Film Socialisme

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Film Socialisme

Réalisation Jean-Luc Godard
Scénario Jean-Luc Godard
Acteurs principaux

voir section dédiée

Sociétés de production Wild Bunch
Pays d’origine Drapeau de la France France-Drapeau de la Suisse Suisse
Genre Documentaire politique expérimental
Durée 101 minutes

Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution

Film Socialisme est un film franco-suisse réalisé par Jean-Luc Godard, sélectionné au Festival de Cannes 2010 dans la catégorie Un certain regard.

Synopsis[modifier | modifier le code]

Le film comporte trois parties, « Des choses comme ça », « Quo vadis Europa », et « Nos Humanités ». Dans la première partie, on suit des voyageurs dans une croisière sur la mer Méditerranée passant par l'Égypte, la Palestine, Odessa, la Grèce, Naples et Barcelone.

Dans la seconde partie, on suit la famille Martin et la télévision FR3 Regio qui fait un reportage sur cette famille.

Fiche technique[modifier | modifier le code]

Distribution[modifier | modifier le code]

Genèse du film[modifier | modifier le code]

Titre[modifier | modifier le code]

Initialement, le film s'appelait Socialisme mais le titre n'était pas totalement satisfaisant pour Godard. Dans une brochure de présentation du film, le philosophe Jean-Paul Curnier a mal lu et a cru que le film s'intitulait Film socialisme. Cela a plu à Godard qui a conservé ce titre en considérant que l'ajout du mot « film » permet de « déniaiser » le mot « socialisme »[1].

Construction du film[modifier | modifier le code]

Godard explique qu'initialement, il a eu l'idée de filmer une famille (la famille Martin) dans un garage. Mais cette idée lui a paru insuffisante pour faire un long métrage. Dans l'entretien aux Inrockuptibles, il explique : « Mais ça ne tenait pas sur un long métrage, parce que sinon les gens seraient devenus des personnages et ce qu’il s’y passe serait devenu un récit. L’histoire d’une mère et de ses enfants, un film comme on peut en faire en France, avec des dialogues, des états d’âme[1]. » Il conçoit plus les membres de la famille Martin comme des « statues ». Godard a ensuite fait la connexion entre cette idée de statue et l'antiquité et donc la Méditerranée. L'idée de suivre une croisière sur la Méditerranée vient aussi du livre de Léon Daudet Le Voyage de Shakespeare (1896). Ensuite les différents éléments sont collés ensemble[1].

Tournage[modifier | modifier le code]

Le film se déroule en partie sur le navire Costa Concordia, un bateau qui a fait naufrage le 13 janvier 2012[2].

Analyse[modifier | modifier le code]

Pour Dominique Païni, qui a travaillé avec Godard sur l'exposition Voyage en Utopie : « La manière de Godard de filmer le bateau ressemble à une sorte de Disneyland, de lieu de loisir, de lieu consommation, c'est une vision par Godard du monde d'aujourd'hui où au fond le socialisme serait réalisé, mais c'est un socialisme de la consommation et du loisir abrutissant. Cela n'est pas sans rapport avec les loisirs de masse, le comportement des gens dans les parcs d'attraction, une perversion du concept d'exposition[3]. »

Autour du film[modifier | modifier le code]

Bande-annonces[modifier | modifier le code]

Six bande-annonces différentes ont été diffusées sur YouTube par Jean-Luc Godard[4]:

  • Une bande-annonce classique de 4 minutes 25 secondes
  • Cinq bande-annonces font défiler le film intégral en accéléré :
    • en 4 minutes, 6 secondes ;
    • en 2 minutes, 10 secondes, 4 images ;
    • en 1 minute, 48 secondes, 22 images ;
    • en 1 minute, 11 secondes ;
    • en 1 minute, 7 secondes, 7 images.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Arnaud Hée, « Film Socialisme », Critikat,‎ 18 mai 2010 (lire en ligne)
  • Samuel Lelievre, « Film Socialisme et l’Afrique. Sur une petite leçon godardienne », Africultures,‎ décembre 2010 (lire en ligne)
  • Isabelle Regnier, « Jean-Luc Godard joue le virtuel avant le réel », Le Monde,‎ 6 mai 2010
  • (en) Samuel Bréan, « godard english cannes: The Reception of Film Socialisme‘s “Navajo English” Subtitles », Senses of cinema, no 60,‎ octobre 2011 (lire en ligne)
  • Jean Narboni, « Film Socialisme de Jean-Luc Godard », Trafic, no 80,‎ décembre 2011 (ISSN 978-2-8180-1460-8)
  • Arthur Mas et Martial Pisani, « Film Socialisme de Jean-Luc Godard », Independencia,‎ 1er juin 2010 (lire en ligne)
  • (en) Adam Cook, « Beauty in the Defects: An Interview with Fabrice Aragno », Notebook,‎ 23 octobre 2012 (lire en ligne)
  • (en) Roland-Francois Lack, « A Photograph and a Camera : two objects in Film Socialisme », Vertigo, no 30,‎ printemps 2012 (lire en ligne)

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c Jean-Marc Lalanne, « « Le droit d'auteur ? Un auteur n'a que des devoirs » Jean-Luc Godard », Les Inrockuptibles,‎ 18 mai 2010 (lire en ligne)
  2. (en) Xan Brooks, « Costa Concordia provided setting for a 2010 Jean-Luc Godard film », The Guardian,‎ 15 janvier 2012 (lire en ligne)
  3. « De Voyage en Utopie à Film socialisme, entretien avec Dominique Païni »,‎ octobre 2010.
  4. "Socialisme" de Jean-Luc Godard, comme si vous l'aviez déjà vu sur le site de France 24, consulté le 3 mai 2010

Voir aussi[modifier | modifier le code]