Claude Dupin

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Claude Dupin est un financier français né à Châteauroux le 8 mai 1686 et mort à Paris le 25 février 1769[1].

Biographie[modifier | modifier le code]

Originaire d'une ancienne famille bourgeoise du Berry, Claude Dupin est le fils d'un receveur des tailles de la ville de Châteauroux, paroisse Saint-André. Il fait ses études au collège de Blois et devient lieutenant d'infanterie au régiment de Noailles. En 1714, il reprend la charge de son père. D'un premier mariage avec la fille d'un notable de Châteauroux, Marie-Jeanne Bouilhat de Laleuf, naît un fils : Louis Claude (Châteauroux, 6 novembre 1715 - Paris, 6 juin 1786) dit « Dupin de Francueil », grand-père de George Sand.

En 1721, il rencontre le richissime financier Samuel Bernard qui le fait nommer receveur général des finances de Metz et d'Alsace. Il épouse en secondes noces la fille illégitime de son protecteur, Louise de Fontaine, le 1er décembre 1722 à Paris en l'église Saint-Roch. Elle lui donne un second fils, Jacques-Armand dit « Dupin de Chenonceaux », né à Paris le 3 mars 1727 en la paroisse Saint-Roch.

Le 1er octobre 1726, sur une nouvelle intervention de Samuel Bernard et grâce à un prêt de celui-ci, il obtient l'une des quarante places extrêmement lucratives de fermier général. Nommé à un âge sensiblement inférieur à la moyenne, il fait une carrière de trente-six ans au sein de la Ferme générale. Il est envoyé en tournée dans le Royaume pendant quatorze ans et est membre pendant près de douze ans du Comité des caisses, instance dirigeante de la Ferme. Il se consacre particulièrement à la Régie du tabac et à la Régie des grandes gabelles, ce qui lui vaudra d'être sollicité par Diderot et d'Alembert pour écrire l'article « salines » de l'Encyclopédie.

Le 24 décembre 1728, il achète une charge de Secrétaire du Roi qui lui permet d'acquérir la noblesse au premier degré, ainsi que ses deux fils.

L'un des hommes les plus fastueux de son temps, Claude Dupin a bâti une fortune imposante et acquis des propriétés prestigieuses :

Jean-Jacques Rousseau fut le secrétaire particulier de l'épouse du financier de 1745 à 1751. C'est chez Claude Dupin qu'il composa le Discours sur les sciences et les arts. Il resta toujours en relation avec les époux Dupin qu'il évoque dans Les Confessions.

Claude Dupin est l'auteur d'un traité d'économie politique intitulé Économiques, publié en 1745. Il y préconise notamment la liberté de circulation intérieure des grains en contrepartie d'une réglementation des importations et exportations en fonction de l'abondance des récoltes.

À la suite de la publication de De l'esprit des lois de Montesquieu en 1748, Dupin, ulcéré par les critiques de l'auteur contre la ferme générale, publia une virulente critique intitulée : Réflexions sur l'Esprit des lois. Se reprochant la violence du ton, il en fit détruire la plupart des exemplaires et publia ensuite des Observations sur l'Esprit des lois, plus modérées.

Œuvres[modifier | modifier le code]

  • Économiques, 1745, 3 vol. in-4°
  • Mémoires sur les blés, 1748
  • Réflexions sur l'Esprit des lois, 1749, 2 vol. in-8°
  • Observations sur l'Esprit des Lois, 1757-1758, 3 vol. in-8°

Lien externe[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Archives de Paris : Paroisse de Saint-Eustache. État civil - Acte de décès reconstitué. Cote du document : V3E/D508. Archives de Paris 18 boulevard Sérurier 75019 Paris
  2. Plusieurs ouvrages mentionnent la vente de l'Hôtel Lambert pour régler une dette d'honneur de son fils cadet, Jacques-Armand Dupin de Chenonceaux. Mais l'Hôtel Lambert est vendu le 31 mars 1739 (Minutier central des notaires de Paris, LXXXVIII-856) et cette année là, Jacques-Armand a… douze ans. Ce qui est bien jeune pour jouer et perdre au jeu, dont le montant de la dette est estimé à 700 000 livres.