :

  • Une lenteur d'exécution, des hésitations et une pauvreté des productions (pour certain cas) ;
  • Des fautes d'orthographe, de conjugaison, de grammaire et d'analyse ;
  • Des difficultés à l'écrit semblables à celles du dysgraphique ;
  • Des erreurs de copies et des découpages arbitraires ;
  • Des économies de syllabes, des omissions et des mots soudés.
  • Erreurs auditives par substitutions entre sons proches (confusions sourdes/sonores: grogne-crogne...), par assimilations (sachant-chachant...) ou par des substitutions de mots (sentier-chemin, le-les...),
  • Erreurs visuelles (chemin-chenin...),
  • Inversions (sept-step...),
  • Erreurs au niveau du code phonologique par non-respect des règles ou par méconnaissance (ill, gn, oi...)
  • Erreurs d'homophones (a/à, vert/vers...),
  • Erreurs de découpage (lendemain- lent de main, n'osèrent- nosèrent...)
  • Confusion entre catégories grammaticales (pour les nourrir- pour les nourrires...),
  • Mauvaise mémorisation de l'orthographe d'usage même pour des mots familiers fréquents[5].
  • Fragilisation psychologique
  • Estime de soi diminué

On distingue le trouble du développement du trouble acquis (à la suite d'une lésion du système nerveux par exemple), on emploie dans ce dernier cas plus fréquemment le terme d'agraphie.

La dysorthographie est également liée à la génétique (gène qui cause un mauvais développement de la zone cérébrale lié à l'assimilation de l’orthographe), et/ou à une mauvaise méthode d’apprentissage de l’orthographe en primaire.

Selon certains orthophonistes, les pathologies du groupe « DYS » (dysorthographie, dysgraphie, dyscalculie, dyspraxie et dysphasie) toucheraient, parfois inconsciemment, un quart de la population française.

Dépistage et diagnostic[modifier | modifier le code]

Des tests de dépistage neuropsychologique peuvent être mis en place à partir de l'âge de 6 ans.

- ODEDYS (Outil de Dépistage de la Dyslexie)

- BREV (Batterie clinique Rapide d'Évaluation des fonction cognitive chez l'enfant d'âge scolaire et préscolaire)

- Un médecin scolaire est aussi en capacité de faire passer le test ERTLA 6 (Épreuves de Repérage des Troubles du Langage et des Apprentissages utilisables lors du bilan médical de l’enfant de 6 ans.)

Quant au diagnostic : on repère un retard d'acquisition du langage oral. Il peut faire partie d'un trouble complexe des apprentissages associant une dyspraxie visuo-spatiale et une dyscalculie. À la suite de cela une rencontre avec un orthophoniste est organisée.

Pour diagnostiquer la dysorthographie, il faut d'abord éliminer les troubles visuels. Il faut aussi éliminer la dystrophie grâce à un psychométricien ainsi que les problèmes physiologiques et les troubles psychoaffectifs éventuels.

Comment y remédier ?[modifier | modifier le code]

Dans un premier temps l'orthophoniste travaille avec l'enfant sur sa concentration. Par la suite il travaille sur la réflexion de l'enfant avec des séances de copie pour les automatismes avec en plus des exercices de récitation. La finalité est de faire apprendre à l'enfant des règles grammaticales. Il paraît également important de ne pas traiter les enfants dysorthographiques "comme les autres". En effet, souvent, ils fournissent beaucoup plus de travail que les autres pour arriver à des résultats moins bons. De fait, l'enfant risque très souvent de développer un sentiment d'infériorité. Les remarques comme "leçon non-apprise" peuvent être très mal vécues et sont donc à bannir pour ces enfants.

Ce qui est mis en place pour aider ces enfants[modifier | modifier le code]

  • L'école peut mettre en place à la demande de la famille, un Projet d'Accueil Individualisé (PAI). Le PAI permet de réaliser des aménagements scolaires tels que:
  • Des prises en charge rééducatives sur le temps scolaire
  • Des aménagements pédagogiques possibles avec l'accord de l'équipe éducative
  • Pour les cas compliqués il faut faire des démarches auprès de la MDPH (maison des personnes handicapées) pour établir un projet personnel de scolarisation (PPS). Cela permet la mise en place d'aménagements scolaires tels qu'un tiers temps, un allègement scolaire, photocopies. Mais aussi l'attribution de matériels informatiques tels qu'un ordinateur, correcteur orthographique, logiciel de dictée vocale[6]...
  • Il est primordial de reconnaître sa différence
  • Il faut privilégier l'oral à l'écrit
  • Il ne faut pas pénaliser systématiquement l'orthographe:
  • Noter ce qui est bon (une consigne à la fois par exemple sur les accords grammaticaux, sur le vocabulaire...)
  • Réaliser des dictées à trous...
  • Proposer des photocopies de cours, cours en ligne, clés USB
  • Autoriser l'utilisation du scanner de poche[7]
  • Diminuer le nombre de questions lors des évaluations[8]

Suivi de ces enfants[modifier | modifier le code]

La rééducation de la dysorthographie est faite par un orthophoniste en cabinet libéral, en hôpital ou dans un établissement spécialisé.

Suivant la nature et la sévérité du trouble, une prise en charge pluridisciplinaire sera nécessaire pouvant associer psychothérapie, psychomotricité, orthoptie, neuropsychologue.

Ces suivis peuvent être réalisés en libéral ou en CMP- CMPP (Centre Médico Psychologique ou Médico Psycho-Pédagogique), par un SESSAD (Service d'Éducation Spécialisée et de Soins à Domicile) ou des centres spécialisés dans la prise en charge des troubles spécifiques d'apprentissage[9].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Services Complémentaires et d'adaptation scolaire, LA DYSLEXIE Trouble spécifique d’apprentissage de la lecture LA DYSORTHOGRAPHIE Trouble spécifique d’apprentissage de l’écriture : Référentiel destiné aux orthopédagogues, orthophonistes et psychologues de la Commission scolaire Marguerite-Bourgeoys, Quebec, Commission scolaire Marguerite-Bourgeoys, '"`uniq--nowiki-00000029-qinu`"', 46 p. (lire en ligne), p. La dysorthographie est un trouble spécifique du langage écrit touchant principalement l’apprentissage de l’écriture. Celui-ci se manifeste principalement au plan du processus de production du mot écrit.
  2. « La dysorthographie n’est pas une fatalité : Entretien avec Geneviève Simon », sur La Libre.be,‎ 05 juin 2013 à 12h02 - mis à jour le mercredi 05 juin 2013. (consulté le 18 janvier 2015)
  3. Herve Glasel, « Dysorthographie », sur www.cerene-education.fr (consulté le 1er avril 2016)
  4. « Dysorthographie », sur ac.versailles.fr (consulté le 25 mars 2016)
  5. « Dysorthographie », sur peep.asso.fr (consulté le 25 mars 2016)
  6. « Dysorthographie », sur peep.asso.fr (consulté le 25 mars 2016)
  7. « Dysorthographie », sur ac.toulouse.fr (consulté le 25 mars 2016)
  8. « Dysorthographie », sur ac-versailles.fr (consulté le 25 mars 2016)
  9. « Dysorthographie », sur peep.asso.fr (consulté le 25 mars 2016)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]