La Cheminée des temps

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La Cheminée du temps
Épisode de Doctor Who
Titre original The Girl in the Fireplace
Numéro d'épisode Saison 2 (2de série)
Épisode 4
Réalisation Euros Lyn
Scénario Steven Moffat
Production Phil Collinson
Durée 45 minutes
Diffusion Drapeau : Royaume-Uni Royaume-Uni :
6 mai 2006 sur BBC1
Drapeau de la France France :
11 janvier 2007 sur France 4
Personnages Docteur :
10e (David Tennant)
Compagnons :
Rose Tyler
Mickey Smith
Epoque XVIIIe siècle
Chronologie
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Liste des épisodes

La Cheminée du temps est le 4e épisode de la deuxième saison de la deuxième série de la série télévisée de science-fiction britannique Doctor Who. Il a été diffusé pour la première fois le 6 mai 2006[1] sur BBC One et est le seul épisode de la saison 2 écrit par Steven Moffat. L'actrice Sophia Myles y joue le rôle d'une favorite française célèbre, Madame de Pompadour.

L'épisode a généralement reçu des critiques positives ; il a été proposé pour le prix Nebula dans la catégorie scripts[2] et a obtenu en 2007 le prix Hugo dans la catégorie Best Dramatic Presentation, Short Form.

Synopsis[modifier | modifier le code]

La cour du château de Versailles est assiégée par d'étranges automates. Le seul espoir de Madame de Pompadour repose sur l'homme qui a hanté ses rêves depuis son enfance et qu'elle ne connaît que sous le nom du Docteur. Une horloge brisée pourrait-elle vaincre le Seigneur du Temps ?

Distribution[modifier | modifier le code]

Résumé[modifier | modifier le code]

Le TARDIS se matérialise dans un vaisseau spatial qui semble dériver dans l'espace sans équipage à son bord. Le Docteur, Rose et Mickey explorent le vaisseau, et trouvent une cheminée qui sert de passage vers la France du XVIIIe siècle. Le Docteur se retrouve dans la chambre d'une petite fille et lui demande qui elle est. Elle dit s'appeler Reinette et être à Paris en 1727. Le Docteur déduit que la cheminée est en réalité une fenêtre temporelle qui permet de se retrouver directement dans un autre lieu de l'espace et du temps. Le temps ne s'écoule pas de la même façon des deux côtés de la fenêtre et une minute à peine passée dans le vaisseau équivaut à plusieurs mois en 1727. Se retrouvant de nouveau dans la chambre de Reinette, le Docteur découvre une sorte d'androïde mécanique déguisé derrière un masque. Celui-ci vient du vaisseau spatial, et semble attendre que Reinette soit « complète ».

Le Docteur se retrouve une nouvelle fois face à Reinette, qui est devenue une jeune femme. Elle flirte avec le Docteur et l'embrasse. Il apprend alors qu'il s'agit de Reinette Poisson, plus connue sous le nom de Madame de Pompadour, l'une des maîtresses les plus influentes de Louis XV. De retour dans le vaisseau, le Docteur découvre plusieurs fenêtres temporelles, toutes connectées à différents moments de la vie de Madame de Pompadour. Après que Rose et Mickey ont découvert que les membres de l'équipage du vaisseau ont été utilisés afin de réparer les avaries, le Docteur s'aperçoit que les androïdes font partie de l'équipe de réparation et attendent que le cerveau de Reinette ait atteint l'âge de 37 ans afin de pouvoir l'extraire. Le Docteur tente un échange télépathique entre lui-même et Reinette, mais celle-ci a un accès ouvert à l'esprit du Docteur et voit une partie de son enfance. Elle tombe amoureuse de lui, et tous deux passent une soirée ensemble.

De retour dans le vaisseau, le Docteur, se faisant passer pour ivre, libère ses compagnons prisonniers des androïdes réparateurs et découvre un miroir à travers lequel il voit Reinette et la cour du roi de France menacés par les androïdes. Le Docteur ayant interféré avec l'histoire de Reinette, il ne peut utiliser le TARDIS et lorsqu'il traverse le miroir à dos de cheval pour lui venir en aide, il reste bloqué dans le temps : la fenêtre temporelle ayant été détruite, les androïdes n'ont plus de but et se désactivent. Toutefois, le Docteur retrouve la cheminée par laquelle il était passé à l'origine et trouve un passage temporel qui pourrait fonctionner faiblement. Il demande à Reinette de choisir une étoile dans le ciel, mais après avoir effectué un bref aller-retour sur le vaisseau, il s'aperçoit que six années ont passé dans la vie de Reinette et que celle-ci est morte. Le Docteur repart dans le vaisseau puis rejoint Rose et Mickey dans le TARDIS. Celui-ci part du vaisseau qui révèle au téléspectateur son nom, le SS Madame de Pompadour.

Continuité[modifier | modifier le code]

  • Reinette réutilise la fameuse phrase fétiche : « Doctor. Doctor Who ? ».
  • Le Docteur y explique sa passion pour le daiquiri-banane et pour les bananes, passion qu'il avait déjà évoquée dans « Le Docteur danse ». Depuis la saison 1 (de la seconde série), ce fruit — symbole phallique par excellence[3] — n'est cité ou n'est présent qu'en lien avec la danse et la symbolique sexuelle qu'il représente.
  • Le Docteur réplique à un cheval « arrête de me suivre, je ne suis pas ta mère » en référence à l'épisode « Le Docteur danse ».
  • On retrouve l'allusion sexuelle de la danse quand Madame de Pompadour lui dit « Dansez avec moi » et dans le dialogue qui s'ensuit, comme c'était déjà le cas dans « Le Docteur danse ».
  • Le Docteur rencontre le SS Marie-Antoinette, le sister-ship du Madame de Pompadour, dans l'épisode « Deep Breath ».

Références culturelles[modifier | modifier le code]

  • Les androïdes sont inspirés du Turc mécanique, cet automate du XVIIIe siècle que l'on disait « capable de jouer aux échecs ».
  • Mickey porte sur son t-shirt un dessin représentant une manette de NES.

Production[modifier | modifier le code]

L'actrice Sophia Myles tient le rôle de Madame de Pompadour.

Écriture[modifier | modifier le code]

L'idée de base de l'épisode est venue lorsque le producteur Russell T Davies, devant produire la mini-série Casanova (dans laquelle jouait David Tennant), s'est documenté sur Madame de Pompadour et s'est demandé ce que rendrait une histoire basée autour d'elle et du Turc mécanique[4]. Engagé pour écrire cet épisode, Steven Moffat[4] tente alors de lui donner une teinte plus sentimentale et insère l'idée des rencontres séparées dans le temps en s'inspirant du livre The Time-Traveler's Wife d'Audrey Niffenegger[5]. L'épisode se voit offrir des titres de travail comme “Madame de Pompadour”, “Every Tick Of My Heart” ("chaque battement de mon coeur"), “Reinette And The Lonely Angel” ("Reinette et l'ange solitaire") et “Loose Connection” ("une connection défaillante") avant de trouver son titre final de "The Girl in the Fireplace" ("la fille dans la cheminée")[4]. Dans le scénario original, on apprenait que les androïdes étaient attirés par la connexion mentale entre Reinette et le Docteur et Rose donnait une gemme à Reinette pour qu'elle oublie le Docteur, mais ces passages furent supprimée car jugés trop bancals.

L'épisode ne contient, contrairement aux autres épisodes de la saison, aucune mention à Torchwood, la raison invoquée par Steven Moffat étant que Davies ne lui a pas demandé de le faire[6]. Ceci explique aussi le peu de présence de Rose et Mickey dans l'histoire[6]. Dans une interview pour le journal The Independent Davies se dit d'ailleurs relativement mécontent car cet épisode brise la trame narrative qu'il tentait de mettre en place dans la saison, le Docteur tombant amoureux trop rapidement et Rose n'éprouvant aucune forme de jalousie[7].

L'épisode devait être en seconde place dans l'ordre de la saison, mais l'estimant trop « expérimental » Davies décida de changer sa place dans la saison[4]. À l'origine, les androïdes devaient porter des perruques mais le producteur Phil Collinson estima que cela devait limiter l'angle des caméras, leur donnerait un côté comique involontaire et moins crédible, et préféra leur donner des masques de carnaval[4].

Casting[modifier | modifier le code]

  • L'actrice Sophia Myles ne passa pas d'audition pour le rôle, celui-ci lui a été offert par l'équipe de production[8]. Après le tournage de cet épisode, elle fut la compagne de David Tennant durant près de deux ans.

Tournage[modifier | modifier le code]

Cet épisode fut tourné lors du second bloc de tournage de la deuxième saison, en même temps que « Un loup-garou royal ». Le réalisateur engagé pour ces épisodes fut Euros Lyn, qui avait déjà filmé les épisodes « La Fin du monde » et « Des morts inassouvis » lors de la saison précédente[4].

Le tournage de l'épisode débuta en octobre 2005 à Cardiff et sa région dans plusieurs lieux de tournage[9] :

  • Les studios HTV, pour la scène où le corps de Reinette part de Versailles (filmée le 6 octobre 2005).
  • À l'extérieur de Tredegar House, un studio de Newport, pour la scène de funérailles et à l'intérieur pour celles dans le salon de Madame de Pompadour (filmées le 12 octobre 2005).
  • Les scènes dans le vaisseau ainsi que dans la chambre de Reinette furent tournées au studio Unit Q2 à Cardiff, le studio principal servant aux épisodes de la série (filmées les 13, 14, 17, 18 , 19, et 25 octobre 2005). Les décors avaient été construits l'un à côté de l'autre afin de faciliter la transition du Docteur de l'un à l'autre.
  • Dyffryn Gardens à St Nicholas dans le Vale of Glamorgan pour les scènes à l'extérieur de Versailles (filmées le 20 octobre 2005) et pour les scènes à l'intérieur de Versailles (filmées le 24 octobre 2005).
  • Ragley Hall in Alcester dans le Warwickshire pour la scène se déroulant dans la salle de bal (filmée les 21 et 22 octobre 2005). Il ne fut pas autorisé à amener un cheval dans la salle de bal, et avant que le réalisateur Euros Lyn ne trouve une solution, des alternatives scénaristiques avaient été proposées par Moffat, où le Docteur brisait lui-même la glace[10].
  • Le David Broome Event Centre, à Chepstow, dans le Monmouthshire, où la scène en question a été tournée séparément du reste (filmée le 26 octobre 2005)[6],[8].

Post-production[modifier | modifier le code]

Plusieurs scènes ont été retirées lors du montage final. Le personnage du propriétaire du cheval a également été supprimé ; il devait menacer son animal qui s'était enfui. La scène où Rose et Reinette discutent était bien plus longue et a été réduite à quelques lignes.

TARDISode[modifier | modifier le code]

Durant la saison 2, les épisodes de Doctor Who étaient accompagnés de « TARDISodes », mini-épisodes d'environ 60 secondes disponibles sur le net ou via téléphone portable. N'ayant pas rencontré le succès escompté, ils ont été arrêtés à la fin de la saison 2. Ils furent scénarisés par Gareth Roberts. Le TARDISode de cet épisode montre le vaisseau en train d'être pris dans une tempête ionique et deux pilotes se retrouvant à terre, blessés. Une des deux pilotes, encore consciente, voit quelque chose dont le bruit fait « tic tac » s'approcher d'elle et se met à hurler en disant « mais que faites-vous ? ». Il fut filmé le 31 janvier 2006 dans les studios Enfys de Cardiff[4].

Diffusion et réception[modifier | modifier le code]

Lors de sa première diffusion le 6 mai 2006 sur BBC1[11], l'épisode a rassemblé 7,9 millions de téléspectateurs ce qui en fit le treizième programme le plus regardé d'Angleterre cette semaine-là, et reçut un index d'appréciation de 84[4].

L'épisode a été proposé pour le prix Nebula dans la catégorie scripts[12] et a obtenu en 2007 le prix Hugo dans la catégorie Best Dramatic Presentation, Short Form[13].

Critiques[modifier | modifier le code]

Le critique du site IGN, Ahsan Haque, apprécie le jeu d'acteur de David Tennant et de Sophia Myles, et trouve que l'histoire est très touchante. Il écrit toutefois que si l'épisode s'était un peu mieux concentré sur des détails temporels, comme le fait que le TARDIS ne puisse permettre au Docteur de voir Madame de Pompadour avant sa mort, l'épisode aurait pu faire partie des meilleurs moments de la série[14]. Le journal anglais Metro estime que les androïdes mécaniques sont un des « plus inoubliables méchants » de la série tandis que Daniel Martin du journal The Guardian estime que cet épisode est l'un des plus appréciés de l'« ère Davies » de la série[15],[16].

Ross Ruediger de Slant Magazine écrit que cet épisode est le « triomphe suprême » de la deuxième saison de Doctor Who. Il trouve que cet épisode est typique du « nouveau millénaire » et pense qu'il n'aurait jamais pu exister dans la première série de Doctor Who. Il trouve l'épisode fortement provocateur et que ce genre d'épisode tient sur le fait qu'il est unique dans la série car d'autres épisodes de cet acabit « seraient accusés de provoquer trop de dommages au cerveau du spectateur moyen »[17]. Matt Wales d'IGN, plaça cet épisode comme le « troisième meilleur épisode » de l'« époque David Tennant » estimant qu'il s'agit d'une des aventures les plus touchantes de Doctor Who[18].

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. "Doctor Who" The Girl in the Fireplace (2006) sur le site de l'Internet Movie Database.
  2. (en) 2006 Final Nebula Ballot, Science Fiction and Fantasy Writers in America (SFWA).
  3. LASSOUDIERE André, L'histoire du bananier, éd. Quae, Versailles, 2010, pp. 27-28 ; La banane, un fruit fascinant, sur http://www.alimentarium.ch/fr/expositions-temporaires/precedentes/sacree-banane/un-fruit-fascinant.html
  4. a, b, c, d, e, f, g et h « A Brief History of Time (Travel): The Girl in the Fireplace », www.shannonsullivan.com (consulté le 19 mai 2013)
  5. Garth Johnston, « Steven Moffat, Executive Producer of Doctor Who », Gothamist,‎ 21 avril 2011 (consulté le 16 octobre 2011)
  6. a, b et c Clarke, Noel; Moffat, Steven. The Girl In the Fireplace Audio Commentary (MP3).
  7. Clar Byrne, « Russell T Davies: The saviour of Saturday night drama », The Independent,‎ 10 avril 2006 (lire en ligne)
  8. a et b Épisode Script to Screen, quatrième épisode de la deuxième saison de la série Doctor Who Confidential. Diffusé pour la première fois le 6 mai 2006 sur le réseau BBC Three. Autres crédits : Narrator: Mark Gatiss.
  9. (en) « The Girl in the Fireplace - Story Locations », Doctor Who The Location Guide (consulté le 19 janvier 2014)
  10. « The Girl In The Fireplace locations guide », BBC, Wales, UK,‎ 5 juin 2010 (consulté le 8 mai 2006)
  11. « The Girl in the Fireplace Broadcasts », BBC (consulté le 19 mai 2013)
  12. « 2006 Final Nebula Award Ballot », Science Fiction and Fantasy Writers of America (consulté le 12 avril 2007)
  13. « 2007 Hugo Awards », World Science Fiction Society,‎ 1 septembre 2007 (consulté le 1 septembre 2007)
  14. 23 octobre 2006, « Doctor Who: "The Girl in the Fireplace" Review », IGN (consulté le 19 mai 2013)
  15. « Doctor Who’s Matt Smith: Steven Moffat has ‘written his best script yet’ », Metro,‎ 27 septembre 2010 (consulté le 19 mai 2013)
  16. Martin, Daniel, « Doctor Who: Matt Smith makes debut », The Guardian,‎ 18 mars 2010 (consulté le 19 mai 2013)
  17. Ruediger, Ross, « Doctor Who, Season Two, Ep. 4: "The Girl in the Fireplace" », Slant Magazine,‎ 20 octobre 2006 (consulté le 19 mai 2013)
  18. Wales, Matt, « Top 10 Tennant Doctor Who Stories », IGN,‎ 25 janvier 2010 (consulté le 19 mai 2013)