Éponge menstruelle

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Une éponge naturelle, comme celles parfois utilisées comme éponges menstruelles.

Une éponge menstruelle est un dispositif interne de protection hygiénique, en éponge naturelle ou synthétique, placé dans le vagin afin de récolter le sang produit lors des menstruations. Il s'agit d'une protection souvent réutilisable.

Elle n'est pas contraceptive, et ne doit pas être confondue avec l'éponge contraceptive.

Histoire[modifier | modifier le code]

Description[modifier | modifier le code]

L'éponge menstruelle peut être naturelle ou synthétique. Naturelle, elle est composée par une éponge de mer de genre Porifera. Les versions synthétiques peuvent être composées de mousse de polyuréthane. Certains modèles d'éponge synthétique peuvent être imprégnés d'un gel qui a pour but de maintenir le pH du vagin à 4,5[1].

Usage[modifier | modifier le code]

L'éponge menstruelle se stérilise avant sa première utilisation. Elle s'insère dans le vagin et y absorbe le sang. Elle se retire au bout de quelques heures pour être changée ou essorée, nettoyée puis réinsérée[2]. Elle peut également être équipée d'une ficelle pour faciliter son retrait. Une même éponge peut être réutilisée[3] au cours des mêmes menstruations ou lors de menstruations ultérieures.

Il s'agit d'une protection hygiénique qui peut être utilisée lors d'un rapport sexuel[2].

L'éponge menstruelle synthétique à usage unique peut être portée durant une durée maximale de huit heures avant d'être changée[1].

Avantages et inconvénients[modifier | modifier le code]

L'éponge menstruelle est une protection confortable, imperceptible si bien insérée[2]. Elle présente l'avantage d'être réutilisable, pendant six à douze mois pour l'éponge de mer[4] et de pouvoir être utilisée lors de rapports sexuels[5] même si la pénétration peut faire reculer l'éponge dans le vagin et la rendre plus difficile à retirer par la suite[2]. Elle est parfois utilisée par certaines personnes pour éviter l'usage de tampon hygiénique dans le but d'éviter un syndrome du choc toxique, bien qu'elle puisse également en être à l'origine[4],[6]. Elle n'est pas censée contenir de produits chimiques[2].

Parmi les inconvénients, l'éponge menstruelle requiert cependant d'être à l'aise avec sa manipulation pour l'insérer et la retirer du vagin[2]. Son nettoyage peut être difficile et l'éponge peut parfois se déchirer[4]. Il peut s'avérer difficile de la changer dans un lieu public. Enfin, il s'agit d'une protection plutôt difficile à trouver dans le commerce[2].

Aspect sanitaire[modifier | modifier le code]

L'innocuité de l'usage d'une éponge menstruelle et en particulier d'une éponge de mer de manière intra-vaginale n'a pas été démontrée, car peu d'études ont été menées à ce sujet. L'éponge menstruelle peut cependant contenir du sable, des poussières, des algues microscopiques, des coquillages, des levures et des moisissures ainsi que d'autres matériaux variés et de nombreuses bactéries[4],[6]. Elle peut modifier le pH de la flore vaginale et parfois causer des infections[4]. Une étude a également montré que les personnes utilisant des éponges menstruelles présentaient des taux de présence de Staphyloccocus aureus, d'Escherichia coli et d'entérobactéries plus élevés que celles utilisant des tampons ou des serviettes hygiéniques[7], S. aureus étant une des bactéries à l'origine du syndrome du choc toxique[4].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Élise Thiébaut, Ceci est mon sang : Petite histoire des règles, de celles qui les ont et de ceux qui les font, La Découverte, , 248 p. (ISBN 978-2-7071-9292-9), p. 133-135.
  2. a, b, c, d, e, f et g Jack Parker, Le grand mystère des règles, Flammarion, , 250 p. (ISBN 978-2-0814-0864-7), p. 80-82.
  3. (en) Mosby, Mosby's Medical Dictionary, Elsevier Health Sciences, , 2000 p. (ISBN 9780323085410).
  4. a, b, c, d, e et f (en) Ellen Scott, « Why you shoudn't use use sea sponges as a natural alternative to tampons », sur www.metro.wo.uk, (consulté le 15 janvier 2017)
  5. Lucile Quillet, « Cup, éponges : les alternatives aux tampons », sur www.madame.lefigaro.fr, (consulté le 14 janvier 2017).
  6. a et b (en) Food and Drug Administration, « Compliance Policy Guide > CPG Sec. 345.300 Menstrual Sponges », sur http://www.fda.gov, (consulté le 15 janvier 2017).
  7. (en) Charles B. Smith, Vici Noble, Rhonda Bensch, Peggy A. Ahlin, Jay A. Jacobson et Robert H. Latham, « Bacterial Flora of the Vagina During the Menstrual Cycle: Findings in Users of Tampons, Napkins, and Sea Sponges », Annals of Internal Medicine,‎ (DOI 10.7326/0003-4819-96-6-948, présentation en ligne).

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]