Stupeflip

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Stupeflip
Pays d'origine Drapeau de la France France
Genre musical Hip-hop, cold wave, synthpunk, hard rock, rap
Années actives Depuis 2000
Labels Vorston & Limantell 2002-03
Jive 2005
Etic System depuis 2010
Site officiel www.stupeflip.com
Composition du groupe
Membres King Ju
Cadillac
MC Salo
Anciens membres Pop-Hip
logo de Stupeflip

Logo de Stupeflip.

Stupeflip est un groupe multi-genres français. Formé en 2000, il se compose de Julien Barthélémy (King Ju), Stéphane Bellenger (Cadillac) et Jean-Paul Michel (MC Salo). Certains autres membres, tel Pop-Hip et Reverb Man, sont interprétés par les membres réels ci-dessus. Le style musical est varié, hip-hop, pop, fusion et variété. Ils publient deux albums au début des années 2000 avant de devenir indépendants en 2010. Chaque album est l'occasion de développer l'histoire mythique du « C.R.O.U. ». Pour le quatrième album, prévu pour mars 2017, le groupe fait appel à Ulule, une plateforme de financement participatif et récolte 427 972 €[1].

Biographie[modifier | modifier le code]

Débuts[modifier | modifier le code]

En 2000, Stéphane Bodin, du groupe Bosco, fait tourner dans Paris la maquette de son voisin de palier Julien Barthélémy[2],[3]. Le 6 novembre 2001, Stupeflip entre en studio pour transformer l’objet en CD promotionnel[4]. Celui-ci est composé notamment du titre Stupeflip, et de Comme les zot' ; Barthélémy signe les textes et musiques ainsi que la pochette sous le pseudonyme de « King Ju ». Michel Plassier est le manager du groupe[5]. Ils donnent leur premier concert le aux Effervessonnes[6].

Ils signent une licence sur Vorston & Limantell, un label créé par BMG et, alors que le titre Je fume pu d’shit passe déjà sur les radios, ils sortent le leur premier album, Stupeflip.

Dans la lignée du maxi, l'album est un mélange de riffs énervés à la Bérurier Noir, de beats Hip Hop, de punk californien, de ritournelles de variété (inspirées par la pop française des années 80) et de bruits bizarres. Les paroles, souvent provocatrices, sont tantôt rappées, souvent braillées, parfois chantées.

Stupeflip gagne en notoriété, cultivant l’auto-parodie dans une importante campagne de promotion (MCM, Ouï FM, Thierry Ardisson[7]). Pendant ses concerts, le groupe a pour habitude d'insulter son public. Plus tard King Ju expliquera que cette démarche avait pour but de se démarquer[8].

L'album Stup Religion sort le , reprenant la formule du premier album en prolongeant leur univers : humour de mauvais goût, riffs provocateurs, et paroles absurdes. L'album passe assez inaperçu tant au niveau du grand public que des milieux spécialisés et ce à cause d'une promo assez timide de la part de leur maison de disque. Il s'ensuit une série de concerts à travers toute la France, où l'univers créé sur les albums est transposé sur scène avec jeux de lumières, ambiances fantomatiques et costumes, tournant autour du thème de la « religion du stup ».

Après BMG[modifier | modifier le code]

En 2006, BMG décide de rompre le contrat à la suite des ventes assez faibles de Stup Religion. Le manager de Stupeflip se lance alors dans un long procès[5] pour non-respect de contrat, finalement gagné par la maison de disques, aboutissant au retrait des albums encore en rayons dans les magasins. Des featurings aparaissent sur internet (Simone elle est Bonne, Ed Wood Is Dead).

En 2007, une association voit le jour avec le couturier et créateur Jean-Charles de Castelbajac[9] pour l'exposition Gallierock, King Ju ayant créé tout l'aspect musical et sonore de l'exposition ainsi que le thème musical principal. King Ju enregistre le titre Torture avec Lofofora sur l'album Mémoire de singes dont il réalise également la pochette [10].

Au RMI pendant 4 ans[11], King Ju est contraint d'être professeur de dessin en banlieue parisienne[12]. De son côté, Cadillac incarne Bruno Candida et détourne dans des vidéos des discours d’hommes politiques[13].

Autoproduction[modifier | modifier le code]

Un DVD est publié le (contenant notamment un film de 50 minutes et 40 minutes de live du groupe) dans le but de financer un troisième album.

The Hypnoflip Invasion, est publié le . Les fans ayant précommandé l'album sur le site officiel reçoivent également le picture-disc Terror Maxi [14]. La tournée qui suit passe par l'Olympia[15].

Le 17 septembre 2012 sort Terrora !!, ce nouvel EP contient 6 titres et un DVD live issu de la tournée Hypnoflip Invasion. Il est suivi d'une nouvelle série de concerts[16].

En octobre 2016, le groupe recourt au crowdfunding pour financer leur nouvel album, dont la date est prévue au 6 mars 2017. Un objectif de 40 000 € est fixé, la campagne se clôt avec 427 972 € récoltés, dont 145 000 après 48 heures, soit un des plus gros montant de départ sur la plate-forme Ulule[17],[18],[19],[20].

Univers[modifier | modifier le code]

Histoire[modifier | modifier le code]

Pendant et entre les chansons, dans les nombreux interludes, le groupe développe un univers qui lui est propre : l'écoute des albums contient également une histoire mythique, celle du « C.R.O.U. ». Telle que présentée, c'est une organisation mystérieuse « formée en 1972 », dont le but est de « terroriser la population et par là même instaurer une nouvelle ère : l’ère du Stup[N 1] ». Stupeflip ne serait que la partie visible du C.R.O.U.[21]

Le Stup semble se distinguer en trois ères, évoquées au fil des albums. « Après la sortie du 25 veltère 1979 du grand tube maintenant reconnu dans toute la région Sud Je fume pu d'shit, Fabien Pollet, le porte parole du C.R.O.U., trouve la mort dans des circonstances mystérieuses. Stup, le patron de la menuiserie, fou de chagrin, commence à écouter de la musique très fort, et crée ainsi la Première Ère du Stup. À cette époque, Rascar-Capac, plus connu maintenant sous le pseudonyme de King Ju, ne sait pas encore qu'il engendrera, à force de travail et d'obstination, la Deuxième Ère du Stup. [N 2] »

Géographie[modifier | modifier le code]

Plusieurs titres font référence à des régions[N 3].

Personnages[modifier | modifier le code]

Au fil des albums plusieurs personnages apparaissent.

Personnages principaux:

  • King Ju (alias Raskar-Kapak, Celui qui crie, l’Épouvantable Épouvantail, Le Fléau, Flip, RSA Killa)
  • Cadillac (alias Casimor, Stup, Le vieux, Stef, Candida)
  • MC Salò (alias Mr Michel, Jean-Paul III, Popol, Cheetah Cheetadini)
  • Pop Hip

Personnages secondaires:

Dans certaines interviews, Julien Barthélémy (King Ju) explique qu'il ne se place pas en tant que membre du groupe mais comme un fan qui regarderait le groupe Stupeflip de l’extérieur[23].

Thèmes et costumes[modifier | modifier le code]

D'autres thèmes sont récurrents, tels le « mystère au chocolat », le « gang des motards », la « menuiserie », le « culte Stupeflip »[24], ainsi que quelques évocations de Mylène Farmer, qui ne marquent pas une réelle admiration pour cette dernière, mais plutôt pour les claviers de Laurent Boutonnat[25]. La période de l'enfance aussi est abordée au travers des titres L'enfant fou sur l'album Stup Religion et Le spleen des petits sur l'album The Hypnoflip Invasion.

Sur scène, le groupe utilise des masques ; King Ju porte également une cagoule.

Style, influences et soutiens[modifier | modifier le code]

Stupeflip se dit unique, différent et avec des influences extrêmement variées, mais l’album, dans la lignée du maxi, est un mélange de riffs énervés à la Bérurier Noir[5], de samples hip-hop, de punk, de ritournelles de variété (inspirées par la pop française des années 1980) et de bruits bizarres (King Ju est fan de The Residents[26], groupe de musique expérimentale, mais également par Ol' Dirty Bastard du Wu-Tang Clan, du hip-hop horrorcore[27]) et par l'album Home Invasion du rappeur Ice-T[5].

King Ju est également un grand fan de groupes de rap français des années 1990 comme Supreme NTM et IAM ainsi que Booba, mais il apprécie aussi beaucoup la chanson Amoureux solitaires interprétée par Lio et produit par Jacno. Outre Jacno, Stupeflip dit également être un admirateur d'Alain Bashung[5].

Les paroles, souvent provocatrices, sont rappées ou parfois chantées. L'une des originalités des flows de King Ju et Cadillac est leur tendance à littéralement crier leurs paroles, créant un décalage avec les textes, qui ne s'y prêteraient peut être pas normalement, et une énergie brutale. Cependant, ces paroles scandées, inspirées et hurlées, alternent avec des pistes où King Ju débite monotonement et doucement son texte, ou des interludes narratifs plongeant plutôt dans la contemplation et l'écoute attentive.

La diversité des références citées — allant même jusqu'au Requiem de Fauré en passant par l'Ouverture de Der Freischutz — ont pour point commun les boucles, « les trucs linéaires, sans break », dixit King Ju. Le travail de montage des boucles est fait par King Ju sur le logiciel Pro Tools[5].

Discographie[modifier | modifier le code]

Classements[modifier | modifier le code]

Single Année Classement Meilleure
position
Je fume pu d'shit 2002 Drapeau de la France France (SNEP)[28] 95
Stupeflip vite!!! 2011 Drapeau de la France France (SNEP)[28] 135
Album Année Classement Meilleure
position
Semaines dans
le classement
Stupeflip 2003 Drapeau de la France France (SNEP)[29] 40 9
Stup Religion 2005 Drapeau de la France France (SNEP)[29] 42 4
The Hypnoflip Invasion 2011 Drapeau de la France France (SNEP)[29] 42 10
Terrora!! 2012 Drapeau de la France France (SNEP)[29] 42 3

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Cette citation peut être entendue dans plusieurs chansons du groupe, comme Stup Danse, Annexion de la région sud, La Religion du stup, Stup Monastère ou Présentation du Crou.
  2. Citation des éléments narratifs de Création de la deuxième ère du Stup, sur l'album Stupeflip.
  3. Annexion de la Région Sud sur le premier album, (soulèvement de la) Région Nord et West Région's Inquisitors sur Stup Religion et Région Est sur The Hypnoflip Invasion.
  4. Cité dans Création de la deuxième Ère du Stup et Stup Monastère, il serait le porte-parole du C.R.O.U.
  5. Apparaît dans Stup Danse, Apocalypse 894 et Les Ronces.
  6. Apparaît dans quelques passages télé pour Stup Religion[22].
  7. Apparaît dans Check Da Crou.
  8. Apparaît dans Hater's Killah.
  9. Apparaît dans C'est Un Tube.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Gilles Renault, « Champion d'Europe du crowfunding ? », sur next.liberation.fr,‎ (consulté le 11 novembre 2016).
  2. Philippe Massif, « Casseur de hype », Technikart, vol. hors-série, Dansons sous les bombes, no 8,‎ , p. 94-95 (lire en ligne).
  3. Sébastien Marti, « Les épouvantables épouvantails », sur www.ladepeche.fr,‎ (consulté le 31 octobre 2016).
  4. Fred Delforge, « Critique du CD promotionel Stupeflip », sur www.zicazic.com,‎ (consulté le 3 novembre 2016).
  5. a, b, c, d, e et f Bester, « Stupeflip, le côté obscur de la farce », sur gonzai.com,‎ (consulté le 21 mai 2014).
  6. Julien Bergognon, « Aux Effervessonne, la musique est bonne », sur www.leparisien.fr,‎ (consulté le 2 novembre 2016).
  7. [vidéo] « Tout le monde en parle », de Serge Khalfon, 25 janvier 2003 [présentation en ligne], 3'. « Interview non préparée. »
  8. Yann Guillou, « King Ju de Stupeflip : « Je déteste les concerts et le côté bêtes de foire » », sur www.concertlive.fr,‎ (consulté le 11 mars 2012).
  9. Thomas Carrié, « Allez tous vous faire foutre », sur www.street-tease.com,‎ (consulté le 31 octobre 2016).
  10. Fred, « Interview Lofofora », sur www.shootmeagain.com,‎ (consulté le 30 octobre 2016).
  11. Lenore, « Interview à la Menuiserie », sur www.french-metal.com,‎ (consulté le 6 novembre 2016).
  12. Yves Tradoff, « Le grain de sable dans la machine », sur www.discordance.fr,‎ (consulté le 6 novembre 2016).
  13. Frédéric Potet, « Votez Bruno Candida! », sur saintpierredescorps.blog.lemonde.fr,‎ (consulté le 11 novembre 2016).
  14. Masterludo, « The hypnoflip invasion: celui-là ta belle mère l'a pas en cd », sur viedegeek.fr,‎ (consulté le 20 octobre 2012).
  15. « Deux Bataclan complets et un Olympia en novembre », sur musique.jeuxactu.com,‎ (consulté le 31 octobre 2016).
  16. Damien Rodrigues, « Tournée 2012 », sur www.lordofrock.net,‎ (consulté le 6 novembre 2016).
  17. Jack, « Stupeflip est-il en train de faire le braquage de l’année ? - », sur Jack,‎ (consulté le 20 novembre 2016)
  18. Mymy, « Stupeflip explose le Ulule-jeu et dépasse les 1000% de contribution », sur madmoiZelle,‎ (consulté le 20 novembre 2016)
  19. « Stupeflip. Nouvel Album. 3 Mars 2017. », sur Ulule,‎ (consulté le 20 novembre 2016)
  20. Morane Aubert, « Stupeflip est de retour et lance une cagnotte pour financer son album », sur Les Inrocks,‎ (consulté le 20 novembre 2016)
  21. (fr) [vidéo] « Interlude - Olympia 2003 » sur YouTube. Enregistré le 29 octobre 2003. Consulté le 11 novemvre 2016.
  22. (fr) [vidéo] « Interview TV 2005 » sur YouTube. Enregistré en 2005. Consulté le 12 novembre 2016.
  23. (fr) [vidéo] « Stupeflip » sur YouTube. Passage à min 35 s. Enregistré le 27 avril 2011, publié le 20 mars 2012. Consulté le 11 mai 2014.
  24. « Interview - Stupeflip », sur cosmichiphop.com,‎ (consulté le 11 mars 2012).
  25. (fr) [vidéo] « Stupeflip en interview pour The Hypnoflip Invasion au Festival Marsatac » sur YouTube. Passage à min 47 s. Mis en ligne le 30 septembre 2011. Consulté le 11 mai 2014.
  26. L'opéra des dieux, « Retranscription Interview Radio Campus Clermont-Ferrand », sur technikrad.chez.com,‎ (consulté le 3 novembre 2016).
  27. Thomas VDB, op. cit.
  28. a et b « Je fume pu d'shit », sur lescharts (consulté le 30 mai 2016).
  29. a, b, c et d « Stupeflip », sur lescharts (consulté le 30 mai 2016).

Annexes[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]