Port-Launay

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Port-Launay
Les maisons sur les rives de l'Aulne maritime
Les maisons sur les rives de l'Aulne maritime
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Bretagne
Département Finistère
Arrondissement Châteaulin
Canton Châteaulin
Intercommunalité Communauté de Communes du Pays de Châteaulin et du Porzay
Maire
Mandat
Michel Caro
2014-2020
Code postal 29150
Code commune 29222
Démographie
Gentilé Port-Launiste
Population
municipale
432 hab. (2011)
Densité 216 hab./km2
Géographie
Coordonnées 48° 12′ 59″ N 4° 04′ 10″ O / 48.216389, -4.06944448° 12′ 59″ Nord 4° 04′ 10″ Ouest / 48.216389, -4.069444  
Altitude Min. 2 m – Max. 86 m
Superficie 2 km2
Localisation

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Port-Launay [pɔʁlonɛ] (en breton : Meilh-ar-Wern) signifiant "Moulin-de-l'aulnaie"[1]) est une commune du département du Finistère, dans la région Bretagne, en France. Elle est traversée par l'Aulne.

Géographie[modifier | modifier le code]

Toponymie[modifier | modifier le code]

Histoire[modifier | modifier le code]

En 1672, Albert Jouvin de Rochefort écrit, parlant de Châteaulin : « Ce bourg est considérable pour deux choses : l'une pour ce qu'il y a des perrières d'ardoise très fine qu'on vient quérir des pays étrangers par mer (...) et l'autre pour la grande pesche des saulmons ». Vers 1780, trois châteaulinois (Montalembert, Vautier, Lelièvre) s'associent pour exploiter des perrières d'ardoises dans la région et engagent une cinquantaine d'ouvriers venus des Ardennes; d'autres ouvriers ardennais travaillent aussi à l'époque dans la carrière de Guily-Graz à Port-Launay; des carrières sont aussi au XVIIIe siècle exploitées à Saint-Coulitz, Saint-Ségal, Lothey, Pleyben, le long de l'Aulne, les ardoises produites servant entre autres à couvrir les constructions de la marine royale dans le port de Brest, mais étant exportées jusqu'en Normandie par voie maritime à partir de Port-Launay (dès 1760, les navires y viennent nombreux prendre des chargements d'ardoises bretonnes, notamment car « la perryère de Guilyplas située à un kilomètre en aval et exploitée par les gens du pays fourni des matériaux d'exportation très prisés » ; en 1840, par exemple, 6 000 tonnes d'ardoises embarquent à Port-Launay à destination des ports de la rade de Brest et de la Manche).

La construction du canal de Nantes à Brest, ouvert en 1842, va faciliter le transport des ardoises, qui seront acheminées principalement par cet axe navigable jusqu'en 1914 et provoquer l'ouverture de nouvelles carrières plus en amont à Pont-Coblant en Gouézec, à Châteauneuf-du-Faou, à Saint-Goazec, à Spézet[2]... Situé au débouché du canal de Nantes à Brest, Port-Launay joue historiquement le rôle d'une passerelle entre les activités du centre Bretagne et la mer. Historiquement, le port n'a qu'une activité modeste au XVIe siècle. Les premiers quais sont aménagés en 1803 et Port-Launay, "commune née grâce au canal de Nantes à Brest" est officiellement fondée en 1840 en utilisant des portions de Châteaulin et de Saint-Ségal.
La jonction du canal de Nantes à Brest en 1842 permet au port de devenir le débouché ardoisier de l'argoat et l'évolution du port est un réel baromètre des activités de l'axe productif ardoisier central de la Bretagne. En 1857, l'inauguration d'un nouveau bassin à flot marque le succès temporaire de l'entreprise et prépare l'apogée d'une commune concernée alors par l'arrivée d'une colonie d'Ardennais (926 habitants en 1851, 1115 habitants en 1881). Port-Launay devient au milieu du XIXe siècle le deuxième port du Finistère avec une activité presque exclusivement ardoisière (notamment autour de 1857).
Toutefois, dès cette époque, les carrières situées dans le centre Bretagne s'appauvrissent. Le déclin des activités du centre Bretagne s'amplifie en 1870 et surtout au début du XXe siècle, en dehors des ardoisières de Gourin qui bénéficient d'une prospérité relative à cette époque avant de s'effondrer entre 1935 et 1950. Avec l'arrêt presque généralisé de l'exploitation ardoisière en Bretagne, Port-Launay voit son trafic déchoir et la misère progresser, le maire demandant dès 1871 "un secours pour empêcher 45 familles de mourir de faim". Malgré le maintien d'un petit commerce de sable, l'activité de Port-Launay devient au XXe siècle moribonde et la population diminue fortement (1000 habitants en 1880, 395 habitants en 1990). Récemment, on constate un sursaut démographique lié principalement à la proximité de Châteaulin (464 habitants en 1999, 487 habitants selon le recensement de 2006).

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires[modifier | modifier le code]

Jumelages[modifier | modifier le code]

Économie[modifier | modifier le code]

  • Le groupe Doux : fondées à Nantes en 1933, les industries Doux installent à Port-Launay en 1955 un abattoir de volailles, un centre de négoce et leur siège social. L'entreprise devient dans les deux dernières décennies du XXe siècle « le premier producteur et exportateur de volailles, se transformant en un groupe intégré ( 1200 aviculteurs sont en contrat avec Doux en 2012) maîtrisant tous les métiers de la filière : accouvage, élevage, alimentation, abattage, transformation, conditionnement et transport (il sous-traite l'essentiel du transport terrestre, mais possède 4 cargos frigorifiques) »[3]. Le groupe Doux se spécialise alors surtout dans le "poulet-export", destiné le plus souvent à l'exportation, y compris vers les marchés du Proche-Orient et Moyen-Orient, et exporté sous forme de poulets congelés, Brest devenant un temps le premier port mondial d'exportation de poulets congelés.

L'entreprise essaime alors des abattoirs dans le reste de la Bretagne (poulets à Plouray et à Sérent (Morbihan); dindes à Locminé et à Pleucadeuc (abattoir de canards également) et des usines de plats élaborés à Quimper et à La Vraie-Croix (Morbihan)(en tout en Bretagne 1910 salariés en 2011), dans le reste de la France (Chantonnay (Vendée), Laval (Mayenne), Graincourt (Seine-Maritime), Boynes (Loiret), Blancafort (Cher), Le Châtelet (Cher) (en tout 3200 salariés en 2011), dans le reste de l'Europe (Payerne en Suisse, Saragosse et Pontevedra en Espagne, Grimmen en Allemagne et au Brésil (la filiale brésilienne Frangosul employait 6 000 salariés en 2011) dans les états de Mato Grosso do Sul (deux sites) et Rio Grande do Sul (8 sites) où Frangosul possède des couvoirs, des abattoirs et des usines de transformation, travaillant avec plus de 3000 éleveurs et employant plus de 6000 salariés[4]. Le groupe était propriétaire de 24 marques dont le célèbre « Père Dodu ».

Dirigé par son Pdg Charles Doux, fils du fondateur, l'entreprise se trouve en grave difficulté économique : le groupe Doux a du fermer ou revendre des sites en Bretagne (Locminé), dans le reste de la France (Le Châtelet), ainsi que ses filiales suisse, espagnole, allemande et brésilienne entre 2008 et 2012. Le 1er juin 2012, le groupe Doux a été placé en redressement judiciaire[5].

Monuments[modifier | modifier le code]

Le barrage mobile de Guily-Glaz remplace la dernière écluse du canal de Nantes à Brest (dite écluse de mer) par un système permettant d'atténuer les crues de l'Aulne.

Le barrage mobile de Guily-Glaz

Démographie[modifier | modifier le code]

           Évolution de la population  [modifier]
1841 1846 1851 1856 1861 1866 1872 1876 1881
778 858 926 898 944 1 329 1 140 1 115 1 115
1886 1891 1896 1901 1906 1911 1921 1926 1931
1 147 1 062 1 063 1 006 1 069 953 829 800 700
1936 1946 1954 1962 1968 1975 1982 1990 1999
668 756 616 648 599 543 505 395 464
2004 2006 2009 2011 - - - - -
487 503 446 432 - - - - -
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[6] puis Insee à partir de 2004[7].)
Histogramme de l'évolution démographique

Tableaux[modifier | modifier le code]

De nombreux peintres ont représenté Port-Launay. Parmi eux :

  • Henry Moret : Port-Launay (huile sur bois, 1903, 99 x 75 cm, collection particulière).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • La décadence de Port-Launay, Suzanne Nicolas, Chronique géographique des pays celtes, 1944, p. 46-49.
  • Le canal de Nantes à Brest en centre Finistère, Michel Penven, Association sur les traces de François Joncour, Ed. Keltia graphic, Spézet, 1993, 108 p.

Notes[modifier | modifier le code]

  1. D'ailleurs, Launay = l'aulnaie, cf. Divi Kervella, Petit guide des noms de lieux bretons, Spézet: Coop Breizh, 2007, p. 37-38.
  2. Léna Gourmelen, Ardoise en Bretagne, Coop Breizh, 2008, [ISBN 978-2-84346-383-9]
  3. http://www.liberation.fr/economie/0101196579-la-breve-histoire-d-un-poulet-standardpremier-producteur-europeen-doux-revendique-sa-methode-industrielle
  4. Journal Le Télégramme no 20785 du 28 avril 2012
  5. Journal Le Télégramme no 20814 du 2 juin 2012
  6. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  7. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2004, 2006, 2009, 2011

Liens externes[modifier | modifier le code]