Pierre-Perthuis

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Pierre-Perthuis
Maison-forte (XVIe s)
Maison-forte (XVIe s)
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Bourgogne
Département Yonne
Arrondissement Avallon
Canton Vézelay
Intercommunalité CC Avallon - Vézelay - Morvan
Maire
Mandat
Élise Villiers
2014-2020
Code postal 89450
Code commune 89297
Démographie
Gentilé Perthuisiens, Perthuisiennes
Population
municipale
136 hab. (2011)
Densité 19 hab./km2
Géographie
Coordonnées 47° 26′ 12″ N 3° 47′ 52″ E / 47.4366666667, 3.7977777777847° 26′ 12″ Nord 3° 47′ 52″ Est / 47.4366666667, 3.79777777778  
Altitude Min. 151 m – Max. 279 m
Superficie 7,34 km2
Localisation

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Pierre-Perthuis

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Pierre-Perthuis

Pierre-Perthuis est une commune française située dans le département de l'Yonne en région Bourgogne.

Ses habitants sont appelés les Perthuisiens.

Géographie[modifier | modifier le code]

Pierre-Perthuis est un petit village de l'Yonne situé à mi-chemin entre Vézelay ou Saint-Père et Bazoches.

La Cure est son principal cours d'eau.

La Roche percée est un trou de six mètres de hauteur sur huit de large, dans une falaise calcaire dominant la Cure. Cette roche, anciennement appelée "Petra-Pertuisa", aurait donné son nom au village.

Communes limitrophes[modifier | modifier le code]

Rose des vents Saint-Père Menades Rose des vents
Foissy-lès-Vézelay N Domecy-sur-Cure
O    Pierre-Perthuis    E
S
Fontenay-près-Vézelay

Histoire[modifier | modifier le code]

Préhistoire[modifier | modifier le code]

La mise au jour de plusieurs objets préhistoriques, notamment des haches en padéite polie, en granit et en silex, une perle en pierre, un percuteur, un racloir, des perçoirs, des pointes de flèches, des amandes et des lames en silex taillé, aux lieux-dits "La Presle" et "Les Petites Roches", attestent d'une occupation très ancienne du site de Pierre-Perthuis.

Antiquité[modifier | modifier le code]

Quelques menus objets retrouvés en surface de l'emplacement présumé de villas gallo-romaines, aux abords du château, et les vestiges de la voie romaine attestent d'une présence romaine sur le territoire de Pierre-Perthuis.

Moyen Âge[modifier | modifier le code]

Concernant les affaires temporelles, Pierre-Perthuis est, dès le Xe siècle, le siège d'une seigneurie constituée des terres de Tharoiseau, Menades et Précy-le-Moult (auj. hameau de Pierre-Perthuis), sur la rive droite de la Cure, pour lesquelles le seigneur prêtait hommage au duc de Bourgogne ; de Pierre-Perthuis, Fontenay-près-Vézelay, Soeuvres (auj. hameau de Fontenay-près-Vézelay), Chalvron (auj. hameau de Saint-Aubin-des-Chaumes), Nuars, Saizy, Neuffontaines, Flez, sur la rive gauche de la Cure, pour lesquelles le seigneur prête hommage au comte de Nevers ; ainsi que de Beaulieu, Beauvoir, et Marsigny.

Le château de Pierre-Perthuis est érigé de 935 à 938, sur l'escarpement de la rive gauche de la Cure, à la demande de Rotmond, évêque d'Autun, à l'aide de matériaux ponctionnés sur les anciennes villas gallo-romaines et l'abbaye de Cure voisines.

Vers l'an mil, le seigneur de Pierre-Perthuis fait bâtir une léproserie au lieu-dit "La Presle", près d'une fontaine à laquelle on prête dès lors des vertus de guérison.

Vers 1180, Philippe Auguste, roi de France, convoque dans le château de Pierre-Perthuis Géraud Ier de Mâcon, afin de le condamner à réparer les dommages causés par les rapines dont il s'est rendu coupable jusqu'alors.

Porte (XIIe-XIIIe s)

En 1336, le fief de Pierre-Perthuis échoit par mariage à Geoffroy de Charny, puis en 1352 à Guy de la Trémoïlle.

Le château, reconstruit au XIIe siècle, fait régulièrement l'objet de sièges. En effet, en 1360, les troupes d'Édouard III, roi d'Angleterre, s'emparent du château, en sont chassés par les Vézeliens, mais le réinvestissent par une ruse, avant d'être mis en déroute par les Vézeliens aidés des troupes de Philippe de Rouvres, duc de Bourgogne. Après avoir confié quelques semaines la réparation et la défense de la forteresse à Thibault de Rie, le Duc se porte acquéreur de la seigneurie, qu'il fait administrer en son nom par Jehan Gauterain, châtelain d'Avallon.

En 1365, des mercenaires bretons pillent Pierre-Perthuis et la forteresse, dont les défenses sont restaurées en 1388 sur l'ordre de Jean III de Chalon-Arlay.

En 1432, les troupes de Charles VII, roi de France, s'emparent du château, avant d'en être chassés, l'année suivante, par celles de Philippe le Bon, duc de Bourgogne. La forteresse est réparée l'année suivante.

De 1440 à 1443, les écorcheurs tiennent le château, jusqu'à ce qu'ils soient mis en déroute par les troupes ducales. À l'issue du conflit, Philippe le Bon autorise Claude de Beauvoir, vicomte d'Avallon, à reconstruire les défenses.

Enfin, en 1470, les troupes de Louis XI, roi de France, s'emparent du château avant d'en être chassés par celles de Charles le Téméraire, duc de Bourgogne.

Concernant les affaires spirituelles, Pierre-Perthuis est le siège d'une cure dépendant de l'archiprêtré de Vézelay et du diocèse d'Autun, et sur laquelle les abbés de Cure et de Vézelay exercent alternativement un patronage.

Temps modernes[modifier | modifier le code]

Vers 1580, Charles-Emmanuel de Savoie, duc de Nemours et de Genève, ligueur, s'empare du château de Pierre-Perthuis qu'il fait réduire de peur de voir ses adversaires s'y installer. En 1590, Jean VI d'Aumont, maréchal de France et ennemi de la Ligue, attaque ce qu'il reste de la forteresse et la fait raser. Claude de Sainte-Maure, dame de Pierre-Perthuis, fait construire à l'emplacement de l'ancien donjon, avec les pierres du château, une petite maison forte appelée "Petit Castel", haute de 10 m et flanquée de deux tours d'angle.

En 1680, la seigneurie de Pierre-Perthuis est acquise par Vauban et intégrée au Comté de Vauban.

L'église actuelle est érigée à l'emplacement de l'ancienne chapelle castrale, dont elle reprend un élément pour abside.

En 1770, un pont dit "Pont de Ternos" est édifié sur le crot de Ternos (fond de 5 m de profondeur), à l'endroit le plus resserré de la Cure. Son architecture en arc surbaissé rappelle les ponts de la Rome antique, d'où le surnom de "pont romain".

Révolution et Empire[modifier | modifier le code]

En 1793, Pierre-Perthuis, devenue commune, dépend du canton de Vézelay, du district d'Avallon, et du département de l'Yonne, et en 1801, le village intègre l'arrondissement d'Avallon remplaçant le district[1].

Époque contemporaine[modifier | modifier le code]

Les deux ponts sur la Cure.

En 1837, le "Petit Castel" est acheté par la commune et devient presbytère. Il est aujourd'hui une simple habitation.

En 1851, le "pont du Véarnais" est reconstruit sur le ruisseau de Bazoches, donnant sur l'ancienne Via Agrippa.

En 1865, le clocher actuel de l'église Saint-Léonard remplace le clocheton initial.

De 1872 à 1874, le "Grand Pont" est construit en plein cintre de 30 m d'ouverture, à 35 m au-dessus de la Cure et du "pont de Ternos".

En 1921, 3 m2 de fresques murales du Moyen Âge tardif sont découvertes sous le badigeon de la partie ancienne de l'église.

En 1925, le pont de Ternos est restauré.

Temps présent[modifier | modifier le code]

Depuis 2009, Pierre-Perthuis fait partie de la communauté de communes du Vézelien[2], devenue depuis Communauté de communes Avallon - Vézelay - Morvan par fusion avec d'autres intercommunalités.

Économie[modifier | modifier le code]

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Pierre-Perthuis dépend du canton de Vézelay (depuis 1793), de l'arrondissement d'Avallon (depuis 1801), du département de l'Yonne (depuis 1790)[1], et de la région Bourgogne (depuis 1960).

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
         
mars 2001 mars 2008 André Villiers    
mars 2008   François Rougier    
    Élise Villiers[3]    

Démographie[modifier | modifier le code]

En 2011, la commune comptait 136 habitants. L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du XXIe siècle, les recensements réels des communes de moins de 10 000 habitants ont lieu tous les cinq ans, contrairement aux autres communes qui ont une enquête par sondage chaque année[Note 1],[Note 2].

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
209 240 196 227 231 222 218 216 231
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
248 235 258 224 214 223 220 245 234
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
220 213 172 158 130 131 126 106 93
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2005 2006 2010
71 77 73 72 70 104 116 118 127
2011 - - - - - - - -
136 - - - - - - - -
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[4] puis Insee à partir de 2004[5].)
Histogramme de l'évolution démographique


Culte[modifier | modifier le code]

Pour les affaires spirituelles, Pierre-Perthuis appartient à la paroisse de Domecy-sur-Cure, au doyenné de l'Avallonnais, et à l'archidiocèse de Sens-Auxerre[6].

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

  • ruines du château de Pierre-Perthuis (tour prison et porte du XIIe s)
  • Maison-forte (XVIe s)
  • Moulin Gingon
  • "Pont de Ternos" (XVIIe ou XVIIIe s), dit "Vieux-Pont" ou "Pont-Romain", sur la Cure. Restauré en 1925, il a servi de décor à une scène de La Grande Vadrouille de Gérard Oury (1966).
  • Pierre percée
  • Croix de chemin
  • Église Saint-Léonard (clocher XIXe s)
  • Fontaines (XIXe s)
  • Forge
  • "Grand-Pont" (XIXe s), dit "Viaduc", sur la Cure
  • "Pont du Vearnais" (XIXe s), sur le ruisseau de Soeuvres.

Loisirs[modifier | modifier le code]

Pierre-Perthuis est une base de départ pour le canoë-kayak.

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Abbé Jacques-François Baudiau, Le Morvand, 3.vol, Nevers, 1865; 3e éd. Guénégaud, Paris, 1965, 3 vol., t.III. p. 96 - 104.
  • Jules-Marie Genty, Histoire de Pierre-Perthuis, cahiers (XIXe siècle).

Notes et références[modifier | modifier le code]

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Notes[modifier | modifier le code]

  1. Au début du XXIe siècle, les modalités de recensement ont été modifiées par la loi no 2002-276 du 27 février 2002, dite « loi de démocratie de proximité » relative à la démocratie de proximité et notamment le titre V « des opérations de recensement », afin de permettre, après une période transitoire courant de 2004 à 2008, la publication annuelle de la population légale des différentes circonscriptions administratives françaises. Pour les communes dont la population est supérieure à 10 000 habitants, une enquête par sondage est effectuée chaque année, la totalité du territoire de ces communes est prise en compte au terme de la même période de cinq ans. La première population légale postérieure à celle de 1999 et s’inscrivant dans ce nouveau dispositif est entrée en vigueur au 1er janvier 2009 et correspond au recensement de l’année 2006.
  2. Dans le tableau des recensements et le graphique, par convention dans Wikipédia, et afin de permettre une comparaison correcte entre des recensements espacés d’une période de cinq ans, le principe a été retenu, pour les populations légales postérieures à 1999 de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique que les populations correspondant aux années 2006, 2011, 2016, etc., ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee.

Références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]