Tibesti

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Région du Tibesti
Minṭaqâtu Tibastī (ar)
منطقة تبستي (ar)
Administration
Pays Drapeau du Tchad Tchad
Chef-lieu Bardaï
Départements 2
Sous-préfectures 8
Cantons 18
Communes 8
Communautés
rurales
1
Députés 4
Gouverneur Alifa Weddeye
2013
Démographie
Population 21 970 hab. (2009, RGPH)
Coordonnées 21° 21′ N 17° 00′ E / 21.3544, 17.001121° 21′ Nord 17° 00′ Est / 21.3544, 17.0011  
Localisation
La région du Tibesti au Tchad.
La région du Tibesti au Tchad.

Le Tibesti est une des 22 régions du Tchad dont le chef-lieu est Bardaï. Elle a été créée le 19 février 2008[1] par démembrement de l'ancienne région du Borkou-Ennedi-Tibesti.

Entre 2002 et février 2008, le Tibesti a été l'un des 4 départements composant la région du Borkou-Ennedi-Tibesti (Décrets no 415/PR/MAT/02 et 419/PR/MAT/02).

Histoire[modifier | modifier le code]

Les peintures et gravures rupestres au Tibesti témoignent d'une civilisation ancienne de 25 000 ans avant J.-C. Il y a des gravures rupestres dans les alentours de Zouar. Mettant en scène, entre autres, des bovinés amateurs d'herbe fraîche, elles attestent du passé humide du Sahara.

En 1869, le docteur Nachtigal, espion allemand envoyé par Bismarck, est le premier européen à venir à Zouar, capitale du Tibesti, sans autorisation. Condamné par l’assemblée traditionnelle à la peine capitale pour espionnage, il fait appel, mais celui-ci est rejeté. Il est sauvé par le prince Arami Tetimi, qui le protège et l’héberge, à Yigatchi au fond de Doudué dans la vallée de Bardaï, après son retour en Allemagne, il publie le livre Sahara et Soudan.

Géographie[modifier | modifier le code]

Le Tibesti est une zone désertique située dans le nord du Tchad. Elle est dominée par le massif du Tibesti. Il y a des milliers d'années, le Tibesti était une région pluvieuse. Infiltrées à cette époque, les eaux sont restées accumulées en d'immenses réservoirs souterrains. À travers les couches de grès poreux, des nappes alimentent des résurgences jusqu'à des centaines de kilomètres. Les lacs ainsi formés ne subsistent qu'à l'abri de murailles naturelles qui empêchent les alizés d'y entasser du sable. Mais le vent pénètre par les moindres créneaux.

C'est en contournant les reliefs du Tibesti (des cônes de roches éruptives) que s'accélère l'alizé venu du nord-est. Chargé de sable abrasif, il attaque, au sud-est, les grès du plateau de Borkou et, au nord-ouest, ceux du plateau du Tchigaï. Il y creuse de profonds couloirs. Sur les pentes abritées, au sud-ouest, le vent se ralentit, déposant les résidus de l'érosion. Ainsi s'est formé au cours des siècles, un immense océan de sable : l'erg de Bilma.

Au nord-ouest du Tibesti, le plateau du Tchigaï est jonché d'énormes blocs sphériques d'un mètre de diamètre, formés de couches sédimentaires friables. On s'explique assez mal leur genèse. D'aucuns y voient une action conjuguée du vent et de l'ombre portée. La course quotidienne du soleil entraînerait un cycle de variations de température et d'humidité suffisantes pour altérer le pourtour de chaque roche.

Au-dessus de l'Ehi Timi, haut de 3 040 m, lorsque le soleil descend sur l'horizon, le nuage de sable fin soufflé sur les montagnes par les alizés ne laisse filtrer que le rayonnement de couleur rouge. Au crépuscule, la fraîcheur tombe brutalement : les écarts thermiques atteignent 30 °C par jour sous abri, et bien davantage au vent.

Dominé par le pic Toussidé, deuxième sommet avec plus de 3 300 m d'altitude, le Tarso Toussidé possède une caldeira de 13 km de diamètre, profonde de 1 200 m[réf. nécessaire] et dont les parois forment par endroits des à-pic vertigineux. Les chevriers y descendent avec leurs troupeaux, friands des dépôts salés (natron) qu'on y trouve à l'état naturel et qui forment des traînées blanches. Les sources d'eau chaude et les fumerolles soignent les affections rhumatismales et les sinusites.

Climat[modifier | modifier le code]

La température atteint parfois 45 °C. En hiver, de septembre à février, elle peut descendre jusqu'à -20 à Tarsou.

Démographie[modifier | modifier le code]

Les habitants du Tibesti sont les Toubous. Ils se nomment eux-mêmes Teda. Leurs origines ne sont pas établies avec certitude. L'une des hypothèses avance qu'ils descendraient d'une très ancienne population saharienne refoulée par des invasions successives et retranchée dans la forteresse naturelle que constitue le Tibesti. Une situation géographique aussi difficile n'est pas sans présenter quelques avantages. Ainsi depuis des temps immémoriaux jusqu'à une époque récente, personne n'osait s'y aventurer. Les Teda, libres chez eux, pouvaient donc refuser ou adopter à leur rythme les changements sociaux et culturels qui leur semblaient compatibles avec leur échelle de valeurs.

Les Toubous (200 000 à 500 000) que l'on retrouve au nord-est du Niger, nord du Tchad, sud de la Libye, nord-ouest du Soudan et sud-ouest de l'Égypte peuplent cette région. Les populations du Tibesti pratiquent l'élevage de chèvres, de chameaux, le maraîchage et s’occupent aussi des palmiers-dattiers (plus de 500 000 dattiers au Tibesti).

Dans les éboulis volcaniques poussent de rares plantes sauvages que les femmes toubous récoltent pendant les mois de disette. Les familles vivent surtout de lait, de dattes et de céréales (respectivement 12 et 20 kg par an et par habitant). La viande est réservée aux grandes fêtes. Seuls quelques chèvres et bourricots peuvent être, dans les villages, nourris de déchets végétaux. Les chameaux, eux, nomadisent au gré des pluies. Les maisons en coupole sont bâties avec des roseaux et des palmes sur des murettes de pierres. En automne, les hommes rejoignent les palmeraies pour la récolte des dattes, après avoir confié leurs troupeaux à quelques bergers. Les femmes portent le voile, davantage pour se protéger de la poussière que pour obéir à la coutume islamique.

La végétation a reculé, ces dernières années, au Sahara comme au Sahel. Près des enneris (cours d'eau temporaires), les Toubous ne peuvent plus édifier que des huttes de bois mort. Puis la sécheresse les en chasse. À d'autres endroits, ils confectionnent des ossatures profilées comme des carènes de bateaux, sur lesquelles ils posent des nattes. Quand ils quittent le campement pour de nouveaux pâturages, ils n'emportent que la couverture, qu'ils reposeront sur les carcasses déjà en place. Ces demeures, sous le vent, ne laissent pas passer le moindre grain de sable. Le mobilier est rudimentaire : un lit de branches et de nattes, un petit banc et un coffre.

Habitat[modifier | modifier le code]

On trouve 3 types d'habitat au Tibesti :

  • l'habitat semi-nomade, avec ses tentes ;
  • l'habitat sédentaire traditionnel des villages, maisons traditionnelles en pierre ;
  • l'habitat sédentaire dispersé : l'enclos des maisons est délimité par des séco, clôtures réalisées en fibres végétales, le plus souvent des feuilles de palmier, protégeant les maisons du sable. Les maisons, elles, sont bâties en banco, un mélange de terre et d'herbe sèche.

Subdivisions[modifier | modifier le code]

La région du Tibesti est divisée en 2 départements :

Département Chef-lieu Sous-préfectures
Tibesti Est Bardaï Bardaï, Zoumri, Aouzou, Yebbibou
Tibesti Ouest Zouar Zouar, Wour, Goubonne

Administration[modifier | modifier le code]

Liste des administrateurs :

Gouverneur du Tchad
Sous-préfets du Tibesti (1960-2002)
Préfets du Tibesti (2002-2008)
  • 2003 : Darkallah Taher Abdallah
Gouverneurs du Tibesti (à partir de 2008)
  • Alifa Weddeye[2] (à partir de février 2008)
  • Mars 2008 : Sougui Annar
  • 25 novembre 2009 : Ouardougou Bolou[3]
  •  ? : Ahmat Barkai Animi (en poste en juillet 2013)
  • 2013 : Alifa Weddeye[4]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Article connexe[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]