Lignières (Cher)

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Lignières
Lignières (Cher)
Mairie
Blason de Lignières
Blason
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Centre-Val de Loire
Département Cher
Arrondissement Saint-Amand-Montrond
Intercommunalité Communauté de communes Arnon Boischaut Cher
Maire
Mandat
Hervé Monjoin
2020-2026
Code postal 18160
Code commune 18127
Démographie
Gentilé Lignérois, Ligniéroises
Population
municipale
1 355 hab. (2017 en diminution de 4,78 % par rapport à 2012)
Densité 62 hab./km2
Géographie
Coordonnées 46° 45′ 07″ nord, 2° 10′ 39″ est
Altitude Min. 153 m
Max. 202 m
Superficie 21,88 km2
Élections
Départementales Canton de Châteaumeillant
Législatives Troisième circonscription
Localisation
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Lignières
Liens
Site web https://www.lignieres.plus/

Lignières anciennement Lignières-en-Berry, est une commune française située dans le département du Cher en région Centre-Val de Loire.

Ses habitants sont appelés les Lignèrois.

Géographie[modifier | modifier le code]

La commune est assise sur l'Arnon, rivière qui à Lignières se divise en plusieurs bras, restes de la structure défensive de l'ancien château fort de la famille de Beaujeu. La ville s'est établie autour de ce castrum qui formait une importante place forte du Berry à la limite entre le Boischaut Sud et la Champagne berrichonne.

Localisation[modifier | modifier le code]

Toponymie[modifier | modifier le code]

Contrairement aux autres villes de ce nom celui-ci, anciennement graphié « linières », n'indique pas une activité liée au bois (la « ligne » ; ce qui ne la singulariserait pas puisqu'elle se trouve dans le Boischaut Sud, la partie du Berry réputée de longue date pour l'exploitation du bois) mais il s'agit d'un ancien linaria, un « lieu où on travaille le lin »[1], fabrication locale d'antan.

Histoire[modifier | modifier le code]

Moyen Âge[modifier | modifier le code]

La ville est sise sur une zone d'occupation ancienne : on trouve dans cette zone des traces d'implantation remontant à l'époque gallo-romaine. Le village de Lignières s'est développé autour d’un château en 1040 construit à l’écart du village plus ancien de Saint-Hilaire-en-Lignières. Le nouveau village installé autour du château se développa et finit par devenir plus important que l’ancien, qui changea de nom en conséquence[2].

Si la ville eut une certaine importance stratégique et économique dans le Berry, du fait de sa position centrale entre Saint-Amand-Montrond et Issoudun (toutes deux à 25 km environ) ou entre Bourges et Châteauroux (à environ 45 km), les quatre principales villes du duché de Berry, elle est surtout connue par la présence de sainte Jeanne de France (1464-1505), duchesse de Berry, fille de Louis XI, créatrice de l'Ordre des Sœurs de l'Annonciade, béatifiée en 1774 et canonisée en 1950. Jeanne fut envoyée dès l'âge de cinq ans au château de Lignières et fut élevée par François de Beaujeu, seigneur de Lignières, et son épouse Anne de Culan. Elle passa une part importante de sa vie dans cette ville, y compris durant les 22 années où elle fut officiellement mariée à Louis duc d'Orléans, le futur Louis XII, mais où elle ne vit guère son époux.

Le fief est tenu par les chevaliers de Li(g)nières-en-Berry (une importante famille féodale berrichonne) du XIe au XVe siècle (par exemple au XIVe siècle le Grand-queux Jean V, fils du Grand-queux Philippe, fils lui-même de Jean IV de Linières), jusqu'au mariage en 1431 de la dernière héritière de la lignée, Jacqueline, fille de Jean V de Lignières, avec Édouard de Beaujeu-Amplepuis, un cadet des sires de Beaujeu attaché aux familles de Bourbon et d'Orléans. Edouard et Jacqueline de Lignières comptent parmi leurs enfants Jacqueline (femme d'André de Chauvigny-Châteauroux de Ravel et mère de Catherine de Chauvigny, cette dernière ayant parmi ses enfants Charles II, Guy (père d'Antoinette) et Catherine d'Amboise : voir plus bas), et Jacques de Beaujeu-Amplepuis, seigneur de Linières, père de Philibert de Beaujeu-Amplepuis († 1542 sans postérité de sa femme et cousine Catherine d'Amboise).

La famille de Lignières[modifier | modifier le code]

  • D'après le Père Anselme[3] et l'abbé Moréri[4], - Eudes de Linières restitue au XIe siècle l'église de Fougerolles à l'abbaye de Chezal-Benoît ; il a pour fils - Seguin (fl. vers 1070), père de - Géraud (aussi seigneur de Rezay et de Thevet ; marié à Karole), lui-même père de - Jean Ier de Linières (fl. 1113 ; marié à Aénor/Adenorde, possible fille de Sulpice d'Amboise)
  • Le fils de Jean et d'Aénor, - Guillaume Ier de Lignières (fl. 1148 ; il combat aux côtés de Sulpice II contre les comtes d'Anjou ; frère de Géraud, trésorier de Tours), semble le père de - Jean II († ap. 1200 ; frère d'Eudes qui vivait en 1177, il combat Raoul VI prince de Déols et incendie vers 1175 le prieuré de Bertenoux, ce qui lui vaut l'excommunication par l'archevêque de Bourges), marié à Alix, d'où - Guillaume II († av. 1227 ; frère de Jean et Pierre de Linières, on le dit marié à Hersende, fille d'Hervé II de Vierzon), père de - Guillaume III († ap. 1262 ; frère d'Aénor de Linières, il est l'époux d'une Marguerite), lui-même père de - Guillaume IV († ap. 1289 ; fondateur en 1268 du prieuré St-Hilaire de Linières ; marié à Jeanne, fille héritière d'Urson/Orson III de Nemours-Villebéon sire de Méréville, d'Aschères et Rougemont, et de Brécy)
  • Guillaume IV est le père de - Jean III († 1338 ; frère de Jeanne de Linières qui marie Pierre de Blanchefort (Blanchefort, des vicomtes de Comborn ?, selon Jullien de Courcelles[5]), il hérite des fiefs paternels et maternels ; x Florie, fille de Godemar de Jarez-St-Chamond), père de Guillaume de Méréville (fiancé/marié en 1325 à Aliénor de Sully, fille d'Henri : mais Guillaume serait † avant le mariage), François d'Aschères et Rougemont († av. 1344 ; sans postérité d'Alix, fille de Jean de Culan), Béatrix (x 1339 Gaucher de Frolois de Rochefort), et - Godemar de Linières († 1340 ; x 1° ~ 1320 Agnès/Marie de Sancerre-Sagonne, petite-fille du comte Jean ; et x 2° Marguerite de Précigny-Laleu dame de Marans et de Bridoré, fille de Renaud III, issue du maréchal Renaud : d'où, des 2° noces, Godemar (II) — vicomte de Méréville, sire d'Aschères et Rougemont, Marans, Nançay, souche de la branche des seigneurs de ces fiefs, aussi seigneurs de Mennetou — et Florie de Linières dame de Bridoré, femme du premier maréchal Boucicaut puis du chevalier Guillaume Mauvinet)
  • Godemar († 1340) et sa 1° épouse Agnès/Marie de Sancerre furent parents d'Agnès (x Guillaume de La Châtre sire de Besigni et de Nançay), et de - Jean IV (il sert sous le maître des Arbalétriers Hue/Hugues de Châtillon-Dampierre et en 1382 sous le connétable Louis de Sancerre ; gardien du château de Saintes en 1380 ; marié à Jacquette de Mussi), dont : Jean, sire de Brécy (x Jeanne/Blanche, fille de Guichard VI le Grand de Beaujeu et demi-sœur du maréchal Edouard, remariée veuve à Eudes de Culan), Marguerite (fille de Jean IV ou de son fils Jean de Brécy ? ; x Artaud de St-Germain de Montrond et Rochetaillée), et - Philippe de Lignières († 1411 ; conseiller-chambellan du roi et du dauphin-duc de Guyenne, Grand Queux de France en 1401 ; x 1366 Marguerite dame de Cesy — Cézy ou Cessy ? — fille de Guy Ier de Chauvigny-Châteauroux), d'où entre autres enfants : Florie/Fleurie († av. 1414 ; x 1393 Guillaume II de Tussé), Jeanne (x 1° Antoine de Preuilly de La Roche-Posay, et 2° Yves de La Broceraye de Grillemont), Marguerite (x 1414 le Grand panetier Jean V de Prie de Buzançais, capitaine de la Grosse Tour de Bourges), et - Jean V de Linières († ap. 1432 ; conseiller-chambellan du roi et du dauphin-duc de Guyenne, et Grand Queux de France après son père en 1412 ; comme il est fidèle aux rois Valois, Bedford confisque tous ses biens ; x Jacqueline dame de Vaux, fille de Jean de Chambly le Haze), dont la fille héritière - Jacqueline de Lignières épouse Edouard de Beaujeu-Amplepuis, fils de Guillaume de Beaujeu d'Amplepuis et L'Estours († 1406), lui-même frère de Jeanne/Blanche de Beaujeu rencontrée plus haut ; d'où Jacqueline et Jacques de Beaujeu-Linières, ce dernier étant le père de Philibert.

Renaissance[modifier | modifier le code]

Au XVIe siècle François Ier accorde alors l'apanage du fief à Catherine de Chaumont d'Amboise, † 1549, fille de Charles Ier de Chaumont et veuve sans postérité de son cousin Philibert de Beaujeu-Amplepuis, d'autant qu'elle descendait elle-même des Beaujeu-Linières (sa mère Catherine de Chauvigny de Ravel était fille d'André de Chauvigny-Châteauroux sire de Ravel/Revel, et de Jacqueline de Beaujeu-Amplepuis-Linières, sœur de Jacques ci-dessus et donc fille de Jacqueline de Lignières et d'Edouard de Beaujeu). À la mort de Catherine d'Amboise en 1549, Lignières passe à sa nièce et héritière Antoinette de Chaumont d'Amboise, † 1552, fille de Guy d'Amboise, un fils de Charles Ier de Chaumont et de Catherine de Chauvigny : donc toujours dans le sang des anciens Lignières ! La famille de La Rochefoucauld-Barbezieux hérite ensuite, issue du mariage d'Antoinette avec Antoine de La Rochefoucauld, seigneur de Barbezieux, sénéchal de Guyenne, † 1528. Mais les La Rochefoucauld-Barbezieux vont aliéner Lignières.

De la 2e moitié du XVIe au XVIIIe siècle, le domaine passa en diverses mains, par achat ou par héritage (Jérôme de Nouveau en 1657, surintendant des Postes et relais de France; la princesse Palatine ; puis le ministre Colbert et ses descendants, dont son avant-dernier fils Louis, comte de Lignières, avec Rezay et Thevet : Colbert avait acheté Lignières le 2 septembre 1683, quatre jours avant sa mort), avant de venir par mariage à la famille de Bourbon-Busset (Marguerite-Louise de Colbert-Seignelay, arrière-petite-fille du grand Colbert et fille de Charles-Léonor Colbert, apporte Lignières à son mari Joseph-Louis-Marie de Lordat de Bram, épousé en 1757 ; leur petite-fille Marguerite-Louise-Marie-Charlotte de Lordat marie en 1796 Louis-Antoine-Paul de Bourbon-Busset, qui descendait d'ailleurs des anciens Linières puisque son ancêtre Claude de Bourbon-Busset avait convolé en 1554 avec Marguerite de La Rochefoucauld-Barbezieux, une fille d'Antoine et Antoinette d'Amboise ci-dessus), puis à la Maison de Bourbon-ParmeMadeleine de Bourbon-Busset (1898-1984) ayant épousé en 1927 à Lignières François-Xavier, duc de Bourbon-Parme (1889-1977) — qui est actuellement toujours propriétaire du château.

Lors de la première des guerres de religion et à l'instar d'autres villes du duché, dont Bourges, la ville fut prise et saccagée par les huguenots en 1562 et à cette occasion, l'église fut pillée et incendiée. Lignières fut un important centre du calvinisme, à l'époque où Jean Calvin, étudiant à l'université de Bourges, créait de nombreuses écoles réformées.

Époque contemporaine[modifier | modifier le code]

La communauté de Lignières est épargnée par la crise démographique qui touche l’élection d’Issoudun au début du XVIIIe siècle, puisqu’elle passe de 178 feux en 1709 à 195 en 1726[6].

Ville de culture et d'élevage, Lignières a bénéficié à la fin du XIXe siècle d'un essor important grâce en particulier à la ligne de la société générale des chemins de fer économiques (réseau du Cher) traversant la commune. Elle était dotée à cette époque, de moulins, abattoirs, lavoirs, hospice, église et chapelle. Ses foires mensuelles étaient très réputées.

En 1844, la commune voisine de Condé se trouve partagée entre La Celle (qui deviendra La Celle-Condé), Lignières et Montlouis ; la population se trouve ainsi augmentée de quelque 200 habitants environ (2 197 âmes au recensement de 1841 et 2 542 à celui de 1846).

Au cours du XXe siècle et notamment après la Seconde Guerre mondiale, elle perdit beaucoup de son importance économique au profit de communes proches (Saint-Florent-sur-Cher, La Châtre...), notamment du fait de la disparition de la ligne de chemin de fer.

Démographie[modifier | modifier le code]

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir de 2006, les populations légales des communes sont publiées annuellement par l'Insee. Le recensement repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[7]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2007[8].

En 2017, la commune comptait 1 355 habitants[Note 1], en diminution de 4,78 % par rapport à 2012 (Cher : -2,45 %, France hors Mayotte : +2,36 %).

Évolution de la population  [ modifier ]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
9749171 0571 3481 9872 2712 1972 5422 564
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
2 6862 8212 9923 0663 1053 1523 0953 0292 975
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
2 8332 7782 6642 2602 1742 1102 0251 9331 775
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2007 2012
1 8141 8311 8871 8291 6501 5881 5371 5301 423
2017 - - - - - - - -
1 355--------
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[9] puis Insee à partir de 2006[10].)
Histogramme de l'évolution démographique

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Tendances politiques et résultats[modifier | modifier le code]

Liste des maires[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
maire en 1830 ? M. Sallé   Conseiller d'arrondissement[11]
1971 1989 Maurice Nardet PS Principal de collège, conseiller général du canton de Lignières (1973-1985)
mars 1989 mars 2001 Marcel Gourlier   Chef d'entreprise
mars 2001 mars 2020 Élisabeth Barbier DVD Retraitée de l'enseignement
mars 2020 En cours
(au 2 juin 2020)
Hervé Monjoin   Retraité de la fonction publique

Politique environnementale[modifier | modifier le code]

Dans son palmarès 2016, le Conseil National des Villes et Villages Fleuris de France a attribué une fleur à la commune au Concours des villes et villages fleuris[12].

Économie[modifier | modifier le code]

La commune se trouve dans l'aire géographique et dans la zone de production du lait, de fabrication et d'affinage du fromage Valençay[13].

Expérience de monnaie locale[modifier | modifier le code]

Un bon d'achat de la commune libre de Lignières.

Le village fut le théâtre dans les années 1950 d'une expérience de monnaie locale tout à fait originale dont se fit largement écho la presse de l'époque[14],[15],[16].

George Lardeau et Pierre Tournadre, pour faire face à l'exode rural et au dépérissement économique, déclarèrent le « la commune libre de Lignières-en-Berry ».

Décidés à faire redémarrer l'activité économique, ils se mettent à distribuer gratuitement des bons de ristourne les jours de foire et les lundis de marché. Ils seront le révélateur du problème économique dont souffrait Lignières : une mauvaise circulation monétaire, car les bons, comme l'argent, étaient thésaurisés. Sur les conseils d'un ancien joaillier, Soriano, qui s'inspirait des théories de Silvio Gesell, inventeur de la monnaie franche, ils introduisirent des bons d'achats, qui avaient la particularité de se déprécier une fois par mois afin d'encourager sa circulation, dans l'économie locale, ce qui dopa les échanges économiques.

Une inspection des services financiers de la police judiciaire sur demande de la Banque de France vint enquêter sur l'affaire mais ne trouva rien d'illégal, les bons étant couverts par un dépôt en banque. En moyenne il circulait à Lignières 50 000 anciens francs (500 francs nouveaux ou 76 euros) en bons d'achats. L'expérience de Lignières rejoint les expériences de la mise en place du Wära des années 1930 ainsi que celles qui en furent inspirées, par exemple l'expérience de Wörgl.

Culture locale et patrimoine[modifier | modifier le code]

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

Église Notre-Dame.
  • L’église Notre-Dame de Lignières (consacrée en 1450 sous le nom de Notre-Dame de l'Assomption), inscrite sur l’inventaire supplémentaire des Monuments Historiques (arrêté du ), fait partie des nombreuses églises du style roman tardif avec des éléments de style gothique qu'on trouve en Berry. L'édifice initial a été construit aux XIe et XIIe siècles mais dans son aspect actuel elle comporte essentiellement des parties bâties aux XVIIe et XIXe siècles plus quelques éléments du XVIIIe siècle.
Elle fut construite à l'emplacement de la chapelle Sainte-Marie, dépendant originellement de l'église de Saint-Hilaire de Bornes (actuellement Saint-Hilaire-en-Lignières) puis rattachée au château, par décision du Pape Pascal II, en 1115. Probablement du fait de l'établissement d'un village aux abords de la place forte, la chapelle fut agrandie vers 1170. Elle connut plusieurs aménagements et réfections jusqu'au XVIe siècle mais en 1563, lors de la première guerre de religion, elle fut gravement endommagée, pillée, incendiée et en partie détruite.
De cette époque jusqu'au milieu du XIXe siècle connut plusieurs modifications, puis en 1860 fut décidée une restauration complète de la nef, commencée en 1863 d'après les plans de MM. Duchemin, architecte, et Gallicher, ingénieur, qui comme souvent à l'époque fut une complète transformation et durant laquelle furent ajoutés deux bas-côtés. Le dernier aménagement d'importance se fit en 1877 avec la construction d'un clocher en remplacement d'un dôme bâti lui-même en 1635 pour remplacer l'ancienne flèche, très délabrée alors.
  • L'actuel château de Lignières, classé monument historique (arrêté du ) avec ses dépendances, la cour d’honneur, les douves, les bâtiments des communs et le parc, fut construit entre 1654 et 1660 à l'emplacement de l'ancien château fort, par François Le Vau, frère de Louis Le Vau, à l'initiative de Jérôme de Nouveau, surintendant général des Postes et Relais de France, qui avait acquis la place en 1653.
Ce bâtiment est très représentatif du classicisme français ; il est plus sobre encore dans ce style que ne l'imaginait son concepteur, lequel avait prévu l'adjonction d'éléments décoratifs (statues, bustes, bas-reliefs, etc.) qui ne furent jamais installés.
Si pour l'essentiel le château correspond au bâtiment initial, certaines parties furent aménagées au cours des siècles, notamment la galerie, qui fut transformée en filature au XIXe siècle pour être reconstruite dans son état initial vers 1920.
Il n'est plus accessible au public, depuis quelques années et est la propriété de SAR Sixte-Henri de Bourbon-Parme.
La halle du XVIe siècle
  • La place du marché comporte une halle datant du XVIe siècle où se tiennent encore les marchés, le lundi (principal marché de la semaine) et le jeudi, et qui accueille aussi certaines manifestations, notamment des spectacles du festival L'Air du temps, le week-end de l'Ascension.
  • La ville possède une salle de spectacle, labellisée Scène de Musiques Actuelles et Pôle Chanson de la Région Centre Val de Loire. Les Bains-Douches jouent un rôle important dans le tissu culturel de la région depuis sa prise en main par l'association Les Bains-Douches (anciennement Rencontres et Loisirs) en 1978.
  • A proximité se trouve le Pôle du Cheval et de l'Âne, sis à La Celle-Condé mais à l'initiative de l'association française de l'âne grand noir du Berry (AFAGNB), créée par l'association folklorique Les Thiaulins de Lignières en Berry. Ce pôle regroupe un ensemble de bâtiments, le domaine des Amourettes, et l'hippodrome de Lignières, inauguré en 2006 et remplaçant l'ancien champ de courses situé sur la commune de Lignières, qui organise en 2016 7 réunions de courses hippiques.Ce parc de nature et de loisirs est le théâtre de nombreuses compétitions équestres tout au long de l'année. (sauts d'obstacle, endurance, attelage, complets, etc.)

Personnalités liées à Lignières[modifier | modifier le code]

  • Sainte Jeanne de France, première épouse de Louis XII ;
  • Louis-Frédéric Colin (1835-1902), supérieur des Sulpiciens du Canada ;
  • Camille Duvaux (1866-1962), prêtre catholique, est né à Lignières ;
  • Florent Marchet, auteur-compositeur-interprète berrichon ; il s'est inspiré de Lignières pour brosser le portrait d'une petite ville de la France rurale dans son album-concept Rio Baril (le Riaul-Baril est un ruisseau traversant la commune et le nom d'un lieu-dit).
  • Jacques Monsieur, négociant d'armes international, propriétaire du domaine des Amourettes dans les années 1990, domaine ensuite racheté par le Conseil général du département du Cher et devenu le Pôle du Cheval et de l'Âne[17].

Héraldique[modifier | modifier le code]

Blason de Lignières

Les armes de Lignières se blasonnent ainsi :

D'or au chef de vair, au lion de gueules, couronné d'or, brochant sur le tout[18].

Parler local[modifier | modifier le code]

Lignières a été un lieu d'enquête de l’Atlas sonore des langues régionales de France[19].

Sports[modifier | modifier le code]

Lignières dispose d'un vivier associatif très dense avec la majeure partie des sports représentée.

Un cyclo-cross renommé, il fut le support des Championnats de France de cyclo-cross en 2014 et a été le support d'une manche de coupe du monde en janvier 2016.

La ville a accueilli le les Championnats de France de cross-country et des Inter-régions en .

Évènements et activités culturelles[modifier | modifier le code]

  • En 1946 Roger Pearron (qui se prononce « Pierron ») fonda l'association Les Thiaulins, une association attachée à faire vivre la culture populaire du Berry, qui s'installa au château du Plaix, sur la commune voisine de Saint-Hilaire-en-Lignières, après que la famille Goin-Berthier lui en fit don en 1961 et y établit un musée d'arts et traditions paysannes.
    Outre son fondateur et Mic Baudimant, son actuel président, qui sont tous deux, en plus de musiciens accomplis, des collecteurs reconnus pour leur travail sur la musique et le chant du Boischaut et de la Brenne, deux membres des Thiaulins ont acquis une réputation nationale ou internationale : Gilles Chabenat, vielleux réputé et inventif et Frédéric Baudimant, violoniste qui a collaboré entre autres avec le précédent et avec Florent Marchet.
  • La foire aux ânes créée dans les années 1980, à l'initiative des Thiaulins, était destinée à l'origine à la promotion et la sauvegarde de l'âne grand noir du Berry, mais qui s'est depuis élargie à la présentation d'autres races d'ânes et à celle de mulets et bardots. La foire aux ânes est désormais gérée par un comité spécial d'organisation depuis 2014.
  • L'association culturelle et artistique Les Bains-Douches, anciennement Rencontres et Loisirs, programme, depuis 1978, des saisons culturelles et organise depuis 1995 le festival annuel L'Air du temps pendant la semaine de l'Ascension.
  • Cinémobile

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Population municipale légale en vigueur au 1er janvier 2020, millésimée 2017, définie dans les limites territoriales en vigueur au 1er janvier 2019, date de référence statistique : 1er janvier 2017.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Stéphane Gendron, Les noms des lieux en France : Essai de toponymie, Paris, Errance, , 2e éd., 340 p. (ISBN 978-2-87772-371-8), p. 226
  2. Archives départementales de l’Indre, Berry médiéval : à la découverte de l’Indre au Moyen Âge, catalogue d’exposition, Châteauroux, Archives départementales de l’Indre, 2009, p. 53-54
  3. « Maison de Linières, p. 834-839 », sur Histoire généalogique et chronologique de la Maison royale de France, t. VII, par les pères Anselme, Ange et Simplicien, et Honoré Caille du Fourny, aux Libraires associés à Paris, 1733
  4. « Maison de Linières, p. 616-617 », sur Le Grand Dictionnaire historique de Louis Moréri, t. IV, chez Jacques Vincent, à Paris, 1732
  5. « de Blanchefort », sur Histoire généalogique et héraldique des Pairs de France, par le chevalier de Courcelles, t. IV, à Paris, 1824
  6. Olivier Zeller, « Changement agraire et récession démographique : la première enquête Orry (1730). L'exemple de l'élection d'Issoudun », Annales de démographie historique 2/2007 (no 114), p. 168
  7. L'organisation du recensement, sur insee.fr.
  8. Calendrier départemental des recensements, sur insee.fr.
  9. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  10. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2007, 2008, 2009, 2010, 2011, 2012, 2013, 2014, 2015, 2016 et 2017.
  11. « Almanach royal et national... : présenté à Sa Majesté et aux princes et princesses de la famille royale », sur Gallica, (consulté le 25 juillet 2020).
  12. Site des villes et villages fleuris, consulté le 23 décembre 2016.
  13. Site de l'Institut national de l'origine et de la qualité : Valençay, consulté le 15 août 2014.
  14. Extrait du magazine Bioscope no 4, janvier 1979, par Robert Schreiner
  15. Science et Vie no 488, mai 1958, La monnaie accélérée, sous-titré 50 000 francs font vivre tout un village, par Étienne Dugue
  16. Anonyme, Village aux assignats, Paris Match, no 477, 31 mai 1958, p. 17.
  17. « Les armes secrètes de M. Monsieur », sur Liberation.fr, (consulté le 21 octobre 2017)
  18. http://armorialdefrance.fr/page_blason.php?ville=13109
  19. La bise et le soleil, fable d'Ésope, dans le parler de Lignières.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • L'Église de Lignières, Cher, par P. Deshoulières, brochure tirée des Mémoires de la Société des antiquités du Centre, tome XXXIX, édité par l'imprimerie Veuve Tardy-Pigelet et fils, 1921 ;
  • Châteaux et Manoirs du Berry, par Philippe Seydoux, Paris, Éditions de la Morande, 1992 ;
  • Jeanne de France (1464-1505), duchesse de Berry, fondatrice de l'ordre de l'Annonciade, ouvrage collectif à l'initiative de la Bibliothèque municipale de Bourges, à l'occasion de l'exposition du même nom, éditeur Direction du livre et de la lecture et Fédération française pour la coopération des bibliothèques, collection (Re)découvertes, série « Images du Moyen Âge », 2002 ;
  • Science et Vie no 488, , La monnaie accélérée, sous-titré 50 000 francs font vivre tout un village, par Étienne Dugue.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]