Farman F.222

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Farman F.222
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Un F.222 en Afrique durant la Seconde Guerre mondiale.
Un F.222 en Afrique durant la Seconde Guerre mondiale.

Constructeur Drapeau : France Farman
Rôle Bombardier
Statut Retiré
Premier vol (F.220)
Mise en service Printemps 1937
Date de retrait 1942
Nombre construits 70
Équipage
5 à 7 hommes
Motorisation
Moteur Gnôme et Rhône K 14 Kdrs
Nombre 4
Type 2 moteurs tracteurs, 2 moteurs propulsifs
Puissance unitaire 860 ch
Dimensions
Envergure 36,00 m
Longueur 21,45 m
Hauteur 5,19 m
Surface alaire 186 m2
Masses
À vide 11 000 kg
Maximale 17 000 à 19 000 kg
Performances
Vitesse maximale 325 km/h (Mach 0,26)
Vitesse de décrochage 95/100 km/h
Plafond 8 500 m
Rayon d'action 1 500 à 2 000 km
Armement
Interne 4 200 kg de bombes
Externe 4 mitrailleuses (2 tourelles à l'avant, 2 à l'arrière)

Le Farman F.222 est un bombardier français quadrimoteur de la Seconde Guerre mondiale.

Description[modifier | modifier le code]

Le Farman F-2200 « Centaure II » Ville de Mendoza réalisé depuis une cellule de bombardier Farman 221 utilisé par Charles de Gaulle en Afrique française du nord.

Construction et revêtement entièrement métalliques à l'exception du bord de fuite qui est entièrement entoilé. Aile en trois parties : le caisson central formant la poutre maîtresse, un bord d'attaque et un bord de fuite démontables. Empennage du type normal en croix. Volets de compensation, de direction et de profondeurs. Train d'atterrissage rentrant s'escamotant à l'intérieur des fuseaux moteurs. Équipage de 5 à 7 hommes.

Prototypes et variantes[modifier | modifier le code]

Bombardier Farman F.221 (1934).
  • F.220 - Prototype avec des moteurs Hispano-Suiza 12Lbr (1 exemplaire)
    • F.220B - Avion postal (conversion du F.220)
    • F.2200 - Version de production du F.220B (4 exemplaires réalisé depuis une cellule de bombardier Farman 221.)
  • F.221 - Version améliorée avec des positions de mitrailleurs (10 exemplaires plus le prototype F.221.01)
  • F.222 - Version définitive de production
    • F.222.1 - Version améliorée avec tourelles et trains escamotables (11 exemplaires, avec le prototype F.222.01converti du F.221.01)
    • F.222.2 - F.222.1 avec un nez redessiné (24 exemplaires)
    • F.2220 - Prototype d'avion de ligne pour Air France sous le nom de Ville de Dakar (1 exemplaire);
  • F.223 - Version avec un double empennage et une aérodynamique améliorée
    • NC.223.1 - Prototype, construit comme avion postal Laurent Guerrero (1 exemplaire)
    • NC.223.01 - Prototype de bombardier avec des moteurs Hispano-Suiza 12Xirs (en) (1 exemplaire)
    • NC.223.2 - Prototype de bombardier avec des moteurs Gnome et Rhône 14N (non construit)
    • NC.223.3 - Prototype de bombardier avec des moteurs Hispano-Suiza 12Y-29 (8 exemplaires)
    • NC.223.4 - Version avion postal (3 exemplaires: Camille Flammarion (F-AJQM), Jules Verne (F-ARIN), et Le Verrier (F-AROA))
  • F.224 - Avion de ligne de 40 places pour Air France mais rejeté (6 exemplaires)
    • F.224TT - F.224 convertis comme transport pour l'Armée de l'Air[1]

En service[modifier | modifier le code]

Les 3 F.223.4 d'Air France sont réquisitionnés en 1939 et incorporés dans l'aéronautique navale au sein de l'escadrille E5.

L'un d'entre eux, le Jules Verne, est converti en bombardier. Dans la nuit du 10 au 11 mai, lors du déclenchement de la Blitzkrieg, le Farman F.223 no 4 « Jules Verne » bombarde des ponts de Maastricht et, lors de son retour, Aix-la-Chapelle. Les nuits suivantes, des missions sur Walcheren, Aix-la-Chapelle, Flessingue et Anvers sont effectuées. Le 3 juin, le F.223 escorte durant la journée le croiseur Émile Bertin qui transporte les réserves d'or de la Banque de France vers la Martinique. Le 7 juin, le F.223 sous le commandement du capitaine de corvette Henri Dailliére décolle de Mérignac, met le cap vers le Nord, survole ensuite les côtes néerlandaises et danoises à la nuit tombée et, aux environs de minuit, largue huit bombes de 250 kg et quatre-vingts autres de 10 kg sur les faubourgs de Berlin qui est pour la première fois bombardé. Cette opération, avant tout psychologique, sera recommencée trois jours plus tard. Ainsi les corsaires de l'air, comme s'appelaient les membres de l'équipage du commandant Henri Daillière, renouvelleront leurs exploits au cours de leurs 17 missions où le Jules Verne bombardera notamment des usines à Rostock et, le 14 juin, un dépôt de carburant à Marghera, près de Venise, et parviendront à larguer des milliers de tracts antifascistes sur Rome.

Avant sa mort, le 11 octobre 1942, en défendant l'espace aérien de l'Afrique-Occidentale française face aux Britanniques[2], le commandant Daillière avait demandé à un anonyme de brûler l'appareil pour éviter qu'il ne tombe aux mains des nazis ; c'est ce qui fut fait en 1942[3].

Le Verrier aura un destin plus tragique. En effet, le 27 novembre 1940, alors que Henri Guillaumet vole vers la Syrie, en compagnie de Marcel Reine, autre pionnier de l'Aéropostale, afin d'y amener Jean Chiappe, promu nouveau haut-commissaire de France au Levant, son quadrimoteur Farman d'Air France, bien qu'identifiable aux couleurs jaunes imposées par l'armistice, est abattu par erreur par un chasseur italien au-dessus de la Méditerranée, au large de la Sardaigne, les Italiens étant alors engagés dans une bataille aéronavale contre les Britanniques.

Le Camille Flammarion a, quant à lui, été détruit à Beyrouth le 19 janvier 1941, à la suite d'un atterrissage raté[4].

Répartitions dans les unités au 10 mai 1940[modifier | modifier le code]

  • G.B.I/15 (Reims-Courcy) : 11 F.222
  • G.B.II/15 (Reims-Courcy) : 9 F.222
  • 43e G.A.M. (Thiès, Sénégal) : 3 F.222
  • E.B.2/41 (Tong, Sontay, Tonkin) : 4 F.221
  • G.I.A.I/601 (Avignon-Pujaut) : 4 F.224
  • Les F.223.4 sont incorporés dans le Groupement Aérien de Transport.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Gérard Hartmann, « Les derniers avions Farman » [PDF], sur Dossiers historiques et techniques aéronautique française,‎ (consulté le 19 septembre 2014).
  2. « Henri Laurent DAILLIÈRE (1901 - 1942) », sur Espace traditions/École navale (consulté le 24 février 2015).
  3. J. Maugard, « Quand les marins bombardaient Berlin », sur Amac du fumelois,‎ août-septembre 1983.
  4. « La débâcle, la faute à personne ? » (consulté le 24 février 2015).
  • (en) Traduction partielle des articles sur le Farman F.220 de WP:en.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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Lien externe[modifier | modifier le code]

  • Vidéo sur le Jules Verne et son équipage réalisé par leretourducajun sur Youtube.