Dysgraphie

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La dysgraphie est une difficulté à accomplir les gestes particuliers de l'écriture[1], contrairement à l'agraphie qui est une perte complète de la capacité à écrire. Ces troubles surviennent indépendamment des capacités à lire et ne sont pas liés à un trouble psychologique[2]. La dysgraphie est un handicap de transcription, ce qui signifie que c'est un trouble graphique associé à des gestes graphiques handicapants, au codage orthographique (orthographe), et au mouvement des doigts lors de l'écriture[2]. Ce trouble peut s'accompagner d'autres troubles comme le trouble de la parole, de déficit de l'attention, ou dyspraxie développementale[3]. Dans le Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux (DSM-IV), la dysgraphie est caractérisée par un trouble d'apprentissage dans la catégorie des expressions écrites. Le terme dysgraphie vient des mots grecs dys signifiant « handicap » et graphia, « écrire des lettres avec la main[2]. »

Selon le neuropsychiatre français Julian de Ajuriaguerra, est dysgraphique « un enfant chez qui la qualité de l’écriture est déficiente alors qu’aucun déficit neurologique ou intellectuel n’explique cette déficience[4]. »

Classification[modifier | modifier le code]

Il existe trois sous-types connus de la dysgraphie : la dysgraphie dyslexique, la dysgraphie motrice et la dysgraphie spatiale. De façon générale, peu d'informations sont disponibles sur ces différents types de dysgraphie. Certains enfants pourraient associer plusieurs de ces sous-types.

La dysgraphie est souvent accompagnée d'autres troubles d'apprentissage comme la dyslexie ou le déficit de l'attention[2],[5].

Physiopathologie[modifier | modifier le code]

Conséquences[modifier | modifier le code]

La dysgraphie est un trouble qui affecte l’écriture dans son tracé. Elle peut apparaître à l’école primaire ou plus tard à n’importe quel moment de la vie. Chez l’enfant ou l’adolescent elle est souvent à l’origine de l’échec scolaire. Chez l’adulte elle atteint la personnalité dans ce qu’elle a de plus intime, l’écriture, et peut entraîner de grandes difficultés tant dans la vie privée que dans la vie professionnelle. Par contre, la dysgraphie, au même titre que la dyslexie, est reconnue comme handicap par les autorités scolaires de certains pays et peut donner lieu à la possibilité d'aménagements raisonnables comme la possibilité d’utiliser le tiers-temps lors des examens[6].

Troubles associés[modifier | modifier le code]

La dysgraphie est fréquemment associée à la dyslexie qui provoque une mauvaise analyse visuelle et, par conséquent, une mauvaise graphie, mais aussi à la dyspraxie et dans de plus rare cas a une dysorthographie rendant les deux troubles de l'apprentissage plus graves[7].

Diagnostic[modifier | modifier le code]

Plusieurs échelles d'évaluation de la dysgraphie ont été mises au point. Reprenant les travaux d'Ajuriaguerra et al.[8], l'échelle d’évaluation rapide de l’écriture chez l’enfant (BHK)[9] ou chez l'adolescent (BHK Ado)[10] sont couramment utilisées. Elles s'inscrivent dans une évaluation globale des compétences pouvant influencer l'écriture au niveau de la qualité et de la vitesse (tonus musculaire, difficulté d'analyse...).

Traitements[modifier | modifier le code]

Le traitement de la dysgraphie consiste en une rééducation de l'écriture, qui sera à adapter à la fois en fonction du type de dysgraphie présentée par le patient, mais également au patient lui-même.

La graphomotricité traite la dysgraphie sous toutes ses formes. Il faut travailler sur la décontraction du geste, la posture, la tenue de l’instrument, la forme des lettres, la motricité fine. Le but n’est pas de changer l’écriture de la personne mais de la réconcilier avec l’écrit en lui faisant trouver ou retrouver le plaisir d’écrire.

La rééducation des troubles graphomoteurs (à l'exception du langage écrit) fait partie du champ de compétences du psychomotricien (selon son Décret d'acte no 88-659 du ) qui détient un diplôme d'État, et de l'orthophoniste (Décret no 2002-721 du relatif aux actes professionnels et à l'exercice de la profession d'orthophoniste). Un enfant dysgraphique peut être pris en charge par un psychomotricien, un ergothérapeute[11] : l'ergothérapeute évalue la tache graphique sous plusieurs modes : évaluation de la composante gestuelle (posture, des coordinations œil main, la qualité du déliement du geste, des coordinations unimanuelles), la composante visuo-spatiale, la composante exécutive (mise en route, alternance et inhibition des paterns(modèles) moteurs automatisés du geste graphique) ainsi que des épreuves multimodales (évaluation de la qualité et quantité/rapidité de l'écriture). Puis, il y a une rééducation en fonction des troubles ciblés par l'évaluation de l'ergothérapeute. (à développer), et éventullement une ou des compensation(s) : même si l'enfant acquiert une écriture fonctionnelle à l'issue de la rééducation, elle peut ne pas répondre aux exigences scolaires en termes de lisibilité ou de rapidité et nécessite une compensation en mettant en place l'outil informatique[12]. L'orientation vers l'un ou l'autre de ces professionnels dépendra des objectifs de prise en charge.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Chivers, M. (1991). Definition of Dysgraphia (Handwriting Difficulty). Dyslexia A2Z. Retrieved from http://www.dyslexiaa2z.com/learning_difficulties/dysgraphia/dysgraphia_definition.html
  2. a, b, c et d (en) VW Berninger et BJ Wolf, Teaching students with dyslexia and dysgraphia: Lessons from teaching and science, Baltimore, Maryland, Paul H. Brooks Publishing Co., , 1–240 p. (ISBN 978-1-55766-934-6)
  3. (en) Nicolson RI, Fawcett AJ, « Dyslexia, dysgraphia, procedural learning and the cerebellum », Cortex, vol. 47, no 1,‎ , p. 117–27. (PMID 19818437, DOI 10.1016/j.cortex.2009.08.016)
  4. Ajuriaguerra, J. (de) et al. : 1964, p. 224.
  5. (en) Berninger VW, May MO, « Evidence-based diagnosis and treatment for specific learning disabilities involving impairments in written and/or oral language », J Learn Disabil, vol. 44, no 2,‎ , p. 167–83. (PMID 21383108, DOI 10.1177/0022219410391189)
  6. Bulletin officiel no 1 du 4 janvier 2007 - Ministère de l'éducation nationale, de l'enseignement supérieur et de la recherche.
  7. (en) Kaplan BJ, Crawford SG, Wilson BN. & Dewey, D. (1997) « Comorbidity of developmental coordination disorder and different types of reading disability » Journal of the International Neuropsychological Society 3,54(6):723–731.
  8. Ajuriaguerra JD, Auzias M, Coumes I, Lavondes-Monod V, Perron R. & Stambak M. (1964). L’écriture de l’enfant : vol.  1. L’évolution de l’écriture et ses difficultés, Paris, Delachaux et Niestlé.
  9. Charles M, Soppelsa R. & Albaret J-M. (2003) BHK – Échelle d’évaluation rapide de l’écriture chez l’enfant, Paris, éditions et Applications Psychologiques.
  10. Soppelsa R. & Albaret J-M. (2013) BHK Ado, Paris, éditions du Centre de Psychologie Appliquée.
  11. Décret 2004-802 du , article 5 A, publié au JORF du .
  12. S. Levêque-Dupin, A.-L. Guillermin,, « Ergothérapie, graphisme et alternative: d'une évaluation ciblée a un suivi adapté », ergothérapie en pédiatrie, solal éditeur,Marseille,‎ , p. 309-322.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]