Hissène Habré

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Hissène Habré
Image illustrative de l'article Hissène Habré
Fonctions
3e président de la République du Tchad

(&&&&&&&&&&&030998 ans, 5 mois et 24 jours)
Premier ministre Djidingar Dono Ngardoum
Prédécesseur Goukouni Oueddei
Successeur Idriss Déby
1er Premier ministre tchadien

(&&&&&&&&&&&&02066 mois et 24 jours)
Président Félix Malloum
Prédécesseur Félix Malloum
Successeur Djidingar Dono Ngardoum
(indirectement)
Biographie
Date de naissance (71 ans)
Lieu de naissance Faya-Largeau (Tchad)
Nationalité tchadienne
Parti politique Frolinat
Religion Islam

Hissène Habré
Premiers ministres tchadiens
Présidents de la République du Tchad

Hissène Habré, né le à Faya-Largeau, est un homme d'État tchadien, membre de l'ethnie Gorane ou Toubou et du clan Anakaza.

Il est président de la République du Tchad de 1982 à 1990 à la suite du coup d'État qui renverse Goukouni Oueddei. Il gouverna en dictateur[1].

Condamné à mort par contumace pour crimes contre l'humanité par un tribunal de Ndjamena, il est actuellement réfugié au Sénégal et inculpé de crimes contre l'humanité, crimes de guerre et actes de torture[2]. La Cour internationale de justice a décidé le 20 juillet 2012[3] que le Sénégal avait manqué à ses obligations internationales et a ordonné aux autorités sénégalaises soit de juger Habré, soit de l'extrader vers la Belgique[4].

Rebelle dans le Tibesti[modifier | modifier le code]

Dans les années 1970, il est membre du Frolinat, puis fonde les Forces armées nationales du Tchad (FANT), aujourd'hui disparues sous ce nom.

Il est l'un des responsable de la détention de plusieurs ressortissants européens, dont l'ethnologue Françoise Claustre entre 1974 et 1977, et de l'exécution de l'émissaire envoyé par le gouvernement français pour négocier leur libération, le commandant Galopin.

Premier ministre[modifier | modifier le code]

Il est nommé au poste de Premier ministre le par le président de la République, le général Félix Malloum. Son mandat prend fin avec la guerre qu'il a lui-même déclenchée le 12 février 1979.

Hissène Habré est le fondateur du CCFAN (Conseil de commandement des forces armées du Nord), lequel est devenu FAN (Forces armées du Nord).

Président de la République[modifier | modifier le code]

Hissène Habré, chef des Forces armées du Nord (FAN) renverse Goukouni Oueddei le pour occuper le poste de président de la République. Le poste de Premier ministre est supprimé le 19 juin et plusieurs opposants politiques sont exécutés. Habré transforme les FAN en armée régulière (FANT), puis crée une police politique, la Direction de la documentation et de la sécurité (DDS ), responsable de milliers d'enlèvements et d'assassinats politiques.

Article détaillé : Conflit tchado-libyen.

Le Gouvernement d'Union nationale de transition (GUNT), animé par Goukouni Oueddei, chassé du pouvoir par les forces d'Hissène Habré, se retire dans le nord du Tchad. Il est aidé par la Libye qui annexe depuis 1973 la bande d'Aozou. La guerre s'aggrave en 1983 et les forces libyennes occupent le nord du Tchad jusqu’à la contre-offensive des forces d'Habré qui aboutit en mars 1987 à la reconquête du Nord avec le soutien de l’armée française (Opération Épervier). Durant le conflit, les États-Unis auraient utilisé une base clandestine au Tchad pour entraîner des soldats libyens capturés et les organiser en force anti-Kadhafi. Ils auraient également fourni un support militaire et organisationnel à la DDS.

L'aide de la France et des États-Unis a été décisive[réf. nécessaire]. L'occupation libyenne a pris fin en mars 1987. Un cessez-le-feu a été signé en septembre 1987, consacrant la victoire d'Habré. Les relations diplomatiques ont été rétablies en octobre 1988.

Le général Idriss Déby le renverse le et Habré trouve refuge au Sénégal[5].

Problèmes judiciaires[modifier | modifier le code]

Hissène Habré est soupçonné d'être responsable de la mort de presque 40 000 personnes.

En novembre 1990, à la veille du renversement du régime, 300 détenus politiques ont été exécutés sommairement.

En janvier 1992, après le renversement du régime Habré, plusieurs fosses communes ont été découvertes à 25 km de la capitale. Certaines fosses contenaient jusqu'à 150 squelettes des détenus exécutés par la tristement célèbre police politique (DDS). Le rapport de la commission d'enquête comptabilise quelque 80 000 orphelins produit par la terreur du régime Habré.

Des poursuites contre lui sont engagées en Belgique en application de la loi de compétence universelle qui, bien qu'abrogée en 2003, s'applique dans ce cas précis (certains plaignants ayant acquis la nationalité belge). Un mandat d'arrêt international, assorti d'une demande d'arrestation immédiate, est délivré par la justice belge le et transmis aux autorités sénégalaises. Après son arrestation le 15 novembre et une garde à vue de quelques jours, Hissène Habré est relâché, la justice sénégalaise s'étant finalement déclarée incompétente et l'affaire portée au niveau de l'Union africaine.

En juillet 2006, le Sénégal est mandaté par l'Union africaine pour juger Hissène Habré pour crimes contre l'humanité, crimes de guerre et actes de torture. Le Sénégal a alors engagé une série de réformes législatives et adopté un amendement constitutionnel afin de juger l'ancien dictateur tchadien. Les autorités sénégalaises ont cependant suspendu leur action judiciaire à la prise en charge, par la communauté internationale en général et à l'UA en particulier, de la totalité des fonds nécessaires pour le procès, estimée à 27,4 millions d'euros[6].

Le , il est condamné à mort par contumace pour crimes contre l'humanité par un tribunal de Ndjamena.

Le , Reed Brody annonce l'imminence de son procès[7].

Le , il est placé en garde à vue dans le cadre d'une enquête ouverte par un tribunal spécial devant le juger[8],[9].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Mady Marie Bouaré, L'affaire H. Habré et l'affaire du Joola : une justice pénale controversée ?, L'Harmattan, Paris, 2011, 121 p. (ISBN 978-2-296-54873-2)
  • Alioune Sall, L'affaire Hissène Habré : aspects judiciaires nationaux et internationaux, L'Harmattan, Paris, 2013, 93 p. (ISBN 978-2-296-99549-9)

Lien externe[modifier | modifier le code]