Bernard Maris

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
(Redirigé depuis Oncle Bernard)
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Maris.
Page d'aide sur l'homonymie Ne doit pas être confondu avec Bernard Marie.

Bernard Maris

alt=Description de l'image defaut.svg.
Naissance 23 septembre 1946
Toulouse (France)
Décès 7 janvier 2015 (à 68 ans)
Paris (France)
Nationalité Française
Diplôme
Doctorat
Profession
Activité principale
Formation

Bernard Maris, né le 23 septembre 1946 à Toulouse (Haute-Garonne) et assassiné le 7 janvier 2015 à Paris lors de l'attentat au siège du journal Charlie Hebdo, est un économiste, écrivain et journaliste français.

Biographie[modifier | modifier le code]

Études et carrière universitaire[modifier | modifier le code]

Élève au lycée Pierre-de-Fermat puis diplômé de Sciences Po Toulouse en 1968[1], Bernard Maris obtient ensuite un doctorat en sciences économiques à l'université Toulouse-I en 1975 avec la thèse intitulée « La distribution personnelle des revenus : une approche théorique dans le cadre de la croissance équilibrée », préparée sous la direction de Jean Vincens. Maître-assistant (puis maître de conférences à partir de 1984) à l'université Toulouse-I, il devient professeur des universités par concours d'agrégation (science économique générale) en septembre 1994 à l'Institut d'études politiques de Toulouse[2].

Il était professeur des universités à l'Institut d'études européennes de l'université Paris-VIII. Il a également enseigné la micro-économie à l'université d'Iowa (États-Unis) et à la banque centrale du Pérou.

Journalisme[modifier | modifier le code]

Bernard Maris a écrit pour différents journaux : Marianne, Le Nouvel Observateur, Le Figaro Magazine, Le Monde et Charlie Hebdo, dans lequel il prenait, pour sa chronique économique, le pseudonyme d'« Oncle Bernard ». Dans ce dernier journal, il était jusqu'en 2008 le directeur adjoint de la rédaction. En tant que fondateur, lors de la renaissance du titre en 1992, il en était actionnaire à hauteur de 11 %[3].

À la radio, Bernard Maris tenait le samedi sur France Inter une chronique hebdomadaire intitulée J'ai tout compris à l'économie : il y participait le vendredi à un débat sur un thème d'actualité économique avec Dominique Seux, journaliste économique du journal Echos à partir de h 50.

Il était aussi présent à la télévision, notamment sur la chaîne I-Télé où il participait en tant que chroniqueur à l'émission Y'a pas que le CAC. Il y a commenté l'actualité économique jusqu'au mois de juin 2009 avec un autre professeur d'économie, Philippe Chalmin (proche de l'école néoclassique). Il intervenait également de manière récurrente dans l'émission C dans l'air sur France 5.

Vie associative et politique[modifier | modifier le code]

Bernard Maris est souvent présenté comme altermondialiste, du fait de son ex-participation au conseil scientifique d'ATTAC.

Il a été candidat pour la CFDT aux élections 2009 de la Commission de la carte d'identité des journalistes professionnels.

Habitant du 16e arrondissement de Paris, il se présente en 2002 aux législatives dans le 10e sous l'étiquette des Verts, parti où il milite.

Bernard Maris était franc-maçon, il a été initié en 2008 dans la loge « Roger Leray » du Grand-Orient de France. La loge « Roger Leray », très politique, porte ce titre distinctif en hommage à celui qui fut grand maître du GODF en 1981 et qui fut un soutien actif du candidat socialiste[4].

Romancier[modifier | modifier le code]

Bernard Maris a publié plusieurs romans dont L'enfant qui voulait être muet, récompensé du prix Leclerc des libraires en 2003.

Vie privée[modifier | modifier le code]

Le 21 septembre 2007, il épouse, à Ménerbes, Sylvie Genevoix, fille de Maurice Genevoix et journaliste, qui décède le 20 septembre 2012[5]. Il termine ensuite sa vie auprès de la journaliste Hélène Fresnel[6]. Il a deux enfants : Gabrielle et Raphaël Maris, nés respectivement en 1975 et 1996.

Assassiné le 7 janvier 2015 à Paris lors de l'attentat au siège du journal Charlie Hebdo[7], ses obsèques ont lieu le 15 janvier suivant en la chapelle Notre-Dame de Roqueville, à Montgiscard (Haute-Garonne), où il est ensuite incinéré[8],[9].

Travaux d'économie[modifier | modifier le code]

Grand admirateur de John Maynard Keynes, à qui il a consacré un livre, Keynes ou l'économiste citoyen, Bernard Maris a publié de nombreux ouvrages de vulgarisation en économie. Il est connu, notamment, par des titres comme Ah Dieu ! Que la guerre économique est jolie ! (1998), Lettre ouverte aux gourous de l'économie qui nous prennent pour des imbéciles (1999), La Bourse ou la vie (2000).

Avec un style incisif, il tente de faire comprendre la nature et l'intérêt de l'économie réelle, en dévoilant ses aspects négatifs, mais en mettant en lumière des notions et des alternatives telles que la gratuité, le don et contre-don, ou encore le revenu d'existence[10] qui sont à ses yeux de toute importance. Il était partisan des 32 heures hebdomadaires [11]. Il défend une approche ouverte de la science économique qui doit selon lui dialoguer avec les autres sciences (sociologie, histoire...) et avec la culture[12].

Le magazine Le Nouvel Économiste lui attribue en 1995 le titre de « meilleur économiste de l'année ».

Bien qu'ayant voté pour le traité de Maastricht, il déclare par la suite « qu’il faut quitter la zone euro »[13]. Par ailleurs, il était ami de Michel Houellebecq[14] y voyant un analyste lucide du libéralisme[15], au point de lui avoir consacré un ouvrage, Houellebecq économiste, paru en 2014.

Banque de France[modifier | modifier le code]

Le 21 décembre 2011, Jean-Pierre Bel, président du Sénat, le nomme membre du conseil général de la Banque de France[16],[17],[18].

Citation[modifier | modifier le code]

Concernant la zone euro, Bernard Maris s'exprime ainsi dans Charlie Hebdo n°965, le 15 décembre 2010 :

« Moi-même, je pense qu'il y aura une nouvelle crise financière, que la zone euro éclatera, que l'Europe se balkanisera — elle est déjà balkanisée. Mais un certain nombre d'événements surgis depuis dix ans n'étaient pas prévisibles : la méga-crise financière, qui pouvait vraiment la prévoir ? Les Twin Towers ? »

Publications[modifier | modifier le code]

Économie[modifier | modifier le code]

Essais[modifier | modifier le code]

Romans[modifier | modifier le code]

  • Pertinentes Questions morales et sexuelles dans le Dakota du Nord, Albin Michel, 1995
  • L'Enfant qui voulait être muet, 2003
  • Le Journal, 2005 (ISBN 2-226-15393-4)

Filmographie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Annuaire des diplômés : Édition du cinquantenaire 2007-2009, Association des diplômés de l'Institut d'études politiques de Toulouse,‎ 3e trimestre 2009, 198 p., p. 30
  2. « Bernard Maris. Un humaniste, un penseur critique de l'économie dominante »
  3. Il a reçu à ce titre 110 000 euros de dividendes pour l'exercice 2006. Voir sur lemonde.fr.
  4. Jean-Laurent Turbet, "Des francs-maçons parmi les victimes de la tuerie de Charlie Hebdo".
  5. http://lexpansion.lexpress.fr/actualites/1/actualite-economique/deces-de-sylvie-genevoix-journaliste-ecrivain-et-ancien-membre-du-csa_1163972.html
  6. Hommage à « Charlie Hebdo » : focus sur les douze victimes de la tuerie
  7. L'économiste toulousain Bernard Maris parmi les victimes de l'attentat à Charlie-Hebdo
  8. http://www.20minutes.fr/toulouse/1517991-20150115-attaques-charlie-hebdo-obseques-bernard-maris-lieu-jeudi-montgiscard
  9. http://www.ladepeche.fr/article/2015/01/16/2030043-l-emotion-aux-obseques-de-bernard-maris-a-roqueville.html
  10. http://www.marianne.net/Un-revenu-minimum-d-existence-sinon-rien_a175738.html
  11. La RTT, c’est possible tout de suite ! http://www.politis.fr/La-RTT-c-est-possible-tout-de,26382.html
  12. « Bernard Maris.Un humaniste, un penseur critique de l’économie dominante », sur Mondes sociaux,‎ 14/01/2015 (consulté le 14/01/2015)
  13. Bernard Maris, un économiste courageux, est mort, bvoltaire.fr, 9 janvier 2015
  14. Le Monde.fr, 8 janvier 2015.
  15. BFMTV.com, Charlie Hebdo : Houellebecq suspend la promotion de son livre "Soumission", 9 janvier 2015.
  16. Voir sur publicsenat.fr.
  17. Voir sur lemonde.fr
  18. Bernard Maris : de Charlie Hebdo à la Banque de France

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]