Moby Dick

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Moby-Dick
Image illustrative de l'article Moby Dick

Auteur Herman Melville
Genre Roman d'aventure
Version originale
Titre original Moby-Dick; or, The Whale
Éditeur original Richard Bentley
Langue originale Anglais
Pays d'origine Drapeau des États-Unis États-Unis
Lieu de parution original Londres
Date de parution originale 1851
Version française
Traducteur Il existe cinq versions en français :
Nombre de pages 822
Chronologie
Précédent Vareuse-Blanche Pierre ou les Ambiguïtés Suivant

Moby Dick[1] (Moby-Dick; or, The Whale en anglais; Moby-Dick; ou, le Cachalot) est un roman de l'écrivain américain Herman Melville paru en 1851, dont le titre provient du surnom donné à un grand cachalot blanc au centre de l'intrigue.

Origines du roman[modifier | modifier le code]

Herman Melville

Melville, qui fut lui aussi marin, comme la plupart des héros de ses romans, s'est inspiré de faits réels :

  • Les cachalots poursuivis portaient tous un nom.[réf. nécessaire]
  • le naufrage du baleinier Essex, qui sombra en 1820, après avoir affronté un grand cachalot, 3 700 km au large des côtes de l'Amérique du Sud. L'un des marins survivants, Owen Chase, consigna cette aventure dans un livre qui parut en 1821.
  • L'existence d'une baleine blanche, dans les années 1830, souvent aperçue à proximité de l'île chilienne de Mocha. Criblée de harpons, Mocha Dick attaquait régulièrement les baleiniers. Mais contrairement au drame de l'Essex, aucune allusion dans le roman ni dans la correspondance de l'auteur n'authentifie cette référence, malgré l'essai de J. N. Reynolds intitulé Mocha Dick, ou la baleine blanche du Pacifique (1838).

La rédaction du livre fut entamée en 1850. Le roman fut d'abord publié à Londres en octobre 1851 sous le titre The Whale (Le Cachalot) — cette édition était incomplète et le titre n'était pas celui voulu par Melville. C'est peu de temps après, lors de sa parution américaine, en novembre de la même année, que l'ouvrage prit le nom de Moby-Dick; or, The Whale (Moby-Dick ou le Cachalot).

Influences[modifier | modifier le code]

Melville a été influencé par plusieurs écrivains romantiques (Walter Scott, Washington Irving, Lord Byron, Mary Shelley) dans sa jeunesse. Il souhaitait les imiter dans un livre qui soit captivant et vivant, à la fois sur les plans de l'émotion et de la poésie.

Moby Dick est paru à un moment crucial de la littérature américaine. En 1850, Nathaniel Hawthorne publiait La Lettre écarlate. En 1852, Harriet Beecher Stowe publia La Case de l'oncle Tom.

Résumé[modifier | modifier le code]

L'itinéraire parcouru par le Pequod

Attiré par la mer et le large, Ismaël (en), le narrateur, décide de partir à la chasse à la baleine. Il embarque sur le Pequod (en), baleinier commandé par le capitaine Achab. Ismaël se rend vite compte que le bateau ne chasse pas uniquement pour alimenter le marché de la baleine. Achab recherche Moby Dick, un cachalot blanc particulièrement féroce et d'une taille impressionnante, qui lui a arraché une jambe par le passé. Achab emmène son équipage dans un périple autour du monde à la poursuite du cachalot dont il a juré de se venger. Le Pequod finira par sombrer au large des îles Gilbert en laissant Ismaël seul survivant, flottant sur un cercueil.

Le roman est loin de se réduire à son aspect fictionnel : de nombreux chapitres sont consacrés à décrire minutieusement la technique de la chasse à la baleine ainsi qu'à s'interroger sur la nature (réelle ou symbolique) des cétacés, et peuvent se lire comme une seconde traque, spéculative et métaphysique[2].

Dans Moby-Dick, Melville emploie un langage stylisé, symbolique et métaphorique pour explorer de nombreux thèmes complexes qu'il estime universels. À travers le voyage de son personnage principal, les concepts de classe et de statut social, du Bien et du Mal, et de l'existence de Dieu sont tous aussi bien explorés que les interrogations d'Ismaël sur ses convictions et sa place dans l'univers.

Ce livre est souvent considéré comme l'emblème du romantisme américain. Bien que sa première édition n'ait pas soulevé l'enthousiasme de la critique, Moby-Dick est aujourd'hui considéré comme l'un des plus importants romans de langue anglaise. En 1954, dans Ten Novels and Their Authors, l'écrivain britannique William Somerset Maugham a classé Moby Dick parmi les dix plus grands romans.

Thèmes principaux[modifier | modifier le code]

Le symbolisme[modifier | modifier le code]

Illustration de Moby Dick
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Dans Moby Dick, le symbolisme est très présent. Melville s'est inspiré de la Bible pour créer ses personnages principaux, ce qui accentue le thème principal de l'œuvre : la lutte du Bien contre le Mal. Le mal étant représenté par Moby dick, le cachalot qui a pris la jambe du capitaine, et le Bien par le capitaine et son équipage[réf. nécessaire].

  • le narrateur : Ismaël, référence au premier fils d'Abraham et de sa servante Agar. Selon la Bible, il sera celui contre qui tous les peuples se seront dressés et qui se sera dressé contre tous. Il sera ainsi rejeté parmi tous les hommes : dans Moby Dick, le personnage fuit la société humaine.
  • le capitaine Achab ou Ahab. Référence au roi d'Israël, qualifié d'« impie » par la Bible du fait de son mariage avec Jézabel et de l'édification du temple de Baal qu'il a fait construire pour elle. Dans le roman, il est devenu le capitaine tyrannique du Pequod.
  • Elijah : une variante du nom Élie, célèbre prophète de la Bible et adversaire de la reine Jézabel.
  1. Moby Dick le cachalot blanc. Référence possible au "gros poisson" du 5e petit prophète de la Bible : Jonas, dont la traduction en araméen signifie « Baleine »[réf. nécessaire].
  • la couleur du cachalot : Moby Dick est blanc (référence première au cachalot Mocha Dick, mais aussi couleur de pureté et d'innocence). Le cachalot est donc symboliquement pur, innocent. Donc, le rapport Bien/Mal est inversé. Le capitaine croit que Moby Dick est le Mal alors que le cachalot ne pense qu'à survivre et donc n'a pas foncièrement d'intentions belliqueuses, il se défend. Ce qui fait qu'à ses yeux, Achab est le Mal.[réf. nécessaire]

Sur un plan métaphorique, la lutte entre Achab et Moby Dick symbolise celle du Bien contre le Mal. Or, les rapports peuvent s'inverser selon le point de vue soit du capitaine soit du cachalot[réf. nécessaire] Le capitaine Achab est obsédé par Moby Dick non seulement pour la renommée qu'il pourrait en tirer, mais aussi parce qu'il souhaite se venger de l'animal. Ainsi l'orgueil du capitaine, à qui Moby Dick arracha la jambe, et sa quête de vengeance le mèneront à sa perte. C'est donc, métaphoriquement parlant, non seulement la lutte entre le Bien et le Mal, mais aussi la condamnation de l'orgueil et de la vengeance. Finalement, à force d'inverser les rapports, le récit est teinté de gris. En effet, Achab apparaît rapidement comme un capitaine capable, source d'un immense respect de la part de son équipage. Il est presque question d'un homme qui n'a jamais mis pied à terre, qui a mené de nombreuses chasses sur toutes les mers du globe. Pour autant, Achab dévoile très rapidement à son équipage son unique motivation : la mise à mort de ses propres mains du cachalot blanc. Tous le suivent, fascinés par l'horreur que leur évoque la bête. Tout au long du récit le capitaine se décompose physiquement, consumé par le désir de vengeance. Ismaël se rend compte peu à peu de la folie de l'entreprise car elle est gouvernée par un homme fou, et l'on se prend à croire que le réel danger est à bord. On prête à la baleine les traits d'Achab, elle vit exclusivement à travers sa haine, jusqu'à sa rencontre où toute cette violence corrosive éclate enfin.

La chasse à la baleine[modifier | modifier le code]

La lutte finale

Le récit se déroule dans les années 1840. La chasse à la baleine est alors proche de son âge d'or. Les réserves de baleines sont déjà exploitées par les baleiniers hollandais depuis plusieurs décennies au large des côtes européennes, mais elles sont encore abondantes près du continent américain. C'est sur la côte Nord-Est américaine que la pêche à la baleine prend essor de plain-pied, notamment sur l'île de Nantucket au large du Cap Cod. Les Nantuckais, population autochtone de ce banc de sable jeté en mer, ont une culture traditionnellement liée aux cétacés croisant alentour. Depuis le XVIe siècle, les baleines échouées étaient équarries et la précieuse huile extraite directement sur la plage. Reconnaissant le potentiel économique de cette ressource très prisée, les armateurs décidèrent d'aller s'approvisionner directement en mer. À l'époque, l'huile de baleine n'avait pas d'équivalent pour l'éclairage ou la lubrification des machines. Jusqu'à la première exploitation du pétrole en 1859 en Pennsylvanie, le commerce d'huile de cachalot, qui était de loin supérieure à celles que l'on extrayait des autres cétacés, fut incroyablement rentable. La nation en construction s'est alors enrichie sur le compte de la Couronne qui fut son principal client et ces profits ont permis, dans une certaine mesure, à la Nouvelle-Angleterre de s'insurger contre la Grande-Bretagne à partir de 1776 mais aussi d'entamer quelque temps plus tard sa révolution industrielle.[réf. nécessaire]

Parallèlement, l'intensification de la chasse au large du Massachusetts et de la côte Est en général a forcé les baleiniers à repousser les limites de leurs expéditions toujours plus loin pour remplir leurs cales d'huile. D'une durée de quelques jours, les expéditions ont fini par durer des mois, puis des années (en moyenne 3 ans). On retrouve dans la chasse à la baleine le goût de la conquête et de l'exploration, de la liberté d'entreprise qui a fait l'Amérique. La conquête des États-Unis a commencé par la conquête des océans et notamment celui du Pacifique, que l'on connaissait plutôt sur fond de rumeurs et de légendes que par des cartes maritimes bien détaillées. La conquête de l'Ouest, amorcée au début du XIXe siècle, a été en grande partie financée par le commerce de spermaceti. La présence des baleiniers américains dans toutes les mers du monde a été le premier témoignage de la montée en puissance de l'économie américaine, bien avant qu'elle ne devienne un géant politique. Les baleiniers s'étaient équipés de fours en briques dès les années 1800 et étaient devenus de véritables usines en mer, toute la chaîne de production d'huile se faisant à bord : dépeçage, traitement par cuisson et tonnelage. Les baleiniers transformaient en plein océan leur proie en produit fini, prêt à la vente. La baleine morte était pelée comme une orange à l'aide d'un crochet planté dans l'animal et relié au mât principal, celui-ci permettant de la faire rouler sur elle-même et de dérouler l'épaisse couche de graisse de 15 cm d'épaisseur qui l'enveloppait. Les couvertures de graisse étaient ensuite brûlées dans les fours du navire pour en extraire l'huile. Le feu était alimenté par la chair grillée de la baleine, ainsi le cétacé brûlait sur un bûcher alimenté par son propre corps.

L'activité a aussi connu ses lettres de noblesse, les monarques d'Europe du Nord (Angleterre, Islande… ) financent et équipent de nombreux baleiniers afin de ramener du précieux spermaceti pour la production de bougies, savons et autres cosmétiques, de l'ambre gris pour la parfumerie ou encore des os de cachalot dans lesquels sont taillés des objets dont raffole l'aristocratie (cannes, manches et baleines pour ombrelles…). La baleine et, surtout, le cachalot sont considérés comme des poissons royaux.

À l'époque, la question de préservation des espèces ne se pose pas. Dans Moby-Dick cependant, Melville pose déjà la question des conséquences que pourrait avoir la pêche intensive sur la population des cétacés. Il compare la sur-pêche supposée de la baleine avec les grandes battues au buffle organisées dans les plaines de l'Ouest américain. À l'époque, seulement quelques voix s'élevaient pour dénoncer l'impact d'une telle entreprise sur la pérennité de l'espèce.

Les personnages[modifier | modifier le code]

Les membres de l'équipage du Péquod apparaissent comme autant des peintures détaillées de types et de comportements humains archétypaux ; les critiques ont pu décrire ces personnages du baleinier comme un univers clos et autonome. En effet la chasse à la baleine, au début du XIXe siècle, attirait des hommes de tous les continents et de toutes les classes sociales. Certains venaient y chercher la possibilité de fuir une condamnation et ainsi de se faire oublier pendant quelques années, d'autre recherchaient l'aventure et l'introspection, ou encore comme Melville lui-même n'avaient tout simplement rien qui les retenait à terre. Ainsi, l'équipage du Pequod (en) reflète cette infinie variété d'origines et de destins, de langages et d'idées à laquelle Melville a eu le plaisir de se confronter. L'industrie de la chasse à la baleine était devenue ultra-libérale et complètement déshumanisée, plusieurs centaines de bateaux étant envoyés par-delà les mers pour répondre aux besoins toujours croissant d'une population en pleine explosion démographique. Les matelots qui s'engageaient à bord revenaient souvent à terre avec des dettes contractées au cours du voyage ou au mieux avec quelques sous en poche. Et pourtant, malgré la dégradation des conditions humaines, toujours plus de gens affluaient dans les ports pour pouvoir s'embarquer sur un baleinier. L'aventure de la chasse à la baleine était avant tout une aventure humaine.

Personnages principaux[modifier | modifier le code]

  • Ismaël (en) (parfois Ishmael) : unique narrateur du livre, qui commence et finit avec lui. Son nom, tiré de la Bible, symbolise l'orphelin, l'exilé et le marginal qui souhaite fuir la société où il se sent aliéné. Il semble être le témoin silencieux, voix du récit, il n'a aucun contact avec le capitaine Achab. Il participe cependant aux travaux réalisés à bord, occupe différents postes mais toute l'aventure semble se dérouler sans lui une fois monté à bord du Pequod.
  • Elijah
  • Achab (Ahab dans le texte original), tyrannique capitaine du Pequod (en). Il est cruel, grand et courageux. Il s’est fait arracher la jambe par Moby Dick et depuis lors, ne vit que pour le tuer. Il va entraîner son équipage au péril de leur vies.
  • Moby Dick : le cachalot blanc, invincible cétacé solitaire.

Les officiers[modifier | modifier le code]

  • Starbuck est très courageux. Il est le seul à oser s'opposer au capitaine.
  • Stubb est nonchalant, ni couard, ni vaillant, très calme.
  • Flask est un jeune homme rougeaud, court et fort.

Les harponneurs[modifier | modifier le code]

Queequeg
  • Queequeg est un cannibale et le fidèle ami d'Ismaël (lors d'un « mariage version Queequeg », ils deviennent amis jusqu'à mourir pour sauver la vie de l'autre). Il est le harponneur de Starbuck.
  • Tashtego est un indien. Il est le harponneur de Stubb.
  • Daggoo est un homme noir sauvage gigantesque. Il est le harponneur de Flask.
  • Fedallah sa présence était (au début du livre) inconnue des autres marins. Seul le capitaine du bateau, dont il est le harponneur, savait qu'il était à bord. Il est apparu devant les autres lors de la première chasse à la baleine.

Autres personnages[modifier | modifier le code]

  • Pip est un jeune garçon de cabine, il est très intelligent mais à la suite de deux chutes volontaires de sa part dans l'eau, il perd la raison. Son nom de Pip vient de son surnom pépin.
  • Gabriel le meilleur jeune homme fou, appelé le pantin, se croyant le prophète des Shakerset ayant embarqué au Jéroboam.
  • Bulkington marin discret, il est le compagnon de bord d'Ismaël.
  • Peleg est propriétaire et armateur du Pequod.
  • Bildad est propriétaire et armateur du Pequod, il se montre relativement avare envers Ismaël lors de son engagement.
  • Peter Coffin est le propriétaire de l'auberge Au souffle de la baleine à New Bedford.
  • Mme Hussey est la femme d'Osée Hussey, propriétaire de l'auberge le Tâtes-pots à Nantucket.
  • Osée Hussey est le cousin de Peter Coffin et le propriétaire de l'auberge le Tâtes-pots à Nantucket, il n'est que mentionné.
  • Capitaine Bommer est le capitaine du Samuel-Enderby, il a aussi été blessé par Moby Dick, mais au bras, il est anglais.
  • Jack Bunger est chirurgien à bord du Samuel-Enderby, il est aussi prêtre, c'est lui qui amputa le capitaine Boomer.

Réception critique[modifier | modifier le code]

Alors que Melville considérait Moby Dick comme son chef-d’œuvre, celui-ci fut presque ignoré par la critique littéraire, lors de sa publication. Ce n'est que plus tard, en particulier lors de la célébration du centenaire de la naissance d'Herman Melville, que Moby Dick fut reconnu comme un des monuments de la littérature américaine.

Pendant longtemps, la critique a pensé que le cachalot blanc n'existait que dans l'imagination de l'auteur. Le 21 août 1952, l'Anglo-Norse, navire-usine baleinier, capturait un cachalot de 55 tonnes de couleur blanche, dont la mâchoire était recourbée en faucille[3].

Traduction en français[modifier | modifier le code]

Traductions intégrales[modifier | modifier le code]

Il existe cinq versions de Moby-Dick en français :

  • Lucien Jacques, Joan Smith et Jean Giono, Gallimard, 1941. Cette version est la plus répandue.[réf. nécessaire]
  • Armel Guerne, Éditions du Sagittaire, 1954 ; rééd. Club Français du Livre en 1955 (tirage limité à 5000 ex.) et 1964 (tirage limité à 7500 ex.), 962 p ; rééd. Pocket en 1981, 1987, 1999 ; rééd. Phébus en 2005, 2007, 2011.
  • Georges Saint-Marnier, Éditions Walter Beckers, Kapellen-Anvers, 1967, en 2 vol.
  • Henriette Guex-Rolle, Garnier-Flammarion, chronologie et préface par Robert Silhol, collection GF, no 236, 1970 ; rééd., traduction introduction, notes, glossaire, chronologie et bibliographie par la traductrice, illus. bois originaux par Hélène Abplanalp, Édito-Service, Genève, collection Les Classiques Immortels, 560 p, 1970 ; rééd. cercle du bibliophile, collection Les livres qui ont fait le monde, 1970 ; rééd., introduction, bibliographie et chronologie par Jeanne-Marie Santraud, coll. « GF », no 546, Flammarion, 1989, 1998, 2012.
  • Philippe Jaworski, Bibliothèque de la Pléiade, Gallimard, 2006.

À titre d’exemple, voici comment sont traduites, selon ces cinq versions, les deux premières phrases du roman, « Call me Ishmael. Some years ago — never mind how long precisely — having little or no money in my purse, and nothing particular to interest me on shore, I thought I would sail about a little and see the watery part of the world. »

  • Lucien Jacques, Joan Smith et Jean Giono : « Je m'appelle Ishmaël. Mettons. Il y a quelques années, sans préciser davantage, n'ayant plus d'argent ou presque et rien de particulier à faire à terre, l'envie me prit de naviguer encore un peu et de revoir le monde de l'eau. »
  • Armel Guerne : « Appelons-moi Ismahel. Il y a quelque temps — le nombre exact des années n'a aucune importance —, n'ayant que peu ou point d'argent en poche, et rien qui me retînt spécialement à terre, l'idée me vint et l'envie me prit de naviguer quelque peu et de m'en aller visitant les étendues marines de ce monde. »
  • Georges Saint-Marnier : « Appelez-moi Ismaël. Il y a quelques années de cela — peu importe le nombre exact — ayant peu ou prou d'argent en poche, et rien ne me retenant à terre, je décidai de naviguer un peu pour voir l'étendue océanique du globe. »
  • Henriette Guex-Rolle : « Appelez-moi Ismaël. Voici quelques années — peu importe combien — le porte-monnaie vide ou presque, rien ne me retenant à terre, je songeai à naviguer un peu et à voir l'étendue liquide du globe. »
  • Philippe Jaworski : « Appelez-moi Ismaël. Il y quelques années de cela — peu importe combien exactement — comme j'avais la bourse vide, ou presque, et que rien d'intéressant ne me retenait à terre, l'idée me vint de naviguer un peu et de revoir le monde marin. »

Traductions partielles et adaptations littéraires[modifier | modifier le code]

Parmi les nombreuses traductions partielles ou adaptations littéraires, notamment pour la jeunesse, les deux suivantes méritent d’être signalées :

  • Adaptation par Marguerite Gay, Le Cachalot blanc, collection « Aurore pour la jeunesse », librairie Gedalge, 1928 ; réédité sous le titre "Moby Dick", 1942. Cette adaptation du roman de Melville en est une réduction, le nombre de chapitres (hors épilogue) étant ramené de 135 à 31.
  • Une traduction complète en français entreprise par Théo Varlet a probablement été achevée [4]. Elle n’aurait pas été publiée, mis à part un extrait, Une nuit à l'Hôtel de la Baleine, qui a donné lieu à une prépublication dans « Le Crapouillot », septembre 1931, p. 21-35, qui annonce une parution prochaine aux Éditions du Bélier. Texte sur wikisource

Adaptations[modifier | modifier le code]

Adaptations cinématographiques[modifier | modifier le code]

  • En 1926 sort Moby Dick (The Sea Beast), film muet de 1 h 40 réalisé par Millard Webb, dans lequel John Barrymore interprète un Achab héroïque entouré d'une fiancée et d'un frère diabolique[5].
  • En 1956 sort la version la plus célèbre : Moby Dick. Elle dure 116 minutes. Réalisée par John Huston sur un scénario de l'écrivain Ray Bradbury, on y voit Gregory Peck dans le rôle de l'inquiétant capitaine Achab, et Orson Welles inoubliable dans le second rôle de Mapple[7]. Cinq années de préparation furent nécessaires avant de porter ce chef-d'œuvre à l'écran.
  • En 1978, un Moby Dick est réalisé par Paul Stanley[9], dans lequel l'acteur Jack Aranson interprète plusieurs rôles : Achab, Starbuck, Ishmael et Mapple.
  • En 2000, l'artiste Guy Ben-Ner fait une adaptation libre du roman. D'une durée de 13 minutes, elle a pour unique décor la cuisine de l'artiste.
  • En 2008, le roman a été adapté en dessin animé pour enfants et est diffusé le matin sur TF1
  • En 2010, le roman est réadapté dans le film 2010: Moby Dick, qui, bien que reprenant l'intrigue de la chasse à la baleine par un Achab ivre de vengeance, la transpose dans un contexte moderne (le Pequod devient un sous-marin ultra-moderne) et laisse de côté la partie philosophique du roman ainsi que quelques autres éléments (Ishmael est remplacé par une biologiste, Michelle Herman).
  • En 2011, le roman est réadapté dans le film Age of the Dragons de Ryan Little avec Danny Glover dans le rôle d'Ahab. L'action se situe dans un Moyen Âge fictif, Moby Dick étant remplacé par un grand dragon blanc. Le Pequod étant un bateau sur roue & Ishmael, un harponneur de dragon.
  • En mars 2015 est prévue une adaptation de l'histoire, dans un film appelé In The Heart Of The Sea, avec comme acteur principal Chris Hemsworth.

Adaptations télévisées[modifier | modifier le code]

  • En 1998, Moby Dick, une mini-série de 3 épisodes, tournée pour la télévision.
  • En 2010, Moby Dick, téléfilm austro-allemand de 120 minutes, réalisé par Mike Barker, avec William Hurt dans le rôle du capitaine Achab.

Adaptations en bande dessinée[modifier | modifier le code]

Adaptations en dessin animé[modifier | modifier le code]

Adaptations en d'autres livres[modifier | modifier le code]

Adaptations en musique[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  • Dans le livre Matilda, Moby Dick est cité parmi les nombreux livres que l'héroïne lit.
  • Dans le film Matilda de 1996, Matilda lit Moby Dick de Herman Melville que son père déchire. Dans la scène de fermeture, elle lit à sa mère adoptive la phrase d'ouverture : « Appelez-moi Ismaël. Voici quelques années - peu importe combien… »
  • Dans la série X-Files : Aux frontières du réel, Dana Scully dit à Fox Mulder que son père l'appelait Starbuck, en raison de son caractère bien trempé. Le côté tenace de son père lui fit adopter le surnom d'Achab. Et pendant la saison 3, Scully s'occupe d'un chien qu'elle appelle Queequeg (qui a dévoré le cadavre de son ancienne propriétaire « voyance par procuration » , et ironie du sort, finira dans le ventre d'un monstre marin). Scully explique dans un épisode (Les Dents du Lac, saison 3) que sa famille adore Moby Dick.
  • Dans le dessin animé Daria, les personnages mentionnent plusieurs fois Moby Dick. Par exemple, dans l'épisode 3 de la saison 1, Daria corrige le devoir d'une étudiante sur Moby Dick.
  • Dans le manga One Piece, Moby Dick est le navire principal de l'Équipage de Barbe Blanche.
  • Dans le film Zelig (Woody Allen), la maladie du héros éponyme a pour origine sa peur sociale d'avouer à ces camarades de classe qu'il n' a pas lu Moby Dick.
  • Dans la série de comics Bone (Jeff Smith), le récit est émaillé de multiples références à Moby Dick, qui est le livre fétiche du héros Fone Bone.
  • Dans la série Docteur House, saison 2, épisode 17, le personnage de Wilson compare l'obsession du personnage de House à vouloir confirmer le diagnostic d'une patiente morte depuis 12 ans à l'obsession d'Achab dans Moby Dick
  • Dans les jeux vidéo Skies of Arcadia et Skies of Arcadia Legend, le personnage de Drachma cherche à se venger de la baleine Rhaknam responsable de la perte de son bras droit, son œil droit et de son fils unique. L'histoire de Moby Dick joue ici le rôle d'une matrice mythologique interprétable à l'infini (de même que les mythes de Don Juan ou d'Oreste).
  • Dans le film Star Trek : Premier Contact, le personnage de Lily compare le capitaine Picard à Achab dans son esprit de vengeance contre les Borgs.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. le titre du roman prend traditionnellement le trait d'union, contrairement au nom du cachalot.
  2. Philippe Jaworski, « Note sur la traduction [de Moby-Dick] », dans Hermann Melville, Œuvres, vol. III, Moby-DickPierre ou Les Ambiguïtés, Paris, Gallimard, coll. « Bibliothèque de la Pléiade » (no 525),‎ 21 septembre 2006, 1456 p. (ISBN 2-07-011845-2 et 978-2-07-011845-8, notice BnF no FRBNF40238779), p. 1161
  3. Cité en note, p. 330 par Armel Guerne, traducteur de Moby Dick, Club français du livre, 1955
  4. Félix Lagalaure, Théo Varlet (1878-1938). Sa vie, son œuvre, Paris, Publications de L'Amitié par le Livre, 1939.
  5. Source: la page The Sea Beast (1926) sur IMDb, consultée la dernière fois le 21 janvier 2007
  6. Source: la page Moby Dick (1930) sur IMDb, consultée la dernière fois le 21 janvier 2007 et la version anglophone de cet article
  7. Source: la page Moby Dick (1956) sur IMDb, consultée la dernière fois le 20 janvier 2006
  8. Source: la version anglophone de cet article
  9. Carrière de cet homonyme d'un chanteur célèbre sur le site anglophone IMDb.
  10. Source: la page Moby Dick (1978) sur IMDb, consultée la dernière fois le 21 janvier 2007 de cet article
  11. Source : Le Monde, 31 décembre 2011, p. 23.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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