Paul Schäfer

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Paul Schäfer Schneider, né le 4 décembre 1921 à Troisdorf (Allemagne) et mort le 24 avril 2010 à Santiago du Chili[1], ancien nazi, était le fondateur au Chili de la colonie Dignidad, une structure agricole sectaire et recluse composée principalement d'expatriés allemands qu'il dirigeait et au sein de laquelle il commettait de nombreux sévices sexuels contre des enfants. En outre la colonie servait pendant la dictature Pinochet à détenir et torturer des personnes arrêtées par la DINA, la police politique du régime.

En Allemagne[modifier | modifier le code]

Paul Schäfer rejoint les Jeunesses hitlériennes pendant la dictature nazie[2]. Pendant la Seconde Guerre mondiale il est brancardier SS et finit la guerre avec le grade de caporal. Il devient pasteur luthérien et crée une église évangélique à laquelle il adjoint une « maison de jeunes », prétendument destinée à accueillir les orphelins de guerre.

Au Chili[modifier | modifier le code]

En 1961 il fuit l'Allemagne, où il était recherché pour abus et corruption de mineurs, et se réfugia au Chili. Il fonda, en compagnie de 70 adeptes, la Colonia Dignidad, à 350 km au sud de Santiago du Chili, qui comprend essentiellement des personnes d'origine allemande qui deviendra une planque pour ex-dignitaires nazis.

Il se faisait alors appeler par ses fidèles « el tio permanente », l'oncle permanent : il décide des unions, du droit des couples à avoir des enfants, et s'octroie parfois le droit de leur enlever leur progéniture. Ami du dictateur Augusto Pinochet, suite à son soutien au coup d'État militaire de 1973, il n'est jamais inquiété pour ses actes.

Il participe à la torture d'opposants à la dictature militaire (1973-1990).

Transition démocratique[modifier | modifier le code]

En 1991, après la transition chilienne vers la démocratie, la colonie perd son statut d'association caritative. Rebaptisée « Villa Bavaria », elle a continué à fonctionner en autarcie avec quelque 300 habitants occupant 13 000 hectares[3], coupé du monde par une clôture, des barbelés et un mirador. Les adeptes cultivant leurs terres et ayant leur propre hôpital, école, barrage hydro-électrique, deux pistes d'atterrissage ainsi que des intérêts financiers dans de nombreuses entreprises[réf. nécessaire].

En 1996, accusé par un mineur qui dépose plainte pour abus sexuel, puis par d'autres, Paul Schäfer s'enfuit le 20 mai 1997. Il est condamné par contumace pour pédophilie au Chili et accusé de tortures pendant la dictature d'Augusto Pinochet entre 1973 et 1990 ainsi que de fraude fiscale. Interpol lance un mandat d'arrêt international à son encontre.

Le magistrat français Roger Le Loire a déposé en octobre 2001 un mandat d'arrêt international via Interpol contre Manuel Contreras, le chef de la DINA, et Paul Schäfer, pour le kidnapping et la torture du militant du MIR Claudet Fernandez[4],[5].

Le 10 mars 2005 il est arrêté en Argentine près de Buenos Aires et est extradé le 13 mars 2005 en direction de Santiago. Il est également réclamé par les justices allemande et française.

Le 24 mai 2006, il est condamné à 20 ans de réclusion. Il meurt de problèmes cardiaques, le 24 avril 2010, dans l'hôpital de la prison de Santiago où il purgeait sa peine[3].

Références[modifier | modifier le code]

  1. Le figaro.fr
  2. Paul Schäfer muere de paro cardíaco y tratarán de enviar sus restos a Alemania, La Tercera.
  3. a et b Libération, L'ex-caporal nazi Paul Schaefer est mort, 24 avril 2010
  4. Bulletin n°31, 25-31 octobre 2001 de Memoria Viva
  5. La junte de Pinochet traquée depuis Paris, Nouvel obs, 25 oct. 2001

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Frédéric Ploquin et Maria Poblete, La colonie du docteur Schaefer, une secte nazie au pays de Pinochet, éditions Fayard, 2004, ISBN 2213616744