Quotient intellectuel

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Un exemple d'un type d'élément de test de QI, sur le modèle des éléments des matrices progressives de Raven.

Le quotient intellectuel, ou QI, est le résultat d'un test psychométrique qui entend fournir une indication quantitative standardisée de l'intelligence humaine.

Le QI est mesuré par un psychologue pour des raisons qui peuvent être éducatives ou psychiatriques. Cependant, le QI, tout comme les notions associées de déficience mentale ou d'enfant surdoué, ne sont pas des diagnostics. Le QI est généralement évalué dans le cadre plus complet d'un examen psychologique.

Créé au début du XXe siècle pour dépister les élèves en difficulté et leur faire bénéficier d'un soutien, la notion d'un QI a fait l'objet de nombreuses critiques, méthodologiques et psychométriques, ou théoriques (discussions sur la nature de l'intelligence).

Calcul du quotient intellectuel[modifier | modifier le code]

Graphique représentant la répartition théorique de la population par QI standard. Il présente les caractéristiques d'une courbe en cloche, les tests étant étalonnés à cette fin pour permettre une bonne discrimination dans les zones médianes.
Distribution de QI normalisé avec une moyenne de 100 et un écart type de 15.

Le QI classique[modifier | modifier le code]

Le calcul d'un quotient intellectuel est l'idée du psychologue allemand William Stern[1]. En 1905 est publiée la première échelle mesurant l'intelligence, l'Échelle métrique de l'Intelligence d'Alfred Binet et Théodore Simon, ou test de Binet et Simon. Cette échelle donne lieu à la détermination d'un âge mental de l'enfant. L'âge mental correspond au groupe d'âge auquel le participant a réussi l'ensemble des tests. Ainsi un enfant de 10 ans montrant les mêmes résultats que la moyenne des enfants de 12 ans a « douze ans d'âge mental »[1].

Le Quotient Intellectuel calculé par Stern (appelé aussi plus tard « QI classique ») est un quotient calculé en comparant l'âge réel (chronologique) de l'enfant à son âge mental. le QI égale le rapport entre l'âge mental divisé par l'âge chronologique et multiplié par 100. Ainsi dans l'exemple précédent, un enfant de 10 ans obtenant un âge mental de 12 ans obtient un QI de : (12 / 10) ⅹ 100 = 120[1].

Conçu pour détecter et aider les enfants en difficulté, ce calcul n'est pas efficace pour évaluer un QI chez les adultes.

QI standard[modifier | modifier le code]

Le QI par rang ou « QI standard » est calculé de manière différente. Il correspond au rang auquel se situe une personne relativement à une population représentée par une loi normale (Courbe de Gauss). Les tests de David Wechsler ont été les premiers à utiliser ce type d'étalonnage[2]. Les tests sont « étalonnés » lors de leur conception pour que les résultats suivent une courbe de Gauss (appelée aussi courbe normale). L'étalonnage est régulièrement mis à jour.

L'étalonnage fixe « par construction »la moyenne (ou l'espérance), l'écart type et la distribution a priori associée à ces contraintes dans la méthode bayésienne (c'est-à-dire la seule n'introduisant pas d'« information ajoutée ») se trouve être la courbe de Gauss. C'est donc sur elle qu'on étalonne le test. Tous les tests fixent la moyenne à 100. L'écart-type est le plus souvent fixé à 15 (il s'agit alors de QI standard)[3].

Certains test postérieurs à ceux de Wechsler on fixé des écarts-types à 16 ou à 24 (c'est le cas du test américain Culture Fair Intelligence Test de Raymond Cattell).

La moyenne du QI standard est fixée à 100 pour des raisons arbitraires et historiques. L'écart type à 15 indique que, puisque la distribution est normale, 68% de la population est située à un écart-type de la moyenne, et 95% de la population est située entre 2 écart-types (voir figure)[3].

Conditions de détermination du QI : l'examen psychologique[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Examen psychologique.

Le QI doit être mesuré par un psychologue dûment qualifié. Sa mesure s'effectue dans le cadre d'un examen psychologique qui peut se dérouler sur plusieurs sessions. L'examen psychologique comprend un ou des entretiens psychologiques. Il appartient au psychologue de faire passer le test dans des conditions optimales pour la personne. Le psychologue doit suivre les instructions du manuel de l'échelle pour que les résultats puissent être valides[2].

Histoire[modifier | modifier le code]

Article détaillé : David Wechsler et Intelligence humaine.
Le psychologue français Alfred Binet a été l'un des principaux développeurs de ce qui est devenu plus tard le test Stanford-Binet.

Précurseurs[modifier | modifier le code]

La fin XIXe siècle assiste aux débuts de la psychologie scientifique. De nombreux chercheurs s’intéressent à la mesure de l’intelligence. Le plus avancé sur le sujet est l’Anglais Sir Francis Galton, un cousin de Charles Darwin, qui ne parviendra cependant pas à mettre en place un test utilisable. Galton, inventeur du terme eugénisme, publie son livre L’intelligence héréditaire, la raison de ses travaux étant de montrer qu'une partie au moins de celle-ci est héréditaire, et d’en tirer des conclusions pour l’amélioration de l’espèce humaine. En 1890, le terme de « mental test » est employé pour la première fois par l’Américain McKeen Cattell pour désigner une série d’épreuves destinées à mesurer les différences entre étudiants.

La première échelle de l'intelligence est publiée en 1905. Les Français Alfred Binet et Théodore Simon, travaillant à la demande de l’État sur un moyen de détecter d’avance les élèves faibles scolairement, mettent au point le premier test utilisable, l'Échelle métrique de l'intelligence appelé aussi du nom de ses auteurs, le test de Binet et Simon[3],[2].

Quotient intellectuel défini par Stern[modifier | modifier le code]

En 1912, l'Allemand William Stern a l’idée de faire le rapport entre les résultats obtenus au Binet-Simon et l’âge réel. Il crée l'expression de « quotient intellectuel » (voir ci-dessus)[1].

Quotient intellectuel défini par Wechsler[modifier | modifier le code]

Ce type de calcul du QI pose plusieurs problèmes statistiques, le principal étant qu'il n'est pas applicable aux adultes. Quand, en 1939, le psychologue américain David Wechsler publie un nouveau test d'intelligence, il conserve la notion de quotient intellectuel, mais applique une mesure tout à fait différente qu'il applique non seulement à l'échelle entière mais également aux sous-tests de son échelle[2]. Cette approche est conservée dans les batteries de tests publiées ultérieurement par Wechsler (Wechsler Adult Intelligence Scaleet WISC).

Popularisation du concept[modifier | modifier le code]

En 1926, la psychologue Catherine Morris Cox (en) utilise les informations biographiques sur l’enfance de personnes célèbres[4] pour estimer a posteriori leur QI (Voltaire, 170 ; John Stuart Mill, 190 ; Goethe : 210). Cette étude informelle[5] n'est qu'amusante mais sera souvent citée.

Premières études sur les composants du QI[modifier | modifier le code]

En 1939, l'Américain Louis Leon Thurstone remet en cause la thèse d'un facteur g de Spearman en soulevant sept facteurs principaux qui font partie d'une multitude de facteurs : Facteur Spatial (représentation des configurations), Facteur Perception (saisie de détails dans une configuration), Facteur Verbal (compréhension des données), Facteur Lexical (mobilisation du vocabulaire), Facteur Mémoire (faculté de mémorisation), Facteur Numérique (réalisation de calculs), et Facteur Raisonnement (définir et trouver des liens entre des éléments). En reprenant les analyses de Spearman, Thurstone conclut que ces sept facteurs sont orthogonaux, c'est-à-dire représentent autant de types d’intelligence et n'ont pas de lien entre eux. Le g de Spearman serait donc inexistant. Les conclusions de Thurstone sont que l’existence même de l'intelligence générale, comme entité mesurable, ne reposerait sur aucune base empirique réelle, ni ne pourrait être quantifiée de manière rigoureuse et logique (sauf évidemment dans le cas particulier de deux individus dont l'un surpasserait l'autre dans « tous » les types mentionnés). [réf. nécessaire]

Sociologie du QI[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Effet Flynn.

L'effet Flynn est le nom attribué à l'accroissement lent et régulier du résultat moyen à des tests de type Q.I. observés au cours du XXe siècle dans les pays industrialisés. Ce sont les tests les plus liés aux matières scolaires qui connaissent les plus faibles progressions. L'accroissement de la scolarité, et le niveau scolaire, jouent dans l'augmentation des scores aux tests « culturels ».

Une étude d'Aden et Shayer datée de 2005[6] et portant sur 25 000 enfants scolarisés en Grande-Bretagne suggère une inversion pure et simple de l'effet Flynn, et une « régression de trois ans d'âge mental » des élèves britanniques entre 1975 et 2005[6]. Des études ultérieures montrent que chaque pays a son rythme d'une part mais qu'également l'effet Flynn ne profite qu'aux moins doués. Le King's College de Londres, établissement d'élite, ne concerne pas cette population. Cependant la tendance d'une stagnation voire d'une légère régression de l'effet Flynn en Occident est bel et bien établie. Les causes en sont encore à l'étude, et le phénomène ne se montre pas homogène[7]. En 2004, Jon Martin de l'Université d'Oslo et ses collègues ont publié un article décrivant les résultats aux tests de QI des conscrits norvégiens entre 1950 et 2002 démontrant que l'amélioration des scores en intelligence générale s'est arrêtée après le milieu des années 1990 mais a régressé légèrement dans nombres d'autres tests[8],[9].

Le Conservatoire national des arts et métiers s'est également fait écho d'un début d'inversion de l'effet Flynn en se basant sur des tests dans le canton de Vaud en Suisse en 1991 et 2002[10].

Au Royaume-Uni, en ce qui concerne les adolescents, il pourrait même avoir stagné depuis les années 1980. Teasdale et Owen déclarent : « les analyses de tests d'intelligence de près de 500 000 jeunes Danois entre 1959 et 2004 montrent que l'augmentation a connu son apogée fin des années 1990 et aurait légèrement régressé jusqu'à un niveau d'avant 1991 ». Ils estiment qu'« un facteur lié à cette récente chute pourrait être un déclin simultané du nombre d'étudiants en avance de 3 ans pour les 16-18 ans »[11],[8].

En 2015, Edward Dutton (université d'Oulu en Finlande) et Richard Lynn (université d'Ulster en Irlande du Nord) publient, dans la revue Intelligence, une étude selon laquelle il existerait une chute du QI moyen en France. Cette moyenne passant de 101,1 en 1999 à 97,3 en 2009 soit une baisse de 3,8 points. Elle toucherait d'autres pays tels la Norvège, le Danemark, le Royaume-Uni, les Pays-Bas, la Suède ou encore l'Australie[12]. Les plus grandes baisses sont dans le domaine du vocabulaire, de la compréhension et de l'information. Plusieurs raisons pouvant expliquer ce déclin sont passées en revue (nutrition, modification de l'enseignement, diminution de la lecture...) sans conclusions avérées. Il est également pointé du doigt l'influence que pourrait avoir « l'augmentation du nombre d'immigrants avec un quotient intellectuel inférieur à la population française » dans ces résultats. Des études ont montré que les immigrants en provenance de l'Afrique du Nord et Asie du Sud Ouest ont généralement un QI moyen d'environ 85 à 90. Ainsi, au Danemark, le QI des immigrants non-européens à 18-19 ans est de 86,3 en comparaison de 100 pour les Danois autochtones. Ces immigrants sont susceptibles d'avoir eu un certain impact sur la réduction du quotient intellectuel moyen des populations, mais, selon l'étude de Dutton et Lynn, « il est douteux que l'augmentation du nombre d'immigrants ayant un quotient intellectuel inférieur soit suffisamment grand pour avoir eu un effet majeur. » En effet, la Finlande observe également cette baisse avec un nombre négligeable d'immigrants non-européens. Le quatrième facteur qui aurait pu contribuer à la baisse de l'intelligence est la fertilité dysgénique, à savoir l'association négative entre l'intelligence et le nombre d'enfants[13],[14],[15].

QI et neuro-imagerie cérébrale[modifier | modifier le code]

Développement de l'enfant et adolescent[modifier | modifier le code]

L'imagerie montre ou confirme la possibilité que les capacités intellectuelles d'un individu par rapport à ses pairs puissent diminuer ou augmenter dans les années d'adolescence[16], sans qu'on sache encore dans quelle mesure jouent le contexte environnemental (polluants neurotoxiques, perturbateurs endocriniens…), d'évolution personnelle (période où intervient fréquemment un changement dans le mode d'alimentation[17], avec alcool, tabac éventuellement, ou un changement dans le mode d'apprentissage) ou social (psychologie de la motivation), réorganisation des priorités de l'individu (dont sexualité adolescente), éventuellement sous l'influence de l'entourage ou d'un modèle social autre[16].

Corrélations entre QI et volume crânien[modifier | modifier le code]

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D'après Arthur Jensen, dans le livre de Frank Miele Intelligence, Race, And Genetics. Conversations with Arthur Jensen (2002) aux pages 135 et 136, une dizaine d'études indépendantes effectuées au Japon, en Europe et en Amérique ont toutes trouvé une corrélation positive entre la capacité crânienne et le quotient intellectuel, la moyenne étant de 0,4. J. Philippe Rushton a fait un constat similaire[18]. De cette simple corrélation les auteurs racialistes concluent à une causalité, faisant fi de l'« effet cigogne », et arguent qu'un volume crânien plus grand cause un Q.I plus élevé.

D'après le psychologiste controversé John Philippe Rushton, dans son livre Race, Evolution, and Behavior (Seconde édition, 2000), les étudiants universitaires, qui ont en moyenne un QI d'un écart type au-dessus de la moyenne nationale, ont une capacité crânienne moyenne supérieure à la moyenne nationale. Dans le même ordre d'idées, il a pu être remarqué que les rats dont la capacité crânienne était significativement plus importante montraient une intelligence supérieure à la moyenne, retrouvant notamment plus rapidement leur chemin dans un labyrinthe. (in International Journal of Neuroscience)[18].

D'autres études scientifiques ont corroboré ces théories[19],[20],[21],[22].

Débats sur l'influence de l'environnement et de la génétique[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Mainstream Science on Intelligence.
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Concernant l'héritabilité du Q.I, la méta-analyse de Bouchard et McGue[23] reste l'une des plus réputées. Elle porte sur 111 études de ressemblance familiale. Une autre méta-analyse a été effectuée en 1997 et porte sur 212 études. Des corrélations sont mises en évidence pour chacun des liens de parenté, et notamment la corrélation la plus forte est celle des « jumeaux élevés ensemble ». À partir d'un modèle, Devlin et al. interprètent ces corrélations comme une importance plus forte de la période prénatale que ce qui était considéré auparavant, et par conséquent une importance moindre du patrimoine génétique[24].

Corrélation du QI suivant le lien de parenté[24]
Lien de parenté Corrélation
Jumeaux vrais élevés ensemble 0,85
Jumeaux vrais élevés séparément 0,74
Faux jumeaux élevés ensemble 0,59
Frère et sœur élevés ensemble 0,46
Enfant et moyenne des parents 0,50
Enfant et parent célibataire vivant ensemble 0,41
Enfant et parent célibataire vivant séparés 0,24
Parent adoptif et enfant vivant ensemble 0,20
Entre mari et femme[23] 0,33

Citations[modifier | modifier le code]

Pour Bertrand Russell, « J. B. Watson (voir behaviorisme) estime qu’il n’y a nul besoin de mesurer par des tests la qualité d’une personne, puisque selon la définition qu’il en donne cette qualité est très précisément indiquée par son revenu[25]. » Russell s'empresse d'ajouter dans le même paragraphe qu'il ne partage pas cet avis[26].

Selon Ilan M. Edelstein, « l'intelligence ne se résume pas à un chiffre. [...] on ne peut pas classer l'intelligence des gens de façon linéaire, [...] les tests de QI ne mesurent pas toutes les intelligences ni tous les secteurs de l'intelligence[27]. »

Principales critiques et controverses[modifier | modifier le code]

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Nature de l'intelligence[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Intelligence.

Il n’y a pas actuellement consensus autour de la définition même de l'intelligence. « intelligence » vient du latin intellegentia (faculté de comprendre), dérivé du latin intellegere signifiant comprendre, et dont le préfixe inter (entre), et le radical legere (choisir, cueillir) ou ligare (lier) suggèrent essentiellement l'aptitude à relier des éléments jusqu'alors séparés. L'intelligence est l'ensemble des facultés mentales permettant de comprendre les choses et les faits, de découvrir les relations entre eux et d'aboutir à la connaissance conceptuelle et rationnelle (par opposition à la sensation et à l'intuition). Elle se perçoit dans l'aptitude à comprendre et à s'adapter facilement à des situations nouvelles. L’intelligence peut ainsi être conçue comme la faculté d'adaptation.

Validité[modifier | modifier le code]

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Un test est dit valide lorsqu’il mesure bien ce qu'il prétend mesurer. Dans le cas de l’intelligence, pour qu’un test soit invalide, il sera nécessaire (sans être suffisant) de démontrer que celui-ci ne mesure qu’une seule et unique dimension. Les méthodes actuellement utilisées pour mesurer le nombre de dimensions ne convenaient pas au traitement des données psychométriques. L'analyse en composantes principales, tant prisée, convient à des associations de type linéaire alors que la relation entre un score à un test et le QI est de type ogive normale. Bien qu’il existe des méthodes d’analyse qui répondent aux besoins spécifiques de la psychométrie (McDonald, 1967 ; Bock et al., 1988; Stout, 1987), il semble que les chercheurs soient peu enclins à remettre leurs pratiques en question.

Pour démontrer si un test mesure bien le nombre de dimensions attendu, ceux-ci recourent aux méthodes les moins fiables – et donc les plus sujettes à interprétation – dans plus de 80 % des publications (Fabrigar et al., 1999). Voilà, dans l’actuel, un portrait de la validité des tests psychométriques, et cela n’épargne pas la mesure du QI. Néanmoins, pour imparfaits qu'ils soient, ces tests permettent une approximation dans l'attente d'une batterie de tests cohérents.

À supposer que l'intelligence soit définie de façon consensuelle, il reste à savoir comment un test peut entendre la mesurer. C'est pourquoi on parle de batteries de tests, faisant appel à des techniques de tempérance, comme des évaluations du niveau de langage.

L'expression, à l'aide d'un résultat chiffré de « l'intelligence » d'une personne, ne permet pas d'en appréhender de manière « détaillée » les différents aspects. C'est simplement une approximation. Des individus particulièrement doués, voire géniaux, dans la discipline qui les passionne peuvent être très démunis dans d'autres domaines : vie courante, formalités administratives... ou tests : que l’on pense par exemple à Ampère, Chasles, (tous deux morts bien avant que Binet ne crée ses premiers tests), ou à Paul Erdős ou encore à cet archétype du distrait représenté par le savant Cosinus (personnage de bande dessinées parues elles aussi avant l'apparition des tests). D'autre part, la plupart des tests pratiqués pour mesurer le QI ne tiennent volontairement pas compte de certains aspects de l'utilisation de l'esprit humain : culture générale alias mémoire à long terme, certains aspects de la psychologie. Certains tests intègrent tout de même des questions du type culture générale et des discussions avec le sujet. Enfin, les résultats permettent de calculer les capacités du cerveau confrontés à une expérience de réflexion le jour où cette expérience a été menée.

Les tests de QI ne mesurent qu'une certaine part de l'intelligence humaine, en effet la théorie des intelligences multiples prétend qu'il n'existe pas une ou deux intelligences mais huit voire neuf (Théorie des intelligences multiples d'Howard Gardner). Le quotient intellectuel constitue surtout un classement (d'adaptation à des types de raisonnements logiques, voire de cognition, prédéfinis) d’un individu par rapport à une population donnée, et ne renseigne QUE sur son écart par rapport à la norme. Il ne s'ensuit pas pour autant que cette information soit dénuée d'utilité (voir effet Tetris).

Contexte socio-culturel[modifier | modifier le code]

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Les résultats obtenus lors de la passation de tests culturels sont par construction influencés par ce type de facteurs. Des études ont montré que les résultats au QI des immigrants s’élevaient 5 ans après leur arrivée dans leur pays d’adoption[réf. nécessaire] (mais leur intelligence a pu également évoluer dans le même temps s'ils sont passés dans un milieu plus stimulant). Les résultats obtenus lors de la passation de tests réputés « aculturels » gardent des traces résiduelles d'influence par quelques facteurs culturels (facilité de lecture, par exemple). Certains psychologues utilisent les matrices progressives de Raven, test réputé « aculturel ». Celles-ci, qui consistent en une succession d’items purement visuels, ne font appel ni aux connaissances, ni au vocabulaire. Cela permettrait de tester le potentiel natif de chacun...

Les tests prétendus « aculturels » ne le sont jamais. Une personne ayant des connaissances et de la pratique en géométrie (translation, symétrie, rotation...) sera plus à l'aise avec les matrices de Raven. Une personne ayant étudié et pratiqué les suites de nombres sera plus à l'aise avec les nombreux items de tests de QI faisant appel à ces notions. Une autre ayant une connaissance détaillée du vocabulaire dans sa langue sera plus à l'aise avec les autres nombreux items de tests de QI y faisant appel. D'ailleurs, de nombreux entraînements aux tests de QI (brochures, sites Internet, cours) existent pour « booster son cerveau » et permettent effectivement de mieux réussir ces tests. Ces tests mesurent donc avant tout la capacité du cerveau à résoudre ces tests. Mais « l'intelligence » n'est peut-être que la « quantité de connaissances » d'un individu, quantité qui lui permet de faire face à une situation nouvelle en lui permettant de faire plus ou moins de parallèles avec les situations similaires qu'il peut y raccorder.

Influence de facteurs émotionnels, motivation ou fatigue du sujet[modifier | modifier le code]

Il est possible que le QI soit biaisé par des facteurs individuels ne relevant pas de l'intelligence du sujet.

Il pourrait être influencé par la motivation : les problèmes posés sont souvent fastidieux en raison de leur caractère répétitif et coupé dans une certaine mesure du réel. Le problème se complique du fait que l’intelligence « peut répugner à la répétition[28] » : Évariste Galois refusait de répondre à une question au motif qu’il la trouvait trop facile et inintéressante.

Manque de précisions pour les scores extrêmes[modifier | modifier le code]

Il apparaît très difficile d’estimer le réel potentiel des personnes manifestant un QI très élevé (ou très bas, dans une moindre mesure). La principale raison réside dans la faiblesse de l’échantillon disponible à ce niveau. Quand un enfant sur 3000 environ obtient un QI supérieur à 150 au WISC, il devient très difficile d’établir un nouveau test pour ceux-ci (il faudrait d’abord constituer un échantillon valable, ce qui est très délicat). Ainsi, les bêta-testeurs des tests réservés aux THQI (personnes à très haut QI) se sont-ils, en fait, auto-évalués. Si les tests de QI donnent des résultats qui ont une apparence de Loi normale (Courbe de Gauss), c'est parce que les tests sont « étalonnés » de façon à en donner une : on y trouve en effet quelques rares questions destinées à dépister très vite des sujets exceptionnellement retardés ou brillants, et l'immense majorité des questions ne sert qu'à départager plus finement les autres, qui sont aussi la majorité, entre eux.

Réussite et échec social[modifier | modifier le code]

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Le QI s'apparente plus à un « indicateur » qu'à une mesure, car « justesse », « précision » et « sensibilité » en sont mal définis. Il chiffre simplement la facilité à utiliser certains modes de raisonnement, ce qui a certes une utilité en contexte scolaire. Une zone de confort est observée entre 85 et 115 de QI, dès que l'on sort de cette fourchette divers éléments sociaux, culturels, d'apprentissage, d'attitude ou d'aptitude commencent à se dessiner. Ce qui veut dire notamment que les personnes qui dépassent 115 (et plus encore 130 et plus) peuvent aussi rencontrer des difficultés d'adaptation allant jusqu'au sévère[29] à l'instar des difficultés qu'on observe avec moins de surprise chez des personnes à 85 et moins. Il apparait ainsi de temps en temps des cas de personnes en échec complet, testées pour vérifier si elles ne sont pas retardées, et qui se révèlent au contraire au-dessus de la moyenne. Prendre en compte les dimensions multiples de l’intelligence pourrait représenter une voie pour l’établissement de futurs tests visant à l’orientation, alors que le QI s'intéresse essentiellement soit à un potentiel, soit au contraire à des difficultés prévisibles pour un futur cursus. En d'autre termes, la question réside moins dans le fait de savoir « quel nom donner » à ce que le QI mesure que de savoir à quelles capacités de réalisation sa valeur est corrélée.

Influence de l'entraînement et de la familiarité culturelle[modifier | modifier le code]

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Les tests de QI comme le WAIS (équivalent du WISC pour les adultes) font appel à des questions spécifiquement culturelles, notamment d'histoire et de géographie, ainsi que des questions de vocabulaire, ou de culture générale, ce qui explique les différences de résultats observées entre des individus ayant par ailleurs une réussite équivalente aux questions de mémoire, de compréhension, d’arithmétique (ou si l'on étudie chaque type de QI séparément, à leur QI de performance), selon le niveau d'études, l'environnement familial ou professionnel du sujet. C'est pour cette raison qu'un test de QI doit toujours être effectué chez un psychologue, qui pourra notamment l'interpréter, et y joindre une analyse plus spécifique, en fonction de la personnalité de l'individu testé (ce qui explique également que les résultats de ces tests ne soient pas exactement représentatifs de l'intellect, et doivent être interprétés).

Controverses sur les interprétations racistes[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Race et intelligence.

Le QI a parfois été instrumentalisé pour étayer des propositions élitistes, eugénistes.

Certaines personnes ont été soumises à un programme de stérilisations contraintes à la suite de mauvais résultats à un test de QI. Cela s'est vu au Canada consécutivement à la loi dite Sexual Sterilization Act of Alberta (en) (1928) (cf. le cas de Leilani Muir qui a poursuivi en justice et gagné le procès qu'elle a intenté contre la province d'Alberta).

L'utilisation du QI a parfois servi soutenir des théories dites racistes car défendant l'idée de différences innées (et non culturelles) entre des groupes ethniques. Philippe Rushton à ainsi étayé ses thèses racistes[réf. nécessaire]. Le livre très controversé « The Bell Curve » de Richard J. Herrnstein (en) ressuscite une ancienne thèse de racisme scientifique[réf. nécessaire], en soulignant une différence statistique d'« intelligence » entre américains blancs et noirs en fonction de tests de QI. Selon cette étude, fondée sur des critères ethniques, admis aux États-Unis, les Juifs ashkénazes seraient plus intelligents que les Asiatiques, qui seraient en moyenne un peu plus intelligents que les Blancs, eux-mêmes en moyenne plus intelligents que les Hispaniques ; les Noirs étant les moins intelligents en moyenne. L'ouvrage ne met toutefois pas l'accent sur les corrélations socio-culturelles comme variables explicatives.

Ces positions sont très minoritaires et fortement critiquées par la communauté scientifique. L'objection la plus couramment soulevée est qu'il s'agit d'ethnies traitées différemment selon leur phénotype (couleur de peau et autres traits physiques) et leur appartenance sociale : ces différences sociales expliquent les différences observées entre les groupes ethniques ou sociaux[30].

Records[modifier | modifier le code]

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En 1955, le psychologue de l'éducation Cyril Burt publie sa première enquête (qui se révélera falsifiée) sur l'héritabilité du QI (en) apportant la justification des classes sociales en Angleterre, son test servira jusqu'en 1971 à l'orientation des élèves anglais de 11 ans. L'année suivante, en 1956, l'un des plus grands QI mesurés est obtenu par une femme, Marilyn vos Savant.

Les Pays-Bas, enregistrent une progression du QI de 21 points entre 1952 et 1982 sur les tests effectués sur les appelés au service militaire[12].

En 1961 en France, un jeune travailleur agricole « quasiment illettré » nommé Jean Frêne se voit crédité aux trois jours de sélection militaire d'un QI exceptionnel. L'affaire remonte au ministère des armées (actuel ministère de la Défense) qui lui accorde un sursis et une bourse : cinq ans plus tard, Jean Frêne décroche son diplôme d'ingénieur et embraye directement sur un doctorat. En 2004, il est professeur à l'université de Poitiers en chaire de tribologie. Cette affaire popularisera l’intérêt de la notion de QI en France. Jean Frêne y est devenu le troisième Français à obtenir la prestigieuse médaille d'or internationale de tribologie[31].

En 1977, le Sud-Coréen Kim Ung-yong établit un nouveau record du monde du QI le plus élevé avec un score de 210 à l'âge de 14 ans et est répertorié dans le Guinness Book of World Records. Il termine son doctorat en physique à l’âge de 15 ans.

En 1980, Robert Klark Graham, généticien eugéniste américain, crée le Dépôt pour le Choix Germinal, une banque de sperme réservée aux hauts QI[réf. nécessaire].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c et d Harris Butterworth, p. 10
  2. a, b, c et d Corwin Boake, « From the Binet–Simon to the Wechsler–Bellevue: Tracing the History of Intelligence Testing », Journal of Clinical and Experimental Neuropsychology, vol. 24, no 3,‎ , p. 383–405 (ISSN 1380-3395, PMID 11992219, DOI 10.1076/jcen.24.3.383.981, lire en ligne)
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Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

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  • Stéphane Bentura, film documentaire Le QI, histoire d'une imposture, 2011, 59 minutes
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  • Jean Piaget, La Psychologie de l'intelligence Ed.: Armand Colin, 2006, (ISBN 978-2-200-32214-4)
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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]