Gershom Scholem

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Gershom Scholem en 1925

Gershom Scholem est un historien et philosophe juif, spécialiste de la kabbale et de la mystique juive, né à Berlin en 1897 et décédé à Jérusalem en février 1982.

Biographie[modifier | modifier le code]

En Allemagne[modifier | modifier le code]

Gershom Scholem naît dans une famille juive de Silésie assimilée à la culture allemande. En révolte contre eux, il redécouvre ses racines juives et le sionisme pendant son adolescence. Il apprend l'hébreu et étudie le Talmud sous la direction d'un rabbin orthodoxe. Il fréquente beaucoup les milieux Ostjuden et notamment Martin Buber. Il étudie aussi les mathématiques et la philosophie. En 1915, il rencontre Walter Benjamin. Dès cette époque, il est fasciné par la kabbale, qu'il place au centre de la continuité de l'histoire juive.

En 1918, il décide de se consacrer définitivement aux études juives, et passe en 1922 sa thèse à Munich sur le Séfer ha-Bahir, texte de la kabbale provençale.

Intellectuellement, il est en total désaccord avec son frère, Werner Scholem (1895-1940), activiste communiste du KPD, député au Reichstag de 1924 à 1928, mort au camp de concentration de Buchenwald.

En Israël[modifier | modifier le code]

Il arrive à Jérusalem en 1923, et il devient responsable de la section juive et hébraïque de la bibliothèque de la future Université Hébraïque de Jérusalem. En 1925, quand l'Université se crée, il est chargé d'enseignement pour la mystique juive, puis en 1933, il est élu professeur, chaire qu'il occupera jusqu'en 1965. Par la suite, il devient aussi membre de l'Académie israélienne des sciences et lettres à partir de 1960 puis président de cette académie de 1968 à sa mort. Il est enterré aux côtés de son épouse au cimetière de Sanhédriah à Jérusalem.

Il a légué une très importante bibliothèque consacrée à la kabbale à l'Université hébraïque.

Son œuvre immense a fait entrer l'étude de la kabbale dans le champ académique des sciences humaines. Mais il fut aussi une figure de l'histoire d'Israël, en prenant position sur tous les sujets touchant le pays. Il fut toujours attentif à ce que le sionisme ne sombre ni dans le nationalisme, ni dans le populisme, et préserva entre le rationalisme et l'orthodoxie un judaïsme de la liberté ouvert vers l'utopie.

Œuvres[modifier | modifier le code]

L'œuvre de Gershom Scholem comprend plus de quarante volumes et sept cents articles. Parmi les plus importants, on peut citer :

  • Bibliographia kabbalistica, 1933. Bibliographie complète des œuvres sur la kabbale des origines à nos jours.
  • Majors Trends in Jewish Mysticism, 1941. Reprise de ses conférences de 1938 au Jewish Institute of Religion de New York. Ce livre, qui brosse un historique complet de la mystique juive, avec ses ruptures et sa continuité, rendit son auteur mondialement célèbre. Deuxième édition en 1946, traduite en français en 1950 (ci-dessous).
  • שבתי צבי והתנועה השבתאית בימי חייו , 1957. Biographie magistrale de Sabbataï Tsevi, du sabbataïsme et de son époque.
  • Ursprung und Anfänge der Kabbalah, Berlin, 1962. Sur les débuts de la kabbale en Espagne et en Provence, en particulier autour de l'œuvre des frères Isaac et Jacob Cohen, et leur disciple Moïse de Burgos. Scholem était très fier de cet ouvrage, qu'il présentait à ses amis comme sa « thèse de doctorat ». Traduction française en 1966 (ci-dessous).

Œuvres traduites en français[modifier | modifier le code]

  • Les grands courants de la mystique juive (traduction Marie-Madeleine Davy), Payot, 1950, réédité en 1960 et plusieurs fois par la suite. ISBN 2-228-88819-2.
  • La Kabbale et sa symbolique (traduction Jean Boesse), Payot, 1966, réédité dans la Petite Bibliothèque Payot, 1968, nouvelle édition, 2003.
  • Les origines de la Kabbale (traduction Jean Lœwenson), Aubier Montaigne, 1966.
  • Fidélité et utopie. Essai sur le judaïsme contemporain, Calmann-Lévy, 1978.
  • Walter Benjamin, Histoire d'une amitié, Ed. Calmann-Lévy, 1981.
  • Le Nom et les symboles de Dieu dans la mystique juive, Éditions du Cerf, 1983.
  • De Berlin à Jérusalem: souvenirs de jeunesse (traduction Sabine Bollack), Albin Michel, 1984.
  • La mystique juive. Les thèmes fondamentaux (traduction Maurice R. Hayoun), Éditions du Cerf, 1985.
  • Correspondance Walter Benjamin, Theodor W. Adorno, Aubier Montaigne, 1992, ISBN 2-7007-0158-5.
  • Aux origines religieuses du judaïsme laïque. De la mystique aux Lumières, textes réunis et présentés par Maurice Kriegel, Calmann-Lévy, 2000.
  • La Kabbale : Une introduction. Origines, thèmes et biographies, Éditions du Cerf, 1998, ISBN 978-2-07-042813-7, réédité au format "poche", Gallimard, coll. "Folio Essais", 2003.
  • Considérations sur l'histoire des débuts de la cabale chrétienne in Pic de la Mirandole et la cabale de Chaïm Wirszubski, traduction Jean-Marc Mandosio, Paris-Tel Aviv, Éditions de l'éclat, 2007, ISBN 978-2-84162-132-3.
  • Sabbataï Tsevi. Le messie mystique 1626-1676, Verdier-poche, 2008, ISBN 2-86432-025-8.
  • Sur Jonas, la lamentation et le judaïsme, traduction Marc de Launay, Éditions Hermann, coll. "PANIM EL PANIM", 2011.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie sur Gershom Scholem[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]