Erich Priebke

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Erich Priebke, né le 29 juillet 1913 à Hennigsdorf, Allemagne, décédé le 11 octobre 2013 (à 100 ans) à Rome[1],[2], a servi dans la SS pendant la Seconde Guerre mondiale, au cours de laquelle il a été en poste à Rome, au grade de Hauptsturmführer (équivalent de capitaine). Il y était le second d'Herbert Kappler et, à ce titre, a participé au massacre des Fosses ardéatines au cours duquel 335 civils italiens furent exécutés par les troupes d'occupation allemandes le 24 mars 1944, en représailles d'un attentat survenu la veille au cours duquel 33 soldats allemands, notamment, avaient trouvé la mort.

Biographie[modifier | modifier le code]

Devenu un notable de la ville de Bariloche en Patagonie, il est rattrapé en 1995 par la justice italienne suite à la publication en 1991 du livre d'Esteban Buch, El pintor de la Suiza Argentina[3], ce livre étant lui-même la source principale d'un reportage du chef d'antenne d'ABC, Sam Donaldson (en), diffusé en 1994 par cette même chaîne de télévision[4]. Erich Priebke est alors extradé vers l'Italie et condamné à 15 ans de prison, ensuite réduits à 5 ; le verdict est contesté par l'opinion publique[5]. Priebke a d'abord été défendu par l'avocat argentin Jorge Oliveira, un ancien tortionnaire de la dictature argentine[6].

Priebke est finalement condamné à la prison à vie en 1998[7], peine qui, en raison de son grand âge — 85 ans — est commuée en internement à domicile, avec possibilité de sorties sous escorte[7].

Il purge alors sa peine dans un appartement propriété de son avocat italien, Paolo Giachini. En juin 2007, il bénéficie brièvement d'une mesure de semi-liberté pour lui permettre de travailler comme traducteur au cabinet de son avocat. Mais les protestations de la communauté juive italienne incitent les autorités italiennes à annuler son permis de travail[8].

Il meurt le 11 octobre 2013 à Rome[1],[2].

Priebke a toujours refusé d'exprimer de quelconques regrets pour ses actes, sous le prétexte qu'il avait obéi à des ordres ; néanmoins, son avocat italien évoque une déclaration écrite de son client datant de 1995 dans laquelle il dit éprouver une « profonde solidarité » avec la peine ressentie par les familles des victimes du massacre[7] (romain). En outre, dans un long entretien réalisé par le journal britannique International Business Times deux mois avant sa mort[9], même si certains points peuvent être exacts[Note 1], Priebke défend encore des thèses nettement négationnistes[Note 2]. Cet entretien n'a pu être publié qu'après son décès, quelques jours après, en octobre 2013.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Exemples cités par Priebke, avérés exacts : la responsabilité partielle de l'URSS dans le déclenchement du second conflit mondial lors de l'attaque conjointe — avec l'Allemagne — de la Pologne à partir de mi-septembre 1939, ou bien la responsabilité complète dans le massacre de près de 20 000 officiers et notables polonais au printemps 1940 pendant cette occupation soviétique de la partie orientale de la Pologne.
  2. Exemples cités par Priebke de type négationniste : ils sont nombreux, pour n'en citer que deux ou trois, la contestation des mauvais traitements ou crimes dans les camps de concentration, des chambres à gaz, précisément du fait d'avoir fait du savon à partir de restes humains dans les camps, etc.

Références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Article connexe[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]