Protection hygiénique

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Le terme de protection hygiénique ou protection périodique désigne l'ensemble des dispositifs amovibles utilisés afin d'éviter des épanchements sanguins extérieurs, principalement lors des menstruations. Ces protections peuvent être internes (insérées dans le vagin) ou externes (placées contre la vulve), et jetables ou réutilisables.

Historique[modifier | modifier le code]

Illustration de catalogue de réclame pour un dispositif de protection hygiénique (1905).

Durant l'Antiquité, les femmes utilisent par exemple des tampons faits de bandes de coton, de lin ou de laine enroulés autour d'un morceau de bois ou des bâtonnets ouatés pour absorber le sang des règles. Chez les Égyptiens, ces tampons sont également utilisés à des fins contraceptives[1],[2]. Il est rapporté qu'au IVe siècle av. J.-C., Hypatie aurait lancé une de ses linges menstruels taché de sang à un prétendant afin de le faire fuir[3],[4].

Au Moyen Âge en Occident, les femmes n'utilisent pas de protection particulière et laissent le sang s'écouler. Celui-ci peut-être absorbé par leurs jupons[1].

Au XIXe siècle, les premières serviettes hygiéniques, lavables, apparaissent. Un guide allemand du XXe siècle indique la manière de confectionner une culotte menstruelle, et ce dispositif consiste alors en une ceinture à laquelle est attachée par des boutons-pression une large serviette amovible, qui s'étend du nombril jusqu'aux reins[2].

Les premières protections hygiéniques industrielles jetables apparaissent à la fin du XIXe siècle. Elles ont cependant peu de succès[2]. En 1896, la première serviette hygiénique est commercialisée aux États-Unis, par Johnson & Johnson, toutefois sans se populariser[5].

Durant la Première Guerre mondiale, les infirmières se confectionnent des serviettes hygiéniques avec de la ouate et de la gaze, attachées avec des épingles à nourrice[2]. Les serviettes ne sont produites industriellement qu'à l'issue de la Première Guerre mondiale[6]. La société Kimberly-Clark s'en inspire pour commercialiser son premier modèle de serviette hygiénique nommé Kotex en 1921, en même temps que Johnson & Johnson lance le modèle Modess. Ces protections sont alors amovibles, et se fixent grâce à des épingles ou des ceintures qui se fixent à la taille. L'apparition d'une bande adhésive permettant de se passer d'épingles survient une cinquantaine d'années plus tard[5].

Types de protections hygiéniques[modifier | modifier le code]

Deux types de protections sont distinguées : les protections externes, portées contre la vulve, et les protections internes, placées dans le vagin. Elles peuvent être à usage unique ou réutilisables.

Protections externes[modifier | modifier le code]

  • Les serviettes hygiéniques sont des dispositifs absorbants placés à l'extérieur du corps contre la vulve, à l'intérieur de la culotte. Il existe désormais des modèles jetables à usage unique comme des modèles lavables utilisables plusieurs années de suite et pouvant être nettoyés en machine avec le linge.
  • Les protège-slips, moins absorbants, sont employés afin d'absorber les fuites urinaires ou les pertes blanches et dans certains cas les règles quand les flux sanguins sont faibles. Comme les serviettes, ils peuvent être à usage unique ou lavables.
  • Les culottes menstruelles sont dotées d'une surface absorbante cousues au fond du sous-vêtement et sont généralement lavables.

Protections internes[modifier | modifier le code]

Usage[modifier | modifier le code]

Les serviettes hygiéniques (jetables), les tampons et les protège-slips sont les protections hygiéniques les plus couramment utilisées, tandis que les coupes menstruelles, les serviettes lavables et les éponges sont d'usage moins courant[7].

Marché économique[modifier | modifier le code]

En 2014, l'industrie de l'hygiène féminine réalise plus de 3 milliards de dollars de bénéfices[8]. La même année, le chiffre d'affaire du secteur est égal à 423 millions d'euros en France[2].

Le marché est principalement divisé entre Procter & Gamble, Johnson & Johnson, Kimberly-Clark et Nana à l'échelle mondiale[2].

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Sharra L. Vostral, Under Wraps: A History of Menstrual Hygiene Technology, Lexington Books, , 202 p. (ISBN 978-0739113851).

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b « Petite histoire des règles et des protections périodiques ».
  2. a, b, c, d, e et f Élise Thiébaut, Ceci est mon sang : Petite histoire des règles, de celles qui les ont et de ceux qui les font, La Découverte, , 248 p. (ISBN 978-2-7071-9292-9), p. 100-109.
  3. « Suda online, Upsilon 66 », sur www.stoa.org, The Stoa Consortium
  4. Michael A. B. Deakin, « Hypatia and Her Mathematics », The American Mathematical Monthly, Mathematical Association of America, vol. 101, no 3,‎ , p. 234–243 (DOI 10.2307/2975600, JSTOR 2975600)
  5. a et b (en) Miranda A. Farage, Lisa Lennon et Funmi Ajayi, « Products Used on Female Genital Mucosa », Current Problems in Dermatology, vol. 40,‎ , p. 90-100 (DOI 10.1159/000321058).
  6. « http://www.levif.be/info/reportages-photo/dix-inventions-que-l-on-doit-a-la-premiere-guerre-mondiale/album-4000593834882.htm#photo-9 »(ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?).
  7. (en) Miranda A. Farage, Lisa Lennon et Funmi Ajayi, « Products Used on Female Genital Mucosa », Current Problems in Dermatology, vol. 40,‎ , p. 90-100 (DOI 10.1159/000321058).
  8. « Les coupes menstruelles sont féministes, économiques et écologiques », sur slate.fr,

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]