Ibrahim Pacha

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Ibrahim Pacha.

Ibrahim Pacha (arabe : ابراهيم باشا) (178910 novembre 1848) est un généralissime et homme d'État égyptien, fils aîné de Mehemet Ali, le vice-roi d'Égypte. Ibrahim a dirigé le pays de juillet au 10 novembre 1848. Du mariage avec sa femme Hoshiar, naquît Ismail (Khédive) qui le remplacera en 1863, après la mort de ses deux cousins tous deux fils de Mehemet Ali surnommé le Grand.

Biographie[modifier | modifier le code]

Sa jeunesse[modifier | modifier le code]

Ibrahim Pacha est né dans la ville d'origine de son père, Kavala en Macédoine orientale.

En 1805, à l'âge de seize ans, quand son père accède au poste de vice-roi d'Égypte, il est retenu prisonnier par un amiral ottoman. Ibrahim retrouve la liberté quand son père repousse avec succès la tentative d'invasion du Royaume-Uni en Égypte menée par le général Alexander Mackenzie-Fraser.

En 1813, Ibrahim gouverne temporairement l'Égypte lorsque son père part en Arabie pour combattre les wahhabites. En 1816, il succède à son frère Toussoun au poste de commandant de l'armée égyptienne d'Arabie.

Campagne contre les wahhabites[modifier | modifier le code]

Avec l'aide du colonel français Joseph Anthelme Sève, il introduit la discipline européenne dans l'armée égyptienne. La campagne contre les wahhabites a duré près de deux ans, elle s'est achevée avec l'anéantissement politique des wahhabites.

Il a débarqué à Yanbou, le port de Médine le 30 septembre 1816. Les villes saintes avaient été récupérées par les wahhabites, et la mission d'Ibrahim était de récupérer les villes saintes de l'Islam et de pourchasser les wahhabites dans le désert du Nejd.

La formation et l'armement de l'armée égyptienne lui donnaient la supériorité militaire sur les wahhabites. Cependant la conquête de l'Arabie fut très laborieuse, à cause de la traversée du désert de Dariya, bastion wahhabite, mais aussi à cause du courage des wahhabites qui ne craignaient pas de mourir.

Ibrahim s'est montré tenace, partageant les difficultés avec son armée et ne se laissant pas décourager par ses échecs. Vers la fin de l'année 1818, il a forcé le chef des Wahhabites, l'imam Soulaymân petit-fils de Mouhammad ibn 'Abdelwahhâb, à se rendre, prenant ainsi Dariya. L'imam Soulaymân fut transporté en Égypte pour y être emprisonné. Après sa libération en 1828, il est autorisé à rentré dans son pays, il abandonna la prédication et se retira de la vie politique.

Opérations en Morée[modifier | modifier le code]

Le 11 décembre 1819, il entre triomphalement au Caire. Après son retour, Ibrahim demande au colonel Sève (Soliman Pacha) de réformer l'armée sur le modèle européen. En 1824, le sultan ottoman Mahmud II, qui souhaitait avoir l'aide de l'armée égyptienne dans la guerre d'indépendance grecque (1821-1832), nomme Mehemet Ali gouverneur de Morée.

Ibrahim est envoyé dans le Péloponnèse avec un escadron et une armée de 17 000 hommes. L'expédition part pour la Grèce le 4 juillet 1824, mais pendant plusieurs mois l'expédition est dans l'incapacité d'aller plus loin que la Crète ou l'île de Rhodes, par crainte des brûlots grecs. Le 26 février 1825, après la révolte de marins grecs pour le retard du paiement de leur salaire, Ibrahim débarque à Modon. Il mène alors plusieurs campagnes victorieuses, et conquiert la majeure partie de la péninsule. Il défait facilement les Grecs et parvient le 24 avril 1826 à mettre fin au siège de Missolonghi qui a coûté la vie à de nombreux soldats turcs et égyptiens.

Il montre d'abord une certaine clémence vis-à-vis des Grecs, qui sont censés devenir ses administrés. Cependant, à mesure que la guerilla s'éternise et devant la résistance des insurgés grecs qui harcèlent son armée, il détruit en partie le pays et envoie des milliers de Grecs en Égypte pour servir d'esclaves. Ces mesures indignent les puissances européennes, la France, le Royaume-Uni et la Russie qui se liguent pour mettre un terme au conflit. Après la bataille de Navarin le 20 octobre 1827, au cours de laquelle sa flotte est détruite par les Européens, l'Expédition de Morée, menée par la France, le force à capituler et il quitte le pays le 1er octobre 1828.

Campagne de Syrie[modifier | modifier le code]

Les menées autonomistes de son père Méhémet Ali provoquent des heurts de plus en plus importants avec l'Empire ottoman. Ils adhéraient pleinement au projet d'une nation qui rassemblerait tous les Arabes de l'Égypte à la Mésopotamie[1].

Ces tensions aboutissent à une première guerre en 1831. En Syrie, Ibrahim bat les Turcs, libère Damas le 27 mai 1832, défait l'armée ottomane à Homs le 8 juillet, il bat encore l'armée ottomane à Beilan le 29 juillet, puis il envahit l'Anatolie et prend Konya le 21 décembre.

Après sa campagne il reste en Syrie où il devient gouverneur. Après la fin du traité de Koutaieh (en), les hostilités reprennent en 1839. Victorieuse, son armée marche sur Istanbul mais il est finalement obligé de se replier lorsque les Britanniques et les Autrichiens décident d'aider les Ottomans à se débarrasser des forces égyptiennes. Il quitte la Syrie en février 1841.

Sa mort[modifier | modifier le code]

En 1846, il effectue une visite en Europe de l'Ouest où il est reçu avec respect. Quand son père devient sénile, Ibrahim est nommé régent (juillet 1848). À sa mort, de phthisie le 10 novembre 1848, il est remplacé par Abbas réputé proche des Britanniques qui s'opposaient à l'idée d'Ibrahim de construire un État moderne en Égypte.


Description physique[modifier | modifier le code]

En 1845, le maréchal de Castellane le décrit ainsi[2] : « Ibrahim Pacha a des yeux spirituels et vifs ; son visage est marqué de petite vérole, il ne manque ni de malice ni de finesse ; il est petit, replet, le cou court, le visage long, la barbe est blanche. Il marche difficilement à cause de son embonpoint ; il se dandine beaucoup ; il est vêtu magnifiquement avec plusieurs décorations en diamant ; il a, comme les personnes de sa suite une veste rouge couverte de galons d’or, une longue ceinture de drap d’or. »

Références[modifier | modifier le code]

  1. Charles Saint-Prot, Le nationalisme arabe : Alternative à l'intégrisme, page 11
  2. Journal du Maréchal de Castellane, 1804-1862 , Volume 3 p. 343