Brécy (Cher)

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Brécy
La mairie
La mairie
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Centre-Val de Loire
Département Cher
Arrondissement Bourges
Canton Saint-Germain-du-Puy
Intercommunalité CC Terres du Haut Berry
Maire
Mandat
Christian Ferrand
2014-2020
Code postal 18220
Code commune 18035
Démographie
Population
municipale
921 hab. (2014)
Densité 23 hab./km2
Géographie
Coordonnées 47° 07′ 30″ nord, 2° 37′ 13″ est
Altitude Min. 149 m – Max. 229 m
Superficie 39,63 km2
Localisation

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Brécy

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Brécy

Brécy est une commune française située dans le département du Cher en région Centre-Val de Loire.

Géographie[modifier | modifier le code]

La commune de Brécy se situe dans une plaine peu accidentée et assez continue. Elle est traversée par la route nationale 151, allant de Poitiers à Avallon et par la route départementale 12 allant de la Chapelle-d'Angillon à Nevers. Elle est arrosée par la rivière Tripande, affluent de l'Ouatier, qui prend sa source dans les prés du Crot. Les terres peuvent se diviser en 1/10 de terres fortes et 9/10 de terres calcaires. Le sous-sol est calcaire.

Outre la culture des céréales, on peut noter la culture de pommiers et des élevages importants de volailles -entreprises Gangneron, Sitbon et Lyon. Brécy est couverte par plusieurs bois et forêts notamment la forêt domaniale des Abbayes.

La commune dépend du canton des Aix-d'Angillon ; en 2015, à la suite du redécoupage des cantons du département, elle fera partie du canton de Saint-Germain-du-Puy[1],[2].

Localisation[modifier | modifier le code]

Rose des vents Rians Étréchy Rose des vents
Sainte-Solange N Gron
O    Brécy    E
S
Nohant-en-Goût Farges-en-Septaine Villabon

Histoire[modifier | modifier le code]

Si l'on consulte le numismatique, on constate que le bourg de Brécy (Breciacum) serait très ancien : découvertes de monnaies mérovingiennes sur lesquelles on lit particulièrement le mot BRECIACO. En 1155, on trouve la mention vicaria de Berciaco, en 1190 ecclesia de Berci, de 1187 à 1256 terra de Berciaco et en 1256 vigeria de Berciaco, en 1357 moulins molendinum de Bercy. Les mentions anciennes de Brécy indiquent donc que ce nom a subi une métathèse : il a existé sous les formes Berci ou Bercy dont le thème semble être Berciacus tiré du nom de famille gallo-romain BERCIUS.

Vers la fin de son règne Charles VII qui habitait presque constamment le Berry, résida plusieurs fois au château de Brécy, notamment en 1460 comme l'attestent les ordonnances ou lettres patentes datées de ce lieu. La châtellenie de Brécy comprenait les paroisses de Sainte-Solange et Moulins sur lesquelles le seigneur avait justices haute, moyenne et basse, droits de châtellenie et sel à contrats. Le château a été rebâti au XVe siècle. Les fiefs de Billeron et de Villecomte en dépendaient.

Les plus anciens seigneurs étaient la maison de Villebeon : Ursion de Villebeon, fils autre Ursion Sr de Mereville, Chambellan de France, et petit-fils de Gautier Sr de Villebeon, chambellan de France, époux d'Aveline de Nemours, qui s'en qualifiait seigneur en l'an 1249. Elle entra en la Maison de Linières par le mariage de Guillaume IV du nom, seigneur de Linières, avec Jeanne de Villebeon dame de Mereville, d'Aschères, de Rougemeont en Beauce et de Brécy en Berry. Jean III du nom Sr de Linières leur fils posséda les mêmes terres et ses descendants en ont joui longtemps. La châtellenie passe ensuite en la maison de Culan(t) par la succession de Jacqueline de Queille, femme de Jean Stuart, échue à Gabriel d'Apcher sa nièce, femme de Charles, baron de Culant et de Saint Désiré après l'an 1529. La terre et le château de Brécy furent achetés vers 1765 par Jean Charles Alexis Gauthier de Rougemont, échevin de Paris. Son fils aîné, Charles Edmé Gauthier de Brécy, lecteur du roi Louis XVIII et auteur de plusieurs ouvrages, en prit le nom. Au XXe siècle le château a appartenu à la famille de Villers, aux barons de Segondat de Montesquieu puis aux Duranel de Valois. Il est actuellement la propriété de la famille Paszkiewicz.

Brécy a une histoire religieuse assez riche. En effet une tradition dit que le meurtrier de sainte Solange, patronne du Berry aurait été un seigneur de Brécy. Par ailleurs, de 1614 à 1618, ce château a été un lieu protestant où se tenaient des assemblées de prière, desservies par les pasteurs de Sancerre messieurs Poissonet et Alard. À côté de Francheville, le domaine de la Girarderie a été une des propriétés en Berry aux XVe et XVIe siècles de la famille Girard dont le chef Jean Girard, sieur des Bergeries, échevin de Bourges, était mort lorsque sa veuve Guyonne de Cucharmois, protestante, se réfugia à Genève, en 1551 ou 1554, avec les plus jeunes de ses douze enfants. Plusieurs descendants de cette famille restés en France ont aussi embrassé la religion réformée, notamment Étienne Girard de Chaillou qui, à la Révocation de l'Édit de Nantes était pasteur de Corbigny dans la Nièvre. Il se retira ensuite en Angleterre avec sa femme Anne Chaudrat. Guyonne mourut à Genève en 1567, non sans avoir (1560) déshérité ceux de ses enfants qui n'avaient pas embrassé la religion réformée… Dispersée à Issoudun, dans toute la France, en Savoie, en Suisse, cette famille a eu une grande postérité et donna notamment des pasteurs, jurisconsultes et autres juristes à Genève et à Lausanne.

Vers 1616, Jean Chenu, Bailli de Brécy eut à faire le procès d'une bande de présumés sorciers des paroisses de Brécy et de Sainte-Solange. Quatre d'entre eux furent condamnés à mort par le bailli de Brécy. Ayant fait appel au Parlement de Paris, ils firent le voyage dans une charrette entourée d'archers des prisons du château de Brécy à la Conciergerie de Paris. Un seul Guillaume Legeret fut exécuté, pendu malgré ses 74 ans en place de Grève ; les autres furent bannis du bailliage de Brécy et de la Prévoté et Vicomté de Paris « pour le temps et espace de 9 ans » et condamnés « en la somme de 600 livres tournois, …prises solidairement sur leurs biens par égale portion envers ledit sieur de Brécy, …leur a baillé le chemin pour prison ». Le seigneur haut justicier dans la justice duquel se jugeait le procès était Louis de Culant, alors mineur, pour lequel agissait sa mère Claude de Gamaches, veuve de Jean de Culant, gentilhomme ordinaire de la Chambre du roi Henri III.

Bien avant, Francheville a été une commanderie importante pour les Templiers. Membre de la Commanderie de Jussy-le-Chaudrier, nous en trouvons la preuve dans deux chartes de 1288 qui faisaient partie des archives de la seigneurie d’Avor. Les Templiers étaient au nombre de sept, y compris le commandeur, frère Guy Buriaz, précepteur de la baillie de Francheville. Un seul - frère Emard de Leront - était qualifié de chevalier parce qu'il possédait ce titre avant son entrée dans l'ordre. Les autres se nommaient frères Pierre Balart, Robert Lemoyne, Pierre de Lodes, Le Gangneour et frère Simon Cornevin.

La commanderie de Francheville ne fut plus ensuite qu'un domaine considérable avec droits seigneuriaux, chapelle, cens et rentes. Dès le XVe siècle le logis seigneurial avait disparu.

Depuis le Moyen Âge, Brécy est une étape pour le pèlerinage de Saint-Jacques-de-Compostelle.

Blasonnement[modifier | modifier le code]

Blason ville fr Brécy (Cher).svg

Les armoiries de Brécy se blasonnent ainsi :

D'argent à la croix ancrée alésée de gueules, cantonnée en chef de deux arbres de sinople fûtés de sable, au lion d'or brochant; au chef d'azur chargé d'épis de blés couchés à senestre et liés d'or.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Les habitants, qui pourraient s'appeler les Bréciens ou Berciens, aiment le vocable Brécyliens en souvenir des chroniques journalistiques du football où l'Étoile Sportive de Brécy portait haut leurs couleurs…

Liste des maires[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs[3]
Période Identité Étiquette Qualité
Les données manquantes sont à compléter.
1791 1803 Resmond   Officier public
1803 1814 Jean Cordier    
1814 1830 Henri De Tullier    
1830 janvier 1837 Bougrat    
1837 septembre 1843 Jacques Butet    
septembre 1843 février 1850 Pierre Bougrat    
février 1850 juillet 1852 André Rollet    
juillet 1852 octobre 1870 Philippe Auguste De Villers    
octobre 1870 janvier 1871 Jean Rollet    
janvier 1871 mai 1871 Pierre Bougrat    
mai 1871 mai 1879 Henri Chéneau    
mai 1879 février 1880 Albert De Montesquieu    
février 1880 mai 1888 Henri Chéneau Républicain opportuniste Conseiller général, député du Cher (1881)
mai 1888 mai 1892 François Bouret    
mai 1892 février 1894 Abel De Grossouvre    
février 1894 mai 1900 Charles Vernoy    
mai 1900 mai 1904 Albert De Montesquieu    
mai 1904 mai 1908 Charles Remangeon    
mai 1908 mai 1912 Alexandre Bouret    
mai 1912 décembre 1919 Auguste Poisson    
décembre 1919 mai 1929 Michel Duplaix    
mai 1929 octobre 1944 Lucien Lamotte    
octobre 1944 mai 1953 Raymond Duplaix    
mai 1953 1995 René Millet    
1995 mars 2001 Guy Cherrier    
mars 2001 2014 Gilles Bonneau    
2014 en cours
(au 26 septembre 2014)
Christian Ferrand[1] DVD Agriculteur

Démographie[modifier | modifier le code]

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du , les populations légales des communes sont publiées annuellement dans le cadre d'un recensement qui repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[4]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2007[5],[Note 1].

En 2014, la commune comptait 921 habitants, en augmentation de 10,7 % par rapport à 2009 (Cher : -0,24 % , France hors Mayotte : 2,49 %)

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
632 697 919 689 700 725 807 853 889
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
915 968 936 988 999 1 006 975 926 844
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
801 817 773 711 647 669 609 596 547
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2007 2012 2014
549 555 488 503 692 706 770 868 921
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[6] puis Insee à partir de 2006[7].)
Histogramme de l'évolution démographique

Lieux et Monuments[modifier | modifier le code]

Brécy, comme beaucoup de communes françaises, détient des monuments et constructions d'époques très diverses :

  • L’Eglise - sous le vocable de saint Germain l'Auxerrois et avec saint Firmin en patron secondaire- a été remaniée à plusieurs reprises dans le style du XVe siècle : belle charpente en nef inversée, beau retable en haut relief de pierre polychrome du XVe qui provient de l'ancienne chapelle de Saint-Firmin située autrefois dans un champ à deux km du bourg et détruite en 1830 ; bénitier du XIIe siècle ; porte en accolade surmontée d'un blason aux dauphins et fleurs de lys (souvenir de Charles VII ?). Une croix d'autel en bronze doré a été offerte par l’impératrice Eugénie.
  • La Chapelle de Francheville est du XIIe siècle. Ses murs ont 1,20 m d'épaisseur. Elle fait partie du domaine de la Chapelle où elle a longtemps servi d'étable. Une visite prieurale en 1614 nous apprend que la cloche de cette chapelle fut transportée à Baugy « du temps des troubles ». Un bénitier du XIIe siècle en pierre de Celles a été placé dans l’église de Brécy. Dans cette chapelle figure aussi un écusson qui surmonte une porte latérale aux armes de Pierre Dumont, commandeur des Bordes en 1537 : d'or à la croix ancrée de sable, au chef de la Religion. Elle était sous le vocable de saint Jean. La cloche sous l'auvent du pignon a échappé aux fondeurs iconoclastes de la Révolution. Elle porte la date de 1751 avec une inscription faisant connaître que ce sont les seigneuries de Sery et des Bordes qui ont fourni le parrain et la marraine, et que le frère Léonard d'Alfred était prieur de cette commanderie à cette date.
  • Le Manoir au lieu-dit de Guilly : c'est un manoir au toit de type Mansart, qui date des XVIIe et XVIIIe siècles - Famille Ducray.
  • Un autre manoir au lieu-dit de Guilly date du XIXe - Famille Marchandise.
  • Le Manoir d'Aigrefeuille à Brécy : les bâtiments - logis, granges, étables et écuries - de la ferme-manoir d'Aigrefeuille (en partie du XVIe siècle), maison du bailli Jean Chenu - actuellement dans la famille Gourdin- dont un bâtiment est aménagé en gîte rural. Ce fief fut habité de 1685 jusqu'en 1721 par des Rigault, seigneurs d'Aigrefeuille.
  • Le Manoir du Chat botté : Route de Bourges, près de l'ancien relais de La Poste reconstruit en partie au XXe siècle, le manoir appartient à la famille Lyon –XXe siècle.
  • Le Château de Brécy à Brécy
  • La Ferme de La Fauconnière et son pigeonnier à Francheville, des XVIe et XVIIe siècles.
  • La Ferme de la Croix : se situe à Brécy, route de Sainte-Solange. C'est une maison de maître et divers bâtiments des XVIIIe et XIXe siècles - Famille Gangneron.
  • Le Presbytère (fin du XVIIe siècle), devenu « espace Aupetit », la grande maison Ferrand jouxtée de belles écuries aux frontons sculptés (XIXe s) et les anciennes maisons Billon, Girard, Faucard… bâtisses des XIXe et XXe siècles ayant eu vocation au commerce et au négoce.

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

  • Le roi Charles VII qui séjourna au château de Brécy à plusieurs reprises.
  • Jean Chenu, bailli de Brécy, né à Bourges le . Avocat, il avait suivi longtemps les audiences du Parlement de Paris où le maréchal de La Châtre l'avait chargé de suivre ses nombreuses affaires. Il avait publié de très importants ouvrages de droit. Au moment du procès de Jacquette Saddon, il avait 57 ans et était donc en peine possession de son savoir et de son expérience judiciaire. Il est mort le laissant deux filles, Mesdames Gaudon et de Bengy.
  • Frère Alfred Stanke, dit le Franciscain de Bourges, est venu régulièrement rendre visite au domaine de Prouziers à son ami Edme Boiché, ancien résistant et ancien conseiller municipal de Bourges.
  • Le général Paul Gangneron, saint-cyrien, résistant de l'ORA et du mouvement Turma Vengeance, ancien déporté lors de la Deuxième Guerre mondiale.
  • Louis Derthal, pseudonyme de Madame Ferragu, romancière « à l'eau de rose » dont les nombreux ouvrages sont conservés à la bibliothèque de Bourges. Elle habitait une ravissante maison à l'orée du bois de Francheville, juste avant le château d'eau de la commune. Elle s'y était installée avec son mari géomètre. Ils reposent tous les deux au cimetière de Saint-Ambroix.
  • René Millet, maire de Brécy dès 1953 et conseiller général, entre autres fondateur de l'Étoile Sportive de Brécy. On lui doit aussi le Foyer Rural.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Par convention dans Wikipédia, le principe a été retenu de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique, pour les populations légales postérieures à 1999, que les populations correspondant à une enquête exhaustive de recensement pour les communes de moins de 10 000 habitants, et que les populations des années 2006, 2011, 2016, etc. pour les communes de plus de 10 000 habitants, ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee pour l'ensemble des communes.

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Liste des maires du Cher et appartenance des communes aux cantons sur le site de la préfecture (consulté le 26 septembre 2014).
  2. Décret no 2014-206 du 21 février 2014 portant délimitation des cantons dans le département du Cher
  3. Jessy Ruzé, De la Révolution à l'an 2000, le Mémorial des Maires du Cher, Les Éditions du Terroir, (ISBN 2913790119).
  4. L'organisation du recensement, sur le site de l'Insee.
  5. Calendrier départemental des recensements, sur le site de l'Insee.
  6. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  7. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 20062007 2008 2009 2010 2011201220132014 .

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Article(s) connexe(s)[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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