Déréalisation

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Déréalisation

Spécialité PsychologieVoir et modifier les données sur Wikidata
CIM-10 F48.1
CIM-9 300.6Voir et modifier les données sur Wikidata

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La déréalisation (DR est parfois employé) est un état de conscience ou une altération de la perception ou de l'expérience de la réalité qui apparaît comme dissocié ou extérieur à soi. Suivant les cas, les éléments normalement ancrés dans la personnalité comme la notion d'existence ou de réalité peuvent être par exemple remis en question. La déréalisation est en quelque sorte une expérimentation d'un doute métaphysique de manière concrète. Elle n'est pas une maladie à proprement parler. Autrement, il peut s'agir d'un symptôme dissociatif qui peut être vécu lors de périodes de stress intense et prolongé. Certaines pratiques de « méditation » peuvent également provoquer une déréalisation.

La déréalisation est aussi un symptôme retrouvé dans différentes affections psychiatriques plus ou moins sérieuses :

La déréalisation est également susceptible de constituer l'une des conséquences à plus ou moins long terme d'une borréliose de Lyme non détectée voire insuffisamment traitée ou prise en charge tardivement[2],[3].

Drogues[modifier | modifier le code]

Certaines substances chimiques de types anesthésiques, par exemple des opiacés, ou la kétamine, le phéncyclidine (PCP), le dextrométhorphane (DXM), l'acide gamma-hydroxybutyrique (GHB) peuvent entraîner une déréalisation temporaire ou pire encore. Certains cannabinoïdes ou des drogues frelatées peuvent également provoquer une déréalisation.

Stress et angoisses[modifier | modifier le code]

La dépersonnalisation/déréalisation peut être ressentie chez une personne sujette à un stress important.

Elle se retrouve notamment dans les crises d'angoisse sévères. Une telle expérience peut être extrêmement choquante et engendrer des niveaux d'anxiété qui renforcent la déréalisation. Des semaines, parfois des mois sont nécessaires pour récupérer une vision « normale » du monde extérieur après une telle expérience, suivant son intensité. Malgré la nature impressionnante du symptôme, il est généralement très bien traité quand il est dû à des crises d'angoisses. Un traitement médicamenteux de type benzodiazépine peut être préconisé, suivant les cas.

Effets[modifier | modifier le code]

Les principaux effets sont la perte partielle de plaisir (l'individu n'arrive pas à apprécier totalement certaines choses alors qu'il en a conscience), ainsi que la sensation de ne plus réfléchir convenablement (impression d'être hors de soi). Selon la personne, ces effets peuvent être ressentis de façon plus ou moins importante, voire parfois de manière chronique.

Alors que la déréalisation est une expérience subjective de sentiment d'irréalité ou d'étrangeté du monde extérieur, l'impression de voir derrière une vitre ou d’être en léger état d'ivresse (le sentiment et la perception peuvent différer selon les personnes), la dépersonnalisation est le sentiment d'irréalité ou d’étrangeté par rapport à soi-même, à son propre corps.

Description[modifier | modifier le code]

Une patiente victime de déréalisation témoigne ainsi : « Je suis là et pas là. Je suis avec vous, mais ailleurs. C’est comme s’il y avait un voile, une sorte de brume entre le monde et moi. […][4] ».

L’expérience de la vision du monde « déréalisée » est souvent décrite comme un monde totalement dénué de sens, qui est vu comme un ensemble d’atomes réagissant entre eux. Le patient passe son temps à essayer de se reconstruire une réalité sur le souvenir de ce qu'il ressentait avant. Par exemple une question que pourrait se poser un patient déréalisé en regardant un beau coucher de soleil serait « Qu'est ce que je suis censé ressentir à ce moment-là ? Je sais que ce coucher de soleil est censé être ressenti comme beau, mais à quoi je pensais, avant, quand je voyais quelque chose de beau ? ».

Philosophie[modifier | modifier le code]

D'un point de vue philosophique, on peut se poser la question de son identification avec le sentiment de l'absurdité métaphysique, ou de la « nausée » décrits par Camus et Sartre.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Santosh Ramdurg, « Kleine-Levin syndrome: Etiology, diagnosis, and treatment », Annals of Indian Academy of Neurology, vol. 13, no 4,‎ , p. 241 (ISSN 0972-2327, DOI 10.4103/0972-2327.74185, lire en ligne, consulté le 2 décembre 2018)
  2. « Lyme disease: a neuropsychiatric illness », American Journal of Psychiatry, vol. 151,‎ , p. 1571–1583 (ISSN 0002-953X, DOI 10.1176/ajp.151.11.1571, lire en ligne, consulté le 11 septembre 2016)
  3. B. A. Fallon et J. A. Nields, « Lyme disease: a neuropsychiatric illness », The American Journal of Psychiatry, vol. 151,‎ , p. 1571–1583 (ISSN 0002-953X, PMID 7943444, DOI 10.1176/ajp.151.11.1571, lire en ligne, consulté le 11 septembre 2016).
  4. Marc Hayat, « Il faudrait la "médiquer" un peu », Revue française de psychanalyse, vol. 66, no 2,‎ , p. 529 (ISSN 0035-2942, e-ISSN 2105-2964, DOI 10.3917/rfp.662.0529).

Vidéo[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Article connexe[modifier | modifier le code]