Parc-aux-cerfs

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Une « résidente » du Parc-aux-cerfs, Marie-Louise O'Murphy, par François Boucher.

Le Parc-aux-cerfs est le nom donné à un quartier de Versailles à l’époque de Louis XV.

Historique[modifier | modifier le code]

Le nom de ce quartier provient d'un enclos enfermant des cerfs à l'époque de Louis XIII qui chassait à Versailles. Suite au développement du château, la ville dut s'agrandir, le « parc aux cerfs » sera donc loti et urbanisé pour loger de nombreuses personnes travaillant au château et dans les administrations du royaume. Ce quartier s'est ensuite nommé quartier de la cathédrale, et s’appelle aujourd'hui quartier St Louis, du nom de cette cathédrale.

Madame de Pompadour, favorite de Louis XV, après la fin de sa liaison physique avec le roi en 1752, installa, dans une demeure de ce quartier (le terrain étant la propriété d'un de ses proches et le pavillon 4 rue Saint-Médéric propriété de son intendant), des femmes, souvent très jeunes, qui y étaient entretenues pour satisfaire la concupiscence du roi. Elle veillait à ce qu’aucune de ces concubines ne devienne sa rivale en prenant de l’ascendant sur le roi. Plusieurs de ces femmes eurent des enfants de Louis XV ; elles étaient alors parfois mariées à un membre de la Maison du roi qui endossait la paternité de l’enfant. Ce pavillon du Parc-aux-cerfs décrit alors comme « un vaste sérail » fait partie pour l'imagination populaire des folies luxurieuses[1].

Parmi les concubines du Parc-aux-cerfs, figura la « belle O’Murphy », peinte par François Boucher et dont, dans l’Histoire de sa vie, Casanova prétend avoir su jouir assez habilement pour la livrer encore vierge au roi. Il semble aussi que Jeanne Du Barry soit aussi passée par le Parc-aux-cerfs avant de devenir favorite officielle[2].

L’imagination populaire s’étant approprié le lieu (abandonné et revendu en 1771), l’expression « Parc-aux-cerfs » est devenue une périphrase pour parler d’un lupanar. La propagande anti-royaliste ou dévote l’utilisera aussi pour présenter Louis XV comme un tyran débauché. Ainsi, contrairement à la légende, le roi ne se rendit jamais dans cette demeure, les femmes ne faisant qu’y loger, étant ensuite amenées au palais par sieur Lebel, un de ses valets de chambre qui les faisait passer dans une chambre appelée le « trébuchet » où le monarque décidait du sort de la belle[3].

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Joseph Valynseele, Les Enfants naturels de Louis XV : étude critique, biographie, descendance avec de nombreux documents inédits, éditeur : Paris : Centre d’études et de recherches historiques, 1953, 343 p., 25 cm.
  • Jean Hervez, Le parc-aux-cerfs et les petites maisons galantes, Bibliothèque des curieux, 1925
  • Bernard Hours, Louis XV et sa cour de, Presses Universitaires de France, 2002, 304 p.
  • Jacques Dumaine, Louis XV et le Parc-aux-cerfs, La Vie Amoureuse, 1958, 94 p.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Irina Aleksandrovna Rodimt︠s︡eva, Michel Saudan, Sylvia Saudan-Skira, De folie en folies, Bibliothèque des Arts,‎ 1987, p. 100
  2. Camille Pascal, Le goût du roi : Louis XV et Marie-Louise O'Murphy, Librairie Académique Perrin,‎ 2006, 327 p.
  3. Patrick Wald Lasowski, L'Amour au temps des libertins, Editions First-Gründ,‎ 2011, p. 184

Lien externe[modifier | modifier le code]