Trouble de la personnalité schizotypique

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Trouble de la personnalité schizotypique

Classification et ressources externes

CIM-10 F21
CIM-9 301.22
MeSH D012569
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Le trouble de la personnalité schizotypique (TPS), ou simplement trouble schizotypique, est un trouble de la personnalité caractérisé par une anxiété sociale importante, de la paranoïa, un besoin d'isolement social, accompagné de pensées ou d'un comportement bizarres, tels que des maniérismes vocaux, un style vestimentaire atypique, ainsi que de délires. Les personnes ayant ce trouble peuvent se sentir extrêmement mal à l'aise dans une relation intime ou proche, principalement pour le fait de croire que leurs pairs ont des pensées négatives à leur égard. Dans certains cas, les personnes atteintes de TPS peuvent réagir bizarrement au cours d'une conversation, ne pas répondre, ou se parler à elles-mêmes[1].

Ces personnes interprètent souvent des situations comme étant étranges, ou ayant un sens inhabituel pour elles ; les croyances paranormales et superstitieuses sont fréquentes. Ces personnes cherchent souvent des soins médicaux pour traiter l'anxiété ou la dépression, au lieu de leur trouble de la personnalité[2] 3% de la population est affectée, principalement chez les hommes.[3] Le terme spécifique schizotype est crédité par Sandor Rado en 1956 en tant qu'abréviation de phénotype schizophrène[4].

Causes[modifier | modifier le code]

Génétiques[modifier | modifier le code]

Bien qu'il soit listé dans le manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux (DSM-IV-TR) sur l'Axe II, le trouble de la personnalité schizotypique est grandement perçu comme étant un trouble du « spectre de la schizophrénie ». Les statistiques indiquent que ce trouble est beaucoup plus fréquent chez les individus atteint de schizophrénie que chez les individus atteint d'un autre trouble mental ou ne souffrant pas forcement d'un trouble quelconque. Techniquement parlant, le trouble de la personnalité schizotypique est un « phénotype étendu » qui aide les généticiens à tracer la transmission génétique des gènes impliqués dans la schizophrénie[5].

Il existe une douzaine d'études montrant que les individus atteints de trouble de la personnalité schizotypique marquent un point similaire aux individus atteints de schizophrénie sur un très haut rang de tests neuropsychologiques. Les troubles cognitifs chez les patients sont similaires, mais quelque part moins importants, à ceux des patients atteints de schizophrénie[6].

Société et environnement[modifier | modifier le code]

Les individus atteints de trouble de la personnalité schizotypique, comme pour les patients atteints de schizophrénie, peuvent être sensibles et hostiles aux critiques.

Il existe maintenant des preuves pour suggérer que les styles d'éducation de l'enfant, les séparations précoces, les traumatismes/antécédents de maltraitance (négligence en particulier de la petite enfance) peut conduire au développement de traits schizotypiques.[7],[8]

Au fil du temps, les enfants apprennent à interpréter les signaux sociaux et à y répondre de manière appropriée, mais pour des raisons inconnues, ce processus ne fonctionne pas correctement pour les personnes ayant ce trouble[9] Neglect or abuse, trauma, or family dysfunction during childhood can increase the risk of developing schizotypal personality disorder.[10].

Le trouble de la personnalité schizotypique se caractérise par une déficience attentionnelle, à des degrés divers selon les individus[11]. Une étude suggère que les déficits d'attention pourraient servir de marqueur de susceptibilité biologique pour le trouble de la personnalité schizotypique[11], ce qui pourrait expliquer leurs difficultés dans des situations sociales complexes où les repères interpersonnels et communicationnels sont essentiels pour avoir une interaction de qualité. Ceci pourrait éventuellement entraîner l'individu à se retirer de la plupart des interactions sociales, conduisant ainsi à l'asocialité[11].

Comorbidité[modifier | modifier le code]

Axe I[modifier | modifier le code]

Le trouble de la personnalité schizotypique est généralement lié au trouble dépressif majeur, la dysthymie, et la phobie sociale généralisée[12] Furthermore, sometimes schizotypal personality disorder can co-occur with obsessive-compulsive disorder, and its presence appears to affect treatment outcome adversely.[13].

Certaines personnes ayant un trouble de la personnalité schizotypique développent une schizophrénie[14], mais ce n'est pas le cas pour la majorité des patients[15]. Bien que la symptomatologie du TPS ait été étudiée longitudinalement dans un certain nombre d'échantillons, les résultats ne suggèrent aucune probabilité significative du développement de la schizophrénie[16]. Il y a des dizaines d'études montrant que les personnes souffrant d'un trouble de la personnalité schizotypique ont des scores similaires à ceux des personnes atteintes de schizophrénie sur une très large gamme de tests neuropsychologiques. Les déficits cognitifs chez les patients souffrant d'un trouble de la personnalité schizotypique sont très similaires, mais quantitativement plus faibles que ceux des patients schizophrénes[17] Une étude de 2004, cependant, a rapporté une preuve neurologique que "le modèle TPS est tout simplement une forme atténuée de la schizophrénie"[18].

En cas de consommation de méthamphétamine, les personnes souffrant de troubles de la personnalité schizotypique courent un grand risque de développer une psychose permanente[19].

Axe II[modifier | modifier le code]

Dans la plupart des cas, les troubles de la personnalité schizotypique sont co-produits avec la schizoïdie, le trouble de la personnalité paranoïde, le trouble de la personnalité évitante, et le trouble de la personnalité borderline[20].

Diagnostic[modifier | modifier le code]

DSM-5[modifier | modifier le code]

Dans le DSM-5 de l'American Psychiatric Association, le trouble de la personnalité schizotypique est défini comme un "modèle de déficits sociaux et interpersonnels marqués par un malaise et une faible capacité d'avoir des relations proches, ainsi que par des distorsions et des excentricités de comportements cognitifs ou perceptuels, à partir de l'âge adulte, et qui sont présents dans une variété de contextes"[21].

Au moins cinq des symptômes suivants doivent être présents : idées de référence, croyances étranges ou pensée magique, expériences perceptives anormales, pensées ou paroles étranges, paranoïa, affects inappropriés, comportement ou apparence étrange, absence d'amis proches, anxiété sociale excessive qui ne faiblit pas et qui résulte de la paranoïa, plutôt que des jugements négatifs sur soi. Ces symptômes ne doivent pas se produire avec un autre trouble aux symptômes similaires tels que la schizophrénie ou le trouble du spectre autistique[21].

CIM[modifier | modifier le code]

La CIM-10 de l'Organisation Mondiale de la Santé utilise le terme trouble schizotypique(F21) qui est classé comme un trouble clinique associé à la schizophrénie , plutôt qu'un trouble de la personnalité comme dans le DSM-5[22]. La désignation "trouble de la personnalité schizotypique" dans le DSM-IV est controversée[citation nécessaire].

Le définition de la CIM est :

Trouble caractérisé par un comportement excentrique et des anomalies de pensées et d'affects qui ressemblent à ceux observés dans la schizophrénie, si aucune anomalie manifeste et caractéristique de la schizophrénie ont eu lieu. Il n'y a pas de perturbation typique, mais un des éléments suivants peuvent être présents :
  • Affect inadapté et faible (l'individu semble froid ou distant);
  • Comportement ou apparence étrange, excentrique ou particulière;
  • Rapport social pauvre et tendance à se retirer socialement;
  • Croyances bizarres ou pensée magique, qui influencent le comportement et qui est incompatible avec les normes sociales culturelles;
  • Suspicions et idées paranoïdes;
  • Rumination mentale obsessionnelle sans résistance interne, souvent avec dysmorphophobie corporelle, et contenus sexuels ou agressifs;
  • Expériences perceptives inhabituelles, notamment somato-sensorielles (corporelles), dépersonnalisation ou déréalisation;
  • Pensée vague, circonstancielle, métaphorique, complexe ou stéréotypée, qui se manifeste par une langage étrange ou par d'autres moyens, sans incohérence;
  • Épisodes occasionnels et comportements transitoires quasi-psychotiques d'hallucinations auditives ou autres, et idées délirantes semblables survenant habituellement sans stimulation externe.
Le trouble a une évolution chronique avec des fluctuations d'intensité ; parfois, il évolue vers une schizophrénie manifeste, mais dans la plupart des cas il évolue vers un trouble de la personnalité. Il est plus fréquent chez les personnes ayant un lien de parenté avec des personnes atteintes de schizophrénie, et il est considéré comme faisant partie du "spectre" génétique de la schizophrénie.

Directives pour le diagnostic[modifier | modifier le code]

Cette rubrique diagnostique n'est pas recommandée pour un usage général, car la démarcation avec la simple schizophrénie, les troubles schizoïdes ou la personnalité paranoïde, ou peut-être même l'autisme et le syndrome d'Asperger, n'est pas clairement définie. Pour que le terme soit employé, trois ou quatre des caractéristiques listées ci-dessus doivent être présentes, de façon continue ou épisodique, pendant au moins 2 ans. L'individu ne doit jamais avoir satisfait aux critères de la schizophrénie elle-même. Une schizophrénie chez une parenté de premier degré donne un poids supplémentaire pour le diagnostic, mais ce n'est pas une condition suffisante.

Inclus[modifier | modifier le code]

  • Schizophrénie borderline
  • Schizophrénie latente
  • Réactions schizophréniques latentes
  • Schizophrénie pré-psychotique
  • Schizophréenie prodromique
  • Schizophrénie pseudo-névrotique
  • Schizophrénie pseudo-psychopatique
  • Trouble de la personnalité schizotypique

Exclus[modifier | modifier le code]

Sous-types[modifier | modifier le code]

Theodore Millon propose deux sous-types de schizotypie[23],[24]. De nombreux individus ayant un trouble de la personnalité schizotypique peuvent présenter l'un ou l'autre des sous-types suivants, qui diffèrent quelque peu (Notez que Millon estime qu'il est rare qu'une personnalité ait une variante pure, il s'agit plutôt d'un mélange d'une variante majeure avec une ou plusieurs variantes mineures secondaires):

Sous-type Description Traits de personnalité
Schizotypie plate Exagération structurelle du modèle passif-détaché, incluant les caractéristiques du trouble de la personnalité schizoïde, du trouble de la personnalité dépressive, et du trouble de la personnalité dépendante. Étrangeté ; extérieurement terne, morose, inexpressif ; intérieurement fade, improductif, indifférent, et insensible ; dissimulé, vague, pensées divergentes.
Schizotypie craintive Exagération structurelle du modèle actif-détaché, incluant les caractéristiques négativistes du trouble de la personnalité évitante (passif- agressif). Appréhension, vigilant, méfiant, réservé, inquiet, sensibilité excessive ; aliéné à soi et aux autres ; disqualifie ses propres pensées.

Diagnostics différentiels[modifier | modifier le code]

Il y a un taux élevé de comorbidités avec d'autres troubles de la personnalité. McGlashan et al.(2000) a déclaré que cela pouvait être dû à des chevauchements avec d'autres caractéristiques de troubles de la personnalité tels que le trouble de la personnalité évitante, le trouble de la personnalité paranoïaque et le trouble de la personnalité borderline[25].

Il y a de nombreuses similarités entre la schizotypie et la personnalité schizoïde. La plus notable des similitudes est l'incapacité d'engager ou de maintenir des relations amicales et romantiques. La principale différence entre les deux semble être que les personnes schizotypiques évitent l'interaction sociale par crainte profonde des autres, alors que les individus schizoïdes n'ont tout simplement pas envie de nouer des relations, parce qu'ils ne voient aucun intérêt à partager leur temps avec les autres.

Traitement[modifier | modifier le code]

Médical[modifier | modifier le code]

Le TPS est rarement la principale raison pour débuter un traitement dans un cadre clinique, mais il se produit souvent avec un autre trouble mental (comorbidité). Les produits pharmaceutiques prescrits aux patients atteints de TPS sont souvent les mêmes que pour traiter les patients souffrant de schizophrénie, comme par exemple les neuroleptiques traditionnels tels que l'halopéridol et le thiothixene[26] In order to decide which type of medication should be used, Paul Markovitz distinguishes two basic groups of schizotypal patients:[27].

  • Les patients schizotypiques qui semblent être presque schizophréniques dans leurs croyances et leurs comportements (perceptions et cognitions aberrantes) sont généralement traités avec de faibles doses de médicaments antipsychotiques, par exemple le Thiothixène. Cependant, il faut mentionner que l'efficacité à long terme des neuroleptiques est douteux.
  • Les patients schizotypiques qui sont plus obsessionnel-compulsifs dans leurs croyances et leurs comportements, les inhibiteurs de recapture de la sérotonine comme la Sertraline, semblent plus efficaces.
  • Le Lamotrigine semble être utile pour faire face à l'isolement social.

Thérapeutique[modifier | modifier le code]

Selon Theodore Millon, la schizotypie est l'un des troubles de la personnalité les plus faciles à identifier, mais l'un des plus difficiles à traiter avec la psychothérapie[23]Modèle:Page needed. Les personnes avec un TPS se considèrent habituellement elles-mêmes comme simplement excentriques, créatives, ou non-conformistes. En règle générale, elles sous-estiment leur isolement social et leurs distorsions de la perception. Il n'est pas si facile d'établir des rapports sociaux avec les gens qui souffrant de TPS étant donné que l'augmentation de familiarité et d'intimité, augmentent habituellement leur niveau d'anxiété et de malaise. Dans la plupart des cas, ils ne répondent pas à l'informalité et à l'humour[28].

La thérapie de groupe est recommandée pour les personnes avec TPS seulement si le groupe est assez structuré et soutenant[27]. Le soutien est particulièrement important pour les patients schizotypiques avec prédominance de symptômes paranoïaques car ils éprouvent beaucoup de difficultés, même au sein de groupes très structurés[29].

Épidémiologie[modifier | modifier le code]

La prévalence rapportée du TPS serait de 0.6% chez les Norvégiens, à 4.6% en Amérique[21]. Une grande étude américaine a trouvée une prévalence de 3,9% , avec des taux légèrement plus élevés chez les hommes (4,2%) que chez les femmes ( 3,7% )[3]. Il est rare dans les populations cliniquesModèle:Clarify, avec des taux de 0% à 1,9%.[21].

Une étude de l'université du Colorado comparant les troubles de la personnalité avec les profils du Myers-Briggs Type Indicator, il a été trouvé que ce trouble avait une corrélation significative avec les caractéristiques Introverti (I), iNtuitif (N), Pensées (T), et Perception (P)[30].

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]