Beaujeu (Rhône)

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Beaujeu
Beaujeu (Rhône)
Église Saint-Nicolas de Beaujeu.
Blason de Beaujeu
Héraldique
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Auvergne-Rhône-Alpes
Département Rhône
Arrondissement Villefranche-sur-Saône
Intercommunalité Communauté de communes Saône-Beaujolais
Maire
Mandat
Sylvain Sotton
2020-2026
Code postal 69430
Code commune 69018
Démographie
Gentilé Beaujolais, Beaujolaises[1]
Population
municipale
2 155 hab. (2018 en augmentation de 5,69 % par rapport à 2013)
Densité 121 hab./km2
Géographie
Coordonnées 46° 09′ 18″ nord, 4° 35′ 20″ est
Altitude Min. 277 m
Max. 880 m
Superficie 17,85 km2
Type Commune rurale
Unité urbaine Beaujeu
(ville-centre)
Aire d'attraction Commune hors attraction des villes
Élections
Départementales Canton de Belleville-en-Beaujolais
Localisation
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Beaujeu

Beaujeu est une commune française située dans le département du Rhône, en région Auvergne-Rhône-Alpes.

Géographie[modifier | modifier le code]

Beaujeu et la vallée de l'Ardières au début du XXe siècle.

Dans son Encyclopédie théologique publiée en 1849, l'abbé Jacques-Paul Migne relate l'histoire suivante :

« […] La situation de Beaujeu, au fond de la vallée de l'Ardière, entre les montagnes de Gonty et de Cornillon, qui forment sur ce point un vallon resserré, a donné lieu à une tradition suivant laquelle l'emplacement occupé par cette ville était autrefois un vaste étang, et l'inspection des lieux rend ce constat assez vraisemblable; en effet, en barrant la rivière dans l'endroit appelé L'étroit-Pont, il serait facile de convertir en un lac Beaujeu et les prairies avoisinantes.

On assure que le fils d'un seigneur de Beaujeu s'étant noyé en conduisant des chevaux à l'étang, son père fit vœu de bâtir une église à l'endroit où serait trouvé le corps du jeune prince; qu'ensuite il fit mettre l'étang à sec et s'acquitta de son vœu; que bientôt des maisons s'élevèrent autour de la nouvelle église et donnèrent naissance à la ville […] »

Communes limitrophes[modifier | modifier le code]

Transports[modifier | modifier le code]

De 1869 à 1987, il y avait un chemin de fer entre Belleville et Beaujeu. En 2004, la partie de la voie ferrée située entre Beaujeu et Saint-Jean-d'Ardières a été transformée en voie verte[2].

De 1898 à 1934, Beaujeu fut traversée par la ligne de Chemin de fer du Beaujolais dite du "Tacot". La ligne reliait Villefranche-sur-Saône à Monsols en passant par le Pont-Paradis. La Gare transformée en habitation est encore visible au lieu dit "L'étroit pont". On disait du "tacot" qu'il était tellement lent que certains passagers descendaient du train dans les montées afin de doubler la locomotive et l'attendre au sommet de la côte. La lenteur de ce train fit même l'objet d'une ancienne chanson locale.

Urbanisme[modifier | modifier le code]

Typologie[modifier | modifier le code]

Beaujeu est une commune rurale, car elle fait partie des communes peu ou très peu denses, au sens de la grille communale de densité de l'Insee[Note 1],[3],[4],[5]. Elle appartient à l'unité urbaine de Beaujeu, une agglomération intra-départementale regroupant 3 communes[6] et 3 653 habitants en 2017, dont elle est ville-centre[7],[8]. La commune est en outre hors attraction des villes[9],[10].

Occupation des sols[modifier | modifier le code]

Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.
Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).

L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des forêts et milieux semi-naturels (51,9 % en 2018), une proportion identique à celle de 1990 (52 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : forêts (49 %), cultures permanentes (27,6 %), prairies (9,7 %), zones agricoles hétérogènes (7,1 %), zones urbanisées (3,6 %), milieux à végétation arbustive et/ou herbacée (2,9 %)[11].

L'IGN met par ailleurs à disposition un outil en ligne permettant de comparer l’évolution dans le temps de l’occupation des sols de la commune (ou de territoires à des échelles différentes). Plusieurs époques sont accessibles sous forme de cartes ou photos aériennes : la carte de Cassini (XVIIIe siècle), la carte d'état-major (1820-1866) et la période actuelle (1950 à aujourd'hui)[12].

Toponymie[modifier | modifier le code]

Attestée sous la forme latine de Bellojoco en 1070.

Le nom est une composition latine/romane, datant de la fin du haut Moyen Âge, créée sur le latin bellum (« beau ») et sur jugum, signifiant « joug », mais ayant pris un sens métaphorique de « chaîne de montagnes, sommet de montagne ».

On peut interpréter le nom de Beaujeu par « beau sommet ».

Beaujeu n'a pas directement donné son nom au Beaujolais, qui tient son nom de Beaujou (de la forme dialectale jou « mont, colline »)[13].

Histoire[modifier | modifier le code]

Beaujeu est la capitale historique de l'ancienne province du Beaujolais. La micro-région entourant Beaujeu, soit approximativement l'ancien arrondissement de Villefranche-sur-Saône (avant le ) du département du Rhône, a gardé le nom de Beaujolais. Aujourd'hui, elle est mondialement connue pour ses vins.

En 1833, Beaujeu fusionne avec la commune voisine des Étoux. En 1831, Beaujeu comptait 1 596 habitants contre 1 228 pour les Étoux ; en 1836, Beaujeu (réunie avec les Étoux) affichait 3 172 habitants, c'est-à-dire plus que la simple addition des deux populations.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

L'hôtel de ville.

Administration municipale[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
1927 1929 Jean Dumoulin SFIO  
Maryse Durhône    
Paul Plazanet DVD  
En cours Sylvain Sotton DVD Ancien dirigeant de société
1er vice-président de la CC Saône Beaujolais (2014 → )
Les données manquantes sont à compléter.

Intercommunalité[modifier | modifier le code]

La commune fait partie de la communauté de communes Saône Beaujolais.

Population et société[modifier | modifier le code]

Démographie[modifier | modifier le code]

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir de 2006, les populations légales des communes sont publiées annuellement par l'Insee. Le recensement repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[14]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2007[15].

En 2018, la commune comptait 2 155 habitants[Note 2], en augmentation de 5,69 % par rapport à 2013 (Rhône : +4,48 %, France hors Mayotte : +1,78 %).

Évolution de la population  [ modifier ]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
1 6651 6341 6351 5951 5963 1723 2163 3643 563
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
3 6413 9933 8843 8513 8803 8263 4183 2903 387
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
3 3733 1482 8902 5212 3462 2902 2372 0212 027
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2007 2012
2 1572 2532 1791 9531 8741 9051 9871 9972 048
2017 2018 - - - - - - -
2 1572 155-------
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[16] puis Insee à partir de 2006[17].)
Histogramme de l'évolution démographique

Enseignement[modifier | modifier le code]

La commune a abrité, de 1983 à 1998, l'école d'agrobiologie de Beaujeu, fondée par Suzanne et Victor Michon.

Manifestations culturelles et festivités[modifier | modifier le code]

Vignoble du Beaujolais.

La fête des Sarmentelles est, depuis 1988, une fête importante du Beaujolais organisée à l'occasion du déblocage du beaujolais nouveau. La date est fixée au troisième Mercredi du mois de Novembre, minuit. Elle correspond à la date légale de commercialisation des vins primeurs.


Culture locale et patrimoine[modifier | modifier le code]

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

Maison à pans de bois, inscrite au titre des monuments historiques.
  • Église Saint-Nicolas de Beaujeu, du XIIe siècle, classée au titre des monuments historiques[18].
  • Maison à pans de bois, inscrite au titre des monuments historiques[19].
  • Hospices de Beaujeu ; la vente des hospices de Beaujeu est la plus ancienne vente de charité de France. Le vin produit par le domaine viticole des hospices y est proposé. La première date de 1797, soit 64 ans avant celle de Beaune.
  • Monument aux morts (1924) par l'architecte Salendre et le sculpteur Bayard.
  • Vestiges du château comtal de Beaujeu, détruit en 1611.
  • Chapelle dite du Prince (XVIIe siècle) et cloitre de Sainte-Angèle.
  • Eglise Saint-Martin (XIXe).
  • Ancienne gare de la ligne Beaujeu-Belleville qui servit de 1869 à 1990 (aujourd'hui propriété privée).
  • Vestiges des anciennes tanneries.
  • Le Pont-Paradis qui enjambe un des vallons de Beaujeu. Emprunté par la ligne des Chemin de fer du Beaujolais de 1898 à 1934, il est traversé de nos jours par la route départementale 337 dite "de la déviation".

Patrimoine culturel[modifier | modifier le code]

L'entrée du musée Marius-Audin dans le bâtiment de l'hôtel de ville.

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

  • Guillaume Paradin (vers 1510-1590), religieux et historien, chanoine de la collégiale de Beaujeu (1545) puis doyen du chapitre.
  • Claude Paradin (1512-1573) - frère du précédent - chanoine de la collégiale de Beaujeu, auteur de livres d'emblèmes.
  • Jean-Baptiste Pressavin (1734), chirurgien lyonnais natif de Beaujeu, officier municipal et substitut du procureur de la commune de Lyon. Il devient député de Rhône-et-Loire à la Convention, et vote la mort de Louis XVI. Il fut membre du Conseil des Cinq-Cents, comme député du Rhône.
  • Jean-Baptiste-Irénée Callot (1814-1875), évêque catholique français né à Beaujeu, Evêque d'Oran de 1867 à 1875.
  • Sébastien Réal (1815-1863), poète français né à Beaujeu.
  • Pierre-Louis-Adrien de Montgolfier-Verpilleux (1831-1913) ingénieur des ponts et chaussées, chef d'entreprise français et homme politique français, député puis sénateur de la Loire. Issu de l'ancienne famille de papetier de Beaujeu et d'Ardèche, les Montgolfier.
  • Marius Audin (1872-1951) imprimeur, éditeur et typographe, natif de la commune. Il fut a l'initiative du musée de Beaujeu et on lui doit de nombreux ouvrages sur l'histoire de la région. Le musée porte son nom ainsi qu'une place.
  • Rémo Gary, chanteur et poète, natif de la commune.
  • Philippe Burnot (1877-1956), graveur et dessinateur lyonnais. Il est inhumé dans la chapelle du château Saint-Jean sur les hauteurs de Beaujeu. Une rue porte son nom.
  • Frédéric Ruby (1883-1970), général d'aviation, ingénieur aéronautique.
  • Germaine de Roton (1889-1942), sculptrice, pastelliste, native de la commune.
  • Joseph Frantz (1890-1979), as de l'aviation, pionnier et héros des combats aériens de la Première Guerre mondiale. En l'honneur de ce natif de la commune, une rue porte son nom et une plaque a été apposée sur sa maison natale, en face de l'hôpital.
  • Igor Stravinsky (1882-1971) aurait secrètement séjourné à Beaujeu avant son exil au Etats-unis en 1940[20].
  • René Cerf-Ferrière (1896-1975), grand résistant et responsable de la propagande du journal clandestin "Combat". Il s'installa discrètement à Beaujeu avec sa famille en juin 1941 afin d'y mener ses actions. Il quitta la ville en 1943. Entre temps, il y recevra clandestinement de nombreux chefs de résistance, membres ou affiliés du groupe Combat : Georges Bidault, Francois de Menthon, Henri Frenay, Claude Bourdet ou encore Chevance-Bertin. On trouve encore de nos jours une plaque commémorative qui mentionne ces noms au 78 rue de la République, là où résidait Cerf-Ferrière. Elle fut posée le 4 septembre 1945 en présence du président Herriot[21].
  • Bertrand Chautard (1912-1998), député d'Ardèche né à Beaujeu.

Héraldique[modifier | modifier le code]

« D'or au lion de sable, armé et lampassé de gueules, au lambel de cinq pendants du même brochant sur le tout. »

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Selon le zonage des communes rurales et urbaines publié en novembre 2020, en application de la nouvelle définition de la ruralité validée le en comité interministériel des ruralités.
  2. Population municipale légale en vigueur au 1er janvier 2021, millésimée 2018, définie dans les limites territoriales en vigueur au 1er janvier 2020, date de référence statistique : 1er janvier 2018.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Gentilé sur le site habitants.fr Consulté le 17/07/2008.
  2. « Voie verte Belleville - Beaujeu », voiesvertes.com.
  3. « Typologie urbain / rural », sur www.observatoire-des-territoires.gouv.fr (consulté le ).
  4. « Commune rurale - définition », sur le site de l’Insee (consulté le ).
  5. « Comprendre la grille de densité », sur www.observatoire-des-territoires.gouv.fr (consulté le ).
  6. « Unité urbaine 2020 de Beaujeu », sur https://www.insee.fr/ (consulté le ).
  7. « Base des unités urbaines 2020 », sur www.insee.fr, (consulté le ).
  8. Vianney Costemalle, « Toujours plus d’habitants dans les unités urbaines », sur insee.fr, (consulté le ).
  9. « Base des aires d'attraction des villes 2020. », sur insee.fr, (consulté le ).
  10. Marie-Pierre de Bellefon, Pascal Eusebio, Jocelyn Forest, Olivier Pégaz-Blanc et Raymond Warnod (Insee), « En France, neuf personnes sur dix vivent dans l’aire d’attraction d’une ville », sur insee.fr, (consulté le ).
  11. « CORINE Land Cover (CLC) - Répartition des superficies en 15 postes d'occupation des sols (métropole). », sur le site des données et études statistiques du ministère de la Transition écologique. (consulté le )
  12. IGN, « Évolution de l'occupation des sols de la commune sur cartes et photos aériennes anciennes. », sur remonterletemps.ign.fr (consulté le ). Pour comparer l'évolution entre deux dates, cliquer sur le bas de la ligne séparative verticale et la déplacer à droite ou à gauche. Pour comparer deux autres cartes, choisir les cartes dans les fenêtres en haut à gauche de l'écran.
  13. Le Petit Robert des noms propres : dictionnaire illustré, Paris, Le Robert, , 193 p. (ISBN 978-2-321-00872-9), p. 236.
  14. L'organisation du recensement, sur insee.fr.
  15. Calendrier départemental des recensements, sur insee.fr.
  16. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  17. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2007, 2008, 2009, 2010, 2011, 2012, 2013, 2014, 2015, 2016, 2017 et 2018.
  18. Notice no PA00117718, base Mérimée, ministère français de la Culture.
  19. Notice no PA00117719, base Mérimée, ministère français de la Culture.
  20. Journal local "Le Pied de Rochefort"
  21. René Cerf-Ferrière, Chemins clandestins, 1940-1943, .