Marcel Reine

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Reine.
Marcel Reine
H Guillaumet Marcel Reine 00423.JPG

Guillaumet et Reine aux Halles de Paris avant leur dernier départ.

Biographie
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 38 ans)
Nationalité
Activité
Autres informations
Distinctions

Marcel Reine, né le à Aubervilliers et mort le en Méditerranée, est un aviateur français. Il est l'un des pionniers des grandes lignes aéropostales de l'Entre-deux-guerres.

Biographie[modifier | modifier le code]

Plaque apposée sur son lieu de naissance, rue des écoles à Aubervilliers.

Sa famille est originaire de Bransles (aujourd'hui en Seine-et-Marne).

Pilote militaire, après avoir passé avec succès son brevet militaire au Centre d'Instruction d'Avors, il obtient son brevet civil à l'Ecole de Pilotage Morane-Saulnier.

L'Aéropostale[modifier | modifier le code]

Il entre aux Lignes Aériennes Latécoère (future Aéropostale) le 30 décembre 1924 et reçoit le Brevet de Transport Public n° 0842, le 31 décembre. Il y rencontre d'abord Jean Mermoz, puis les années suivantes, Henri Guillaumet et Antoine de Saint-Exupéry, nouvellement embauchés sur la ligne. Après la classique période d'apprentissage aux ateliers Latécoère, imposée par le directeur d'exploitation, Didier Daurat, il est, dans un premier temps affecté sur le tronçon, Toulouse-Casablanca, puis Casablanca-Dakar.

Sauvetage de l'équipage de " l'Uruguay "[modifier | modifier le code]

Le 5 mars 1927, il participe au sauvetage de l'équipage de l'hydravion uruguayen, composé du pilote, le Commandant Taddeo Larre-Borges et de son frère, le Capitaine Glauco Larre-Borges, le radio, du second pilote et navigateur, le Capitaine Ibarra, et du mécanicien Rigoli. Ces derniers, partis pour une tentative de tour du monde, le 20 février 1927 au matin, de Marina de Pise, en Italie, avaient ensuite rejoint Malaga, en Espagne avant de se poser à Casablanca, au Maroc, pour envisager ensuite la traversée de l'Atlantique-Sud. Ils disparaissent le 2 mars, alors qu'ils volent en direction des Îles Canaries. Les équipages de la lignes Latécoère, effectuant des vols réguliers le long de la côte atlantique finissent par repérer l'épave de l'hydravion, un Dornier Wal, bimoteur Farman de 500 cv, baptisé "Uruguay", dérivant à 100 kilomètres, au nord de Cap Juby, les 4 hommes d'équipage ayant été capturé par les Maures, après avoir dérivé vers la côte, en terrain hostile. La rançon pour leur libération qui s'élevait à 5 000 pesetas sera apportée par les pilotes français, Marcel Reine et Léon Antoine, auxquels les Uruguayens seront reconnaissants pour toujours.

Captif des Maures[modifier | modifier le code]

Le 21 décembre 1925, Marcel Reine est, une première fois, fait prisonnier par les tribus nomades, avec son interprète chleuh, alors qu'il avait décollé, depuis une heure et demie, d'Agadir, en direction de Dakar, et qu'il dut poser son Breguet XIV en plein désert, moteur en feu. Au contact du sol, il faucha son train d'atterrissage sur un terrain irrégulier qui empêcha toute tentative de sauvetage immédiat au second avion, qui accompagnait toujours le courrier, ce dernier retournant sur Agadir prévenir les autorités. Aussitôt entourés de rebelles qui pillèrent l'appareil, et blessèrent l'interprète au couteau, il est emmené et roué de coups par les « Hommes bleus » du désert et ne recouvre la liberté qu'au bout de 5 jours et couvert de vermine, contre une rançon s'élevant à 4 500 Francs. L'année suivante, le 17 octobre 1926, avec le pilote Georges Pivot, avec qui il avait eu droit à quelques remontrances de la part de Daurat, pour « fantaisie en vol et excentricité nocturne » à Casablanca, au mois d'avril précédent, il est une nouvelle fois fait prisonnier après un atterrissage forcé en territoire rebelle. Cette captivité durera une semaine. Mais le plus dur restait encore à venir pour ce pilote chevronné, puisque un peu plus d'un an et demi plus tard, le 30 juin 1928, alors qu'il vole aux commandes d'un Laté 26, accompagné de l'ingénieur polytechnicien, Edouard Serre, et de leur interprète, Abdallah, de Toulouse vers Dakar, son avion est pris dans la brume. Bientôt à cours de carburant, après avoir navigué sans aucune visibilité, il est dans l'obligation de se poser près du Cap Bojador, en territoire insoumis. L'avion capote sur le sol, mais les trois hommes s'en tirent sains et saufs. S'ensuit alors une longue marche pour essayer de rejoindre Villa Cisneros, l'aéroplace la plus proche. Mais bientôt capturés par une tribu de Maures R'Gibat, ils sont emmenés à travers le désert, de campement en campement, dans des conditions particulièrement difficiles. Les recherches, lancées par St Exupéry, alors chef d'escale à Cap Juby, ne donnent, absolument rien dans un premier temps, avant qu'une demande de rançon ne soit exigée par les ravisseurs, pas moins de un millions de fusils en échange de la libération de l'équipage ! Après négociation, St Exupéry réussi à faire ravitailler les prisonniers et à faire ramener la monnaie d'échange à seulement 20 fusils et 6 000 cartouches, accompagnés d'une importante somme d'argent. Le calvaire des trois hommes pris fin le 24 octobre 1928, soit après 117 jours de captivité, quand ils furent ramenés par bateau à Villa Cisneros.

L'Amérique du Sud[modifier | modifier le code]

Marcel reine est affecté en Amérique du Sud, en 1929, sur le tronçon reliant, Buenos-Aires à Asuncion, Rio de Janeiro et Santiago du Chili où, à la manière d'Henri Guillaumet il effectue de nombreux passages sur la cordillère des Andes. Il est également spécialiste des vols de nuit, et participe, entre le 11 et le 15 mai 1930, au premier courrier 100 % aérien, entre Toulouse et Santiago du Chili.

Raid Paris-Santiago du Chili[modifier | modifier le code]

Le 21 novembre 1937, il effectue, en tant que copilote de Paul Codos, et avec le radio, Léopold Gimié et le mécanicien, Vauthier, « tous des chevronnés de l’Air » selon Codos, un raid aller-retour, Paris-Santiago du Chili en parcourant plus de 25 000 km à bord d’un Avion Farman F 223.O1, immatriculé F-APUZ, et baptisé "Chef Pilote Laurent Guerrero", en souvenir de ce pilote de 35 ans disparu au mois d'octobre précédent, dans la région d’Agadir, lors d’un convoyage de courrier vers Natal, aux commandes du Dewoitine D.333 "Antarès". Le vol aller, d'une distance de 13 789 km, fut réalisé en 58 heures et 42 minutes, sans escale.

Disparition[modifier | modifier le code]

Le 2 juillet 1940, moins d'un mois après l'armistice, et suite à l'interdiction de vol par le commandement allemand, il fait partie du dernier équipage d'Air France, à effectuer la liaison postale au-dessus de l'Atlantique-Sud, à bord du Farman 2200, " Ville de Natal ". Plus de quatre mois plus tard, le 27 novembre 1940, il décolle de Marignane pour son dernier vol, en tant que second pilote de Guillaumet " le survivant des Andes ", sur un Avion Farman F 223.4, immatriculé F-AROA, aux couleurs d'Air France et baptisé, " Le Verrier". Leur équipage est également composé de Jean Le Duff, radio, Franquès, mécanicien, et de Montaubin. Leur mission est de transporter vers la Syrie, le nouveau Haut-Commissaire de la France au Levant Jean Chiappe, accompagné en second passager du Capitaine Nicolas. En raison de la guerre, le matin même, Paul Codos, qui effectuait le vol inverse, entre Bizerte et Marseille, avait largement contourné la zone sensible de Malte. En revanche, l'équipage d'Air France pris un trajet plus court en direction de Bizerte, en Tunisie, la seule étape prévue à leur voyage sur Beyrouth, certain que leur avion civil, à grande bandes d'identifications jaunes, était identifiable par les belligérants. La première partie du vol se déroula parfaitement, sous un ciel dégagé avec une mer calme, permettant au radio de communiquer régulièrement son message " TVB ". Mais, au large de la Sardaigne, le Farman est soudainement pris à partie par des chasseurs italiens engagés dans une bataille aéronavale contre les Britanniques[1] et abattus par erreur, Le Duff ayant juste le temps de lancer un dernier appel de détresse ; " Sommes mitraillés ! Avion en feu ! SOS ! SO... ". La thèse, principalement défendu par le régime de Vichy, allié des Italiens, que l'avion ai été abattu par les Britanniques est toujours discutée aujourd'hui[2], Chiappe pouvant avoir représenté une menace pour les intérêts britanniques au Proche-Orient[2], Pierre Laval, alors vice-président du Conseil, avait protesté auprès des Britanniques qu'il accusait, comme certains journaux italiens, d'avoir abattu l'appareil[2].

Lors de sa disparition, Marcel reine comptabilisait 9 100 heures de vol, dont 81 traversées de l'Atlantique Sud, pour une distance totale de 1 500 000 kilomètres parcourus .

Décorations[modifier | modifier le code]

  • Chevalier de la Légion d'Honneur, du 9 Août 1927.
  • Commandeur du Ouissam Alaouite, en novembre 1928.
  • Officier de l'Ordre de Benin, en décembre 1928.
  • Prix du Pilote de Ligne, en 1930.
  • Médaille de Sauvetage, en 1933.
  • Officier de la Légion d'Honneur, du 5 Août 1934.
  • Officier du Mérite Chilien.
  • Citation à l'ordre de la Nation : " Reine Marcel, pilote doué d'une haute valeur morale et de qualités professionnelles hors pair. Affecté dès ses débuts sur la ligne Casablanca-Dakar, s'affirme par son audace et sa maîtrise ".

Filmographie[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Hubert Reine, Marcel Reine : héros de l'aéropostale : compagnon de Saint-Exupéry, de Mermoz et de Guillaumet, Portet-sur-Garonne, Loubatières, (ISBN 2-862-66381-6)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. André Kaspi, La Deuxième guerre mondiale : chronologie commentée, Bruxelles, Ed. Complexe, (ISBN 2-870-27591-9), p. 159.
  2. a, b et c Anne-Lucie Chaigne-Oudin, La France dans les jeux d'influences en Syrie et au Liban : 1940-1946, Paris, L'Harmattan, coll. « Comprendre le Moyen-Orient », 260 p. (ISBN 2296073646), p. 21 à 22