Guillon

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Guillon (homonymie).
Guillon
Le pont de Guillon : un pont du XVIe siècle.
Le pont de Guillon : un pont du XVIe siècle.
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Bourgogne
Département Yonne
Arrondissement Avallon
Canton Guillon
(chef-lieu)
Intercommunalité CC du Serein
Maire
Mandat
Claudie Champeaux
2014-2020
Code postal 89420
Code commune 89197
Démographie
Population
municipale
472 hab. (2011)
Densité 40 hab./km2
Géographie
Coordonnées 47° 30′ 54″ N 4° 05′ 38″ E / 47.515, 4.093947° 30′ 54″ Nord 4° 05′ 38″ Est / 47.515, 4.0939  
Altitude Min. 203 m – Max. 328 m
Superficie 11,94 km2
Localisation

Géolocalisation sur la carte : France

Voir la carte administrative de France
City locator 14.svg
Guillon

Géolocalisation sur la carte : France

Voir la carte topographique de France
City locator 14.svg
Guillon

Guillon est une commune française située dans le département de l'Yonne en région Bourgogne.

Géographie[modifier | modifier le code]

Guillon est un village bourguignon, situé dans le sud du département de l'Yonne à moins de 2 km de la Côte-d'Or et proche de la Nièvre.

Le centre du village est sur la rive droite du Serein, dans une boucle de la rivière que l'on traverse par un pont de pierre du XVIe siècle.

Chef-lieu de canton, il est composé des hameaux de Courterolles, Perrigny et Montot.

Communes limitrophes[modifier | modifier le code]

Rose des vents Montréal Talcy Santigny Rose des vents
Trévilly N Vignes
O    Guillon    E
S
Cisery Savigny-en-Terre-Plaine Toutry
(Côte-d'Or)

Histoire[modifier | modifier le code]

Pendant la guerre de Cent Ans, Guillon fut occupé par l'armée anglaise jusqu'à ce que soit signé entre la Bourgogne et l'Angleterre un traité connu sous le nom de "traité des moutons d'or". La Bourgogne ainsi libérée du joug anglais dut payer 200 000 moutons d'or. Lors de cette transaction Édouard III séjourna au château de Guillon. Il s'agit de l'un des seuls épisodes historiques liés à ce château.

Économie[modifier | modifier le code]

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
mars 1971 juin 1995 André Bonnet RI puis UDF Conseiller général (1970-2001)
mars 1996 mars 2001 Maud Lethi    
mars 2001 en cours Claudie Champeaux[1]    

La commune de Guillon fait partie de la communauté de communes du Serein. La communauté de communes adhère au Pays avallonnais (selon la loi Voynet).

Démographie[modifier | modifier le code]

En 2011, la commune comptait 472 habitants. L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du XXIe siècle, les recensements réels des communes de moins de 10 000 habitants ont lieu tous les cinq ans, contrairement aux autres communes qui ont une enquête par sondage chaque année[Note 1],[Note 2].

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
767 701 806 787 822 849 795 818 818
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
809 809 780 828 853 870 867 877 841
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
828 775 745 641 614 591 623 575 525
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2011 -
498 497 446 438 439 454 457 472 -
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[2] puis Insee à partir de 2004[3].)
Histogramme de l'évolution démographique


Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

  • L'église Saint-Rémy[4]
L'église Saint-Rémi

L'église comporte un chœur de la fin du XIIe siècle, une nef reconstruite au XVe siècle, après un incendie en 1418, ainsi qu'un clocher datant du XIVe siècle.

Le chœur, flanqué à l'extérieur d'une tour massive datant également du XIIe siècle, est soutenu par d'épais contreforts.

On accède à la nef par un portail du XIVe siècle, qui présente un arc plein-cintre surbaissé, encadrant sur le tympan une statue de la Vierge inscrite dans un trilobe. Au-dessus, un arc en ogive embrasse le tout et fait reposer ses extrémités, au niveau de la statue, sur deux têtes saillantes, l'une d'homme, l'autre de femme. L'arc plein-cintre s'appuie de chaque côté sur deux colonnettes à chapiteaux, taillées dans le calcaire rouge.

la nef

À l'intérieur, au fond, on trouve les fonts baptismaux, datant du XIIe siècle, et classés monument historique. C'est une cuve massive de pierre dure, taillée à huit pans, et couverte d'une boiserie récente. À la partie moyenne se détachent sur les arêtes et en relief des têtes.

Derrière ces fonts baptismaux se trouve une statue de la Vierge des vignerons, en bois sculpté. Datée du XVIIe siècle, elle porte l'enfant-Jésus sur son bras. Chacun tient un sarment où pend une grappe de raisin rouge. Cette œuvre nous rappelle que jadis, la région était une terre de vignes.

Lors de la restauration du chœur, d'une partie de la nef et des chapelles latérales, en 1992, on a découvert sous du badigeon de fines décorations de frises de couleur sur un fond de ciel étoilé bleu et or. Cette ornementation au-dessus du chœur et sur les pierres des voûtes, datant sans doute du XIXe siècle, a été mise à jour et restaurée.

Les deux vitraux qui éclairent le fond du chœur figurent la vie de saint Rémi, dont la statue de pierre est située au-dessus de la petite porte de l'église.

 

  • Pont du XVIe siècle
Le pont du XVIe siècle dur le Serein.

Construit au début du XVIe siècle, l'actuel pont à 8 arches fit l'objet de réfections en 1627 et en 1666. Grâce aux finances de la province de Bourgogne, il prend en 1775 son aspect architectural définitif. Il a été restauré en 1755 et 1994.

Les 8 arches, de hauteur et de portée différentes, en font un ouvrage remarquable par son pittoresque, tant dans sa silhouette harmonieuse que dans la palette colorée qui le compose.

Ce pont qui se reflète en amont sur le large plan d'eau du Serein est construit en pierres de couleurs différentes : pierre rouge brun sans doute d'extraction locale, pierre grise du type de Chassignelles et pierre blanchâtre du type Anstrude Bierry-les-Belles-Fontaines.

Alésia à Guillon[modifier | modifier le code]

Selon l'historien Bernard Fèvre, les collines du Montfault et de la Montagne de Verre surplombant Guillon ne seraient autres que celles d'Alésia[5] ; toujours selon B. Fèvre, le village d'Alise-Sainte-Reine ne correspondrait pas aux descriptions que donne Jules César du dernier lieu de bataille de la guerre des Gaules.

Dans son ouvrage[6], s'appuyant sur le texte de César, B. Fèvre reconstitue en détail le siège d'Alésia sur et autour de ces collines. Il affirme notamment que les 23 redoutes mentionnées par César ont été retrouvées, ni une de plus ni une de moins, autour de la double colline.

B. Fèvre fait notamment remonter les vieux murs se trouvant sur le Montfault aux environs de 1 200 avant J.-C., date à laquelle Alésia a été fondée par Héraclès selon Diodore de Sicile. La plupart des historiens s'accordent toutefois à considérer qu'on ne peut suivre ces passages de Diodore de Sicile comme une source historique fiable : Diodore se livre à un travail d'historicisation des mythes justifié par des liens avec son actualité[7]. Reprendre le texte de Diodore de façon littérale est sans doute une erreur en matière de méthodologie historique.

Cela n'a pas empêché cette théorie d'être reprise récemment par l'auteur Sylvain Tristan[8], qui affirme qu'Alésia a été l'héritière du peuple à l'origine des monuments mégalithiques (disparu vers 1 200 av. J.-C.). D'après cet auteur, ces collines se trouveraient sur le tracé de lignes géodésiques d'une géométrie à 366 degrés qui aurait été utilisée par ce peuple. Ainsi la ville d'Ales dans le sud de la France, celle d'Alost (Aalst) en Belgique et le site de Guillon sont alignés sur un méridien faisant partie de la géométrie à 366°. Le Alésia supposé de Guillon se trouve exactement à mi chemin (380 km) entre Alès et Alost. Sylvain Tristan explique que ces sites sont des sites "alésien" dont nous avons perdue la connaissance, mais que les peuples mégalithiques avaient pris soin de baliser. Les villes de Reims et Troyes connues pour leur importance historique sont aussi sur celle ligne importante.

Aucune de ces hypothèses qui s'appuie sur des faits géographique vérifiables n'a fait l'objet de recherche par les scientifiques à l'heure actuelle. Depuis les fouilles franco-allemandes des années 1990, il y a un consensus par la communauté des archéologues et historiens qu'Alésia est située à Alise-Sainte-Reine.

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

Pour approfondir[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Au début du XXIe siècle, les modalités de recensement ont été modifiées par la loi no 2002-276 du 27 février 2002, dite « loi de démocratie de proximité » relative à la démocratie de proximité et notamment le titre V « des opérations de recensement », afin de permettre, après une période transitoire courant de 2004 à 2008, la publication annuelle de la population légale des différentes circonscriptions administratives françaises. Pour les communes dont la population est supérieure à 10 000 habitants, une enquête par sondage est effectuée chaque année, la totalité du territoire de ces communes est prise en compte au terme de la même période de cinq ans. La première population légale postérieure à celle de 1999 et s’inscrivant dans ce nouveau dispositif est entrée en vigueur au 1er janvier 2009 et correspond au recensement de l’année 2006.
  2. Dans le tableau des recensements et le graphique, par convention dans Wikipédia, et afin de permettre une comparaison correcte entre des recensements espacés d’une période de cinq ans, le principe a été retenu, pour les populations légales postérieures à 1999 de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique que les populations correspondant aux années 2006, 2011, 2016, etc., ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Conseil général de l’Yonne, Ma Commune, consulté le 24 décembre 2013.
  2. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  3. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2011
  4. Notice descriptive dans l'église de Guillon
  5. Fabien Gruhier, « On se bat toujours pour Alésia », Nouvel Observateur, 20 janvier 1984.
  6. Complexe du siège d'Alésia en Terre-Plaine, Association Alexandre Parat, décembre 1997, (ISSN 1159-9359)
  7. P. Giovanelli-Jouanna, « Mythe et histoire : l'exemple du livre IV de la bibliothèque historique de Diodore de Sicile », L'information littéraire, 2002-2, p. 6-11.
  8. Sylvain Tristan, Les Lignes d'or. Pourquoi TOUTES les capitales des premières grandes civilisations furent érigées sur ces axes. 2005. Paris: Alphée. (ISBN 2-7538-0050-2)