Maryse Bastié

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Maryse Bastié
Description de cette image, également commentée ci-après
Maryse Bastié à ses débuts (années 1920).
Nom de naissance Marie-Louise Bombec
Naissance
Limoges, Haute-Vienne, France
Décès (à 54 ans)
Bron, Rhône, France
Nationalité Drapeau de la France française
Profession
Autres activités
Militante pour le droit de vote des femmes
Conjoint
Louis Bastié

Maryse Bastié, née Marie-Louise Bombec, est une aviatrice française, gloire du sport, née le , à Limoges et morte le à Bron. Elle fut la première aviatrice française à accrocher de nombreux records à son palmarès. Ses exploits furent très rapidement médiatisés. Nombre d'établissements scolaires, théâtres, rues et avenues portent aujourd'hui son nom.

Biographie[modifier | modifier le code]

Enfance et mariages[modifier | modifier le code]

Orpheline de père à l'âge de 11 ans, la petite Marie-Louise Bombec fut une enfant difficile. Adolescente, elle est ouvrière dans une usine de chaussures comme piqueuse sur cuir. Elle se marie une première fois et a un fils qui meurt très jeune. Divorcée, elle se remarie avec son filleul de guerre, le lieutenant pilote Louis Bastié, originaire de Fiac, petit village proche de Toulouse. C'est à ses côtés qu'elle se découvre une passion pour l'aviation.

Le , elle obtient son brevet de pilote sur la station aérienne de Bordeaux-Teynac, qui deviendra plus tard l'aéroport de Bordeaux-Mérignac. Une semaine après, elle passe avec son avion, un Caudron G.3, sous les câbles du pont transbordeur de Bordeaux. Le , elle vole de Bordeaux à Paris, divisant son parcours en six étapes, ce qui constitue son premier voyage aérien[1]. L'année suivante, son mari, Louis Bastié, trouve la mort dans un accident d'avion. Loin de se décourager, Maryse Bastié devient monitrice de pilotage : l'aventure dure six mois et s'arrête avec la fermeture de son école de pilotage.

Carrière de pilote[modifier | modifier le code]

Montée à Paris, elle donne des baptêmes de l'air et fait de la publicité aérienne. Elle décide d'acheter son propre avion, un Caudron C.109 à moteur de 40 ch. Comme elle n'a pas d'argent pour le faire voler, le pilote Maurice Drouhin va l'aider à financer sa passion. Le , il lui offre le poste de premier pilote. Elle établit alors avec lui un premier record féminin homologué de distance (1 058 km) entre Paris et Treptow-sur-Rega, en Poméranie occidentale.

En 1929, elle établit un nouveau record de France féminin de durée de vol, de 10 h 30, et un record international féminin de durée avec 26 h 44. Ce record lui est repris le par Léna Bernstein (35 h 45). Bien décidée à le récupérer, elle décolle son avion, un Klemm L 25 modifié[2], le soir du et se pose le surlendemain après 37 h 55 de vol. Elle a lutté jusqu'à l'épuisement contre le froid et le manque de sommeil. Elle établit ensuite un record de distance avec 2 976 km sur le parcours Paris - Uhring (URSS)[3]. Pour cet exploit, à son retour, elle reçoit la croix de chevalier de la Légion d'honneur et le Harmon Trophy américain décerné, pour la première fois, à une Française.

Affiche d'une réunion en faveur de l'égalité des droits politiques, avec projection d'un film où Maryse Bastié apporte son concours à la campagne féministe.

En 1935, elle crée, à Orly, l'école « Maryse Bastié Aviation ». Encouragée par Mermoz, qui lui a fait faire avec lui un aller-retour, elle s'attaque à la traversée de l'Atlantique Sud. Un mois à peine après la disparition de Mermoz, le , elle traverse l'Atlantique de Dakar à Natal, seule à bord d'un Caudron Simoun.

En 1937, le peintre Luigi Corbellini la rencontre à Limoges et fait d'elle un portrait à l'aquarelle. La même année, elle obtient le Grand Prix de la Presse Sportive.

Autres combats[modifier | modifier le code]

Dès 1934, elle s'engage avec Hélène Boucher et Adrienne Bolland dans le combat pour le vote des Françaises[4], en soutenant Louise Weiss qui se présentait aux élections législatives de 1936 dans le 5e arrondissement de Paris.

Volontaire pour l'armée de l'air en septembre 1939[5][réf. nécessaire], Maryse Bastié devient pilote avec le grade de sous-lieutenant en mai 1940. Elle est ensuite promue lieutenant dans les FFL, grade confirmé en 1945 après la fin de la Seconde Guerre mondiale[6] et sera promue dans l'Ordre de la Légion d'Honneur à titre militaire [7].

Blessée en juin 1940 lors d'un convoyage, elle est démobilisée en juillet 1940. Lors de l'offensive allemande, elle offre ses services à la Croix-Rouge, notamment auprès des prisonniers français regroupés au camp de Drancy. Lors du départ d'un train vers l'Allemagne, elle est bousculée par une sentinelle allemande et se fracture le coude droit. Elle en garde une invalidité et ne pilote plus. Sous couvert de son activité à la Croix-Rouge, elle recueille des renseignements sur l'occupant.

En 1947, répondant à Louis Perret qui avait sollicité son opinion sur l’espéranto, elle lui écrit qu'elle est depuis de longues années convaincue de l’utilité de cette langue[8].

En 1951, elle entre au service de relations publiques du Centre d'essais en vol. Le , lors d'une de ses missions, au meeting aérien à l'aéroport de Lyon-Bron, elle trouve la mort dans l'accident du prototype d'un Noratlas, où elle avait pris place en tant que passagère[9].

Tombe de Maryse Bastié au cimetière du Montparnasse à Paris.

Maryse Bastié est enterrée à Paris, au cimetière du Montparnasse. Elle était capitaine de l'armée de l'air et totalisait 3 000 heures de vol.

Une association des amis de Maryse Bastié fut formée, sous la présidence de l'aviatrice Jacqueline Auriol jusqu'à son décès.

Records[modifier | modifier le code]

  • 1928, premier record féminin de distance de vol (1 058 km)
  • 1929, record international de durée de vol féminin (26 h 44 min)
  • En 1930, elle bat le record de durée féminin international en 37 heures 55 minutes.
  • En 1931, elle s'empare du record féminin international de distance, avec 2 976 kilomètres.
  • En 1936, elle réalise la traversée féminine de l'Atlantique Sud en 12 heures 5 minutes.

Honneurs[modifier | modifier le code]

Plaque à la mémoire de Maryse Bastié, apposée sur la maison où elle vécut (23, rue Froidevaux, Paris 14e).

Hommages[modifier | modifier le code]

La cité Maryse-Bastié du quartier Giraudeau de Tours.

Publication[modifier | modifier le code]

  • Ailes ouvertes : carnet d'une aviatrice, Fasquelle Éditeurs, Paris, 1937, 180 p., pl. h. t.

Pour approfondir[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Marcel Migeo, La Vie de Maryse Bastié, Éditions du Seuil, 1952
  • Vice-Amiral Amanrich (de l'aéronautique navale), Une Française, Maryse Bastié, Éditions Baudinière, 1953
  • Virginia Clément, Maryse Bastié, Éditions Les Flots bleus, Monaco, 1956
  • Cédric Bastié, L'Aventure Maryse Bastié, Éditions Nouvelles, 2007
  • Bernard Marck, Elles ont conquis le ciel, Paris, Arthaud, (ISBN 978-2-700-30121-2, lire en ligne)
  • Agnès Clancier, Une trace dans le ciel, Arléa, 2017.

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Fiche biographique de Maryse Bastié sur Aero-mondo.fr.
  2. Il s'agissait d'un Klemm L 25 à moteur Salmson AD9 40 cv, à réservoirs supplémentaires portant la capacité de carburant à 525 litres, cf. Les Ailes, no 482, 11 septembre 1930.
  3. Dans les Feuillets encyclopédiques de documentation espérantiste, elle fait part de ses difficultés pour se faire comprendre lors de son atterrissage à Uhring, et reconnaît que « l’utilité de l’espéranto pour les aviateurs n’est pas discutable », cf. Henri Masson, L’idée de langue internationale à travers les noms de voies de circulation de La Roche-sur-Yon.
  4. Le combat des femmes sous la Troisième République (1871-1940).
  5. « En France, beaucoup de femmes s'engagèrent, mais quatre seulement réussirent à le faire en 1939 comme pilote : Maryse Hilsz, Maryse Bastié, Claire Roman et Paulette Bray-Bouquet. »
  6. Journal officiel de la République française, 1946, p. 144 : « Bastié (Maryse), lieutenant F.F.A. pilote ».
  7. « Bastié Marie-Louise dite Maryse, pilote féminin d'un rayonnement international..., lieutenant de réserve, combattant volontaire, ...résistante,... et agent de renseignement de haute valeur. »http://www.culture.gouv.fr/public/mistral/leonore_fr?ACTION=CHERCHER&FIELD_98=REF&VALUE_98=d-200127
  8. Henri Masson, op. cit..
  9. Stéphanie Meyniel, « Le 6 juillet 1952 dans le ciel : Maryse Bastié se tue au meeting de Lyon », Air Journal,‎ (lire en ligne).
  10. a et b Jacques Cheymol, Alain Fradet, Maryse Bastié : de Limoges-Feytiat à Lyon-Bron, Limoges : Conservatoire aéronautique du Limousin, 2010, p. 28
  11. Jacques Cheymol, Alain Fradet, Maryse Bastié : de Limoges-Feytiat à Lyon-Bron, Limoges : Conservatoire aéronautique du Limousin, 2010, p. 46
  12. a, b, c, d, e et f Jacques Cheymol, Alain Fradet, Maryse Bastié : de Limoges-Feytiat à Lyon-Bron, Limoges : Conservatoire aéronautique du Limousin, 2010, p. 50
  13. a, b, c et d Jacques Cheymol, Alain Fradet, op. cit., p. 63
  14. a, b, c et d Jacques Cheymol, Alain Fradet, op. cit., p. 80
  15. Timbre-poste à l'effigie de Maryse Bastié
  16. Quartier Maryse-Bastié à Tours