Simone Valère

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Simone Valère

Naissance 2 août 1921
Paris 10e, France
Nationalité France Française
Décès 11 novembre 2010 (à 89 ans)
Roinville-sous-Dourdan (Essonne), France
Profession Actrice
Films notables La Beauté du diable
Le Franciscain de Bourges

Simone Valère, de son vrai nom Simone Jeannine Gondolf[1], née le 2 août 1921 à Paris 10e et morte le 11 novembre 2010 à Roinville-sous-Dourdan, est une actrice française qui s'est illustrée à la scène comme à l'écran[2]. Elle avait tourné au cinéma notamment dans la Beauté du diable et Le Franciscain de Bourges. Elle était également une célèbre figure du théâtre aux côtés de son compagnon puis époux Jean Desailly, avec qui elle avait participé au renouveau théâtral de l'après-guerre dans le cadre de la compagnie Renaud-Barrault, avant de fonder, toujours avec lui, la compagnie Valère-Desailly.

Biographie[modifier | modifier le code]

Simone Gondolf est née le 2 août 1923 à Paris. Ses parents divorcent et elle passe une grande partie de sa jeunesse chez sa tante, Mme Lafrenne (la sœur de son père), à Arnouville, rue de Bordeaux. Elle fréquente l’école de filles du quartier de la Gare (école Casanova actuellement). À l’âge de 17 ans, elle fait sa première apparition au cinéma. Elle débute au théâtre Hébertot, en 1942, dans une pièce intitulée Melle Bourrat et dont l’histoire se passe dans un village nommé « Valère ». Elle prend ce nom comme pseudonyme. Elle joue ensuite dans Une jeune fille savait, d'André Haguet, sur la scène des Bouffes-Parisiens[3].

Simone Valère rencontre Jean Desailly sur le tournage du film Le Voyageur de la Toussaint (1943), de Louis Daquin, alors qu'il était pensionnaire de la Comédie-Française et marié à Nicole Desailly (pseudonyme de Ginette Nicolas).

En 1946, elle entre avec lui dans la compagnie Renaud-Barrault. Elle y interprète Shakespeare, Kafka, Marivaux, Giraudoux, en passant par Molière, Ionesco et en créant la « Vie Parisienne » d’Offenbach[4].

Carrière au théâtre[modifier | modifier le code]

Elle fit l'essentiel de sa carrière au théâtre, le plus souvent en compagnie de son mari. Les deux comédiens furent, avec Madeleine Renaud et Jean-Louis Barrault, un des couples les plus célèbres du théâtre français. Simone Valère et Jean Desailly jouèrent 450 fois leur pièce fétiche, L'Amour fou ou la première surprise, d'André Roussin, et mirent leur talent au service des plus grands auteurs dramatiques dont Molière (Le Misanthrope, Amphitryon, Les Fourberies de Scapin), Shakespeare (Comme il vous plaira (où elle incarne Rosalind), Hamlet) (où elle joue Ophélie), Tchekhov (La Cerisaie), Beaumarchais (Le Mariage de Figaro), Claudel (Le Soulier de satin)[3].

Après l'éclatement de la Compagnie Renaud-Barrault au lendemain de mai 68, Simone Valère et Jean Desailly décidèrent de voler de leurs propres ailes, créant la compagnie Valère-Desailly. Ils prirent tout d'abord la direction du Théâtre Hébertot(1973-76), où elle joua des pièces de F. S. Fitzgerald, Shaw, Roussin, Claudel, Beckett et aussi des spectacles poétiques : Portrait de Péguy, Portrait de La Fontaine[5].

Ils dirigèrent ensuite le Théâtre Edouard VII, où, deux saisons durant, ils se dépensèrent sans compter pour défendre un répertoire qui leur était cher, de Jean Giraudoux avec Amphitryon 38, à Henrik Ibsen avec Un Ennemi du peuple.

En 1978, elle joua au Théâtre Marigny Le Cauchemar de Bella Manningham de Frédéric Dard, dans une mise en scène de Robert Hossein[5].

En 1980, ils s'installèrent au Théâtre de la Madeleine. Ils y jouèrent ensemble notamment dans Arsenic et vieilles dentelles, de Kesselring, Port-Royal, de Montherlant, La Cerisaie, de Tchekhov et un Le Long Voyage vers la nuit, de Eugene O'Neill[3]. C'est là qu'ils fêtèrent, en 2001, leurs soixante ans de scène en interprétant un couple vieillissant dans La Maison du lac, d'Ernest Thompson[6]. Ils en conservèrent le bail jusqu'en 2002.

Carrière au cinéma[modifier | modifier le code]

La beauté discrète et le charme très parisien de Simone Valère, la finesse de son humour et la justesse de son jeu n'ont pas échappé aux metteurs en scène de cinéma. Elle fit sa première apparition sur les écrans dès l'âge de dix-sept ans, dans quatre films sortis en 1941 : Annette et la dame blonde, de Jean Dréville, Mam'zelle Bonaparte, de Maurice Tourneur, Le Dernier des six, de Georges Lacombe, et Premier rendez-vous, d'Henri Decoin[7].

Elle tint des rôles de jeune première dans Le Voyageur de la Toussaint (1942), de Louis Daquin, Manon (1948), d'Henri-Georges Clouzot, La Beauté du diable (1950), de René Clair, puis poursuivit sa carrière cinématographique avec des rôles de second plan dans Les Grandes Manœuvres (1955), de René Clair, Germinal, (1962), d'Yves Allégret, Un flic (1971), de Jean-Pierre Melville, L'Assassinat de Trotsky (1972), de Joseph Losey[7],[3].

Elle tourna avec son compagnon dans plusieurs films : Le Voyageur de la Toussaint, de Louis Daquin (1943), La revanche de Roger la honte, d'André Cayatte (1946), Jocelyn, de Jacques de Casembroot (1952) (adaptation à l'écran du drame romantique de Lamartine), Les Grandes Manœuvres, de René Clair (1955) (où ils n'ont toutefois aucune scène commune), Le Chevalier d'Éon, de Jacqueline Andry (1959) (sous les traits de Louis XV et La Pompadour), L'Année du Bac, de Maurice Delbez et José-André Lacour (1964) (où ils forment un couple de parents), Le Franciscain de Bourges, de Claude Autant-Lara (1967), L'Assassinat de Trotsky, de Joseph Losey (1972) (où ils sont mari et femme)[8].

Elle fit sa dernière apparition à l'écran en 1988, dans Équipe de nuit, de Claude d'Anna[7].

Carrière à la télévision[modifier | modifier le code]

Simone Valère est apparue sur le petit écran dans les téléfilms dramatiques La répétition ou l'amour puni (1958), de Jean-Paul Carrère, et Maigret et la dame d'Étretat (1979), de Stéphane Bertin[7].

Dernières années[modifier | modifier le code]

Elle choisit de ne pas avoir d’enfants, en raison de la vie itinérante que le couple menait. Jean Desailly avait toutefois deux filles de son premier mariage. Il devait décéder le 11 juin 2008[8]. Elle-même est décédée le matin du 11 novembre 2010 « de cause naturelle » à Roinville-sous-Dourdan, dans l'Essonne, dans la maison de retraite « Les Jardins de Roinville »[9]. Elle était inséparable de son compagnon puis mari, épousé seulement en 1998 (après 48 ans de vie commune). Elle repose auprès de lui à Vert-le-Petit dans l'Essonne.

Filmographie[modifier | modifier le code]

Cinéma[modifier | modifier le code]

Télévision[modifier | modifier le code]

Théâtre[modifier | modifier le code]

Compagnie Renaud-Barrault 1946-1968[modifier | modifier le code]

Théâtre Hébertot 1972-1975[modifier | modifier le code]

Théâtre Édouard VII 1976-1977[modifier | modifier le code]

Théâtre Marigny 1978[modifier | modifier le code]

Théâtre de la Madeleine 1980-2002[modifier | modifier le code]

Prix[modifier | modifier le code]

Lors de la 16e « Nuit des Molières », qui se tint le 1er avril 2002 au Théâtre Mogador, Jean Piat remit au couple Simone Valère-Jean Desailly un Molière d'honneur pour l'ensemble de leur carrière.

Anecdote[modifier | modifier le code]

Simone Valère faillit être la femme de Louis de Funès au cinéma. Elle fut remplacée par Claude Gensac.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Extrait de naissance n° SB/4355/1921
  2. Mort de l'actrice Simone Valère, sur le site TF1NEWS, 11 novembre 2010.
  3. a, b, c et d Simone Valère, moitié d'un couple mythique du théâtre français, sur le site TV5MONDE, 11 novembre 2010.
  4. [1], sur le site arnouvilleetsonpassé.fr.
  5. a et b Biographie de Simone Valère
  6. Théâtre : disparition à 89 ans de Simone Valère, sur le site leParisien.fr, 11 novembre.
  7. a, b, c et d Ciné-Ressources – Fiches personnalités, Simone Valère, interprète.
  8. a et b Biographie de Simone Valère et Jean Desailly.
  9. Simone valère est décédée, sur le site nouvelObs.com, 11 novembre 2010.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Un destin pour deux, autobiographie de Simone Valère et Jean Desailly, avec la collaboration de Jean-Marc Loubier, Ramsay, 1996 (ISBN 9782841141128) (ouvrage ayant reçu le Prix Saint-Simon en 1997).

Liens externes[modifier | modifier le code]