Lothey

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Lothey
Image illustrative de l'article Lothey
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Bretagne
Département Finistère
Arrondissement Châteaulin
Canton Pleyben
Maire
Mandat
Catherine Leporcq
2014-2020
Code postal 29190
Code commune 29142
Démographie
Gentilé Lotheyens
Population
municipale
436 hab. (2011)
Densité 32 hab./km2
Population
aire urbaine
6 685 hab.
Géographie
Coordonnées 48° 10′ N 4° 01′ O / 48.17, -4.0248° 10′ Nord 4° 01′ Ouest / 48.17, -4.02  
Superficie 13,48 km2
Localisation

Géolocalisation sur la carte : Finistère

Voir sur la carte administrative du Finistère
City locator 14.svg
Lothey

Géolocalisation sur la carte : Finistère

Voir sur la carte topographique du Finistère
City locator 14.svg
Lothey

Géolocalisation sur la carte : France

Voir la carte administrative de France
City locator 14.svg
Lothey

Géolocalisation sur la carte : France

Voir la carte topographique de France
City locator 14.svg
Lothey

Lothey [lɔtɛj] est une commune du département du Finistère, dans la région Bretagne, en France.

Géographie[modifier | modifier le code]

Description[modifier | modifier le code]

Lothey est situé à l'est de Châteaulin et au sud de l'Aulne canalisée (canal de Nantes à Brest) qui forme plusieurs méandres très accentués dans la partie nord du finage communal. Son territoire est limité à l'ouest et au nord par l'Aulne, à l'est par le ruisseau des Trois Fontaines[1], petit affluent de rive gauche de l'Aulne ; seule sa limite sud et sud-ouest ne s'appuie sur aucun cours d'eau.

Situé à l'extrémité occidentale des Montagnes Noires, le territoire communal est très vallonné, allant de 166 mètres à Menez Krullu, où se trouve le château d'eau, à 13 mètres dans la partie aval de la vallée de l'Aulne près de la ferme du Quinquis (qui fait partie de la commune de Pleyben).

Localisation[modifier | modifier le code]

Communes limitrophes de Lothey
Pleyben, L'Aulne Pleyben, L'Aulne Pleyben, L'Aulne
Saint-Coulitz Lothey Gouézec
Cast Briec Gouézec

Transports[modifier | modifier le code]

L'Aulne, l'écluse et la maison éclusière de Penarpont (Pen ar Pont) sur le canal de Nantes à Brest.

La commune est restée longtemps très isolée, l'Aulne et ses méandres étant un obstacle aux communications qui n'était franchi par aucun pont à hauteur de la commune de Lothey. Pour aller vers le nord, il fallait donc faire le détour par Châteaulin à l'ouest en empruntant l'ancienne RN 165 ou par Pont-Coblant à l'est en empruntant l'ancienne RN 785, désormais CD 785. Cet enclavement était encore plus important lorsque le centre paroissial était au Vieux-Bourg de Lothey, situé au niveau du pédoncule d'un méandre très resserré, accentué et encaissé de l'Aulne, le nouveau bourg de Lothey, situé plus au sud, échappe quelque peu à cet enclavement et est plus proche du CD 41 allant de Gouézec à Châteaulin. L'Aulne pouvait toutefois être franchie en barque, aux risques et périls des usagers, ce qui explique notamment le drame de Tréziguidy.

Désormais la commune est mieux desservie : la nouvelle RN 165 traverse l'ouest de son finage, et la commune est reliée à cette voie express par l'échangeur de Ty Hémon, situé à la limite sud de la commune, et qui facilite les communications routières en direction de Quimper et Brest.

Le canal de Nantes à Brest, qui emprunte, à la limite nord de la commune, le cours de l'Aulne, possède plusieurs écluses : l'écluse de Coat Pont, l'écluse de Lothey, l'écluse de Tréziguidy, l'écluse du Guilliec, l'écluse de Penarpont (dite aussi écluse de l'Aulne), mais le chemin de halage se trouvant sur la rive droite de l'Aulne, toutes les maisons éclusières se trouvent sur le territoire de la commune voisine de Pleyben.

Toponymie[modifier | modifier le code]

Le lieu est attesté sous les formes : Locus Dei en 1405 (latinisation fantaisiste « lieu de Dieu ») et Loctey en 1426.

Le premier élément Lo- de Lothey représente sans doute l'appellatif Loc-, issu du vieux breton loc « lieu consacré ». L'amuïssement de [c] devant [t] ou [d] se rencontre éventuellement ailleurs en Bretagne, comme par exemple dans Lotivy (Morbihan, Loc Deugui en 1069) et éventuellement devant une autre consonne, comme dans Louannec (Côte-d'Armor, Loguannoc XIIIe siècle)[2]. Le second élément s'explique par l'anthroponyme They, c'est-à-dire saint They, disciple de saint Guénolé de Landévennec. Il fut religieux puis ermite dans les bois voisins de Lothey. Vers Quimperlé, on vénère saint Théa qui est une simple variante graphique, en l'église de Lothéa.

Histoire[modifier | modifier le code]

Les origines[modifier | modifier le code]

La création de la paroisse de Lothey remonte au Moyen Age, époque où Lothey était un ancien bénéfice de l’abbaye de Landévennec qui y possédait un prieuré (l'église Saint-They). Lothey eut, jusqu’en 1846, son chef-lieu au Vieux-Bourg (situé dans un méandre de l’Aulne). Par décret royal du 14 août 1846, le chef-lieu est transféré à Landrémel, village qui possédait une chapelle dédiée à saint Fiacre. Cette chapelle est d'abord agrandie d'un transept, d'un chœur et d'une sacristie, puis reconstruite totalement, avant de devenir l'église paroissiale actuelle de Lothey (l'église Saint-They). La paroisse de Lothey (Lothey-Landremel) dépendait autrefois de l'évêché de Cornouaille.

Cette commune est connue pour des faits liés à la Révolte des Bonnets rouges en 1675.

Le drame de Trésiguidy (27 juillet 1693)[modifier | modifier le code]

Le 27 juillet 1693, se déroule à Lothey, village situé sur l'autre rive de l'Aulne la clôture solennelle d'une mission prêchée par des Jésuites. Une grande procession, ponctuée de représentations de diverses scènes de la vie du Christ qui requièrent un grand nombre d'acteurs, a lieu, accompagnée de nombreux cantiques nécessitant là aussi nombre de choristes. Les paroisses voisines devaient donc, assez souvent, fournir une partie des acteurs, d’autant que les rôles étaient plus particulièrement tenus par les jeunes gens, les jeunes filles et les enfants. On accourait en foule de tous les environs pour voir pareil spectacle et la foule était la plus nombreuse à Lothey pour la procession de clôture de la mission de 1693.

Cette procession s’était déroulée avec le succès habituel. Tous les témoins, charmés, le cœur et les yeux encore remplis de ce qu’ils avaient vu et entendu, reprirent le chemin de leurs foyers. Les paroissiens de Pleyben descendirent vers le passage de Trésiguidy, si proche du vieux bourg de Lothey. Joyeux et confiants, sur les lèvres les cantiques qu’ils avaient chanté lors de l’inoubliable fête, ils embarquèrent sur le bac pour la traversée de la rivière.

Hélas ! Tout à coup, une immense clameur de détresse vint interrompre les chants pieux. Le bac sombrait, entraînant au fond la totalité ou la presque totalité des occupants. Comment s’était produit le naufrage ? Sa charge mal équilibrée avait-elle fait chavirer le bateau ? Ou bien le poids trop lourd des passagers l’avait-il fait couler à pic ? On ne le saura jamais exactement. La tradition recueillie par une « gwerz » rend le passageur responsable de la catastrophe. Ce batelier aurait manqué de prudence en embarquant à la fois trop de passagers. Messire Paul de Kerdec’h du Chastel, seigneur baron de Trésiguidy, dont le château dominait l’Aulne (Maner-Koz) aurait prévu le malheur et aurait crié au passeur :

« Paouez, pitouer den fallaki,
Re adud lakeez em bag »

Ce serait donc le poids trop fort des passagers qui aurait fait couler à pic l’embarcation. Dans le naufrage, 61 personnes de Pleyben périrent. Mais, d’après la complainte, le nombre total des victimes s’élevait à 77.

« Pevar-ugent nemet tri
Oa beuet a bak Treguidi »

Sans doute 16 des malheureux appartenaient à des paroisses voisines. D’autre part, on a tout lieu de croire que trois personnes au moins furent sauvées, ce qui laisse supposer que 80 personnes au moins avaient embarqué dans le bac. L’étendue de la catastrophe surprend. Plusieurs des passagers auraient semble-t-il dû pouvoir gagner les berges de la rivière et se sauver. Il faut croire que, affolés par la soudaineté de l’accident, les voyageurs, dont la plupart n’avaient pas vingt ans, s’accrochèrent les uns aux autres et, se paralysant mutuellement, disparurent enlacés dans le gouffre. Les corps, retirés des flots, furent déposés dans un champ voisin. Rapidement l’effroyable drame se répandit, et de tous les coins de la paroisse, les parents, angoissés, accoururent voir s’ils ne comptaient pas quelqu’un des leurs parmi les morts. « Quelles scènes déchirantes se passèrent alors ! quelle désolation pour certaines familles qui perdaient, en même temps, deux ou trois membres ! La pensée que le Seigneur avait reçu dans le ciel ces âmes, qui venaient de chanter ses louanges, pouvait seule adoucir leur grande douleur »[3].

Pour commémorer la tragique traversée, une croix de bois, peinte en rouge, fut érigée à l’entrée du château de Trésiguidy, sur le bord de la route de Pleyben à Châteaulin (l’ancienne route qui passait à Guénily). La croix n’existe plus, mais l’agglomération de maisons construites dans son voisinage s’appelle encore aujourd’hui Ar Groaz-Ru.

Une complainte, colportée dans les foires et marchés par les chanteurs ambulants, fit connaître l’événement à plusieurs lieues à la ronde. Il y a quelques années, des vieillards se rappelaient encore avoir entendu chanter la « gwerz », mais on n’en trouve plus aucune copie. D’après cette « gwerz », tous les passagers n’auraient pas été noyés : en effet, le chien de Verouri, ferme voisine du lieu tragique, aurait sauvé trois des naufragés. Accouru à la rencontre de son maître, ce chien l’avait vu disparaître dans l’abîme. Immédiatement, il se jeta à l’eau pour le secourir. Deux autres personnes furent d’abord ramenées par lui à la berge. A troisième fois l’animal trouva et sauva celui qu’il cherchait. Mais il fut impossible de lui faire continuer le sauvetage. Tout à la joie d’avoir arraché son maître à la mort et de lui avoir prouvé sa fidélité, il ne voulut plus le quitter.

Les registres paroissiaux ont conservé les noms et âges des victimes enterrées dans le cimetière de Pleyben. Presque toutes étaient des enfants ou des jeunes gens. 61 victimes ont été enterrées dans le cimetière de Pleyben, les 16 autres probablement dans les paroisses voisines dont ils étaient issus[4].

Une stèle commémorant cet événement a été inaugurée au bord de l'Aulne le 26 juillet 2011. Elle se trouve près du lieu présumé du naufrage.

Le XXe siècle[modifier | modifier le code]

La Seconde Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Le maquis de Penarpont (Pen-ar-Pont) - Beuzit- Keralliou[modifier | modifier le code]
La stèle commémorative du maquis de Penarpont

Entre le 12 octobre 1943 et le 25 octobre 1944, un maquis FTP se mit en place entre les écluses du Guillec et de Penarpont (l'écluse de Penarpont se situe sur l'Aulne, à la limite des communes de Pleyben et Lothey), les résistants (parmi eux, Auguste Le Guillou, Jean Charles, Jacques Poquet, Jean Baugion) se cachant dans une grotte, puis dans l'ardoisière de Roz-Divez, située entre les écluses de Penarpont et du Guilliec. Ils furent rejoints par d'autres, en particulier des réfractaires du STO, trois Belges et deux déserteurs russes de la Wehrmacht basée à Brest, Nicolas Filatov et Philippe Petroschitzki. Le 12 mars 1944, alors que les maquisards de Pen-ar-Pont étaient à Quimper pour y attaquer la prison Saint-Charles, des parachutistes allemands encerclaient la carrière du Quinquis et y détruisirent tout. Le maquis se réorganise alors dans un bois situé à la limite de Gouézec et de Lothey, près des fermes de Keralliou et Beuzit en Lothey. Parmi les autres actions de ces maquisards, le déraillement d'un train chargé de granulats (destinés à la construction du Mur de l'Atlantique) à la carrière du Hinguer en Cast, le déraillement d'un train de munitions allemandes sur la voie ferrée de Quimper à Brest à Quimerc'h et l'attaque de la prison Saint-Charles à Quimper[5]. En représailles, le 6 août 1944, 15 personnes sont fusillées dans le bourg de Quimerc'h. Trahis par l'un d'entre eux, des résistants sont arrêtés par la Feldgendarmerie allemande le 26 avril 1944. Sept d'entre eux furent fusillés le 15 mai 1944 sur les dunes de Mousterlin en Fouesnant (un Belge, G de Neve ; les deux déserteurs russes ; L. Gouillou, du Relecq-Kerhuon ; Robert Le Cren, de Kerfeunteun[6] ; Charles Levenez, de Crozon ; Laurent Pennec, de Langolen) et 5 disparurent (un Belge, Théophile Mertens[7] ; F. Le Baut, de Gouezec ; J. Le Du, du Cloître-Pleyben ; Marcel Milin, de Châteaulin[8] ; Yves Sizun, de Landerneau) [9]. Un monument commémoratif, inauguré le 27 mai 2009, se trouve à l'écluse de Penarpont.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires[modifier | modifier le code]

Jumelages[modifier | modifier le code]

Démographie[modifier | modifier le code]

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
604 830 699 711 758 905 900 1 008 1 081
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
1 004 942 979 862 960 1 037 1 015 990 1 013
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
1 006 993 906 803 738 725 717 675 531
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2008 2011
524 467 427 432 505 439 430 428 436
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[10] puis Insee à partir de 2004[11].)
Histogramme de l'évolution démographique

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

Galerie[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Ce ruisseau doit son nom à la chapelle des Trois Fontaines, située en Gouézec, mais proche de la limite communale avec Lothey
  2. Ernest Nègre, Toponymie générale de la France. 2. Formations non-romanes ..., Volume 2, Droz, 1045.
  3. J. Arc'hant, "Le Courrier du Finistère", n° 2731 du 9 avril 1932, 2733 du 23 avril 1932 et 2739 du 10 juin 1932
  4. "Le Courrier du Finistère", n° 2731 du 9 avril 1932, 2733 du 23 avril 1932 et 2739 du 10 juin 1932
  5. http://www.letelegramme.fr/local/finistere-sud/chateaulin-carhaix/chateaulin/resistance-hommage-aux-maquisards-de-penarpont-17-05-2012-1705956.php
  6. Né le 7 février 1925 à Paris, apprenti-boulanger à Kerfeunteun
  7. http://www.letelegramme.fr/local/finistere-sud/chateaulin-carhaix/chateaulin/resistance-des-descendants-canadiens-a-penarpont-12-07-2011-1367889.php
  8. Marcel Milin, né le 26 juin 1921 à Châteaulin, lieutenant FTPF, chef du maquis de Penarpont-Beuzit-Keralliou, incarcéré à Quimper, puis au Château-Rouge à Carhaix, siège de la Gestapo où il fut torturé. Son corps n'a jamais été retrouvé, voir http://www.memorial-genweb.org/~memorial2/html/fr/complementter.php?id=1489831&largeur=1600&hauteur=900
  9. http://www.ouest-france.fr/nous-etions-des-ados-de-la-resistance-1854520
  10. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  11. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2008, 2011