Curtiss SB2C Helldiver

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SB2C-4 Helldiver
A-25A Shrike
Vue de l'avion.

Constructeur Drapeau : États-Unis Curtiss-Wright Corporation
Rôle Bombardier en piqué
Premier vol
Mise en service
Date de retrait dans l'Aeronautica militare Drapeau : Italie
Nombre construits 7 140
Équipage
2 (1 pilote, 1 opérateur radio/mitrailleur)
Motorisation
Moteur Wright R-2600 Cyclone
Nombre 1
Type Moteur en étoile
Puissance unitaire 1 900 ch (1 417 kW)
Dimensions
vue en plan de l’avion
Envergure 15,17 m
Longueur 11,18 m
Hauteur 4,01 m
Surface alaire 39,2 m2
Masses
À vide 4 794 kg
Avec armement 6 202 kg
Maximale 7 553 kg
Performances
Vitesse de croisière 254 km/h
Vitesse maximale 475[1] km/h
Plafond 8 870 m
Vitesse ascensionnelle 540 m/min
Rayon d'action 938 [2] km
Armement
Interne 2 canons AN/M2 de 20 mm dans les ailes
2 mitrailleuses AN/M2 de 7,62 mm jumelées et orientables vers l'arrière
En soute : 907 kg de bombes ou une torpille aérienne Mark 13
Externe 8 roquettes HVAR de 12.7cm
1 bombe de 225 kg sur chaque point d'attache (2)

Le Curtiss SB2C Helldiver surnommé « The beast » (La bête) par ses équipages est un avion militaire de la Seconde Guerre mondiale.

Conception[modifier | modifier le code]

L'usine Curtiss reçut, ainsi que la Brewster (en), une commande de l'US Navy en en vue de remplacer ses lents Douglas SBD Dauntless, qui étaient les bombardiers en piqué standard embarqués sur les porte-avions américains.

Le prototype, désigné XSB2C-1, vola pour la première fois le [3], mais souffrait de nombreux défaut de jeunesse liés à son moteur Wright R-2600 Twin Cyclone et son hélice tripale. Ces principaux problèmes furent les faiblesses structurelles et surtout des qualités de vol mauvaises notamment en terme d'instabilité directionnelle et de décrochage[4],[5]. Ces défauts furent déjà mis en lumière en 1939, lors des essais des maquettes en soufflerie effectués au MIT, durant lesquels le professeur en ingénierie aéronautique Otto C. Koppen (en) aurait déclaré : S'ils en construisent plus d'un, ils sont fous ! faisant référence notamment à la dérive trop petite qui rendait l'appareil difficilement contrôlable[6].

Le prototype s'écrasa lors d'une approche finale à la suite d'une panne moteur le . On demanda à Curtiss de reconstruire le prototype mais avec des améliorations corrigeant son instabilité : un fuselage rallongé, un empennage agrandi et un pilote automatique. Le second prototype fut prêt le , mais fut à nouveau détruit lors de tests de vol en piqué le [7],[8].

Engagements[modifier | modifier le code]

Drapeau des États-Unis États-Unis

Le SB2C participa à toutes les opérations aéronavales de à la fin de la Seconde Guerre mondiale dans l'océan Pacifique.

Drapeau de la France France

L'aéronautique navale française reçoit 110 SB2C-5 entre 1949 et 1954. Opérant à partir du porte-avions Arromanches avec les flottiles 3F et 9F, cet appareil combattra intensivement durant la guerre d'Indochine entre 1951 et 1954, avec des résultats excellents car sa charge offensive et sa distance franchissable sont très supérieures à celles des chasseurs Bell P-63 Kingcobra alors utilisés par l'armée de l'air française en Indochine[9]. Il participe notamment à la Bataille de Diên Biên Phu en 1954. Il est retiré du service en 1958.

Variantes[modifier | modifier le code]

XSB2C-1
Prototype motorisé avec un Wright R-2600-8 de 1 700 ch (1 268 kW)
SB2C-1
Version de base destinée à l'United States Navy, armée de 4 mitrailleuses lourdes de 12,7 mm dans les ailes et d'une mitrailleuse de 7,62 mm en défense. 200 exemplaires.
SB2C-1A
Désignation initiale pour la version du United States Army Air Corps qui deviendra plus tard A-25A. USMC utilisera 410 A-25A.
SB2C-1C
SB2C-1 armé de deux canons de 20 mm dans les ailes et utilisant des volets à commande hydraulique.778 exemplaires. Première version à voir le combat.
XSB2C-2
Prototype d'un SB2C-1 équipé de flotteurs. Testé en 1942. 1 exemplaire.
SB2C-2
Désignation pour un hydravion de série. 287 appareils commandés mais jamais construits.
XSB2C-3
Prototype basé sur un SB2C-1 remotorisé avec un Wright R-2600-20 de 1 900 ch (1 417 kW). 1 exemplaire
SB2C-3
Version de production basée sur un SB2C-1c remotorisé avec un Wright R-2600-20 de 1 900 ch (1 417 kW) et une hélice quadripale. 1 112 exemplaires
SB2C-3E
SB2C-3 équipé d'un radar APS-4.
SB2C-4
Version de production basée sur un SB2C-1c équipé avec des points sous voilure pour 8 roquettes HVAR de 12,7 cm ou 454 kg de bombes. 2 045 exemplaires.
SB2C-4E
SB2C-4 équipé d'un radar APS-4.
XSB2C-5
SB2C-4 converti comme prototype pour la variante SB2C-5. 2 exemplaires.
SB2C-5
Version de production basée sur un SB2C-4 avec une capacité de d'emport de carburant accrue, une verrière coulissante sans montant, une crosse d'appontage et la suppression du radar ASB. 970 exemplaires produits sur les 2 500 commandés.
XSB2C-6
SB2C-1C motorisé avec un Wright R-2600-22 de 2 100 ch (1 566 kW) et une capacité d'emport de carburant accrue. 2 exemplaires.
SBF-1
Version SB2C-1 construite sous licence au Canada par la Fairchild-Canada. 50 exemplaires.
SBF-3
Version SB2C-3 construite sous licence au Canada par la Fairchild-Canada. 150 exemplaires.
SBF-4E
Version SB2C-4E construite sous licence au Canada par la Fairchild-Canada. 100 exemplaires.
SBW-1
Version SB2C-1 construite sous licence au Canada par la Canadian Car & Foundry company. 38 exemplaires.
SBW-1B
Version SB2C-1 construite sous licence au Canada par la Canadian Car & Foundry company à destination de la Royal Navy (Loi Prêt-Bail). 28 exemplaires
SBW-3
Version SB2C-3 construite sous licence au Canada par la Canadian Car & Foundry company. 413 exemplaires.
SBW-4E
Version SB2C-4E construite sous licence au Canada par la Canadian Car & Foundry company. 270 exemplaires.
SBW-5
Version du SB2C-5 construite sous licence au Canada par la Canadian Car & Foundry company. 85 exemplaires construits (165 annulés).
A-25A Shrike
Version destinée au United States Army Air Corps sans crosse d’arrêt, ailes pliantes et avec divers changements d’équipement. 900 exemplaires.
Helldiver Mk I
Désignation de la Royal Navy pour leurs SBW-1B. 28 exemplaires.

Utilisateurs[modifier | modifier le code]

SB2C-5 grec exposé au Musée de la Guerre d’Athènes.
SB2C-5 Thaï exposé au Royal Thai Air Force Museum de Bangkok.
Drapeau de l'Australie Australie
Drapeau de la France France
Drapeau de la Grèce Grèce
Drapeau de l'Italie Italie
Drapeau du Portugal Portugal
Drapeau de la Thaïlande Thaïlande
Drapeau : Royaume-Uni Royaume-Uni
Drapeau des États-Unis United States

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Développement lié

Aéronefs comparables

Références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. à 5000 mètres d'altitude
  2. Rayon d'action : distance maximale franchissable /2 soit 1876 /2 = 938 km
  3. Bowers 1979, p. 424.
  4. "SB2C Helldiver Curtiss dive bomber: "Helldiver!" What a great name!" acepilots.com. Retrieved: 18 March 2010.
  5. Guttman, Robert. "Curtiss SB2C Helldiver: The Last Dive Bomber," p. 3. Aviation History via historynet.com, July 2000. Retrieved: 18 March 2010.
  6. Abzug and Larrabee 1997, p. 92.
  7. Donald 1995, pp. 76–77.
  8. Bowers 1979, pp. 424–425.
  9. Charles-Patrick Renaud, Aviateurs au combat : Indochine 1950-1954, Grancher, , 253 p. (ISBN 2-7339-0885-5), p. 123.
  10. aeroflight

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Phil H. Listemann, The Curtiss SB2C in French service, Philedition, coll. « Allied Wings » (no 12), , 44 p. (ISBN 978-2-953-25447-1, présentation en ligne)
  • (en) Malcolm Abzug et E. Eugene Larrabee, Airplane stability and control : a history of the technologies that made aviation possible (Cambridge Aerospace Series)., Cambridge England New York, Cambridge University Press, coll. « Cambridge aerospace series » (no 6), , 373 p. [détail des éditions] (ISBN 978-0-521-55236-3, OCLC 34513500).
  • (en) Harold Andrews, The Curtiss SB2C-1 Helldiver, Windsor, Berkshire, Royaume-Uni, Profile publications Ltd, coll. « Profile publications » (no 124), (réimpr. 1971, 1982) (OCLC 44637829).
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  • Alain Crosnier et Jean-Pierre Dubois (ill. Georges Olivereau et Jean Bellis), Douglas SBD-5 "Dauntless", Curtiss SB2C-5 "Helldiver" : bombardiers en piqué de l'aéronautique navale, Clichy (144 rue Martre, 92110), DTU, , 100 p. (ISBN 978-2-912-74901-7, OCLC 467983657).
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  • Alain Pelletier, Les bombardiers et torpilleurs navals américains : mieux connaître tous les bombardiers et les torpilleurs de la marine américaine, prototypes et projets compris, Clichy, Larivière, coll. « Minidocavia » (no 10), , 50 p. (ISBN 978-2-907-05120-0, OCLC 470591300).