Pierre de Hagenbach

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Hagenbach devant ses juges, par Diebold Schilling le Vieux

Pierre de Hagenbach (ou Peter von Hagenbach 1423, Hagenbach1474, Breisach), aussi appelé Pierre d’Archambaud ou Pierre d'Aquenbacq est un chevalier bourguignon qui a joué un rôle important dans la Guerre de Bourgogne. Sa condamnation est le premier exemple d'un procès pour crimes de guerres dans l'Europe moderne.

Biographie[modifier | modifier le code]

Chevalier bourguignon, issu de la petite noblesse alsacienne. La famille était originaire du village de Hagenbach, où elle possédait un château.

Pierre de Hagenbach était commandant de la 9e compagnie d'ordonnance des troupes du duc de Bourgogne, Charles le Téméraire. En raison des services rendus au duc lors la guerre contre le royaume de France, d'abord au sein de la Ligue du Bien public, il est nommé en 1469 bailli des territoires du Haut-Rhin mis en gage par le duc Sigismond d'Autriche à Charles le Téméraire à la suite du traité de Saint-Omer.

Chef de guerre talentueux, membre de l'ordre de Saint-Georges de Bourgogne, il a été aussi dépeint par les chroniqueurs de l'époque (surtout ceux du côté de ses ennemis) comme un homme au caractère brutal et dévoyé. Il fut pour autant un serviteur fidèle et attaché aux intérêts de son maître, Charles le Téméraire, duc de Bourgogne.

À la suite de la révolte de la ville de Breisach, il fut arrêté, jugé et décapité[1] après un procès inique orchestré par les villes impériales (Strasbourg, Bâle, Colmar et Sélestat, alliées à Berne et aux Cantons suisses) dont il avait lésé les intérêts économiques.

Le procès de Hagenbach est important pour l'histoire du droit international étant donné que c'est le premier procès dans l'histoire moderne pour crimes de guerres. Hagenbach est en effet responsable, en tant que commandant, pour les crimes commis par les soldats sous son contrôle[2],[3].

Pierre de Hagenbach a laissé dans l'histoire de l'Alsace le souvenir d'un personnage sans pitié, ayant abusé de son autorité, une sorte d'âme damnée de Charles le Téméraire. Les premiers chroniqueurs qui l'évoquèrent faisaient partie du camp de ses ennemis et lui forgèrent une légende noire. Il a fallu attendre le XXe siècle et les travaux des historiens Stouff et Nerlinger pour que ce portrait se nuance et que l'on découvre les multiples facettes de la vie de ce chevalier sundgauvien.

Une tête momifiée qui serait celle de Pierre de Hagenbach figure dans les réserves du Musée Unterlinden à Colmar.

Romans[modifier | modifier le code]

Dans son roman, Anne de Geierstein, écrit en 1829, Walter Scott fait figurer le château de Ferrette et les méfaits de Pierre de Hagenbach[4], qui fut décapité[1] pour ses nombreuses exactions.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Georges Bischoff, « Pierre de Hagenbach », in Nouveau dictionnaire de biographie alsacienne, vol. 14, p. 1378
  • (de) Hildburg Brauer-Gramm, Der Landvogt Peter von Hagenbach : die burgundische Herrschaft am Oberrhein 1469-1474, Musterschmidt, Göttingen, Berlin, Frankfurt, 1957, 379 p. (texte remanié d'une thèse)
  • Gabrielle Claerr-Stamm, Pierre de Hagenbach : le destin tragique d'un chevalier sundgauvien au service de Charles le Téméraire, Société d'histoire du Sundgau, 2004 (ISBN 2-908498-16-2)
  • Philippe de Commynes, Mémoires, Pocket Agora, 2004, Présentation et traduction par Joël Blanchard, pp. 262, 322 (ISBN 2-266132-63-6)
  • Charles Nerlinger, Pierre de Hagenbach et la domination bourguignonne en Alsace (1469-1474), Berger-Levrault, Nancy, 1890, 172 p. (extrait des Annales de l'Est)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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