Lannédern

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Lannédern
Le site de Lannédern depuis l'église: à l'arrière-plan les monts d'Arrée et le mont Saint-Michel-de-Brasparts
Le site de Lannédern depuis l'église: à l'arrière-plan les monts d'Arrée et le mont Saint-Michel-de-Brasparts
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Bretagne
Département Finistère
Arrondissement Châteaulin
Canton Pleyben
Intercommunalité Communauté de communes de la Région de Pleyben
Maire
Mandat
Georges Pouliquen
2014-2020
Code postal 29190
Code commune 29115
Démographie
Gentilé Lannédernéens
Population
municipale
316 hab. (2011)
Densité 25 hab./km2
Population
aire urbaine
6 685 hab.
Géographie
Coordonnées 48° 18′ N 3° 54′ O / 48.3, -3.948° 18′ Nord 3° 54′ Ouest / 48.3, -3.9  
Altitude Min. 80 m – Max. 201 m
Superficie 12,43 km2
Localisation

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Lannédern [lanedɛʁn] est une commune du département du Finistère, dans la région Bretagne, en France. Elle est située au sud des Monts d'Arrée, du Yeun Elez et du lac réservoir de Saint-Michel.

Géographie[modifier | modifier le code]

Lannédern est un bourg situé vers 154 mètres d'altitude étiré le long de la route départementale 14 orientée du nord-est au sud-ouest allant du Huelgoat à Pont-Keryau, situé dans la commune de Pleyben. Le bourg s'est développé sur un replat formant un belvédère dominant les paysages vallonnés de la partie orientale de Brasparts et de la partie occidentale de Loqueffret, avec des vallons encaissés (la Douffine et ses affluents) et des éminences verdoyantes comme le Bois de Bodriec et le Roc'h Glaz situés dans la commune de Loqueffret. Au loin, au nord-ouest, le dôme du mont Saint-Michel-de-Brasparts domine l'horizon, par delà le marais du Yeun Elez.

La commune est limitée au nord par un affluent de rive gauche de la Douffine coulant dans une vallée relativement encaissée qui sépare La commune de ses voisines nordiques Brasparts et Loqueffret: c'est là au nord-ouest du territoire communal que se rencontrent les altitudes les plus basses de la commune: 84 mètres près de Kerivarc'h, hameau situé en Brasparts mais limitrophe de Lannédern, 83 mètres dans la vallée du Ster Roudou, à la confluence avec un ruisseau de rive gauche qui sert de limite avec la commune de Pleyben. Les altitudes les plus élevées se rencontrent à proximité du bourg, à son sud-est (200 mètres au sud de Roc'h Ven, 195 mètres à la chapelle de Coat ar Roc'h), ce qui explique que le bourg de Lannédern est exposé sur une pente regardant vers le nord, tournant le dos au sud. Des altitudes assez élevées se rencontrent également à proximité de la limite orientale de la commune (176 mètres à Kerharnel) avec la partie sud de Loqueffret et méridionale (167 mètres à Pennanéac'h) avec la commune voisine de Le Cloître-Pleyben.

La commune est peu boisée, mais présente un paysage de bocage verdoyant. Outre un bourg de taille modeste, la population est répartie en une vingtaine de hameaux, les plus importants étant ceux de Treuscoat, Quivit, Coulin, Mescoz, Guernaléon, Penhuil, Doar Guennou, Pennanéac'h.

Lannédern est proche du Parc naturel régional d'Armorique, mais n'en fait pas partie.

Histoire[modifier | modifier le code]

L'histoire de Lannédern est peu connue. Il n'y a pratiquement aucun vestige des temps préhistoriques et antiques[1] si ce n'est quelques tumuli non datés.

Saint Edern sur son cerf (calvaire de lenclos paroissial)

Le nom de Lannédern provient du breton « lan » (ermitage) et de saint Edern[2], né au Pays de Galles ou en Irlande, qui est l'un des saints venus de ce pays, probablement en 894 près de Douarnenez, à Le Juch, dans un premier temps, puis à Edern, ensuite à Plouedern, avant de s'établir à Lannédern[3] pour évangéliser la Bretagne[4] à la fin du IXe siècle. Lannédern dépendait initialement de la paroisse primitive de Pleyben et son existence est connue depuis 1330 (Lanedern)[5].

L'enclos paroissial témoigne que la paroisse a connu une certaine richesse aux XVIe siècle, due probablement surtout à la famille noble des Lezormel dont le blason est représenté plusieurs fois dans l'église. La commune est connue pour des faits liés à la Révolte des Bonnets rouges en 1675.

Dans la soirée du 27 au 28 juillet 1944, cinq partisans viennent occuper la dernière maison du bourg en montant sur Loqueffret, qui appartenait au boulanger, Pierre Le Boulc'h. Ils y passent la nuit. À l'aube, des soldats allemands parachutistes de la IIème division surviennent[6] probablement par hasard, les résistants fuient, mais l'un d'entre eux, René Caro, originaire de Lannédern, est tué. Les parachutistes allemands prennent alors une partie de la population qui est interrogée toute la journée afin de tenter d'identifier les fuyards et se livrent à un certain nombre d'exactions (une maison brûlée, épicerie pillée, etc); quatre personnes sont prises comme otages pendant quelques jours et détenues à Sizun. Louis Bideau, ancien de l'infanterie coloniale, né en 1890, a risqué sa vie pour récupérer le cadavre de René Caro exposé à la population par les Allemands pour l'impressionner. Louis Bideau a aussi fait traverser son jardin à un aviateur anglais pour le sauver. Cet homme très courageux a obtenu la croix de guerre en 1918 pour acte de bravoure en allant chercher la dépouille d'un officier sous les balles allemandes pendant la première guerre mondiale. Il fut également facteur et sacristain à Lannédern. François Moal, originaire également de Lannédern, né en 1923, fit partie du réseau Pat O'Leary qui hébergeait des aviateurs anglais et américains. Il fut déporté à Hinzert le 3 juillet 1943, mais bien que condamné à mort il fut rapatrié le 26 mars 1945 à Rollwald[7].

Démographie[modifier | modifier le code]

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
527 621 482 606 631 623 577 663 666
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
669 671 616 634 678 720 766 751 758
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
863 831 818 775 766 713 667 612 566
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2011 -
531 477 409 361 309 272 295 316 -
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[8] puis Insee à partir de 2004[9].)
Histogramme de l'évolution démographique

Commentaire: Après une première baisse temporaire de population au tout début du XIXe siècle, Lannédern a connu une population relativement stable, avec d'assez faibles dents de scie dans l'évolution démographique tout au long du XIXe siècle (un minimum relatif est atteint en 1841 avec 577 habitants, un maximum relatif en 1886 avec 766 habitants), atteignant son maximum absolu en 1901 avec 863 habitants. Par delà ces modestes dents de scie, une augmentation globale de + 381 habitants (+ 79 %)en 95 ans de 1806 à 1901 peut quand même être constatée tout au long du XIXe siècle. Le changement de siècle coïncide avec le retournement démographique: la population baisse constamment d'un recensement à l'autre tout au long du XXe siècle, passant de 863 habitants en 1901 à 272 en 1999 (perte de 591 habitants en 98 ans, soit - 68,4 %, une perte de plus des deux-tiers des habitants en à peine un siècle. Les premières années du XXIe siècle semblent toutefois amorcer un timide retournement démographique puisque la commune a gagné 23 habitants en 7 ans entre 1999 et 2006, grâce à un solde migratoire redevenu positif (+ 1,5 % l'an en moyenne entre 1999 et 2006) alors qu'il a été constamment négatif tout au long du XXe siècle. L'accroissement naturel reste toutefois négatif (28 naissances en 10 ans de 1998 et 2007 pour 32 décès)[10] en raison du vieillissement de la population (26,4 % de 65 ans et plus en 2006 contre 17,3 % de 0 à 14 ans).

La densité de population n'est plus que de 23,7 habitants au km² alors qu'elle atteignait 69,4 habitants au km² en 1901.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

La mairie-poste
Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
         
         
2008   Georges Pouliquen    
Les données manquantes sont à compléter.

Monuments[modifier | modifier le code]

L'église Saint-Edern
Le calvaire de l'enclos paroissial
Détail de l'ossuaire (têtes de morts)
La chapelle de Coat ar Roc'h (lieu de l'ermitage de saint Edern)
  • l'Église Saint-Edern de Lannédern[11] (XVIe-XVIIe siècle) avec sa nef à bas -côtés avec quatre travées. Le porche sud porte la date de 1662. Un triptyque polychrome du XVIe siècle présente six scènes typiques de la vie de saint Edern[4]. L'église possède de nombreuses statues anciennes, un retable, une belle chaire à prêcher, des vitraux, un trésor avec une croix processionnelle[12] en argent et un reliquaire contenant les reliques de saint Edern.

« Le tombeau de saint Edern se trouvait autrefois au milieu de la nef (de l’église de Lannédern). Mais comme l’espace était trop étroit pour les fidèles, vers 1860 il a été relégué au bas du collatéral nord, où il est un peu perdu dans l’obscurité. Ce monument est constitué par une table portée sur une arcature à redents qui semble du XIVe siècle, et sur cette table est la statue couchée du Saint, vêtu de la robe et de l’aumusse, les mains jointes et les pieds posés sur le cerf qui est sa caractéristique ordinaire »[13]. Le saint serre sous le coude gauche le livre de prières avec ses fermoirs et que le cerf selon Dom Plaine semble être venu près du tombeau de son maître y expirer « pour témoigner l’attachement inviolable qu’il avait voué à son sauveur »[4].

Dans le trésor de l’église Saint-Edern de Lannedern (29) se trouve une croix de procession en argent du XVIIe siècle avec inscription et poinçon surmonté d'un oiseau de François Lapoul, orfèvre à Morlaix, des représentations de la Vierge Marie et de saint Jean sur les consoles en volute et un nœud à deux étages de niches contenant les Apôtres. L'inscription sur la croix: « FET.CE.IOUR.19.AVRIL.1620 » et poinçon F.L. Saint Jacques, auréolé, a la tête couverte d’un capuchon. En robe et manteau, la besace au côté, il tient un livre dans la main droite et un gigantesque bourdon dans la gauche[14].

  • Un ossuaire daté de 1660 est situé à proximité de l'église[15]. Une des statues extérieures représente l'Ankou[16]. La mort est représentée sou forme de crâne et tibias entrelacés, avec l'inscription Cogita Mori - Respice finem ("Rappelle-toi que tu es mortel - Songe à ta fin dernière"). Une autre statue représente saint Edern, pieds nus reposant sur le cerf de sa légende, animal qu'il aurait apprivoisé et qui serait resté son compagnon jusqu'à sa mort.
  • La chapelle Notre-Dame de Coat ar Roc'h date du XVIe siècle. Elle a été édifiée à l'emplacement de l'ermitage de saint Edern[5]. C'est désormais une propriété privée.
  • La chapelle Sainte-Anne[17] est en fait un ancien ossuaire datant de 1668, situé dans l'enclos paroissial.
  • Croix du XVIe siècle[18].
  • Calvaire dans l'enclos paroissial.
  • Le calvaire (1625) situé au nord du hameau de Birilit est de Roland Doré.

Légendes[modifier | modifier le code]

  • La légende du cerf de saint Edern[19].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

  1. http://fr.topic-topos.com/lannedern
  2. http://www.grandterrier.net/wiki/index.php?title=Sant_Edern
  3. Jacques Baudouin, "Grand livre des saints: culte et iconographie en Occident", Nonette, 2006 [ISBN 978-2-84819-041-9]
  4. a, b et c http://catholique-quimper.cef.fr/decouvrez_notre_patrimoine/les-pardons/bol-d-air-breton/copy_of_saint-edern/
  5. a et b http://www.infobretagne.com/lannedern.htm
  6. http://ville-brasparts.forum-actif.net/memoire-des-braspartiates-f26/rene-caro-t224.htm
  7. http://assoc.pagespro-orange.fr/memoiredeguerre/deportation/29/p6-list-m.htm
  8. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  9. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2011
  10. http://recensement.insee.fr/chiffresCles.action?zoneSearchField=&codeZone=29115-COM&idTheme=3&rechercher=Rechercher
  11. http://pagesperso-orange.fr/an-uhelgoad/lannedern.htm
  12. http://www.culture.gouv.fr/public/mistral/memoire_fr?ACTION=CHERCHER&FIELD_98=LOCA&VALUE_98=%20Lann%E9dern&DOM=Tous&REL_SPECIFIC=1
  13. Peyron, Abgrall, « Bulletin diocésain d’histoire et d’archéologie », op. cit. Mars-Avril, 1919, p. 51
  14. http://www.saint-jacques-compostelle-bretagne.fr/iconographie/icono-plancheE1-E6.pdf
  15. http://kergranit.free.fr/Textes/Lannedern.htm L'enclos paroissial par le texte et l'image
  16. http://www.flickriver.com/photos/yann-seitek/959824569/
  17. http://www.vacanceo.com/albums_photos/voir-photo_386653.php
  18. http://www.croix-finistere.com/commune/lannedern/lannedern.html
  19. Claude Gaignebet, "A plus hault sens", tome II, Maisonneuve et Larose, 1986 [ISBN 2-7068-0925-6], consultable http://books.google.fr/books?id=UAp1k5MJyiYC&pg=PA308&lpg=PA308&dq=Lann%C3%A9dern&source=bl&ots=CHkLEpbY5i&sig=tG1kb1Hmqwy8v5v6yLMQ2Q_aNXY&hl=fr&ei=x5b4S7ubCoX60wSG7pzqBw&sa=X&oi=book_result&ct=result&resnum=8&ved=0CDEQ6AEwBziqAQ#v=onepage&q=Lann%C3%A9dern&f=false

Voir aussi[modifier | modifier le code]