Coupe menstruelle

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Une coupe menstruelle

Une coupe menstruelle ou coupelle menstruelle est un appareil de protection hygiénique féminine utilisé lors des menstruations. Il est constitué d'une petite coupe en forme de cloche aux bords arrondis et terminée le plus souvent par une petite tige permettant un retrait plus aisé. Généralement en matière silicone de qualité médicale, mais parfois en TPE de qualité médicale ou en latex en fonction des marques, elle est habituellement très souple ou parfois un peu plus rigide selon les modèles. La coupe est introduite manuellement dans le vagin et portée pendant la durée des menstruations afin de recueillir le flux menstruel.

Contrairement à un tampon hygiénique ou une serviette hygiénique, la coupe n'absorbe pas le sang et ne le récupère pas à l'extérieur du corps. Elle est parfois perçue comme une alternative écologique[1]. Pendant les menstruations, elle doit être vidée et rincée à l'eau claire plusieurs fois par jour et est réutilisable une dizaine d'année d'après les fabricants.

Histoire[modifier | modifier le code]

Les premiers brevets de coupe menstruelle sont américains et datent des années 1930. Ainsi, en 1933, le Canadien Lester J. Goddard obtint un brevet sur le « réceptacle vaginal » pour la Coezene Company à Miami[2]. La première coupe commercialisée serait la Daintette distribuée par la Dainty Maid, Inc., de Middlefield, Connecticut (États-Unis)[3].

L'actrice et chanteuse américaine Leona Chalmers se consacra après la naissance de sa fille à la conception de produits d'hygiène intime plus sûrs, plus propres et plus confortables pour les femmes. En 1937, elle lance la Tassette[4]. qui n'eut pas beaucoup de succès. À la même époque, les tampons avec applicateur furent créés et rencontrèrent quant à eux un large succès.

Une autre coupe menstruelle en caoutchouc fut inventée en 1987 aux États-Unis, la Keeper[5]. Cependant, certaines femmes présentèrent des réactions allergiques à cause du latex qu'elle contient. La première coupe menstruelle en silicone, la Mooncup, fut alors fabriquée aux États-Unis par la société The Keeper Inc. puis au Royaume-Uni. Elle est toujours fabriquée et commercialisée aux États-Unis, au Canada sous le nom de DIvacup, et en Europe sous le nom de keeper silicone.

Caractéristiques et utilisation[modifier | modifier le code]

Position de la coupe menstruelle dans le vagin

Les coupes menstruelles existent en différentes tailles adaptées à l'âge de l'utilisatrice, et selon qu'elle ait déjà accouché ou non[6].

La coupelle est insérée pliée dans le vagin. Elle peut être utile humidifiée au préalable pour glisser plus aisément dans le vagin. Lorsqu'elle se déplie, le bord rond de la coupe se retrouve plaqué sur les parois vaginales, formant un joint d'étanchéité (appelé « seal » en anglais, souvent traduit à tort par « effet ventouse » qui, lui, est un effet mécanique lors du retrait, mais pas statique lors du port). La coupe est maintenue en place grâce aux muscles vaginaux (et pas par un effet ventouse, contrairement à la croyance populaire, car la coupe n'aspire pas, vu qu'elle a été ouverte grâce à l'air bombant la coupe).

La coupe est conçue pour contenir de 10 à 30 ml de fluides (selon la marque de la coupe, sa taille...), ce qui correspond environ à un tiers de la quantité perdue lors d'une menstruation.

À la fin des règles la coupe doit être stérilisée, par exemple en la plongeant dans de l'eau bouillante. Mais elle peut aussi être soigneusement lavée à l'aide d'un nettoyant doux non parfumé et au pH équilibré. Certains fabricants mettent en garde contre l'usage de savon, car il pourrait laisser des résidus et endommager le silicone.

Débat autours de sa compatibilité avec le stérilet[modifier | modifier le code]

Les risques de l'utilisation d'une coupe menstruelle lorsqu'on porte un DIU (Dispositif Intra-Utérin ou stérilet) sont actuellement débattus (risque de perte ou de déplacement du stérilet pouvant entraîner une grossesse non désirée). Ce sujet a fait l'objet d'une question du Député Hervé Féron à l'Assemblée nationale[7], spécifiant notamment que « l'Agence du médicament a ainsi demandé aux professionnels de santé d'être vigilants face au « risque potentiel » du dispositif, bien que le contrôle de la coupe menstruelle, qui n'est pas considérée comme un médicament ni comme un « dispositif médical », ne relève pas de sa compétence. Elle a donc choisi de transmettre le dossier à la Direction générale de la concurrence de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF). » Les résultats des conclusions ne sont pas encore connus. En attendant une législation sur le sujet, certaines compagnies, en Angleterre ou au Canada, où les coupes sont utilisées depuis plus longtemps, mettent en garde sur cette question [8],[9]. En France, de nombreux sites souvent partisans soutiennent qu'il n'y a pas de contre-indication et que la coupe menstruelle ne peut pas aspirer les organes internes puisqu’elle ne produit pas d’aspiration. L'« effet ventouse » ne survient que brièvement lors de l'insertion et lors du retrait de la coupe[10].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Annexes[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]