Douglas A-26 Invader

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Douglas A-26 Invader
Vue de l'avion.
Un A-26B

Constructeur Drapeau : États-Unis Douglas Aircraft Company
Rôle Avion d'attaque au sol
Statut Retiré du service
Premier vol
Nombre construits 2 450
Équipage
3
Motorisation
Moteur Pratt & Whitney R-2800-27/79
Nombre 2
Type Moteurs à pistons
Puissance unitaire 2 000 ch
Dimensions
Envergure 21,35 m
Longueur 15,47 m
Hauteur 5,56 m
Masses
À vide 10 365 kg
Avec armement 12 519 kg
Maximale 15 880 kg
Performances
Vitesse maximale 570 km/h
Rayon d'action 1 450 km
Armement
Interne Jusqu'à 16 mitrailleuses Browning M2 de 12,7 mm
Externe Emport de 1 810 kg de bombes en soute et 910 kg sous la voilure ou 8 roquettes de 127 mm ou encore 16 roquettes de 76 mm

Le Douglas A-26 Invader est un avion d'attaque au sol américain de la Seconde Guerre mondiale.

Cet appareil a changé de sigle en cours de carrière : avant 1948, il existait deux catégories de bombardiers dans l'USAAF :

C’est à cette dernière catégorie qu’appartenait le Douglas Invader, qui portait donc le sigle A-26. Il n’y avait donc pas de risque de le confondre avec le bombardier moyen Martin B-26 Marauder. Cependant, en , la catégorie « A » fut supprimée. Tous les Martin B-26 Marauder ayant été retirés du service cette année-là, le A-26 fut donc rebaptisé B-26. C’est pourquoi on ne parlera de A-26 que durant la Seconde Guerre mondiale. Dans l’après-guerre, l'appareil sera désigné B-26.

Conception[modifier | modifier le code]

Le Douglas A-26 Invader correspond à une spécification de 1940 de l'USAAF concernant un bombardier léger pouvant aussi bien intervenir à basse altitude pour un mitraillage que pour un bombardement précis à moyenne altitude. Afin d'assurer sa défense sans chasseur d'escorte, l'A-26 doit être à la fois bien armé et rapide.

Le prototype, nommé XA-26 effectue son premier vol en . Il reprend la structure de l'A-20 Havoc, son prédécesseur.

Engagements[modifier | modifier le code]

Le A-26 Invader est le seul appareil de l’USAF à avoir participé à trois guerres (Seconde Guerre mondiale, guerre de Corée et guerre du Viêt Nam)[1].

Seconde Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

L'A-26 entre en service assez tard dans la guerre. En effet, en raison du manque de moyens de production, en particulier de machine-outils, sa fabrication prend du retard. Ainsi, en , seuls 21 appareils sont prêts.

Il faut attendre le et un raid de 18 A-26 du 386th BG de la 9th USAAF sur Brest pour assister à la première sortie opérationnelle de l'Invader au cours de la Seconde Guerre mondiale.

L'A-26 a été utilisé par l'USAAF aussi bien dans le Pacifique qu'en Europe.

De par ses caractéristiques, l'A-26 est l'appareil par excellence des forces tactiques. Aussi, en Europe, on le retrouve dans la 9th USAAF sur l'ETO et dans la 12th USAAF sur le MTO.

Dans le Pacifique, il sert au sein des 5th USAAF et 7th USAAF.

En Europe, le A-26 effectue sa dernière mission le en participant au bombardement d'une usine en Tchécoslovaquie. Dans le Pacifique, il effectue sa dernière sortie le .

Avec la fin de la guerre, la fabrication cesse et les contrats sont annulés. De fait, l'A-26 Invader n'a été produit qu'à 2 450 exemplaires.

Guerre de Corée[modifier | modifier le code]

Bombardement d'un A-26 Invader de positions communistes en Corée du Nord.

Il est le premier appareil américain à intervenir pendant la guerre de Corée.

Guerre d'Indochine[modifier | modifier le code]

Un A-26C utilisé pendant la guerre d'Indochine.

À partir de 1951, sur l'impulsion du général de Lattre, environ 110 appareils sont aussi utilisés par l'armée de l'air française pendant la guerre d'Indochine au sein des groupes de bombardement et de reconnaissance (GB 1/19 Gascogne, ERP 2/19 Armagnac, GB 1/25 Tunisie et GB 1/91 Bourgogne)[2].

Ils opèrent la plupart du temps en soutien des forces au sol, notamment pendant le siège de Diên Biên Phu, durant lequel 7 Invader sont détruits par la DCA du Vietminh.

Guerre d'Algérie[modifier | modifier le code]

Les Invader survivants de la guerre d'Indochine sont encore utilisés par l'armée de l'air française lors de la guerre d'Algérie. Leur première grosse opération sur ce théâtre a lieu le 15 mars 1957[3]. Les combattants algériens de l'Armée de libération nationale (ALN), craignent cet appareil rapide et à l'armement meurtrier autant que les (rares) avions à réaction utilisés dans ce conflit : « Si le B-26, le Mistral et en général tous les avions à réaction (…) sont considérés comme dangereux, c’est uniquement en raison de la soudaineté de leur arrivée et du fait qu’ils ne cerclent pas autour de leur objectif avant d’attaquer. »[4]

Plusieurs B-26C sont modifiés en chasseurs nocturnes B-26N équipé d'un radar AI Mk. X provenant d'un Gloster Meteor. Selon un article de 1998, en 1961, ils interceptent 38 avions légers et hélicoptères, en abattant neuf[5].

La baie des Cochons et autres actions secrètes[modifier | modifier le code]

Pour le débarquement de la baie des Cochons, la CIA équipe la « Fuerza Aérea de Liberación » (FAL) anticastriste de 16 à 18 B-26B. Sans escorte ni armement défensif, ils seront particulièrement vulnérables aux T-33 Shooting Star castristes : sept d'entre eux seront abattus pendant les combats. De son côté, la Fuerza Aérea Revolucionaria (FAR) avait six 6 B-26C qui ont aussi participé aux combats[6]

Précédemment, la Central Intelligence Agency (CIA) a employé des B-26 dans une action secrète la première fois en 1958 en Indonésie : une demi-douzaine d'exemplaires sont fournis aux rebelles opposés au président indonésien Soekarno. L'un d'entre eux est abattu et son pilote, Allen Lawrence Pope, est capturé, ce qui entraîne l'arrêt soudain de l'opération[7].

La CIA engage également des B-26 pilotés par des exilés cubains de 1964 à 1964 au Congo contre la rébellion Simba[8].

Guerre du Viêt Nam[modifier | modifier le code]

Le B-26 reprend également du service dans le Sud-est Asiatique entre les mains des Américains et plus exactement de la CIA. En avril 1961, quatorze B-26 sans marquages sont basés en Thaïlande pour opérer au Laos contre l'avance du Pathet Lao dans la plaine des Jarres et l'armée nord-vietnamienne le long de la piste Hô Chi Minh. Cependant, à cause du retentissement des opérations de la CIA à la baie des Cochons, le président Kennedy annula leurs missions de bombardement[9].

Également en avril 1961, l'USAF créé à Eglin AFB en Floride une unité spécialisée dans la contre-insurrection équipée de divers appareils, dont des B-26, qui prendra le nom de Air Commandos. Dès novembre 1961, ils seront engagés au Sud-Viêt Nam dans une opération baptisée Farm Gate afin d’éradiquer les rebelles Viêt-Cong. Les B-26 se montrèrent d’une assez grande efficacité. Cependant les Américains ne furent pas en mesure de reproduire l’emploi intensif que les Français avaient fait de cet appareil puissant entre 1951 et 1953, car ces avions ne restèrent en fait qu’assez peu de temps au Viêt Nam. La perte d’un de ces appareils avec tout son équipage, due à un problème de fatigue de la structure alaire, mit un terme à la carrière de ces machines au Viêt Nam au cours de l’année 1964[10].

En mai 1966, à nouveau pour tenter d'interdire la piste Hô Chi Minh au Laos, le Detachment 1, 603d Air Commando Squadron (ACS) est déployé en Thaïlande à Nakhon Phanom Royal Thai Air Force Base. Ce détachement est équipé de B-26K, une version rénovée de l'Invader. Le gouvernement thaï étant gêné d'avoir des « bombardiers » étrangers sur son territoire, le secrétaire de l'Air Force renomma simplement ces appareils en avions d'attaque A-26A. Connus par leur indicatif radio « Nimrod », ces A-26 opéreront jusqu'en 1969[11].

Variantes[modifier | modifier le code]

  • XA-26 (prototype)
  • A-26A (23 exemplaires)

Canon de 75 mm dans le nez

  • A-26B (1 335 exemplaires)

6 mitrailleuses de 12,7 mm et 10 mitrailleuses de 12,7 mm en option. Cet appareil était baptisé straffer, le straffing étant le mitraillage au sol.

  • A-26C (1 091 exemplaires)

6 mitrailleuses de 12,7 mm sur les ailes, une tourelle ventrale (avec 2 mitrailleuses de 12,7 mm) et une tourelle supérieure (avec 2 mitrailleuses de 12,7 mm). Nez en plexiglas (meilleure visibilité), en particulier lorsque le A-26 est configuré en version bombardement. Dans ce cas, l'équipage passe à 4 membres (ajout d'un bombardier). Cet appareil était baptisé leader, car il était capable de guider une formation de A-26B straffer.

  • RB-26 C: B-26C modifié en appareil de reconnaissance photo, désigné FA-26 avant 1962.
  • TB-26B/C : Plusieurs B-26B et C modifiés en appareil d'entrainement.
  • VB-26B : B-26B modifié en transport rapide.
  • JD-1 : B-26C modifié en avion utilitaire pour le compte de l'US Navy, devenu UB-26J en septembre 1962[12].
  • JD-1D : B-26C modifié en avion de guidage pour les avions cibles téléguidés pour le compte de l'US Navy, devenu DB-26J en septembre 1962.

Galerie d'images[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Bill Yenne, McDonnell Douglas : a tale of two giants, New York, Crescent Books, , 256 p. (ISBN 978-0-517-44287-6).
  2. In L'armée de l'air en Indochine, page 40.
  3. Patrick-Charles Renaud, « Napalm sur le djebel Refaa », sur Histoires d'aviateurs (consulté le 14 octobre 2015).
  4. Patrick Facon, Francois Pernot, Philippe Vial et al., Regards sur l'aviation militaire française en Algérie : 1954-1962 : recueil d'articles et état des sources, Vincennes, Service historique de l'armée de l'air, , 397 p. (ISBN 978-2-904-52137-9), « Guerre d’Algérie : la rébellion et le fait aérien », p. 44.
  5. (en) Robert Craig Johnson, « COIN: French Counter-Insurgency Aircraft, 1946-1965 », sur The World at War From Versailles to the Cold War, (consulté le 20 janvier 2020).
  6. Santiago Rivas, « Baie des Cochons : le fiasco de la CIA », Aérojournal, no 47,‎ , p. 4-15 (présentation en ligne).
  7. Hagedorn et Hellström 1994, p. 122-125.
  8. Hagedorn et Hellström 1994, p. 148-155.
  9. (en) Michael E. Haas, Apollo’s Warriors : US Air Force Special Operations during the Cold War, Maxwell Air Force Base, Alabama, Air University Press, (ISBN 1-58566-035-3, lire en ligne), p. 170-172.
  10. Haas 1997, p. 219-230.
  11. Haas 1997, p. 196-201.
  12. Alain Pelletier, Les bombardiers et torpilleurs navals américains : mieux connaître tous les bombardiers et les torpilleurs de la marine américaine, prototypes et projets compris, Clichy, Larivière, coll. « Minidocavia » (no 10), , 50 p. (ISBN 978-2-907-05120-0, OCLC 470591300).

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Enzo Angelucci et Paolo Matricardi, Les avions, t. 4 : La Seconde Guerre mondiale - U.S.A., Japon, U.R.S.S., etc., Elsevier Sequoia, coll. « Multiguide aviation », (ISBN 2-8003-0277-1), p. 106-107.
  • Douglas B-26 Invader - l'encyclopédie illustrée de l'aviation no 160 - Atlas.
  • Le Douglas B-26 Invader l'Afrique du Nord et la métropole Tome 2 - Jean Jacques Petit, 40 p.
  • Bernard Millot, « Douglas A-26 / B-26 Invader (3) », Le Fana de l'Aviation, no 105,‎ , p. 34-40.
  • (en) Dan Hagedorn et Leif Hellström, Foreign Invaders : The Douglas Invader in foreign military and US clandestine service, Leicester, Midland Publishing Limited, , 200 p. (ISBN 1-85780-013-3).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes