Syndrome prémenstruel

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Le syndrome prémenstruel (ou SPM) est un désordre applicable aux jours précédant les menstruations chez certaines femmes. Il est caractérisé par une prise de poids notable due à une rétention hydrosaline excessive, par un gonflement douloureux des seins, des maux de tête, les jambes lourdes, des éruptions cutanées ou d'herpès et par des troubles du comportement incluant nervosité, anxiété, agressivité, émotivité, dépression. Dans sa pathogénie, complexe, interviennent diverses hormones comme les œstrogènes, la progestérone, la prolactine et, probablement la mélatonine.

Sur le plan clinique, l'augmentation d'appétit de la période prémenstruelle est encore plus marquée chez les femmes présentant un syndrome prémenstruel.

Symptômes[modifier | modifier le code]

Les femmes souffrant d'un syndrome prémenstruel auraient une élévation significative du niveau de température nocturne, sans différence au niveau de l'activité nocturne, contrairement aux femmes présentant des troubles de l'humeur non cyclique et aux femmes ne se plaignant de rien (asymptomatiques).

La température minimale serait globalement en avance de phase chez les patientes, sans variation notable au moment des règles, alors qu'aucune différence n'a été retrouvée sur le plan actimétrique. À partir de l'ensemble de ces données, il est possible de penser que la vulnérabilité particulière de la femme à la dépression pourrait, au moins en partie, être liée à un certain degré de chronosensibilité au cours de la phase lutéale, elle-même pouvant être rapprochée de la réduction d'amplitude de la courbe de température centrale à ce moment particulier du cycle. Les femmes fragilisées par cet émoussement physiologique de leurs rythmes deviendraient dès lors plus sensibles à la réduction d'un des principaux synchroniseurs, la lumière (photosensibilité), et développeraient plus facilement une dépression saisonnière.

Prévalence[modifier | modifier le code]

Une étude réalisée en France entre 2004 et 2005 sur 3027 femmes en âge de procréer, et qui n'ont pas eu de grossesse ou allaité durant cette période, [1] a donné les proportions suivantes :

- 12,2 % d'entre elles remplissent les critères d'un authentique SPM, dont 4,1 % d'un SPM sévère

- 40,5 % d'entre elles rapportent des symptômes n'affectant pas leur vie quotidienne

- 47,3 % d'entre elles ne rapportent aucun symptôme

Hypothèse explicative[modifier | modifier le code]

Lindsey Ossewaarde via l'imagerie cérébrale a montré que le cerveau est dans cette phase dans un état proche de celui d'un toxicomane en état de manque ; état qui pourrait être induit par la chute d'œstrogènes et de progestérone qui accompagne la fin de phase lutéale. Ces deux hormones sont nécessaires au renouvellement des récepteurs de la dopamine, hormone du système de recherche du plaisir, ce qui expliquerait chez les femmes un besoin « pré-menstruel » de recherche de plaisirs compulsif compensateurs (nourriture, chocolat, cigarette...). L'étude montre aussi que ces femmes présentent une activation nettement supérieure des zones du cerveau correspondant aux centres du plaisir[2]. Une hypothèse reflétant un point de vue de la psychologie évolutionniste est que la dégradation de l'humeur associée à ce syndrome induit par la non-fécondation pourrait avoir été sélectionnée par l'évolution, pour fragiliser les rapports au sein du couple et favoriser la recherche d'un autre mâle reproducteur. Seule la grossesse et l'allaitement interrompent cette chute de l'humeur[2].

En ce qui concerne le gonflement douloureux des seins (mastodynies cycliques), il est en fait dû à un œdème du tissu palléal (tissu conjonctif lâche du sein) par extravasation liquidienne, liée à un climat d'hyperœstrogénie relative : la quantité d’œstrogène par rapport à celle de progestérone augmente (il s'agit en fait le plus souvent d'une insuffisance en progestérone), ce qui provoque l'œdème, entraînant des douleurs (la glande, alourdie, tire sur ses ligaments et entraîne des douleurs bilatérales aiguës).

Historique[modifier | modifier le code]

Dès les années 1950, Katharina Dalton oriente ses recherches sur les fluctuations du cycle menstruel et les changements de comportement. En 1953, elle publie ses théories dans le British medical journal. Elle utilise pour la première fois le terme de syndrome prémenstruel, qu'elle définie comme une maladie hormonale survenant dans les 14 jours après l'ovulation[3].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Julia Potter, Jean Bouyer, James Trussell, Caroline Moreau, « Premenstrual Syndrome Prevalence and Fluctuation over Time: Results from a French Population-Based Survey », Journal of Women's Health, vol. 18, no 1,‎ , p. 31-39. (ISSN 1540-9996, PMID 19105683, DOI 10.1089/jwh.2008.0932, lire en ligne)
  2. a et b Sébastien Bohler Syndrome prémenstruel : un manque de plaisir, d'après L. Ossewaarde et al., in SCAN 2011, vol 6, p. 612. PMID 20817665 in Journal Pour la science, Actualités Neurobiologie 2012-02-16
  3. (en) Myrna Oliver, « Katharina Dalton, 87; First Doctor to Define, Treat PMS », Los Angeles Times,‎ (ISSN 0458-3035, lire en ligne)

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jean-Louis Senon et al. Thérapeutique psychiatrique, Éditions Hermann, 1995, p. 480-481
  • Marcel Garnier et al. Dictionnaire des termes de médecine, Éditions Maloine, 2003, p. 672