Catatonie

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La catatonie est un syndrome psychiatrique s'exprimant à la fois dans la sphère psychique et motrice. Elle constitue notamment une forme d'expression de nombreuses pathologies autant neurologiques que psychiatriques. Elle était considérée autrefois comme une forme exclusive de la schizophrénie (schizophrénie hébéphrénocatatonique), caractérisée par des périodes de passivité et de négativisme alternant avec des excitations soudaines[1]. De nos jours, il est reconnu qu'un syndrome catatonique peut apparaitre lors de l'évolution de troubles de l'humeur (dépression ou troubles bipolaires) ou comme symptôme de maladies organiques, avec une prévalence principale des causes organiques sur les causes psychiatriques. Cette reconnaissance a amené le Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux (DSM-IV-TR) publié par l'Association américaine de psychiatrie (AAP) a ne pas la reconnaitre en tant que trouble à part ou comme une sous-forme de schizophrénie, mais comme un syndrome associée à d'autres troubles.

Symptômes[modifier | modifier le code]

Les signes suivants y sont généralement associés :

  • le négativisme, c’est-à-dire l'opposition à toute proposition. Celui-ci a été défini par Henri Ey comme le « refus de tout contact avec autrui et avec le réel ». Cela peut comprendre un refus du regard, un mutisme, une anorexie ou un apragmatisme total ;
  • la passivité : paradoxalement, le sujet peut également avoir occasionnellement des attitudes d'acceptation passive, par suggestibilité ;
  • le syndrome moteur : perte de l'initiative motrice, raideur généralisée, attitude figée, résistance active aux tentatives de mobilisation. Parfois, on observe le syndrome de la catalepsie, dite flexibilité cireuse, le patient gardant les attitudes imposées par autrui même lorsqu'elles sont inconfortables (c'est par exemple le signe de l'oreiller : la tête reste soulevée lorsque l'oreiller est retiré). Des phénomènes parakinétiques (maniérisme, stéréotypies, pathétisme, impulsions), une écholalie ou encore une échopraxie sont observés. Parfois, l'évolution est ponctuée par des accès d'agitation psychomotrice soudaine ou par des crises clastiques.

Des symptômes somatiques associés incluent des signes de dysautonomie, troubles tensionnels, œdèmes des membres inférieurs, sueurs profuses, cyanose des extrémités, hypersalivation.

Le DSM-IV l'a définie comme un syndrome, sans préjuger de son étiologie : schizophrénie, troubles de l'humeur (mélancolie majoritairement), affections neurologiques. Son évolution sans traitement peut aboutir à la mort par anorexie ou déshydratation.

Causes[modifier | modifier le code]

Traitements[modifier | modifier le code]

  • Les benzodiazépines sont les premiers traitements et de hautes doses sont souvent requises. En France, le zolpidem a été proposé comme test diagnostic.
  • L'électro-convulsivothérapie est parfois utilisée[9].
  • Des antagonistes NMDA[Quoi ?] sont parfois utilisés en cas de catatonie résistante aux benzodiazépines[10].

Histoire[modifier | modifier le code]

Sa description a été établie par Karl Ludwig Kahlbaum en 1874[11].

Emil Kraepelin la définit comme une des formes de démence précoce, qui est au demeurant l'ancêtre théorique de la schizophrénie.

Eugen Bleuler l'inclut parmi les formes de schizophrénie. Ce dernier en définit la nature de symptômes extrêmes de la dissociation psychomotrice et y repère l'expression combinée du négativisme et de l'autisme au sens bleulerien.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Définitions lexicographiques et étymologiques de « catatonie » du Trésor de la langue française informatisé, sur le site du Centre national de ressources textuelles et lexicales
  2. (en)http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/19146631
  3. (en) P.A. Geoffroy, B. Rolland et O. Cottencin, « Catatonia and alcohol withdrawal: a complex and underestimated syndrome », Alcohol Alcohol, vol. 47, no 3,‎ , p. 288–290 (PMID 22278315, DOI 10.1093/alcalc/agr170).
  4. (en) PI Rosebush et MF. Mazurek, « Catatonia after benzodiazepine withdrawal », Journal of clinical psychopharmacology, vol. 16, no 4,‎ , p. 315–319 (PMID 8835707, DOI 10.1097/00004714-199608000-00007).
  5. (en) M Deuschle et F Lederbogen, « Benzodiazepine withdrawal-induced catatonia », Pharmacopsychiatry, vol. 34, no 1,‎ , p. 41–42 (PMID 11229621, DOI 10.1055/s-2001-15188).
  6. (en) K Kanemoto, T Miyamoto et R Abe, « Ictal catatonia as a manifestation of de novo absence status epilepticus following benzodiazepine withdrawal », Seizure, vol. 8, no 6,‎ , p. 364–366 (PMID 10512781, DOI 10.1053/seiz.1999.0309, lire en ligne).
  7. (en) Nizamie SH, Khanna R, Sharma LN, « Catatonia and hyponatremia : a case report », Indian J Psychiatry, vol. 33, no 2,‎ , p. 118-22. (PMID 21897467, PMCID PMC2988298, lire en ligne [PDF]) modifier.
  8. (en) W Ernst, « 'Under the influence' in British India: James Esdaile's Mesmeric Hospital in Calcutta, and its critics », Psychol Med, vol. 25, no 6,‎ , p. 1113-23. (PMID 8637942) modifier.
  9. (en) Pompili M, Lester D, Dominici G, Longo L, Marconi G, Forte A, Serafini G, Amore M, Girardi P, « Indications for electroconvulsive treatment in schizophrenia: a systematic review », Schizophr Res, vol. 146, no 1-3,‎ , p. 1-9. (PMID 23499244, DOI 10.1016/j.schres.2013.02.005) modifier.
  10. (en) J. Daniels, « Catatonia: clinical aspects and neurobiological correlates », J Neuropsychiatry Clin Neurosci, vol. 21, no 4,‎ , p. 371–380 (PMID 19996245, DOI 10.1176/appi.neuropsych.21.4.371).
  11. (de) Kahlbaum, K. Die Katatonie oder das Spannungsirresein. Eine klinische Form psychischer Krankheit, Berlin, A. Hirschwald 1874.

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