Seignelay (Yonne)

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Seignelay
L'église Saint-Martial.
L'église Saint-Martial.
Blason de Seignelay
Héraldique
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Bourgogne-Franche-Comté
Département Yonne
Arrondissement Auxerre
Canton Saint-Florentin
Intercommunalité CC de Seignelay - Brienon
Maire
Mandat
Thierry Corniot
2014-2020
Code postal 89250
Code commune 89382
Démographie
Gentilé Seigneulois, seigneuloises
Population
municipale
1 604 hab. (2013)
Densité 119 hab./km2
Géographie
Coordonnées 47° 54′ 15″ Nord 3° 36′ 09″ Est / 47.9041, 3.6025
Altitude Min. 88 m – Max. 192 m
Superficie 13,47 km2
Localisation

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Liens
Site web seignelay.fr

Seignelay est une commune française située dans le département de l'Yonne en région Bourgogne-Franche-Comté

Géographie[modifier | modifier le code]

Situation[modifier | modifier le code]

Seignelay se situe à 14 kilomètres au nord d'Auxerre, entre les rivières de l'Yonne à 4,5 km à l'ouest, et du Serein qui en marque à peu près la limite nord.

La ville est installée au sud-est du Haut du Tureau (ou Thureau), une hauteur s'élevant à 150 m d'altitude d'autant plus notable qu'elle marque le début d'une plaine au nord qui, sur la commune, varie entre et 92 et 95 m d'altitude.

Le sud de la commune, soit environ 425 hectares, est couvert par la forêt de Saint-Germain et varie en altitude de 130 m au pied du flanc sud du Haut du Tureau, à 168 m au milieu de la forêt[1].

Hydrographie[modifier | modifier le code]

Le Serein[Sandre 1] coule dans le sens est-ouest en limite de commune avec Hauterive au nord[2].
Un seul de ses affluents coule sur la commune et y conflue : le ru de la Bûche[Sandre 2] (rive gauche), qui sert également en partie de limite de commune avec Héry à l'est. Le ru des Ventes et le ru du Crot des Ormes, tous deux en rive droite du Serein, confluent en face de la commune sur la berge appartenant à Hauterive ; ils n'en alimentent pas moins l'eau de Seignelay.

Le ru du Cul de la Bonde prend source dans le sud de la commune, coulant vers le sud-ouest pour rejoindre l'Yonne 2,8 km plus loin à Chemilly-sur-Yonne.

Le bief de 1375 m de long en rive gauche depuis la ferme du Haras jusqu'au moulin de Seignelay a été ordonné par Colbert vers 1666, qui visait à alimenter en eau ses foulons et ses deux moulins nouvellement construits, le Petit-Moulin et le Grand-Moulin. Lorsqu'en 1809 le Grand-Moulin de Seignelay a été détruit ainsi que ses écluses, non seulement le niveau du Serein a baissé mais ont cessé les débordements de la rivière qui fertilisaient les prés inondés. Ces prés et pâturages ont subséquemment été transformés en champs[Henry 1]. Hydrographiquement, le bief est sonsidéré comme un bras du Serein[Sandre 3].

Au XIXe siècle, depuis les moulins d'Héry jusqu'à Beaumont, le Serein présentait une perte de débit importante, notablement en été : à Héry il était suffisant pour faire tourner deux moulins, à Seignelay la diminution était déjà sensible, et à Beaumont un seul moulin pouvait tourner[Henry 2].

Voies de communication[modifier | modifier le code]

La commune est traversée dans le sens nord-sud par la D84 joignant Mont-Saint-Sulpice, Brienon-sur-Armançon, Bellechaume et Arces-Dilo au nord, avec Monéteau et Auxerre au sud. La sortie 19 de l'autoroute A6 est à 9,6 km au sud.

Les gares les plus proches sont celles de Laroche - Migennes (la mieux desservie) à 11,8 km et celle d'Auxerre à 12,5 km[1].

Communes limitrophes[modifier | modifier le code]

Rose des vents Beaumont Hauterive Hauterive
Héry
Rose des vents
Beaumont N Héry
O    Seignelay    E
S
Chemilly-sur-Yonne Gurgy Héry

Étymologie[modifier | modifier le code]

Le nom de Seignelay tire son origine du nom celtique Sigl, ou Siglen, qui désigne un marais, et qui a donné Sigliniacum cité en 864 par le moine Glaber, signifiant littéralement : « qui borde un cours d'eau marécageux »[3], en référence à la rivière du Serein qui s'écoule au bas du promontoire où s'établit Seignelay.

Au XIIIe siècle Sigliniacum devient Saligniacum[4], puis Seillenay au XVe siècle[5] et c'est au XVIIe siècle, du temps de Colbert, que Seignelay prend son nom actuel, bien que souvent écrit à cette époque Seignelai ; la première trace de l'orthographe Seignelay apparait en 1667 dans une correspondance de Colbert[6].

Le nom a maintes fois été déformé de façons très diverses. Les chartes latines indiquent Signiliacum, Sigliniacum, Seligniacum, Selligniacum, Silligniacum, Silinniacum, Seiliniacum, Selleniacum, Saillenaium, Seigneleyum[Henry 3], Siliuniacum[7], etc. Les actes en langue vulgaire donnent Sign-let ou Signelet dans les plus anciens manuscrits ; Seilegnet, Seillenay, Sinellay, Sillenay, Saignilet, Sainellay et Seignelay. Cette dernière orthographe a été fixée quand Jean-Baptiste Colbert de Seignelay l'accola à son nom[Henry 3].

Histoire[modifier | modifier le code]

Antiquité[modifier | modifier le code]

Dans un rayon de 10 km autour de Seignelay se trouvent 6 voies antiques[Henry 4], la plus importante étant devenue la Via Agrippa de l'Océan qui passait à Héry et aux Baudières dans le nord de la commune de Héry[Henry 5]. Il reste de ces voies un petit pont de pierre à Venouse. Beaumont, le village voisin au nord-ouest, a de forts arguments pour être le Bandritum de la carte de Peutinger[Henry 6] sur la route pré-romaine entre Autun et Sens en passant par Auxerre[Henry 7]. Les romains ont amélioré plusieurs de ces routes[Henry 8].

Les premières traces d'un établissement à l'endroit de Seignelay remontent à l'invasion de l'armée romaine (arrivée dans la région vers -54 ou -53 av. J.-C).
Une légion a construit un camp au sud de l'actuel village. Le camp romain, qui servit également aux Sarrasins qui s'y retranchèrent pour un court temps après leur défaite à Sens, était sur la hauteur située au sud de la ville, qui culmine à 148 m. Au XIXe siècle on y voyait encore une partie des fossés qui l'avaient entouré. Le castrum cité par Glabert en 990 comme étant le château de Seignelay, était probablement cet ancien camp. C'est là aussi que les châteaux successifs de Seignelay ont été construits. En 1817, l'enlèvement des fondations du dernier château à cet endroit dévoila des tuiles romaines et des pieux antiques. La rue venant d'Héry et menant à cette partie de Seignelay est la rue Gatelot, autrefois rue de Gastello, venant du latin Castello : l'ancienne rue du Château[Henry 9].

Moyen-Âge[modifier | modifier le code]

Haut Moyen Âge[modifier | modifier le code]

Depuis 711, les Sarrasins occupent la péninsule Ibérique et continuent lentement à avancer vers le nord, au-delà des Pyrénées. Ayant conquis le Languedoc, à partir de 725 ils ravagent la vallée du Rhône, allant jusqu'à mettre à sac la ville d'Autun (le 22 août 725) et assiéger, en territoire franc, la ville de Sens.
saint Ebbon[8], évêque de Sens, repousse de Sens les Sarrasins et les accule jusqu'à l'emplacement actuel de Seignelay où il remporte en 727 la victoire sur les envahisseurs, 5 ans avant que Charles Martel ne les repousse définitivement du territoire franc par la victoire de Poitiers le 25 octobre 732[Henry 10].

La tradition veut qu'en action de grâce de sa victoire, saint Ebbon ait fait ériger une chapelle à l'emplacement de ce camp où furent arborées, en signe de triomphe, les enseignes enlevées à l'ennemi ; là serait l'origine de la fondation du village[Henry 9]. Mais en 864 le Seignelay civil se résume à une métairie[7]. Il y a une léproserie entre la fontaine des Noyers et la D84 vers Brienon, avec sa chapelle dédiée à Saint-Jean-l'Évangéliste. Le chapelain était choisi par le seigneur sous réserve d'approbation de l'évêque. La chapelle a été vendue et détruite en 1793[Henry 11],[note 1].

En 972, une église Saint-Martial s'élevait déjà au village. Les saints patrons du village étaient saint Sébastien et saint Louis ; saint Germain était le patron de la chapelle du couvent. Héribert, évêque d'Auxerre de janvier 971 à sa mort, le 23 août 996 ou après, donna ces églises à l'abbaye Saint-Germain d'Auxerre - donation confirmée par le pape Eugène III en 1152[Henry 12].

Les seigneurs de Seignelay font parler d'eux dès le IXe siècle, quand le roi Eudes recommande dans une lettre que le seigneur de l'époque et certains de ses voisins rendent à l'abbaye de Saint-Germain d'Auxerre les biens qu'ils ont volés à cette dernière[Henry 13]. Il est fort possible qu'à cette époque les seigneurs de Seignelay aient été indépendants des comtes d'Auxerre : le système féodal n'était pas encore en place partout et le roi lui-même doit intervenir directement. Noter que seuls les seigneurs indépendants pouvaient choisir de lever ou déposer les armes, et de servir ou non sur une terre étrangère[Henry 14].

Au Modèle:S-X, la seigneurie est érigée en baronnie. Seignelay est déjà la première seigneurie du comté d'Auxerre : Guillaume II (1083-1148) comte d'Auxerre donne Alwalon comme le plus important de ses barons[Henry 12] en 1104[Henry 15], Billon fait de même en 1675[9].

Bas Moyen Âge[modifier | modifier le code]

Le premier seigneur de Seignelay connu est le baron Bavon I de Seignelay (mort après 1015), vers la fin du Xe siècle. Bavon est en vie en 990, et en 1015 où il est cité comme assistant au concile d'Héry[Henry 16]. Il serait issu de la première famille qui posséda le château après le départ des Sarrasins[Henry 17] et est le début d'une lignée qui va donner à Seignelay 15 seigneurs en 370 ans[Henry 18].

Suivi par son fils Alwalon I de Seignelay, tous deux continuent dans la même ligne de violences que leurs aïeux et agrandissent leur domaine à force d'exactions, pillages et autres abus sur leurs voisins, à commencer par la maison de religieux et les possessions assorties que les moines de Saint-Germain d'Auxerre possèdent alors à Héry, ainsi que sur les moines de Saint-Benoît établis également à Héry[Henry 17]. Avec eux, la baronnie de Seignelay s'étend entre le ru de Sinotte (petit affluent direct de l'Yonne coulant à moins de 500 m au-delà de la limite sud de la commune de Seignelay) et l'Armançon 10 km au nord de Seignelay - et même au-delà puisqu'elle inclut aussi Bellechaume (6 km au nord de l'Armançon, 15 km au nord de Seignelay) et Avrolles (12,6 km au nord-ouest) ; quant à l'étendue est-ouest, elle comprend Saint-Florentin (15 km au nord-est), Ligny-le-Châtel (12 km à l'est), Montigny-le-Roi et jusqu'au-delà des rives de l'Yonne avec Bassou (7,2 km au nord-ouest) et Chichery (2,5 km en-dessous de Bassou)[Henry 19]. Toutes les terres au nord du Serein sont enclavées dans le comté de Champagne[Henry 20].

Le troisième seigneur de cette lignée est Adalwalon, ou Adalwalo de Seignelay (mort avant 1030), connu par un accord avec Winemanus, abbé de Saint-Rémi-lès-Sens. Il meurt avant l'an 1030, pendant une période de sévère famine qui dure plusieurs années.

Adalwalo est suivi de son fils, Bavon II de Seignelay, quatrième de la lignée, qui renouvelle et met à exécution le traité conclu entre son père et Winemanus ; mais sa vie est courte, comme celles des trois générations précédentes[Henry 21].

Adalwon II de Seignelay, baron au plus tard en 1104[Informations douteuses] [?] (mort en 1040), cinquième de la lignée, est aussi appelé Angalon, et celui que Guillaume II (1083-1148) comte d'Auxerre cite en 1104 comme premier de ses barons[Henry 15]. Il voit d'un bon œil la fondation en 1114 de l'abbaye de Pontigny, qui fait concurrence à l'abbaye de Saint-Germain d'Auxerre avec qui sa famille a toujours eu des démêlés et est parmi les premiers à lui faire des donations[Henry 22]. Il est suivi dans ce mouvement par beaucoup d'autres, comme Geoffroy du Moulin qui en 1118 donne la terre de Sainte-Porcaire à l'abbaye de Pontigny, en retenant toutefois tous les serfs pour lui-même[Henry 23] ; ou Bertrand de Seignelay, vassal d'Aldawon II, qui avec son épouse Ilduisis[Note 1] donne en 1126 à la nouvelle abbaye ses possessions à Sainte-Porcaire[Henry 22], Ligny-la-Ville[Note 2] et Ligny-le-Châtel ; Gaultier dit le Chauve ou Botte-Sacrée[Henry 15], fils de Bertrand, se fait religieux à Pontigny et en 1135[Henry 22] donne à son abbaye les biens qu'il possède à Rouvray, Hauterive, aux Îles (Isles)[Henry 15] et aux Ormes vers les bains de Saint-Aignan[Henry 22].

Adalwon épouse en 1132 Agnès, veuve de Miles III, seigneur de Noyers[Henry 22]. Il meurt en 1140, laissant trois fils : Deimbert, Bochard et Étienne[Henry 24].

Deimbert Ier de Seignelay, sixième de la lignée, succède à son père Adalwon II. Lui aussi favorise l'abbaye de Pontigny, à laquelle lui et sa femme donnent en 1145[note 2] tous leurs biens sur Crécy[note 3] et Duchy[note 4],[Henry 24]. Il est vrai que cette année 1145 est celle où saint Bernard, leur parent par les femmes, prêche très activement pour la deuxième croisade[10].

Dans le même temps, lui et ses frères continuent à mettre à mal l'abbaye de Saint-Germain[Henry 24] - sauf pour Étienne qui s'interrompt dans ces activités le temps de participer à la deuxième croisade[Henry 25]. Il faut dire qu'ils ne sont pas seuls à se comporter ainsi, chose commune à l'époque : même les religieux exercent des violences ne serait-ce que par procuration, jusqu'en l'an 1200 où le régisseur des terres pour le chapitre de Saint-Martin tue plusieurs personnes, incendie par deux fois les maisons d'un hameau et renverse des voitures de vendange, pour la raison que l'abbaye de Pontigny possède plus de vigne que la surface à laquelle elle a droit sur telle commune. Les gens de Pontigny, eux, détruisent le moulin de Révisy, arrachent des ormes et détournent la rivière pour une question de pâturages avec l'abbaye de Saint-Germain d'Auxerre, et ainsi va la vie. Mais Deimbert Ier a affaire à Arduin, évêque d'Auxerre et sous peu cardinal (en 1153). Arduin, circonstances historiques attténuantes ou non, excommunie sans ambages le trio et décrète un interdit sur toutes leurs terres[note 5]. En 1157 Deimbert passe un accord avec l'abbé et le couvent de Saint-Germain[Henry 24] pour régler les différents droits de justice et de féodalité objets des désaccords passés[Henry 26]. Arduin ne jette pas son anathème sur la famille avant 1148, puisque cette année-là Deimbert est présent à l'abbaye de Saint-Germain pour approuver une donation des chevaliers de Maligny[Henry 27].
Son frère Bochard est toujours vivant en 1182. Il est seigneur d'une partie de Gurgy et de Seignelay[Henry 28].

Deimbert Ier épouse Alpace, avec qui il a un fils : Alwalon[Henry 26].

En 1188, Alwalon III, ou Angalon de Seignelay donne à l'abbaye de Pontigny son droit d'eau de l'Armançon « depuis le pont des Natiaux jusqu'à l'eau de l'archevêque de Sens près de Brienon ». Sont présents à l'acte[note 6] sa femme Adeline et quatre fils : Deimbert, Renaud, Féric ou Fréric et Pierre[Note 3], tous majeurs. Agnès, fille d'Alwalon ou Angalon, épouse Geoffroy baron de Saint-Vérin vers 1180[Henry 29].

C'est du temps d'Alwalon III que l'abbé de Saint-Germain obtient du seigneur d'Auxerre la remise du droit de gîte[note 7] sur ses terres de Seignelay et récupère différents biens sur Crécy[note 3] et Duchy[note 4], qu'elle échange avec l'abbaye de Pontigny en 1166.

En 1167, Alwalon III épouse Eluide, ou Eludie, et n'ont pas enfants. Vers la fin des années 1180, sa seconde femme apparaît dans des actes : Adèle ou Adeline, dont il a les quatre fils et une fille susnommés. Alwalon III est le neveu par sa mère de Guy Ier de Noyers, évêque de Sens de 1176 à 1193 ; il est aussi proche parent de Hugues de Noyers, évêque d'Auxerre. Il vit au moins jusqu'en 1191[Henry 30].

Dès le XIIIe siècle, existe un château à Seignelay.

Deimbert II de Seignelay (mort en 1207[Henry 31]) succède à son père[Henry 32].

Il a Bochard, ou Bouchard, comme oncle ou frère. Ce Bochard, marié à Aanor fille d'André seigneur de Montbard, a deux fils (cousins germains ou neveux de Deimbert II) : Guillaume (vers 1164-1223) et Manassès (mort en 1221)[Henry 33], et une fille Agnès, dame de Creux ou de Crux[Note 4] qui épouse Philippe de Cheny dont elle a un fils, Hugues ; morte avant 1202[Henry 31],[Henry 34].

Guillaume devient le 58e évêque d'Auxerre le 18 février 1207 jusqu'en 1220, puis évêque de Paris de 1220 à 1223. Manassès devient évêque d'Orléans de 1208 à 1221.

Ils participent tous deux à une partie de la croisade des cathares (1208-1229). Guillaume fonde le monastère des Isles, les collégiales de Cosne et d'Appoigny, établit une règle pour les chanoines de Toucy, commence la construction de la cathédrale d'Auxerre[Henry 33]. Le comte Pierre II de Courtenay, roi de Constantinople, le charge des affaires du comté d'Auxerre lorsqu'il part en 1216 prendre possession de son royaume[11]. La léproserie de Seignelay date de leur temps ; elle était située sur l'ancien chemin de Brienon, entre la fontaine des Noyers et la route actuelle. La chapelle, dédiée à Saint-Jean, a été vendue et démolie en 1793[Henry 11].

Sur la fin de sa vie, Deimbert lègue son clos de vigne du Mont-Saint-Sulpice à l'abbaye de Pontigny, en retour du droit d'être inhumé dans l'abbaye. Son épouse Marguerite de Ronuse, douairière de Seignelay, meurt en 1224[Henry 35]. Ils laissent deux fils : Étienne, baron de Seignelay, et Jean qui hérite de la Maison-Fort[Henry 31].

Étienne Ier (mort vers 1240), fils de Deimbert II, doit lui aussi régler des litiges de propriété entre lui et l'abbaye de Saint-Germain : l'abbé, Renaud de Jocenal, se plaint d'infractions à l'accord de 1157 entre Deimbert Ier et l'abbé d'alors, et cet accord n'est pas assez développé pour répondre à toutes les situations litigieuses. Le 13 mai 1222 Étienne Ier et Renaud de Jocenal choisissent ensemble trois arbitres : Odart, maréchal de Champagne, Milès de Noyers et Ferry seigneur de Cudot ; et s'engagent financièrement à respecter leur décision. Mais l'affaire traîne pendant six ans. En 1228, un nouvel accord est signé, très complet, appelé la pieça[Henry 36].

Il épouse Agnès, avec qui il a quatre enfants : Jean, aîné et successeur à la baronnie de Seignelay ; Agnès, devient religieuse au couvent des Isles ; Geoffroy, seigneur du Mont-Saint-Sulpice ; et une deuxième fille qui épouse le seigneur de Champlost. Il meurt peu après 1238[Henry 37].

Jean Ier, fils d'Étienne Ier, épouse Marie, veuve de Gaucher seigneur de Bassou, avec ses deux enfants de ce mariage : Guy, qui se croise lorsque saint Louis passe à Pontigny, et Marie, abbesse du monastère des Isles. Jean a deux fils de Marie : Étienne son successeur, et Geoffroy chanoine d'Auxerre et seigneur de Bassou, qui vivait en 1294[Henry 38]. Il a un cousin nommé Jean de Seignelay, seigneur de Beaumont, avec qui il a été souvent confondu[Henry 39].

En 1315, Étienne II est le premier baron de Seignelay à rendre hommmage pour cette terre - en l'occurrence au comte d'Auxerre, se rendant ainsi homme-lige des comtes de Champagne[Henry 14].

En 1372, cette terre est acquise par Philippe de Savoisy[Henry 40], favori et chambellan[12] de Charles V puis de Charles VI.

Son fils, Charles de Savoisy (vers 1368-1420), chambellan de Charles VII et baron de Seignelay, fait rebâtir le château en 1410 en le fortifiant de dix sept tours[13].

Les serfs des terres de l'abbaye de Saint-Germain sur Seignelay sont affranchis en 1456, par acte de l'abbé Hugues VI de Tyard (il affranchit dans le même temps ceux de leurs domaines des environs, notamment Ormoy, Hauterive[Henry 23], Bleigny-le-Carreau[Henry 41]...). Seignelay n'est affranchi totalement qu'en 1492[Henry 23]. L'abbé vise à repopuler le lieu qui a été ruiné par les guerres précédentes (mort de Jeanne d'Arc en 1431, suivie de la fin de la guerre de Cent Ans en 1453)[Henry 41]. Philippe de Lavoisy fait rebâtir le moulin d'Hauterive, payant 12 bichets de mouture par an aux moines de Saint-Germain à qui appartient l'eau de la rivière[Henry 42].

Le chanoine d'Auxerre, archiprêtre de Saint-Bris, demande en 1439 cent sous tournois (ou quatre livres) du curé de Seignelay pour son droit de première annate - un prix trop élevé, disent depuis longtemps les curés de Seignelay. Cette année-là Jean Bouchard le curé entrant[14] est aussi maître ès-arts. Il fait un procès pour réduire cette somme. La cour d'Auxerre le condamne, il fait appel à Sens mais accepte un arrangement avant la date : la somme est réduite à 60 sous tournois (trois livres annuellement) mais il doit payer 10 livres en sus pour les frais de procès[Henry 42].

La terre de Bouilli (Bouilly, sur Vergigny) passe aux marquis de Seignelay au XVIe siècle[15].

Temps modernes[modifier | modifier le code]

Le 23 mars 1523 un arrêt du Parlement est émis concernant une affaire de ressort pour Villeneuve-le-Roi, que les officiers du baillage de Sens tentent de récupérer au détriment du ressort d'Auxerre. Les ressorts d'autres terres avoisinantes sont également disputés et leur attribution à l'un ou l'autre bailli est décidée de par cet acte. Or ledit acte prend note de l'opposition de Philippe de Savoisy, descendant de son homonyme précité et lui aussi seigneur de Seignelay, à ce que sa terre, pourtant première châtellenie du comté[9] et à seulement 10 km d'Auxerre, soit comprise dans l'arrangement de cet arrêt qui les mettrait sous la juridiction du bailli d'Auxerre. En effet les Savoisy se placent politiquement du côté de la royauté et sont par conséquent en opposition au duché de Bourgogne, auquel se rattache Auxerre ; ils ne peuvent donc "en conscience" être soumis à la justice de leurs ennemis. Philippe entame donc des poursuites, continuées par son fils Claude de Savoisy - poursuites aboutissant à ce que Seignelay ne ressortisse pas du baillage d'Auxerre - mais cette exemption ne s'applique pas aux autres lieux de la même seigneurie. Le comte de Nevers, qui avait lui aussi quelques terres dans le comté d'Auxerre, tente de même de s'opposer à ce que celles-ci dépendent du baillage d'Auxerre mais ne réussit point dans cette entreprise. Les officiers du baillage de Sens tentent toujours de récupérer Seignelay dans leur juridiction. Mais le roi, François Ier, y mit la main et préféra la persistance de lettres patentes d'exemption, plutôt que la modification de limites de comtés établies par ses prédécesseurs[16].

Jean-Baptiste Colbert, gravure non sourcée.

En 1657, Jean-Baptiste Colbert achète la baronnie de Seignelay. Son premier acte important est de créer un baillage à Seignelay, qui inclut vingt trois villages ou hameaux et ressort directement au parlement de Paris : pour ce faire il enlève trois paroisses au bailliage de Villeneuve-le-Roi qui n'en a dès lors plus que sept, enlève Mont-Saint-Sulpice et Villeneuve-Saint-Salves au baillage d'Auxerre et huit paroisses au bailliage de Saint-Germain[Henry 43].

Il crée un port au Petit-Monéteau pour arrêter les coches d'eau récemment mis en service sur l'Yonne et fait transporter par voiture leurs marchandises vers Auxerre ; les coches ne remonteront jusqu'à Auxerre qu'après sa mort. Le port pour Seignelay reste le Cromontoire, qui débarque du sel et embarque les vins.

En 1665, il crée à Aumale une manufacture de serges et draps de haute qualité, qu'il déménage à Seignelay en 1666. La manufacture royale (établie aux frais de l'État et régie au nom du roi) se trouve vers le milieu de la rue de Gastellot (rue Gatelot). On y travaille en mélangeant des laines de Reims, Troyes et Auxerre ; les draps pour les armées sont faites de laine d'Espagne[Henry 44]. Pour attirer les ouvriers, plus rares du fait des guerres, hors des grandes villes, Colbert ouvre un asile dans la manufacture. Ce privilège donnant abri de la justice donne une grande renommée à l'établissement, qui aura jusqu'à 700 ouvriers, avec la construction d'un deuxième bâtiment pour les serges[Henry 45] En 1775 ses serges « façon Londres » sont toujours réputées de la meilleure qualité[Henry 46].

Colbert ouvre aussi une manufacture de soie dans la rue de l'Église ; moins développée, elle fonctionnera toutefois pendant 80 ans[Henry 45]. C'est en 1666 qu'il fait détruire le moulin de Seignelay bâti par Philippe de Savoisy en 1458, pour construire ses foulons sur cet emplacement. Un Petit-Moulin est adossé aux foulons et le Grand-Moulin est construit un peu plus haut. Il fait creuser un bief de 1 350 m de long depuis la ferme du Haras jusqu'au moulin pour alimenter en eau ses nouvelles constructions, et des écluses sont construites sur l'affleurement de roche de grès dans le lit de la rivière à cet endroit. Le Grand-Moulin sera détruit en 1809, avec des conséquences non négligeables sur l'hydrologie du Serein en aval[Henry 1].

Les halles.

Avec les services de l'architecte du roi Le Vau, il fait moderniser le château en le réduisant à treize tours. Une gravure ancienne représentant le château montre que douze tours étaient rondes et la treizième carrée, symbolisant le Christ et ses apôtres. Il construit des halles, un four public, un pressoir, un grenier à sel, une hôtellerie. En 1668 le roi érige la baronnie de Seignelay en marquisat[Henry 47], mais Colbert n'ose en porter le titre et c'est son fils aîné qui le porte et que l'on désigne sous le nom de Jean-Baptiste Colbert, marquis de Seignelay. L'église est pavée peu après sa mort[Henry 48] le 3 novembre 1690 grâce au fonds qu'il lègue - la chaire, le grand autel et l'autel de la Vierge datent de cette époque également. Il lègue aussi à Seignelay 25 000 livres pour fonder un hôpital qui existait encore en 1830[Henry 49].

En 1724 seigneurie et château passent par mariage aux Montmorency-Luxembourg[Henry 50]. Mis sous séquestre à la Révolution et vendu en l'an VI, le château est démoli en 1798 et ses matériaux utilisés principalement pour la construction de la caserne et des écuries de Joigny, du manoir voisin de Guillebaudon, d'édifices privés et pour l'empierrement des routes.

La commune acquiert le presbytère en 1820, par héritage de la sœur du curé d'Hauterive et du jésuite Noirot (né à Seignelay vers 1730, mort en 1790)[Henry 51].

Époque contemporaine[modifier | modifier le code]

En 1826, la commune achète une pompe à incendie, puis une deuxième. Un corps de trente deux pompiers est organisé, avec armes, casques et habillement militaire fournis[Henry 52].

De 1960 à 1977, la commune accueille chaque année un critérium cycliste. Il devient traditionnellement le premier critérium d'après Tour de France, se disputant le lundi après-midi, le lendemain de l'arrivée de la course. Il accueille les plus grandes vedettes du peloton, Darrigade, Anquetil, Janssen, Poulidor, Merckx, Thévenet, Ocana, Van Impe, Hinault, ainsi que Raymond Riotte, venu en voisin. Le circuit était assez spectaculaire, en particulier avec son arrivée en montée, au bout de la longue ligne droite de l'avenue Colbert. Dix neuf éditions auront lieu avant que le coût de plus en plus élevé de l'organisation n'oblige à mettre fin à cette course.

Événements historiques notables[modifier | modifier le code]

  • 4 juillet 1429 : Jeanne d'Arc passe par Seignelay, venant d'Orléans pour assister au sacre de Charles VII, roi de France, dans la cathédrale de Reims le  ;
  • 31 mai 1683 : « Le lundi 31 mai, Louis XIV, roi de France, après avoir couché à Auxerre, la nuit du dimanche au lundi, a fait honneur à M. de Seignelay de venir en compagnie prendre en son parc le divertissement de la chasse, après quoi, étant entré en son château, il trouva en la grande salle une magnifique collation qu'il prit, et il s'en retourna coucher à Auxerre. » (extrait des anciens registres de catholicité des paroisses du département de l'Yonne) ;
  • hiver 1709 : Seignelay - « En l'année 1709, il y eut un si cruel hiver qui commença le jour des Roys, que jamais il n'y en peut avoir un si long et si rude ; il se reprit à trois fois ; tous les arbres furent gelez, les noyers surtout et les arbres fruitiers ; les bleds périrent en terre et les vignes, de sorte qu'il n'y eut point de récolte que d'orge et d'avoine. La disette vint ensuite : on vendoit le bichet de bled jusqu'à 20 et 22 livres ; la pinte de vin 10 et 12 solz et davantage. Le bichet d'orge se vendoit 7 à 8 francs. Le désastre fut universel. On trouvoit à la campagne non-seulement des hommes morts de froid, mais encore les oiseaux et les bêtes fauves dans les grands bois. » (Le bichet de froment de Seignelay contenait 56 litres ; extrait des anciens registres de catholicité des paroisses du département de l'Yonne) ;
  • en 1869, en hommage à Jean-Baptiste Colbert, marquis de Seignelay, la marine française a donné le nom Le Seignelay[17], à un croiseur qui a mené plusieurs campagnes jusqu'en 1892 dans l'océan Indien et l'océan Pacifique.

Héraldique[modifier | modifier le code]

Blason de Seignelay

Les armes de Seignelay se blasonnent ainsi : « Parti : au premier d'or à la couleuvre ondoyante de sinople, au second d'azur à la tour d'argent maçonnée de sable. »

Il s'agit d'armes parlantes : la couleuvre, qui se dit coluber en latin, évoque le Grand Colbert qui a été seigneur de Seignelay. Elle est présente, de couleur bleue, dans le blason des Colbert.

Lieux, monuments et anciens bâtiments[modifier | modifier le code]

Monuments classés à l'inventaire des monuments historiques[modifier | modifier le code]

  • Église Saint-Martial (XIVe siècle et XVIe siècle), une des églises les plus anciennes de France dont les fondations et la structure d'architecture romane datent du Xe siècle[18]. En 972, une église Saint-Martial s'élevait déjà au village[Henry 12]. Dans l'église, le médaillon en marbre blanc qui représente la Religion tenant une croix, provient du château de Regenne et a été donné par le curé Berlie. Dans les années 1830, son pendant est à l'hôtel de ville d'Auxerre[Henry 53].
  • Halles en bois (XVIIe siècle)[19].

Monuments répertoriés à l'inventaire général[modifier | modifier le code]

  • Ancien hôpital dit en son temps Maison de la Miséricorde (XVIIe et XVIIIe siècle), avec deux bâtiments situés au no 2 rue du Docteur Chauvelot et no 7 rue Alphonse Darlot[20]. Cet établissement est dû à la générosité de Jean-Baptiste Colbert, marquis de Seignelay et fils du Grand Colbert, qui légua à sa mort 25 000 livres par testament en 1690 pour fonder un hôpital, dont l'assemblée des habitants approuva la formation le 2 février 1702. Le 20 février 1747, le seigneur Charles de Montmorency lui donna un règlement qui fut homologué par le parlement. Cet hôpital devint peu après une maison de charité car en 1753, pour multiplier les secours et diminuer les charges, il cessa de recevoir les malades qui furent dès lors assistés à domicile. Le bureau (le curé, des officiers du lieu et deux notables élus) établissait chaque dimanche la liste des malades et des pauvres à secourir, les sœurs distribuant à domicile aumônes, remèdes, aliments, linges. Le duc Anne-Léon de Montmorency fit reconstruire l'établissement en 1761 près de l'église paroissiale, à l'emplacement de l'ancien, le destinant à perpétuité aux religieuses chargées du soin des malades et des écoles mais stipulant que si ces religieuses venaient à quitter les lieux, les bâtiments retourneraient à sa famille. Le service était assuré par deux sœurs de Saint-Vincent-de-Paul en 1691, qui furent remplacées par trois sœurs de la congrégation de Nevers en 1753. Elles furent cinq en 1833. Le bâtiment est surmonté d'un petit campanile et d'une croix, uniques rappels de son ancienne destination.

Bâtiments anciens[modifier | modifier le code]

L'ancien château, gravure du XVIIe siècle.
  • Grenier à sel pour l'achat de sel en paiement de la gabelle qui fonctionna jusqu'en 1790, situé au no 5 place Colbert[21]. Jacques de La Roche de La Perrière, conseiller du Roi, président au siège des gabelles de Seignelay, demeure à Saint-Bris[22].
  • Bâtiments d'entrée de l'ancien château datant de la fin du XVIIIe siècle.
  • Vestige du mur ouest d'enceinte de l'ancien château (la tour y figurant étant une reconstitution rebâtie après la démolition du château).
  • Lavoir de forme octogonale qui supportait une toiture charpentée reposant sur dix huit piliers, situé à la sortie de Seignelay sur la route de Beaumont (aujourd'hui à l'état d'abandon)[23],[24].
  • Atelier de cordier, situé route de Chemilly (aujourd'hui à l'état d'abandon), dont on peut voir encore, sur le talus qui fait face à son entrée en direction de la rue des Carboines, la trace des trous de fixation des tréteaux qui servaient de support à l'étirage les cordages à tresser.
  • Ancienne gare de la ligne ferroviaire de la Vallée du Serein[25], située au début de l'avenue Colbert, au carrefour de la route de Beaumont. Cette ligne ferroviaire à voie unique d'un mètre de large reliait Laroche-Migennes à L'Isle-Angely et fut en exploitation du 15 octobre 1887 au 31 décembre 1951. Les anciennes gares de cette ligne, appelées à tort[note 8] par certains "gares PLM", ont toutes été transformées en habitations privées.

Démographie[modifier | modifier le code]

En 2013, la commune comptait 1 604 habitants. L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du XXIe siècle, les recensements réels des communes de moins de 10 000 habitants ont lieu tous les cinq ans, contrairement aux autres communes qui ont une enquête par sondage chaque année[Note 5],[Note 6].

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
1 321 1 359 1 403 1 478 1 502 1 533 762 1 599 1 535
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
1 546 1 556 1 520 1 464 1 316 1 297 1 273 1 251 1 235
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
1 124 1 145 1 086 1 124 1 044 971 996 1 008 1 050
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2008 2013 -
1 047 1 042 1 132 1 485 1 538 1 546 1 587 1 604 -
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[26] puis Insee à partir de 2004[27].)
Histogramme de l'évolution démographique

En 1703, on comptait 1 083 habitants.

On nomme Seignelois et Seigneloises les habitants de Seignelay.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Seignelay fait partie de la communauté de communes de Seignelay - Brienon.

Tendances politiques et résultats[modifier | modifier le code]

Liste des maires[modifier | modifier le code]

Liste des maires depuis la Libération
Période Identité Étiquette Qualité
. . Frécault    
. . Goulet    
1983 . Robert Rapin    
1989 2001 . Louis Maison    
mars 2001 février 2009 Pierre Parent PCF  
février 2009 en cours Thierry Corniot[28] DVG Cadre bancaire
Conseiller général

Économie[modifier | modifier le code]

la S.A.S. Davey Bickford, nommée d'après William Bickford inventeur de la mèche Bickford, est installée sur plus de 30 hectares au Moulin Gaspard (commune d'Héry), à 2,2 km au nord-ouest de Seignelay, en bord de Serein et près de la D203. Usine de pyrotechnologie, elle travaille détonateurs et matériels explosifs pour miner, extraire la roche en carrière, créer des tunnels, etc., et pour l'étude séismique[29]. La compagnie réalise aujourd’hui 70m € de ventes[réf. souhaitée]. En 2013 elle était la 5e entreprise exportatrice de l'Yonne[30],[31].
Au 1er février 2013, la société Davey Bickford employait à Héry 477 personnes : 439 extérieures à la commune, 37 demeurant au bourg d’Héry, 1 résidant aux Baudières (commune d'Héry) et 76 venant d’Auxerre[32].

Outre son impact sur l'emploi local, elle fait aussi partie des 13 entreprises de l'Yonne classées seveso dont 5 classées seveso 2, « haut risque »[33].

Risques technologiques et naturels[modifier | modifier le code]

Les activités de l'entreprise Davey Bickford présentent un risque de contamination à la « dioxine de Seveso ». Pour cette raison la compagnie est classée seveso 2, « haut risque »[34]. C'est ainsi qu'en accord avec la directive Seveso, un plan communal de sauvegarde a été établi le 09 décembre 2008 qui concerne les trois communes de Héry, Seignelay et Hauterive.
Le document d'information sur les risques majeurs (DICRIM[35]) a été publié pour la première fois à Héry dans le bulletin municipal de janvier 2009. Le Plan de Prévention des Risques Technologiques (PPRT) y a été approuvé le 17 février 2012[36],[32],[37].

La zone concernée par le PPRT décrit des cercles concentriques dont le plus étendu ("risque faible") a un rayon d'environ 750 m autour de l'usine. Cette zone empiète légèrement sur Seignelay, incluant une partie du ru de la Bûche au niveau des trois étangs du Moulin Baudouin (lui-même sur Héry)[38].

L'usine est également concernée par le risque d'inondation. En 1980 un barrage de type « vanne automatique » a été installé sur le Serein au lieu-dit Les Reguins ; au printemps 1998 une inondation majeure amenait 12 cm d'eau dans des ateliers de l'usine et inondait les champs voisins. La commune a alors été classée en état de catastrophe naturelle pour la période du 25 au 29.04.1998 (arrêté du 10.08.1998, publié au Journal officiel N° 193 du 22.08.1998). Depuis, l’usine a élaboré un Plan d’Urgence Inondation et a fait réaliser des travaux pour limiter ce risque[32].

Le DICRIM note aussi la présence de trois centrales nucléaires en limite du département de l’Yonne : Dampierre, Belleville et Nogent-sur-Seine[32].

Vie locale[modifier | modifier le code]

  • Marché le samedi matin sous les Halles.
  • Le 13 juillet, retraite aux flambeaux, feux d'artifice et bal sous les halles.
  • Fête communale (Saint Martial) le dimanche précédant le 14 juillet.
  • En juin, course à pied de 15 km : "les foulées de Colbert", organisées chaque année depuis 1994.

Personnalités notables liées à la commune[modifier | modifier le code]

L'horloge d'Auxerre mise au point par Étienne Noblet (1765-1817)

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Sur les léproseries à l'époque, voir Aurore-Diane Simon, Implantations, activités et relations des établissements d'assistance en Bourgogne à la fin du Moyen Âge. Université de Bourgogne, département d'Histoire. 2012.
  2. En 1145 la deuxième croisade a le vent en poupe avec la chute d'Édesse l'année précédente. Le noël de cette année-là, saint Bernard la prêche si efficacement qu'il y envoie une bonne partie des têtes couronnées d'Europe à commencer par Louis VII le Jeune roi des Francs. Les donateurs se multiplient pour les établissements religieux.
  3. a et b Crécy est un lieu-dit à l'extrémité sud-ouest de la commune de Saint-Florentin, dans la vallée de l'Armançon entre la rive droite de la rivière et la rive gauche du canal de Bourgogne. Voir Crécy sur la carte IGN interactive de geoportail.fr ou cliquez sur 47° 58′ 45″ N 3° 39′ 03″ E / 47.979036, 3.650881. Une grange cirtercienne y est indiquée.
  4. a et b Duchy est un lieu-dit dans le sud-ouest de la commune de Saint-Florentin, lui aussi dans la vallée de l'Armançon, sur le haut du coteau qui domine d'une vingtaine de mètres en rives droites de la rivière et du canal de Bourgogne. Voir Duchy sur la carte IGN interactive de geoportail.fr ou cliquez sur 47° 58′ 58″ N 3° 41′ 34″ E / 47.982888, 3.692694.
  5. L'interdit religieux sur des terres implique que personne sur ces terres ne peut être enterré selon les rites chrétiens, un état de fait susceptible d'agiter fortement le peuple à cette époque-là.
  6. 1188, donation par Alwalon du droit d'eau : Thibaut de Bar est présent car le fief relève de sa juridiction. Il pourrait s'agir de Thiébaut Ier de Bar, comte de Champagne en 1190.
  7. Le droit de gîte consistait à pouvoir bâtir, loger ou simplement coucher sur le territoire d'un seigneur.
  8. Dans sa session d'août 1881, le conseil général de l'Yonne vota l'établissement de la ligne ferroviaire de la vallée du Serein et les travaux furent exécutés par la Compagnie de chemins de fer départementaux (CFD) et non par la Compagnie des chemins de fer de Paris à Lyon et à la Méditerranée (PLM).
Notes sur les modalités de recensement démographique
  1. Bertrand de Seignelay épouse Ilduisis dite Dame-Brune. Ils ont une fille, nommée Ilduisis dite Loria. Voir Henry 1833, volume 1, page 159.
  2. Ligny-la-Ville, Ligny-le-Château : au XIIe siècle, on distingue la partie enfermée dans le château, de celle un peu éloignée.
  3. Les quatre fils d'Alwalon III et Adeline sont aussi nommés par le même auteur « Deimbert, Bochard, Guy et Alwalon ou Alwalo », précisant que Guy a été prévôt d'Auxerre et qu'une des femmes d'Alwalon (Alwalon III ou Alwalon IV ?) est la fille de Renaud de Courtenay, qui partit pour la deuxième croisade avec Louis le Jeune. Voir Henry 1833, volume 1, page 182.
  4. Creux serait un hameau sur Senan, 10 km à l'ouest de Seignelay.
  5. Au début du XXIe siècle, les modalités de recensement ont été modifiées par la loi no 2002-276 du 27 février 2002, dite « loi de démocratie de proximité » relative à la démocratie de proximité et notamment le titre V « des opérations de recensement », afin de permettre, après une période transitoire courant de 2004 à 2008, la publication annuelle de la population légale des différentes circonscriptions administratives françaises. Pour les communes dont la population est supérieure à 10 000 habitants, une enquête par sondage est effectuée chaque année, la totalité du territoire de ces communes est prise en compte au terme de la même période de cinq ans. La première population légale postérieure à celle de 1999 et s’inscrivant dans ce nouveau dispositif est entrée en vigueur au 1er janvier 2009 et correspond au recensement de l’année 2006.
  6. Dans le tableau des recensements et le graphique, par convention dans Wikipédia, le principe a été retenu, pour les populations légales postérieures à 1999 de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique que les populations correspondant à l'année 2006, première population légale publiée calculée conformément aux concepts définis dans le décret no 2003-485 du 5 juin 2003, et les années correspondant à une enquête exhaustive de recensement pour les communes de moins de 10 000 habitants, et aux années 2006, 2011, 2016, etc. pour les communes de plus de 10 000 habitants, ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee pour l'ensemble des communes.

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Carte d'état-major de Seignelay avec le Haut de Tureau. Sur geoportail.fr.
  2. Le Serein à Seignelay - carte interactive sur geoportail.fr, avec couches hydrographie et limites de communes activées.
  3. Sigliniacum est cité par le chanoine François Falc'hun dans Étude des noms de lieux celtiques, Éditions Slatkine, Genève, 1982.
  4. Saligniacum est cité dans un manuscrit conservé à la bibliothèque d’Auxerre
  5. Lebeuf 1743, p. 322. Note en marge : « Les Comptes de la ville (Auxerre), parlant de Seignelay mettent toujours, Seillenay. »
  6. Lettre de Colbert sur les manufactures, adressée au maire et aux échevins d'Auxerre, écrite le 22 septembre 1667[réf. nécessaire].
  7. a et b Courtépée, Description du duché de Bourgogne, tome IV, 1848. page 370. Cité dans recherches sur Seignelay, liste d'articles.
  8. Jean Moeller, Histoire du Moyen Âge, depuis la chute de l'empire d'Occident jusqu'à la mort de Charlemagne. Ed. Debécourt 1837, p. 335.
  9. a et b Lebeuf 1743, p. 477, note en bas de page : « En 1675 Billon reconnait quatre barons dépendant du comté d'Auxerre. Le premier, dit-il, est celui de Seignelay qui est aujourd'hui érigé en marquisat et pairie. » Le second est Saint-Bry, avant Saint-Cyr et Courson.
  10. Guillaume de Seignelay sur auxerre.historique.free.fr.
  11. Lebeuf 1743, p. 145.
  12. Philippe Le Bas. Famille de la Rivière. Dans France: Dictionnaire Encyclopédique, Volume 10, 1848. p. 64-65.
  13. Emmanuel Woillez, Répertoire archéologique de la France, 1862 p. 67.
  14. Liste des curés de Seignelay : Henry 1833, p. 116-122, volume 2.
  15. Henry 1833, p. 162, volume 2.
  16. Lebeuf 1743, p. 363-365.
  17. La Marine sous Napoléon III - Caractéristiques du croiseur Le Seignelay.
  18. « Église Saint-Martial », base Mérimée, ministère français de la Culture. Page de photos de la charpente sur le site culture.gouv.fr.
  19. « Halles », base Mérimée, ministère français de la Culture. Page de photos sur le site culture.gouv.fr.
  20. « Ancien hôpital dit Maison de la Miséricorde », base Mérimée, ministère français de la Culture. Page de photos sur le site culture.gouv.fr.
  21. Georges de Soultrait, Armorial du Nivernais
  22. H. de La Perrière, Notes sur la maison de La Perrière (Bourgogne, Forez, Nivernais, Champagne, Île de France, Bretagne et Aunis, Géorgie (USA) et sur les diverses familles qui ont porté le même nom, Paris, Ed de la Réforme sociale, 1938, in-8°, p.113/128.p., fig.
  23. Coordonnées de l'ancien lavoir, alimenté par la fontaine des Noyers : 47° 54′ 38″ N 3° 35′ 51″ E / 47.910673, 3.597449.
  24. Les fontaines de Seignelay.
  25. Histoire de la ligne ferroviaire de la Vallée du Serein
  26. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  27. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2008, 2013.
  28. Conseil général de l’Yonne, Ma Commune, consulté le 2 janvier 2014.
  29. Secteurs d'expertise de la compagnie Davey Bickford.
  30. L'Yonne terre d'échange commerciaux, Yonne > Auxerrois > Héry, 02/03/14 - 14h00, sur lyonne.fr.
  31. Davey Bickford sur fr.kompass.com.
  32. a, b, c et d Plan communal de sauvegarde sur la commune de Héry, 28/09/2009, 15 pages. Sur mairie-hery89550.fr.
  33. L'Yonne compte treize sites à risques industriels importants, Yonne > Centre Yonne > Saint-Julien-du-Sault, 16/04/15 – 15h22.
  34. Qu'est-ce qu'un site classé SEVESO ?, site natura-sciences.com.
  35. Document d'information sur les risques majeurs - DICRIM du plan communal de prévention.
  36. Programme de sécurité sur la commune de Héry. Sur mairie-hery89550.fr, « Vivre à Héry » - « Sécurité ».
  37. Plan communal de sauvegarde sur la commune de Héry, 29/09/2009, 56 pages. Sur mairie-hery89550.fr.
  38. Carte des zones à risque de contamination autour de l'usine Davey Bickford.
  39. Lebeuf 1743, p. 142.
  40. Archives nationales, Les préfets, cote F1bI 166/33.
  41. books.google.fr.
  42. Expositions des produits de l'industrie française : voir Achille de Colmont, Histoire des Expositions des produits de l'industrie française, Éd. Guillaumin et Cie, Paris, 1855.
  43. Collection du musée national des beaux-arts de la République de Moldova à Chişinău - Russie.
  44. Carrière et filmographie d'André Paulvé
Références Vaast-Barthélemy Henry
  1. a et b Henry 1833, p. 211, volume 2.
  2. Henry 1833, p. 212, volume 2.
  3. a et b Henry 1833, p. 135, volume 1.
  4. Henry 1833, p. 1, volume 1.
  5. Henry 1833, p. 9-13, volume 1.
  6. Henry 1833, p. 31-37, volume 1.
  7. Henry 1833, p. 5-9, volume 1.
  8. Henry 1833, p. 2-12, 16, volume 1.
  9. a et b Henry 1833, p. 23-25, volume 1.
  10. Henry 1833, p. 114, volume 1.
  11. a et b Henry 1833, p. 171, volume 1.
  12. a, b et c Henry 1833, p. 138, volume 1.
  13. Henry 1833, p. 141, volume 1.
  14. a et b Henry 1833, p. 139, volume 1.
  15. a, b, c et d Henry 1833, p. 159, volume 1.
  16. Henry 1833, p. 142-143, volume 1.
  17. a et b Henry 1833, p. 140, volume 1.
  18. Henry 1833, p. 205, volume 1.
  19. Henry 1833, p. 142, volume 1.
  20. Henry 1833, p. 176, volume 1.
  21. Henry 1833, p. 149, volume 1.
  22. a, b, c, d et e Henry 1833, p. 150-151, volume 1.
  23. a, b et c Henry 1833, p. 210, volume 1.
  24. a, b, c et d Henry 1833, p. 152-153, volume 1.
  25. Henry 1833, p. 156, volume 1.
  26. a et b Henry 1833, p. 154, volume 1.
  27. Henry 1833, p. 155, volume 1.
  28. Henry 1833, p. 158, volume 1.
  29. Henry 1833, p. 160-161, volume 1.
  30. Henry 1833, p. 162-163, volume 1.
  31. a, b et c Henry 1833, p. 173, volume 1.
  32. Henry 1833, p. 164, volume 1.
  33. a et b Henry 1833, p. 166-168, volume 1.
  34. Henry 1833, p. 174, volume 2.
  35. Henry 1833, p. 172, volume 1.
  36. Henry 1833, p. 174-176, volume 1., p. 176 à 183, détaillent l'accord de 1228 entre Étienne Ier seigneur de Seignelay et Renaud de Jocenal abbé de Saint-Germain.
  37. Henry 1833, p. 184-185, volume 1.
  38. Henry 1833, p. 188-189, volume 1.
  39. Henry 1833, p. 191, volume 1.
  40. Henry 1833, p. 206, volume 1.
  41. a et b Henry 1833, p. 259, volume 1.
  42. a et b Henry 1833, p. 260, volume 1.
  43. Henry 1833, p. 316, 339, volume 1.
  44. Henry 1833, p. 319, volume 1.
  45. a et b Henry 1833, p. 320, volume 1.
  46. Henry 1833, p. 321, volume 1.
  47. Henry 1833, p. 315, volume 1.
  48. Henry 1833, p. 338, 339, volume 1.
  49. Henry 1833, p. 336, 339, volume 1.
  50. Henry 1833, p. 339, 343, volume 1.
  51. a et b Henry 1833, p. 132, volume 2.
  52. Henry 1833, p. 111, volume 2.
  53. Henry 1833, p. 122, volume 2. Note 2 en bas de page.
  54. Henry 1833, p. 130, volume 2.
  55. Henry 1833, p. 131, volume 2.
  56. Henry 1833, p. 136, volume 2.
Références Sandre cours d'eau

Pour approfondir[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Vaast-Barthélemy Henry, Mémoires historiques sur la ville de Seignelay, département de l'Yonne, depuis sa fondation au VIIIe siècle, jusqu'en 1830 ; précédés de recherches sur l'état du pays au temps des Gaulois et des Romains ; et suivie d'une notice historique sur les communes environnantes, avec les principales pièces justificatives, vol. 1, Avallon, Éd. Comynet, , 369 p. (présentation en ligne), avec cartes, plans, blasons et lexique de mots en patois de Seignelay. Réédition 2004 chez Le Livre d'Histoire, Lorisse. Présentation des deux volumes à la suite sur la même page. Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Jean Lebeuf, Mémoire concernant l’histoire ecclésiastique et civile d’Auxerre, vol. 2, , 569 p. (présentation en ligne) Document utilisé pour la rédaction de l’article

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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