Jean-Baptiste Colbert de Seignelay

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Jean-Baptiste Antoine Colbert
Marquis de Seignelay
Marc Nattier d'après Claude Lefèbvre, Jean-Baptiste Colbert, marquis de Seignelay (1676).jpg
Portrait du marquis de Seignelay
par Marc Nattier d'après Claude Lefèbvre
Fonctions
Secrétaire d'État à la Marine ( - )
Biographie
Naissance
Décès
(à 39 ans)
Lieu inconnuVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Activité
Famille
Père
Mère
Marie Charron
Fratrie
Jeanne-Marie Colbert (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Conjoint
Marie-Marguerite d’Alègre
Catherine-Thérèse de Goyon de Matignon-Thorigny
Autres informations
Propriétaire de
Distinctions
Officier de l'ordre du Saint-Esprit
Chevalier de l'ordre de Saint-Michel, grand trésorier et commandeur des ordres en survivance de son père en 1675.
Nicolas II de Larmessin - Jean-Baptiste Colbert, Marquis de Seignelay, 1680 (blason).png
blason

Jean-Baptiste Antoine Colbert, marquis de Seignelay et de Châteauneuf-sur-Cher, baron de Lignières, est un homme politique français né le à Paris et mort le . Secrétaire d’État de la Marine entre 1683 et 1690, il est le fils du Grand Colbert.

Biographie[modifier | modifier le code]

Seignelay était le fils aîné de Jean-Baptiste Colbert (1619-1683) qui en fait son successeur. Il fait ses études chez les Jésuites sous la direction du Père Bouhours en 1664. Colbert obtient pour lui de Louis XIV la survivance de ses charges () et entreprend de le préparer lui-même à les exercer. Il lui fait faire un voyage à Rochefort en pour apprendre le métier de marin avec Colbert du Terron, l'envoie en Provence en 1671 pour s'informer sur les galères et les questions commerciales avec le Levant, en Italie, en Hollande et en Angleterre, où il retourne en .

Le , il est admis auprès du roi pour assister son père dans les affaires de la marine, suivre les affaires courantes et signer les dépêches. Nommé Grand Trésorier de l'Ordre du Saint-Esprit en 1675, il est chargé, l'année suivante, d'organiser à Marseille les approvisionnements de la flotte et de l'armée envoyées en Sicile. Il accompagne le roi en Lorraine et devant Ypres en 1678 et va signer à Munich, le , le contrat de mariage du Dauphin avec Marie-Anne de Bavière.

Le , à la mort de son père, Seignelay lui succède comme secrétaire d’État de la Marine de Louis XIV. Il occupe cette fonction jusqu'à sa mort en 1690, à l'âge de trente-neuf ans des suites d'un cancer généralisé[réf. nécessaire].

Il achève et signe le Code noir commencé par son père et poursuit son œuvre en mettant la marine française en état de rivaliser avec les flottes anglaise et hollandaise et en préparant les grandes campagnes navales. Entre 1660 et 1690, sous la direction des Colbert, père et fils, la marine royale passa de dix-huit vaisseaux et dix galères à 125 vaisseaux et les arsenaux d'État sont complètement restructurés.

En , avec Duquesne, il participe au bombardement de Gênes. Il est nommé ministre d'État en 1689. Il participe également en personne, quoique moribond, à la bataille victorieuse du cap Béveziers (Beachy Head) à l'est de l'île de Wight, remportée par Tourville sur les Anglo-Hollandais en 1690.

Rival de Louvois, comme son père, il bénéficie de l'appui de Madame de Maintenon, maitresse puis femme de Louis XIV.

Mort le , il est identifié comme le premier cas de mort subite, parmi les personnes célèbres, survenus à la cour de Louis XIV, il s'ensuivra des morts de François Michel Le Tellier de Louvois et Philippe d'Orléans[1]. Le marquis de Seignelay est autopsié par le Dr Pierre Dionis en présence du Guy-Crescent Fagon, premier médecin du roi. Mentionnée comme mort subite, le médecin décrit l'évolution de la maladie du patient sur une année[1]. Avec les évolutions médicales, une analyse rétrospective est réalisée sur la base des documents existants par le Pr Roger Rullière, en 1984, en diagnostiquant que la mort du marquis de Seignelay est due aux suites d'une affection cardiaque et que son jeune âge ne permet pas d'évaluer la pathologie coronaire. En effet, à cette époque, le cardiologue Raymond Vieussens est en cours de recherche sur les maladies cardiaques[1].

Mariage et descendance[modifier | modifier le code]

« La Marquise de Seignelay et deux de ses fils » par Pierre Mignard (1691)
Londres, National Gallery
Catherine-Thérèse de Matignon, Marie-Jean-Baptiste (?) et Théodore Alexandre (?)

Seignelay épouse en premières noces Marie-Marguerite d’Alègre, fille de Claude-Yves de Tourzel marquis d'Alègre et de Marguerite-Gilberte de Roquefeuil, le . Elle meurt en 1678.

Il se remarie le avec Catherine-Thérèse de Goyon de Matignon-Thorigny (1662-1699 ; issue du duc Léonor d'Orléans-Longueville comte de Tancarville et seigneur de Gournay). De cette union naissent cinq fils :

  • Marie Jean-Baptiste Colbert de Seignelay (1683-1712), marquis de Seignelay, comte de Tancarville et de Gournay, époux en 1708 de Marie-Louise-Maurice de Fürstenberg (1688-1749), et père d'Anne-Sophie Colbert (1711-1747), qui marie en 1724 Charles II de Montmorency-Luxembourg ;
  • Paul Édouard Colbert de Seignelay (1686-1756), comte de Creuilly ;
  • Louis Henri Charles Colbert de Seignelay (†1705), présenté dans l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem en 1690[2] ;
  • Charles Éléonor Colbert de Seignelay (1689-1747), comte de Seignelay ;
  • Théodore Alexandre Colbert de Seignelay (1690-1695), comte de Ligny.

En 1683, Seignelay hérite du domaine de Sceaux.

Hommages[modifier | modifier le code]

  • La marine française a donné le nom Le Seignelay à un cuirassé dans les années 1880.
  • En 1675, Nicolas Boileau lui dédie sa neuvième Épître « Rien n'est beau que le vrai ».

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a b et c Pr Roger Rullière, « Les morts subites à la Cour de Louis XIV de 1690 à 1709, d'après Pierre Dionis », Histoire des sciences médicales, Asnières-sur-Seine, vol. XVIII, no 1,‎ , p. 20/96 (lire en ligne [PDF], consulté le 17 décembre 2018) (consulté le 17 décembre 2018)
  2. de La Roque, col.63

Annexes[modifier | modifier le code]

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Sources et bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]