Interstate TDR

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Interstate TDR
Vue de l'avion.
Interstate TDR-1 en vol, portant une torpille

Constructeur Drapeau : États-Unis Interstate Aircraft
Rôle Drone
Statut retiré du service
Équipage
1 (pour les vols de convoyage ou d'essai)
Motorisation
Moteur Lycoming O-435-2
Nombre 2
Type moteur à pistons
Puissance unitaire 164 kW (223 ch)
Dimensions
vue en plan de l’avion
Envergure 14,63 m
Longueur 11 m
Masses
Maximale 2 680 kg
Performances
Vitesse maximale 225 km/h
Rayon d'action 685 km
Rapport poids/puissance 0,12 kg/ch
Armement
Interne une bombe ou une torpille de 906 kg

L'Interstate TDR est un des premiers avions sans pilote (appelé drone par les Américains), qui fut mis au point par la société Interstate Aircraft durant la Seconde Guerre mondiale, au profit de la marine des États-Unis. Il était capable d'emporter une charge offensive de bombes ou une torpille. 2000 exemplaires avaient été commandés, mais seulement environ 200 ont été effectivement construits. Cet engin a servi durant la Guerre du Pacifique contre l'Empire du Japon, mais des problèmes de développement persistants affectèrent la mise au point. En outre, le succès d'opérations utilisant des armes plus conventionnelles a conduit à la décision d'annuler le programme en .

Conception[modifier | modifier le code]

En 1936, le capitaine de corvette Delmar S. Fahrney avança l'idée que les avions sans pilote contrôlés à distance avaient un potentiel pour une utilisation par la marine des États-Unis dans les opérations de combat. En raison des limites de la technologie de l'époque, le développement du projet de "drone d'assaut" ne fut pas une priorité. Toutefois, au début des années 1940, le développement du radar et de la télévision rendit le projet plus réalisable. À partir du , des essais furent menés sur des avions conventionnels convertis, des Curtiss N2C-2, téléguidés depuis des biplans bombardiers-torpilleurs Great Lakes TG-2. L'attaque de Pearl Harbor par les Japonais accélère les recherches, qui portent désormais sur des avions munis d'une torpille. Le premier essai opérationnel d'un drone contre une cible navale a été mené en au large de Newport (Rhode Island) contre le destroyer USS Aaron Ward[1].

La Naval Aircraft Factory ayant été chargée de la construction de 100 engins TDN (pour Torpedo Drone Naval Aircraft Factory), un plan ambitieux est conçu en vue de former 18 flottilles de drones d'assaut, dotées de 162 avions de guidage Grumman TBF Avenger et de 500 drones. Cela excédait de beaucoup la capacité de fabrication de la NAF. Interstate Aircraft, à DeKalb dans l'Illinois, a donc reçu un contrat de la Marine pour la construction de 200 drones TDR-1 et 100 drones TD3R[1].

Le TDR-1 avait une conception rustique. C'était un monoplan à aile basse et train d'atterrissage tricycle fixe, destiné à être largué après le décollage. Afin de ne pas entraver la production d'avions de priorité supérieure, il n'utilisait pas de matériaux stratégiques. Il était construit avec une structure en tubes d'acier, fabriquée par l'entreprise de vélos Schwinn Bicycle Company, et un revêtement en contreplaqué. Il était propulsé par deux moteurs Lycoming O-435 de 220 ch (160 kW) chacun, entraînant une hélice bipale en bois à pas fixe[1]. Le système électrique était fabriqué par la société Wurlitzer, qui deviendra célèbre après-guerre pour ses juke-box.

Le contrôle du TDR-1 se faisait depuis un avion-mère piloté, généralement un Grumman TBF Avenger. Une caméra de télévision était montée dans le nez du drone, l'image étant retransmise sur l'écran de l'opérateur de guidage à bord de l'avion-mère. Il disposait aussi de l'affichage de l'altimètre radar. Pour les vols d'essai, le TDR-1 était muni d'un poste de pilotage avec une verrière aux épais montants. Lors des missions opérationnelles, sans pilote à bord, cette verrière était remplacée par un carénage aérodynamique qui fermait le poste de pilotage[1].

Engagements[modifier | modifier le code]

Sous le nom de code « Opération Option », la marine américaine prévoyait la création de 18 flottilles de drones d’assaut, comprenant 162 avions de contrôle Grumman TBF Avenger et 1000 drones d’assaut, dont 500 en réserve[1]. Toutefois, le développement du TDR-1, confronté à des difficultés techniques, conjugué au maintien d'une faible priorité accordée au projet, a entraîné une modification du contrat. La commande fut réduite à environ 300 appareils. Un seul TDR-1 a été testé par l'United States Army Air Forces en tant que XBQ-4, mais aucun contrat de production n’a résulté de ces essais.

En 1944, sous le contrôle de la Force opérationnelle spéciale aérienne (Special Air Task Force, ou SATFor), le TDR-1 fut déployé de manière opérationnelle dans le Pacifique Sud pour des opérations contre les Japonais. Le , trois groupes d'opérations spéciales (Special Air Task Groups ou STAG) sont créés. Seul le STAG-1 sera engagé au combat. La première mission opérationnelle a eu lieu le contre un cargo japonais. D'autres attaques sont menées entre le et le contre les positions japonaises. Sur les 46 engins lancés, 37 ont atteint la zone de l'objectif, et 24 atteignent leur cible. Malgré ce succès, le programme de drones d’assaut avait déjà été annulé après la production de 189 avions TDR-1, en raison de problèmes techniques persistants, et du fait que des armes plus classiques se révélaient suffisantes pour la défaite du Japon. Le , le STAG-1 est dissous. Les drones restants sont ferraillés[1].

Variantes[modifier | modifier le code]

Interstate XTD3R
  • XTDR-1 : deux prototypes[2].
  • TDR-1 : version de production du XTDR-1, 189 exemplaires construits[2].
  • XTD2R-1 : variante avec deux moteurs Franklin O-805, 2 prototypes commandés, annulé en faveur du TD3R.[2]
  • XTD3R-1 : variante avec des moteurs en étoile Wright R-975, 3 prototypes[2].
  • XTD3R-2 : variante du XTD3R-1, un prototype[2].
  • TD3R-1 : version de production du XTD3R-1, 40 exemplaires commandés mais annulé[2].
  • XBQ-4 : désignation de l'US Army pour le TDR-1. Un avion converti d'un TDR-1[2].
  • XBQ-5 : désignation de l'US Army pour le XTD2R-1. Aucun exemplaire commandé[2].
  • XBQ-6 : désignation de l'US Army pour le XTD3R. Aucun exemplaire construit[2].
  • BQ-6A : désignation de l'US Army pour le TD3R-1. Aucun exemplaire construit[2].

Survivants[modifier | modifier le code]

Un seul exemplaire de TDR-1 a été préservé. Il se trouve au National Museum of Naval Aviation (musée national de l’aviation navale) de Pensacola, en Floride[1].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a b c d e f et g Alain Pelletier, « Les Interstate TDR », Le Fana de l'Aviation, no 286,‎ , p. 26-31.
  2. a b c d e f g h i et j (en) Andreas Parsch, « Interstate BQ-4/TDR », sur designation-systems.net, (consulté le 17 novembre 2010)

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Alain Pelletier, « Les Interstate TDR », Le Fana de l'Aviation, no 286,‎ , p. 26-31.

Liens externes[modifier | modifier le code]

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