Dieudonné Costes

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Dieudonné Costes
Dieudonné Costes, Joseph Le Brix, 1928.jpg

Dieudonné Costes (à gauche)
avec Joseph Le Brix en 1928

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Dieudonné Costes, né le à Septfonds (Tarn-et-Garonne), mort à Paris (7e) le , est un aviateur français, célèbre notamment pour la première traversée de l'Atlantique sud sans escale en 1927, puis pour la première traversée de l'Atlantique nord sans escale dans le sens est-ouest, avec Maurice Bellonte, en 1930.

C'est en tant que pilote de ligne d'abord chez Latécoère sur la liaison Toulouse-Casablanca, puis à Air Union sur le parcours Paris-Londres que Dieudonné Costes commence sa carrière, avant de devenir pilote d'essai chez Breguet et de mettre à son actif de nombreux raids et records[1].

Dieudonné Costes repose au cimetière parisien de Passy, non loin d'autres célébrités du monde de l'aviation : Henri Farman, Maurice Bellonte et l'avionneur Marcel Dassault.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jeunesse[modifier | modifier le code]

Né de parents ouvriers en chapeaux de paille établis d'abord à Septfonds, puis à Caussade, Dieudonné Costes se montre à l'école « plus intelligent que studieux »[2]. Interrompant ses études à 14 ans, il entre dans la vie active comme apprenti serrurier-forgeron d'abord à Caussade, puis à Toulouse. Réussissant, malgré la modestie de ses moyens, à financer sa formation à l'école Blériot d’Étampes, il est breveté pilote en 1912 et s'engage pour quatre ans dans le 2e groupe de Troupes aéronautiques[2].

Les prémices[modifier | modifier le code]

Durant la Première Guerre mondiale, breveté pilote militaire en 1915, il est affecté à l'armée d'Orient, où il devient un « as », avec six victoires aériennes, onze citations, la médaille militaire et la Légion d’honneur. Il a combattu dans l'escadrille 507. Il a également enseigné le pilotage, comme moniteur à l'école d'aviation militaire de Chartres (future base aérienne 122 Chartres-Champhol).

Le , Costes et Robert Thiéry s'attaquent au record du monde de distance en ligne droite, pilotant un Bréguet XIX à moteur Renault de 480 chevaux, mais la tentative échouera, se soldant par la mort de Robert Thiéry, à la suite de la chute de leur avion dans la Forêt-Noire[3].

Le , Costes et Rignot battent le record du monde de distance en ligne droite et sans escale, avec 5 396 km en 32 heures, à bord d’un Breguet 19 A2 à moteur Hispano-Suiza d'une puissance de 500 chevaux. Les deux hommes volent à cette occasion du Bourget, en région parisienne, jusqu'à Djask en Perse[4].

Deux événements majeurs[modifier | modifier le code]

Le , décollant à bord d'un Levasseur PL.8 baptisé L'Oiseau blanc, les aviateurs français Nungesser (As de la Première Guerre mondiale) et Coli se lancent dans une tentative de traversée de l’Atlantique Nord dans le sens est-ouest. Ayant délesté leur appareil de tout ce qui n'est pas indispensable, ils emportent quelques vivres et un distillateur d’eau de mer, en cas de besoin. L’avion, qui dépasse les 5 tonnes à pleine charge, doit parcourir 1 km avant de prendre l’air. Nungesser et Coli disparaîtront en mer. Officiellement, aucun débris ne sera retrouvé...

Les 20 et , le premier vol sans escale de New York à Paris est accompli par l'américain Charles Lindbergh, 27 ans, à bord d'un Ryan baptisé Spirit of Saint-Louis. L'aviateur parcourt, au cours des 33 heures et 30 minutes que dure son voyage, une distance de 5 780 km environ, soit une moyenne d'environ 172 km/h. Son arrivée au Bourget est un véritable triomphe, déplaçant plus de 200 000 personnes.

Le temps des records et Paris-New York[modifier | modifier le code]

Dieudonné Costes (à droite)
avec Maurice Bellonte en 1929
Au premier plan, le Breguet XIX Point d'interrogation de Dieudonné Costes et Maurice Bellonte, Musée de l'Air et de l'Espace, Paris Le Bourget
Monument en l'honneur de Costes et Bellonte, à Saint-Valery-en-Caux

Le , en présence de Lindbergh qui s'apprête à repartir pour l'Amérique, Costes et Rignot décollent du Bourget pour tenter de lui reprendre le record du monde de distance, en direction de la Sibérie[5]. Le mauvais temps les empêche toutefois de dépasser la région de Tobolsk[6].

Les 14 et , Costes et Le Brix, à bord d'un Breguet 19 GR baptisé Nungesser et Coli, effectuent la première traversée sans escale de l'Atlantique sud entre Saint-Louis du Sénégal et Natal au Brésil. Les Français continuent leur voyage en parcourant l’Amérique du Sud, puis relient New York à San Francisco, où ils font embarquer leur appareil pour rejoindre Tokyo. De là, l'avion ayant été remonté, ils regagnent Paris par la voie des airs, via notamment Hanoï, Calcutta et Karachi. À l'issue de ce tour du monde, ils reçoivent un accueil triomphal au Bourget le [7].

Le , Costes et Bellonte bouclent un raid de 24 275 km Paris-Tsitsihar-Hanoï-Paris à bord du Breguet XIX à moteur Hispano-Suiza de 600 chevaux « Super Bidon » Point d'interrogation. Ce raid a débuté le 27 septembre par un vol sans escale de 7 905 km qui établit un nouveau record du monde de distance.

Le , Costes et Codos établissent le nouveau record du monde de distance en circuit fermé en parcourant 8 026,800 kilomètres en 52 heures et 40 minutes de vol, sur le même Point d’interrogation[8].

Le 12 mai 1930, décollant de Saint-Louis du Sénégal, à bord d'un Laté 28, baptisé Comte-de-La-Vaulx, en compagnie du navigateur Dabry et de l'opérateur radio Gimié, Jean Mermoz rallie le Brésil en 21 heures. À la suite de cet exploit, l'aéropostale établit de manière définitive la liaison par air entre Toulouse et Santiago du Chili (durée : quatre jours et demi).

Le , chargé de 5 200 litres de carburant qui lui confèrent une autonomie de 9 000 km, le Breguet 19 Point d'interrogation, piloté par Costes et Bellonte, décolle du Bourget pour rallier New York, via l'Atlantique nord. Il y parvient le 2 septembre au terme d'un voyage de 37 heures et 18 minutes[9].

Le terme "sans escale" est souvent omis dans la relation de l'exploit de Costes et Bellonte en septembre 1930, laissant croire aujourd'hui qu'ils ont été les premiers à franchir l'Atlantique Nord en sens est-ouest. En vérité, le Bremen, un avion allemand Junkers piloté par un équipage de trois aviateurs ( Koehl, Hünefeld et Fitzmaurice ) avait relié Berlin à Québec le 12 avril 1928, en faisant escale en Irlande et dans l'île Greenly, sur le rivage du Canada [10]. Par ailleurs, il est possible que L'Oiseau blanc de Nungesser et Coli se soit écrasé sur la côte du Canada, ou dans l'Etat du Maine, le lieu de l'accident n'ayant jamais été identifié (8-9 mai 1927). Depuis 1928 des dirigeables Zeppelin offraient des vols commerciaux pour des passagers depuis l'Allemagne jusqu'au New Jersey. Quant à la première traversée de l'Atlantique Nord en avion en sens ouest-est, elle remontait à 1919 avec le vol d'Alcock et Brown sur un avion Vickers, un exploit éclipsé plus tard par celui de Lindbergh en 1927, premier pilote à relier New York au Bourget, sans escale.

Il faut donc préciser que Costes et Bellonte ont «vaincu » la première fois l'Atlantique Nord, en avion, sans escale, dans le sens est-ouest, face aux vents dominants, en reliant Le Bourget à New York, qui était l'objectif des précédentes tentatives depuis l'Europe.

Ce succès compensait le drame de L'Oiseau blanc de Nungesser et Coli en 1927, prématurément annoncé par la presse arrivé à New York, alors que le lendemain le public apprenait, consterné, la disparition des deux héros dans l'Atlantique. Dans l'enthousiasme, le Point d'interrogation fut appelé « l'avion de tous les exploits », tandis que l'exploit précédent du Bremen était oublié ...

Procès[modifier | modifier le code]

Costes fut jugé, du 14 au , à Paris, pour intelligence avec l’ennemi. Il fut acquitté[11] par les jurés, dont faisait partie Frédéric Curie.

Distinctions[modifier | modifier le code]

À deux reprises, Costes fut lauréat du Prix Henry Deutsch de la Meurthe de l'Académie des sports : en 1927 (avec Le Brix), et en 1930, avec Bellonte « pour fait sportif pouvant entraîner un progrès matériel, scientifique ou moral pour l’humanité ».

Mary Costes[modifier | modifier le code]

Son épouse depuis 1938, Mary Costes, est une actrice de cinéma qui connaît une brève carrière dans les années 1930[12]. Elle tourne avec Marcel L'Herbier (L'Argent, 1928), Carl Froelich et Henry Roussell (La Nuit est à nous, 1929), René Barberis (Romance à l'Inconnue, 1930), Marie-Louise Iribe (Le Roi des Aulnes, 1930), etc. Divorcé en 1950, Il se remarie en 1951 avec Andrée Morand (1916-2002).

Île Tristan : la chapelle des aviateurs de style néo-breton (chapelle d'actions de grâce construite en 1930 par Jacques Richepin, ami de Dieudonné Costes)

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Jean Riverain, Dictionnaire des aéronautes célèbres, Paris, Éditions Larousse, 1970
  2. a et b Annie Lafforgue, « Léon Bourjade (1889-1924) et Dieudonné Costes (1892-1973) », Recueil de l'académie de Montauban, 3e série, t. LXXIV,‎ , p. 202 (lire en ligne)
  3. Stéphanie Meyniel, « Le 19 février 1933 dans le ciel : inauguration d’un monument à la mémoire de Thiéry », sur air-journal,‎ (consulté le 16 avril 2016)
  4. Stéphanie Meyniel, « Le 29 octobre 1926 dans le ciel : Costes et Rignot décrochent le record du monde de distance en ligne droite sans escale », sur air-journal,‎ (consulté le 16 avril 2016)
  5. Frantz Reichel, « Trois grands départs : tandis que C.A. Lindbergh s'en retourne aux Etats-Unis, Chamberlin s'envole de New York pour ... Berlin, Costes et Rignot pour la Sibérie », Le Figaro, no 156,‎ , p. 1 (lire en ligne)
  6. « Pour le record du monde de distance sans escale en avion : Costes et Rignot ont échoué », Le Figaro, no 158,‎ , p. 3 (lire en ligne)
  7. Franz Reichel, « Le magnifique exploit de deux aviateurs français : Costes et Le Brix atterrissent au Bourget », Le Figaro, no 106,‎ , p. 1 (lire en ligne)
  8. Stéphanie Meyniel, « Le 15 décembre 1929 dans le ciel : Costes et Codos s’envolent avec l’intention de décrocher le record du monde de distance en circuit fermé », sur air-journal,‎ (consulté le 16 avril 2016)
  9. Frantz Reichel, « Paris-New-York sans escale : les aviateurs Costes et Bellonte ont traversé l'Atlantique sur le meilleur appareil dont dispose depuis l'an dernier l'aviation française », Le Figaro, no 246,‎ , p. 1 (lire en ligne)
  10. Hermann Koehll, « Lessons of the first westward flight=Popular Mechanics », {{Article}} : paramètre « périodique » manquant,‎ , p. 1 (lire en ligne)
  11. Documents conservés au Dépôt central d’archives de la justice militaire au Blanc (Indre)
  12. IMDB

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Maurice-Édouard Berthon, Dieudonné Costes (1892-1973) : vainqueur de l'Atlantique, Éditions de l'Officine, 2005, Paris. 321 p., 32 p. de pl., 24 cm. (ISBN 978-2-915680-10-2).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]