Quotient intellectuel

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Un exemple d'un type d'élément de test de QI, sur le modèle des éléments des matrices progressives de Raven.
Article général Pour un article plus général, voir Intelligence humaine.

Le quotient intellectuel, ou QI, est le résultat d'un test psychométrique qui entend fournir une indication quantitative standardisée de l'intelligence humaine.

Le QI est mesuré par un psychologue pour des raisons qui peuvent être éducatives ou psychiatriques. Cependant, le QI, tout comme les notions associées de déficience mentale ou d'enfant surdoué, ne sont pas des diagnostics. Le QI est généralement évalué dans le cadre plus complet d'un examen psychologique.

Créé au début du XXe siècle pour dépister les élèves en difficulté et leur faire bénéficier d'un soutien, la notion d'un QI a fait l'objet de nombreuses critiques, méthodologiques et psychométriques, ou théoriques (discussions sur la nature de l'intelligence).

Calcul du quotient intellectuel[modifier | modifier le code]

QI classique[modifier | modifier le code]

William Stern.

Le calcul d'un quotient intellectuel est l'idée du psychologue allemand William Stern[1]. En 1905 est publiée la première échelle mesurant l'intelligence, l'Échelle métrique de l'Intelligence d'Alfred Binet et Théodore Simon, ou test de Binet et Simon. Cette échelle donne lieu à la détermination d'un âge mental de l'enfant. L'âge mental correspond au groupe d'âge auquel le participant a réussi l'ensemble des tests. Ainsi un enfant de 10 ans montrant les mêmes résultats que la moyenne des enfants de 12 ans a « douze ans d'âge mental »[1].

Le Quotient Intellectuel calculé par Stern (appelé aussi plus tard « QI classique ») est un quotient calculé en comparant l'âge réel (chronologique) de l'enfant à son âge mental. le QI égale le rapport entre l'âge mental divisé par l'âge chronologique et multiplié par 100. Ainsi dans l'exemple précédent, un enfant de 10 ans obtenant un âge mental de 12 ans obtient un QI de : (12 / 10) ⅹ 100 = 120[1].

Conçu pour détecter et aider les enfants en difficulté, ce calcul n'est pas efficace pour évaluer un QI chez les adultes.

QI standard[modifier | modifier le code]

Répartition de la population par QI standard suivant une courbe en cloche ou courbe de Gauss.

Le QI par rang ou « QI standard » est calculé de manière différente. Il correspond au rang auquel se situe une personne relativement à une population représentée par une loi normale (Courbe de Gauss). Les tests de David Wechsler ont été les premiers à utiliser ce type d'étalonnage[2]. Les tests sont « étalonnés » lors de leur conception pour que les résultats suivent une courbe de Gauss (appelée aussi courbe normale). L'étalonnage est régulièrement mis à jour.

L'étalonnage fixe « par construction »la moyenne (ou l'espérance), l'écart type et la distribution a priori associée à ces contraintes dans la méthode bayésienne (c'est-à-dire la seule n'introduisant pas d'« information ajoutée ») se trouve être la courbe de Gauss. C'est donc sur elle qu'on étalonne le test. Tous les tests fixent la moyenne à 100. L'écart-type est le plus souvent fixé à 15 (il s'agit alors de QI standard)[3].

Distribution de QI normalisé avec une moyenne de 100 et un écart type de 15.

Certains test postérieurs à ceux de Wechsler ont fixé des écarts-types à 16 ou à 24 (c'est le cas du test américain Culture Fair Intelligence Test de Raymond Cattell).

La moyenne du QI standard est fixée à 100 pour des raisons arbitraires et historiques. L'écart type à 15 indique que, puisque la distribution est normale, 68% de la population est située à un écart-type de la moyenne, et 95% de la population est située entre 2 écart-types (voir figure)[3].

Conditions de détermination du QI : l'examen psychologique[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Examen psychologique.

Le QI doit être mesuré par un psychologue dûment qualifié. Sa mesure s'effectue dans le cadre d'un examen psychologique qui peut se dérouler sur plusieurs sessions. L'examen psychologique comprend un ou des entretiens psychologiques. Il appartient au psychologue de faire passer le test dans des conditions optimales pour la personne. Le psychologue doit suivre les instructions du manuel de l'échelle pour que les résultats puissent être valides[2].

Histoire[modifier | modifier le code]

Alfred Binet.

Précurseurs[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Intelligence humaine.

La fin XIXe siècle assiste aux débuts de la psychologie scientifique. De nombreux chercheurs s’intéressent à la mesure de l’intelligence. Le plus avancé sur le sujet est l’Anglais Sir Francis Galton, un cousin de Charles Darwin, qui ne parviendra cependant pas à mettre en place un test utilisable. Galton, inventeur du terme eugénisme, publie son livre L’intelligence héréditaire, la raison de ses travaux étant de montrer qu'une partie au moins de celle-ci est héréditaire, et d’en tirer des conclusions pour l’amélioration de l’espèce humaine. En 1890, le terme de « mental test » est employé pour la première fois par l’Américain McKeen Cattell pour désigner une série d’épreuves destinées à mesurer les différences entre étudiants.

La première échelle de l'intelligence est publiée en 1905. Les Français Alfred Binet et Théodore Simon, travaillant à la demande de l’État sur un moyen de détecter d’avance les élèves faibles scolairement, mettent au point le premier test utilisable, l'Échelle métrique de l'intelligence appelé aussi du nom de ses auteurs, le test de Binet et Simon[3],[2].

Quotient intellectuel défini par Stern[modifier | modifier le code]

En 1912 à L’Université de Wrocław, l'Allemand William Stern a l’idée de faire le rapport entre les résultats obtenus au Binet-Simon et l’âge réel. Il crée l'expression de « quotient intellectuel » [1].

Quotient intellectuel défini par Wechsler[modifier | modifier le code]

Le calcul du QI tel que proposé par Stern pose plusieurs problèmes statistiques, le principal étant qu'il n'est pas applicable aux adultes.

Quand, en 1939, le psychologue américain David Wechsler publie un nouveau test d'intelligence, il conserve la notion de quotient intellectuel, mais applique une mesure tout à fait différente qu'il applique non seulement à l'échelle entière mais également aux sous-tests de son échelle[2]. Cette approche est conservée dans les batteries de tests publiées ultérieurement par Wechsler (Wechsler Adult Intelligence Scaleet WISC).

Ainsi, la notion de quotient est conservée par Wechsler bien que ses calculs pour aboutir à ce quotient ne reposent plus sur une division mathématique. C'est donc pour des raisons historiques, et non pour des raisons mathématiques, que le terme de quotient intellectuel est conservé par Wechsler et reste utilisé de nos jours.

Remise en cause de la notion de QI général par Thurstone[modifier | modifier le code]

En 1939, l'Américain Louis Leon Thurstone remet en cause la thèse d'un facteur g de Spearman en soulevant sept facteurs principaux qui font partie d'une multitude de facteurs : Facteur Spatial (représentation des configurations), Facteur Perception (saisie de détails dans une configuration), Facteur Verbal (compréhension des données), Facteur Lexical (mobilisation du vocabulaire), Facteur Mémoire (faculté de mémorisation), Facteur Numérique (réalisation de calculs), et Facteur Raisonnement (définir et trouver des liens entre des éléments). En reprenant les analyses de Spearman, Thurstone conclut que ces sept facteurs sont orthogonaux, c'est-à-dire représentent autant de types d’intelligence et n'ont pas de lien entre eux. Le g de Spearman serait donc inexistant. Les conclusions de Thurstone sont que l’existence même de l'intelligence générale, comme entité mesurable, ne reposerait sur aucune base empirique réelle, ni ne pourrait être quantifiée de manière rigoureuse et logique (sauf évidemment dans le cas particulier de deux individus dont l'un surpasserait l'autre dans « tous » les types mentionnés). [réf. nécessaire]

Facteur g et habiletés cognitives plus spécifiques[modifier | modifier le code]

La notion de facteur g mise en évidence par Spearman et la notion d'habiletés cognitives spécifiques mises en évidence par Thurstone, ont été étudiées et élaborées par les nombreuses études qui ont suivi. Les moyens technologiques ont évolué, et les tests d'intelligence se sont multipliés, permettant l'élaboration de modèles plus précis qui concilient les deux théories. La théorie de Cattell-Horn-Carroll est le modèle actuellement le plus reconnu et le plus étudié de l'approche psychométrique. Ce modèle suggère que le QI général représente le facteur g, mais que des habiletés cognitives spécifiques corrèlent et prédisent le QI à différents degrés[4].

Article détaillé : Modèle de Cattell-Horn-Carroll.

Pouvoir prédictif[modifier | modifier le code]

Le QI mesuré par les tests psychométriques est le meilleur prédicteur statistique de la réussite ou de l'échec scolaire de l'enfant et de l'adolescent. Son pouvoir prédictif est modéré. Les corrélations entre le QI et la réussite scolaire ou académiques sont de l'ordre de 0.50. Ce chiffre indique que le QI prédit (ou explique) 25% de la variance des scores[4]. D'autres facteurs entrent en jeu dans la réussite scolaire puis professionnelle, cependant ces facteurs sont variés. Chez l'enfant, la motivation, l'effort[5], le sentiment d'efficacité personnelle et d'autres facteurs non cognitifs jouent également un rôle sur les performances scolaires et la réussite professionnelle ou sociale ultérieure[4]. L'auto-discipline, la consistance, la fiabilité ont également un impact important sur les résultats professionnels et personnels chez l'adulte[6].

Malgré son pouvoir prédictif modéré, le QI reste le meilleur prédicteur de la réussite scolaire ultérieure comparé aux autres facteurs[4].

Sociologie du QI[modifier | modifier le code]

Différences entre les générations[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Effet Flynn.

L'effet Flynn est le nom attribué à l'accroissement lent et régulier du résultat moyen à des tests de type Q.I. observés au cours du XXe siècle dans les pays industrialisés. Ce sont les tests les plus liés aux matières scolaires qui connaissent les plus faibles progressions. L'accroissement de la scolarité, et le niveau scolaire, jouent un rôle majeur dans l'augmentation des scores.

La croissance des scores s'est stabilisée et des effets inverses ont été observés depuis le début des années 2000. Les causes en sont encore à l'étude et le phénomène ne se montre pas homogène[7]. Une étude d'Aden et Shayer datée de 2005[8] et portant sur 25 000 enfants scolarisés en Grande-Bretagne suggère une régression du QI général et de certaines habiletés cognitives et scolaires chez des élèves britanniques entre 1975 et 2005[8]. Il est possible que cette stagnation de l'effet Flynn date des années 1980[9].

Or la tendance à une stagnation voire d'une légère régression de l'effet Flynn en Occident a été observée dans d'autres pays. En 2004, Jon Martin de l'Université d'Oslo et ses collègues ont publié un article décrivant les résultats aux tests de QI des conscrits norvégiens entre 1950 et 2002 démontrant que l'amélioration des scores en intelligence générale s'est arrêtée après le milieu des années 1990 mais a régressé légèrement dans nombres d'autres tests[10],[11]. Le Conservatoire national des arts et métiers s'est également fait écho d'un début d'inversion de l'effet Flynn en se basant sur des tests dans le canton de Vaud en Suisse en 1991 et 2002[12]. Teasdale et Owen déclarent : « les analyses de tests d'intelligence de près de 500 000 jeunes Danois entre 1959 et 2004 montrent que l'augmentation a connu son apogée fin des années 1990 et aurait légèrement régressé jusqu'à un niveau d'avant 1991 ». Ils estiment qu'« un facteur lié à cette récente chute pourrait être un déclin simultané du nombre d'étudiants en avance de 3 ans pour les 16-18 ans »[10].

En 2015, l'inversion de l'effet Flynn, ou son plafonnement, semblent établis en France, en Norvège, au Danemark, au Royaume-Uni, aux Pays-Bas, en Suède et en Australie[13],[14],[15],[16].

Différences entre groupes ethniques et controverses sur les interprétations racistes[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Race et intelligence.

Le QI a parfois été instrumentalisé pour étayer des propositions élitistes, eugénistes, c'est pourquoi les études sur les différences de QI entre les groupes ont fait l'objet de débats passionnés car leurs conclusions pouvaient être reprises pour justifier le racisme. Dans plusieurs régions du monde durant le XXe siècle, des groupes entiers de personnes ont été soumis à un programme de stérilisations contraintes à la suite de mauvais résultats à un test de QI. Cela s'est vu au Canada consécutivement à la loi dite Sexual Sterilization Act of Alberta (en) (1928) (cf. le cas de Leilani Muir qui a poursuivi en justice et gagné le procès qu'elle a intenté contre la province d'Alberta).

Le livre « The Bell Curve » de Richard J. Herrnstein et Murray souligne et commente longuement les différences de QI entre groupes ethniques aux États-Unis, en particulier les scores plus faibles des minorités noires par rapport à la majorité blanche, et leurs implications politiques. Ce livre a provoqué beaucoup de polémiques aux États-Unis après sa parution[4]. Certains spécialistes ont avancé des explications qualifiées de racistes par d'autres spécialistes. L'Association Américaine de Psychologie et le Conseil national des affaires scientifiques américains ont commandé un rapport d'experts indépendants pour faire le point sur la question[4]. Malgré de fortes disparités entre les groupes, les spécialistes en psychométrie sont unanimes pour défendre l'idée que les différences entre les groupes (ce qu'il faut différentier des différences entre les individus dans un même groupe ethnique), ne sont pas d'ordre génétique (cf. Mainstream science on Intelligence, collectif signé par un groupe de psychologues américains spécialistes de la question et défendant cette idée[17]). Les différences observées entre les groupes ethniques correspondent aux conséquences de milieux environnementaux défavorables aux minorités noires américaines[4]. Les psychologues défendant l'idée que les différences entre les groupes seraient d'origine biologique, sont très minoritaires depuis la fin du XXe siècle.

Il faut bien distinguer ce débat de celui des différences individuelles observées à l'intérieur des groupes ou populations ethniques (voir détails dans les parties suivantes).

Facteurs biologiques en interaction avec le QI[modifier | modifier le code]

Puberté[modifier | modifier le code]

L'imagerie montre ou confirme la possibilité que les capacités intellectuelles d'un individu par rapport à ses pairs puissent diminuer ou augmenter dans les années d'adolescence[18], sans qu'on sache encore dans quelle mesure jouent le contexte environnemental (polluants neurotoxiques, perturbateurs endocriniens…), d'évolution personnelle (période où intervient fréquemment un changement dans le mode d'alimentation, avec alcool, tabac éventuellement, ou un changement dans le mode d'apprentissage) ou social (psychologie de la motivation), réorganisation des priorités de l'individu (dont sexualité adolescente), éventuellement sous l'influence de l'entourage ou d'un modèle social autre[18].

Corrélations entre QI et morphologie ou physiologie du cerveau[modifier | modifier le code]

Plusieurs études ont montré des corrélations modérées entre le volume du cerveau (en particulier la substance grise[19]) et le QI. Cette relation a été de nombreuses fois répliquée et les corrélations observées sont modérées, d'environ 0,4 en moyenne[20],[21]. Cependant, les relations de cause à effet et les explications de ces corrélations restent incomprises et débattues par les spécialistes[22],[21].

Arthur Jensen cite une dizaine d'études indépendantes effectuées au Japon, en Europe et en Amérique qui ont toutes trouvé une corrélation positive entre la capacité crânienne et le quotient intellectuel (la moyenne des corrélations se situant à 0,4)[23]. J. Philippe Rushton fait un constat similaire[24]. De cette simple corrélation les auteurs racialistes concluent à une causalité, faisant fi de l'« effet cigogne », et arguent qu'un volume crânien plus grand cause un Q.I plus élevé. Or des corrélations entre volume crânien et QI ne doivent pas être forcément interprétées comme une relation unique de cause à effet de type : un cerveau plus large a pour résultat un meilleur QI. Lorsqu'une corrélation positive est observée, il est possible qu'un facteur causal explique les deux phénomènes. Il est également possible que les stimulations de l'environnement et les apprentissages jouent un rôle sur la physiologie du cerveau. Le spécialiste Ian Deary conclue en 2001 que les explications sont manquantes. Les relations entre QI, morphologie du cerveau et physiologie sont complexes et ne sont pas encore éclaircies. Les avancées scientifiques dans ce domaine dépendent en grande partie des technologies d'imagerie cérébrale et ce domaine technologique est en développement[21].

Des mesures physiologiques sont également corrélées au QI sans que les relations de cause à conséquence soient éclaircies. Ces mesures sont

  • la rapidité, la complexité et la forme de certaines courbes d'activité cérébrale mesurée par potentiels évoqués auditifs[25],
  • les temps d'inspection visuels mesurés dans des tâches de mémoire visuelle iconique (corrélations moyennes de 0,4)[26],[27],[28],
  • les temps de réaction sur des tâches simples (corrélations moyennes d'environ 0,2 ou légèrement plus)[29],

Les études sur les relations entre morphologie et réaction physiologiques cérébrales et le QI se sont multipliées dans des populations de tous âges, avec ou sans problèmes cognitifs. Les enjeux de ces recherches sont de mieux comprendre les relations observées[30].

Héritabilité du QI[modifier | modifier le code]

Il est établi que les scores de QI sont fortement influencés et déterminés en grande partie par l'environnement de l'enfant[4].

Corrélation du QI suivant le type de relation familiale[31]
Lien de parenté Corrélation
Jumeaux vrais élevés ensemble 0,85
Jumeaux vrais élevés séparément 0,74
Faux jumeaux élevés ensemble 0,59
Frère et sœur élevés ensemble 0,46
Enfant et moyenne des parents 0,50
Enfant et parent célibataire vivant ensemble 0,41
Enfant et parent célibataire vivant séparés 0,24
Parent adoptif et enfant vivant ensemble 0,20
Entre mari et femme[32] 0,33


Pourtant, dans les années 1980, des résultats ont semblé remettre en question cette théorie : des études sur les jumeaux homozygotes séparés à la naissance ont montré que les QI de ces jumeaux (ainsi que de nombreuses autres caractéristiques physiques et mentales) étaient fortement corrélés. Ces observations ont commencé à l'Université du Minnesota, où une unité de recherche a été mise en place par Thomas Bouchard pour étudier une cohorte nationale de jumeaux et triplés élevés séparément dans des familles adoptives[21],[33]. Dans une méta-analyse publiée en 1981, Bouchard et McGue rapportent des résultats portant sur 111 études de jumeaux[34]. Or leurs observations (étude MISTRA) indiquent que les corrélations entre les scores de jumeaux homozygotes élevés séparément sur des tests de mesure du QI sont étonnamment élevées (0.69 pour les échelles de Wechsler et 0.78 aux matrices de Raven ; les corrélations pour des jumeaux homozygotes élevés ensemble sont de, respectivement, 0.88 et 0.76)[21].

Une autre méta-analyse indépendante a été publiée en 1997 dans le journal Nature. Elle porte sur 212 études. Des corrélations sont mises en évidence pour chacun des liens de parenté, et notamment la corrélation la plus forte est celle des « jumeaux élevés ensemble ». Devlin et al. interprètent ces corrélations comme une importance plus forte de la période prénatale que ce qui était considéré auparavant, et par conséquent une importance moindre du patrimoine génétique[31].


Dickens et Flynn ont proposé une explication de ces résultats apparemment tout à fait contradictoires. Dickens a proposé que l'influence des facteurs génétiques ne signifie pas que l'environnement n'entre pas en compte dans l'équation. Il est possible que des différences d'origine biologique modifient précocement l'environnement de l'enfant puis plus tard, celui de l'adulte[35].

Ian Deary indique que ces corrélations de signifient pas que l'intelligence est d'abord d'origine génétique. Les corrélations observées ne portent que sur les différences entre les scores. Les résultats suggèrent qu'environ 50 % de ces différences sont expliquée par des variables sans doute génétiques et 50% par des influences environnementales[21].

Estimations basées sur les données historiques[modifier | modifier le code]

En 1926, la psychologue Catharine Cox Miles, dans une recherche pour sa thèse doctorale dirigée par le psychométricien Lewis Terman, utilise les informations biographiques sur l’enfance de personnes célèbres pour estimer leur QI sur la base de leurs écrits et de données historiques (Voltaire, 170 ; John Stuart Mill, 190 ; Goethe : 210)[36],[37]. Sa méthode dite « historiométrique » est tout à fait différente et indirecte mais cherche néanmoins à se baser sur des principes scientifiques[38]. La méthode historiométrique est disputée et ne fait pas consensus chez les psychologues[39].

Citations sur le QI[modifier | modifier le code]

Pour Bertrand Russell, « J. B. Watson (voir behaviorisme) estime qu’il n’y a nul besoin de mesurer par des tests la qualité d’une personne, puisque selon la définition qu’il en donne cette qualité est très précisément indiquée par son revenu[40]. » Russell s'empresse d'ajouter dans le même paragraphe qu'il ne partage pas cet avis[41].

Selon Ilan M. Edelstein, « l'intelligence ne se résume pas à un chiffre. [...] on ne peut pas classer l'intelligence des gens de façon linéaire, [...] les tests de QI ne mesurent pas toutes les intelligences ni tous les secteurs de l'intelligence[42]. »

Principales critiques du QI[modifier | modifier le code]

Manque de consensus sur la nature de l'intelligence[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Intelligence humaine.

Les scientifiques n'ont pas dégagé un consensus quant à la définition ou la nature de l'intelligence humaine. Cette absence de définition est commune lorsque des concepts ne sont pas encore tout à fait compris par les scientifiques qui l'étudient. L'absence de définition consensuelle reflète le fait que la description de l’intelligence sur un plan scientifique reste un sujet d'étude et de débats, sur lequel de nombreuses questions importantes ne sont pas encore résolues[4].

Biais culturels des tests d'intelligence[modifier | modifier le code]

Il n'existe pas de test d'intelligence purement aculturel, c'est-à-dire échappant à toute influence de la culture sur la performance au test. Historiquement, des psychologues ont développé plusieurs tests de performance pour tester des enfants sans langage ou des enfants immigrés ne parlant pas la langue de leur pays d'accueil. Les tests de connaissance faisant intervenir le langage ne peuvent s'affranchir de composantes culturelles comme l'étendue du vocabulaire. Les autres restent cependant corrélés à la culture. Ainsi, dans un pays donné, les sujets issus de minorités culturelles obtiennent des QI plus faibles que les étudiants de la population majoritaires[4]. Ces différences, souvent observées, peuvent faire soupçonner un éventuel biais culturels des tests, y compris non verbaux[43].

Plusieurs différences observées entre pays seraient attribuables à des effets culturels plutôt que cognitifs[44].

Utilisation du QI comme indicateur de dégradation dans l'environnement[modifier | modifier le code]

La perte moyenne de QI de 4 points constatée en France entre 2004 à 2014, inversion marquée de l'Effet Flynn, a conduit à une recherche fondée sur l'analyse de la variance des facteurs pouvant l'avoir causée. Cette étude n'aurait pu se conduire aussi facilement en l'absence de données chiffrées de QI des populations[45].

Part de variance inexpliquée[modifier | modifier le code]

Les psychologues (et en premier lieu David Wechsler, auteur des échelles d'intelligence les plus utilisées au monde) s'accordent sur le fait que les performances aux tests mesurant les QI contiennent une part de variance inexpliquée. Il est probable que des facteurs non cognitifs soient à l'origine d'une partie de cette part de variance[46].

Controverses sur les scores extrêmes[modifier | modifier le code]

Il a été reproché aux scores de QI de perdre en précision sur les scores extrêmes. La principale raison réside dans la faiblesse de l’échantillon disponible à ce niveau.[réf. nécessaire]

Records[modifier | modifier le code]

En 1956, Marilyn vos Savant aurait obtenu l'un des plus grands QI mesurés, mais les tests qu'elle a passés n'ont pas été surveillés selon la procédure normale.

En 1977[réf. nécessaire], le Sud-Coréen Kim Ung-yong établit un record du monde du QI le plus élevé avec un score de 210 et est répertorié dans le Guinness Book of World Records. Enfant prodige, il est invité par la NASA à l'âge de 8 ans, et y travaille pendant dix ans [47]. Fatigué par l'attention médiatique et par un rythme de travail élevé ainsi qu'une grande solitude, il rentre en Corée du Sud pour y retrouver sa mère et surtout, pour étudier afin de rencontrer des jeunes de son âge. Il vit et travaille toujours en Corée du Sud et se déclare heureux d'avoir choisi une vie « normale »[47].

Société[modifier | modifier le code]

Seconde chance[modifier | modifier le code]

En 1961 en France, un jeune travailleur agricole nommé Jean Frêne se voit crédité aux trois jours de sélection militaire d'un QI exceptionnel[réf. nécessaire]. L'affaire remonte au ministère des armées, qui lui accorde un sursis et une bourse : cinq ans plus tard, Jean Frêne décroche son diplôme d'ingénieur et embraye directement sur un doctorat. En 2004, il est professeur à l'université de Poitiers en chaire de tribologie. Cette affaire popularisera l’intérêt de la notion de QI en France[réf. nécessaire]. Jean Frêne y est devenu le troisième Français à obtenir la prestigieuse médaille d'or internationale de tribologie[48].

Eugénisme[modifier | modifier le code]

En 1980, Robert Klark Graham, généticien eugéniste américain, crée une banque de sperme réservée aux hauts QI. L'entreprise est très critiquée dès sa mise en place. Elle conduit à la naissance de 218 enfants. Cependant, à sa mort en 1997, Graham n'a pas réussi à démontrer que les enfants nés de cette banque de sperme sont plus intelligents ou plus brillants sur le plan académique que des enfants élevés dans un milieu comparable[49] .

Associations pour hauts QI[modifier | modifier le code]

Plusieurs associations internationales réservées aux hauts QI existent, dont les membres sont exclusivement des personnes ayant passé un test de QI et réussi ce test au-delà d'un score donné.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c et d Harris Butterworth, p. 10.
  2. a, b, c et d Corwin Boake, « From the Binet–Simon to the Wechsler–Bellevue: Tracing the History of Intelligence Testing », Journal of Clinical and Experimental Neuropsychology, vol. 24, no 3,‎ , p. 383–405 (ISSN 1380-3395, PMID 11992219, DOI 10.1076/jcen.24.3.383.981, lire en ligne).
  3. a, b et c Eysenck 2000, p. 738..
  4. a, b, c, d, e, f, g, h, i et j (en) « Intelligence: Knowns and unknowns. », American Psychologist, vol. 51, no 2,‎ (ISSN 1935-990X et 0003-066X, DOI 10.1037/0003-066X.51.2.77, lire en ligne).
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  6. James J. Heckman et Yona Rubinstein, « The Importance of Noncognitive Skills: Lessons from the GED Testing Program », The American Economic Review, vol. 91, no 2,‎ , p. 145–149 (lire en ligne).
  7. (en) William T. Dickens et James R. Flynn, « Black Americans reduce the racial IQ gap: Evidence from standardization samples », sur www.brookings.edu, (consulté le 30 mai 2015).
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  12. Jessica Nicollet, Caroline Julie Guillen, Anne-Christine Jouhar et Jerôme Rossier, « Performance aux tests d'intelligence : vers une inversion de l'effet Flynn ? », sur L’Orientation scolaire et professionnelle, (consulté le 6 décembre 2016).
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  41. « For my part, the ethic suggested by the previous passage from Dr Watson is not one that I can accept. I cannot believe that virtue is proportional to income, nor yet that it is wicked to have difficulty in conforming to the herd. Doubtless my views on these matters are biased, since I am poor and a crank; but although I recognise this fact, they remain my views none the less ».
  42. Mon quotient intellectuel Craughwell, Thomas J., Éditeur : Martinière, pages 11-12 (chapitre 1 ; c'est quoi?).
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Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]