Tacfarinas

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Tacfarinas (ou encore le Tacfarinois ; « Homme de Takfarin »; en berbère: Takfarin / ⵜⴰⴽⴼⴰⵔⵉⵏ) est le nom d'un chef de guerre berbère numide de la première moitié du Ier siècle après J.-C.), révolté contre l'Empire romain sous le règne de l'empereur Tibère.

Il naquit dans la commune de Khemissa, Thubursicu Numidarum en son temps, au sud de Souk Ahras. Cette commune a porté le nom de Tacfariness jusqu'aux années 80, où elle fut arabisé en Khemissa. [1]


Biographie[modifier | modifier le code]

C'est Tacite (Annales, II, 52) qui nous le signale : « Cette même année (17) la guerre commença en Afrique. Les insurgés avaient comme chef un Numide nommé Tacfarinas ». Tacfarinas est issu du peuple des Gétules, qui habitaient un peu partout en Afrique[2].

Vers l'an 17, Tacfarinas soulève toutes les tribus Gétules[3]. Tacfarinas avait servi dans les troupes romaines avant de déserter pour prendre la tête de tribus révoltées qu'il disciplina et organisa en armée régulière. Face au mécontentement des tribus indigènes semi-nomades administrées par les Romains, Tacfarinas fédéra les tribus numides et libyques (Musulames, Cinithiens) ainsi que leurs voisins maures qui avaient pour chef Mazippa, contre l'armée romaine. L'insurrection s'étendit de la petite Syrte à l'est jusqu'en Maurétanie à l'Ouest. Ces peuples voyaient d'un très mauvais œil la tentative de maîtrise des populations nomades par les Romains. Ces derniers essayaient d'une part de les contrôler et, d'autre part, d'implanter des sédentaires sur le parcours des nomades et semi-nomades, ce qui avait pour conséquence le refoulement de ces populations vers le Sahara.

La guerre, fondée sur la tactique du harcèlement (guerilla), dura sept ans et illustre les nombreuses révoltes berbères qui eurent lieu durant l'époque romaine. Impuissants à y mettre fin et à se saisir du général berbère, les Romains usèrent, comme de coutume, d'artifices afin de créer des dissensions parmi les tribus révoltées en promettant des concessions de terres. C'est finalement le proconsul Cornelius Dolabella qui terminera la guerre en assiégeant le fortin de Tacfarinas, situé à Auzia (à l'Est de Sour El-Ghozlane) vraisemblablement en l'an 24 après J.-C..

Tacfarinas meurt à Pomaria (région de Tlemcen)[4].

Tacfarinas s'adressant à Juba II, Roi de la Maurétanie césarienne[modifier | modifier le code]

Qu'as-tu à faire avec les Romains, dis-moi ?

Ton père a perdu son trône au cours de leurs disputes ! Toi, ils t'ont enchainé pour te montrer, esclave, devant le char de César ! Et tu nommes Caesarea, ta capitale ! Tu ne crois pas que ton sacrifice a assez duré ? Est libre celui qui veut l'être ! Es-tu de la race des pantins pour te montrer ainsi guidé par les Césars ? Trop de mollesse, Juba, trop de compromissions ! Relève la tête, retrouve le sang de tes ancêtres, celui de Jugurta. [5]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Ces pierres qui racontent le passé - La Nouvelle République », Lnr-dz.com (consulté en 2013-06-29)
  2. [1] Recueil des notices et mémoires de la Société archéologique de la province… De Société archéologique
  3. [2] La Capsa ancienne, la Gafsa moderne, de Pierre Bodereau
  4. [3] Histoire politique de l'Afrique du Nord de Mohand Tazerout
  5. Tiré du livre Moi, Juba, roi de Maurétanie de Josiane Lahlou.

Sources[modifier | modifier le code]